Vol Pan Am 526A
Le vol 526A de Pan Am, un Douglas DC-4, décolla de l'aéroport de San Juan (San Juan-Isla Grande), Porto Rico, à 12 h 11 UTC-4:00 (heure standard de l'Atlantique ou AST) le à destination de l'aéroport international d'Idlewild, New York, avec 64 passagers et cinq membres d'équipage[1]. Peu après le décollage, le moteur no 3 tombe en panne subitement, suivi de peu par le moteur no 4[2]. Neuf minutes après le décollage, l'appareil fait un amerrissage d'urgence sur une mer agitée[3], à environ 18 kilomètres (11 mi) au nord-ouest de l'aéroport de San Juan[4], se brise et coule en trois minutes[2]. Pris de panique, de nombreux passagers refusent de quitter l'épave[5], aboutissant à la mort de 52 personnes. Seuls 17 passagers et membres d'équipage survivent à la catastrophe, secourus à temps par la Garde côtière des États-Unis[6]. L'enquête révéla une défaillance dans la maintenance de l'appareil. A la suite de cet accident, il a été recommandé de mettre en place des démonstrations de sécurité avant le vol pour les vols au-dessus d'une étendue d'eau[1].
| Vol Pan Am 526A | |||
Un Douglas DC-4 similaire à celui du Pan Am 526A. | |||
| Caractéristiques de l'accident | |||
|---|---|---|---|
| Date | 11 avril 1952 | ||
| Type | Accident, amerrissage d'urgence due à une défaillance des moteurs | ||
| Site | 18 km au Nord-Ouest de l'aéroport de San Juan, Porto Rico | ||
| Coordonnées | 18° 32′ 06″ nord, 66° 15′ 05″ ouest | ||
| Caractéristiques de l'appareil | |||
| Type d'appareil | Douglas DC-4 | ||
| Compagnie | Pan Am | ||
| No d'identification | N88899 | ||
| Lieu d'origine | Aéroport international de San Juan-Isla Grande | ||
| Lieu de destination | Aéroport international de New York (Aéroport d'Idlwild à l'époque) | ||
| Passagers | 64 | ||
| Équipage | 5 | ||
| Bilan | |||
| Morts | 52 | ||
| Survivants | 17 (dont 12 passagers) | ||
| Géolocalisation sur la carte : Porto Rico
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Aéronef
modifierLe Douglas DC-4 est un avion à pistons disposant de quatre hélices. L'appareil du vol 526A avait effectué son premier vol en 1945 et totalisait 20 835 heures de vol[1],[7].
Accident
modifierPar une journée ensoleillée agrémentée d'une brise légère[5], le vol 526A de Pan Am, un Douglas DC-4 baptisé Clipper Endeavor, décolla de l'aéroport de San Juan à 12 h 11 AST[8] le Vendredi saint , à destination de l'aéroport international Idlewild[note 1] à New York[1], avec soixante-quatre passagers et cinq membres d'équipage à bord, dont le commandant John C. Burn, un pilote expérimenté[5].
Peu après le décollage, le moteur n° 3 tombe en panne subitement à 350 pieds (106,68 m), l'hélice est alors mise en drapeau (ses pales sont orientées afin de réduire leur traînée) [9] par l'équipage. Les pilotes décident de retourner à l'aéroport de San Juan, font demi-tour et parviennent à monter jusqu'à 550 pieds (167,64 m) lorsque le moteur no 4 tombe également en panne[1]. Avec les deux moteurs de l'aile droite hors service, le Clipper Endeavor ne peut plus maintenir son altitude[10]. Le capitaine Burn déclara une situation d'urgence en vol et informa la tour de contrôle qu'il prévoyait de tenter un amerrissage à environ sept milles au nord-nord-ouest de l'aéroport Isla Grande[5].
Des vents d'une force de 15 nœuds agitent la mer au moment où le Clipper Endeavour s'écrase dans l'océan Atlantique au large de San Juan[5] à 12 h 20[2]. La partie arrière du fuselage se détacha derrière la cloison de pression arrière de la cabine principale et l'épave coula en moins de trois minutes [1]. Des survivants rapportèrent par la suite que de nombreux passagers avaient survécu à l'amerrissage initial, mais qu'ils avaient paniqué par crainte de la mer agitée et de la présence de requins, et avaient refusé de quitter l'avion en train de couler pour accéder à des débris en surface[5].
Opération de secours
modifierAprès avoir reçu le message de détresse du capitaine Burn, la tour de contrôle alerta le centre de sauvetage des garde-côtes américains (en anglais : United States Coast Guard (USCG)). Un hydravion PBY-5A Catalina, sous le commandement du lieutenant Ted Rapalus, décolla en six minutes[5]. Le second PBY de l'USCG était en maintenance de routine et son groupe auxiliaire de puissance (GAP), incluant la pompe de cale, avait été retiré. Compte tenu de la gravité de la situation, le PBY a été remis en service et, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Ken Bilderback, décolla après dix minutes[5]. Pour assister les opérations de sauvetage en surface, le baliseur Bramble de l'USCG, avec du personnel médical à bord, est également mis à contribution[6]. Deux avions amphibies SA-16 de la base aérienne de Ramey, située à l'extrême nord-ouest de Porto Rico, sont également dépêchés sur place[5]. Ensemble, ils parviennent à secourir douze passagers et les cinq membres d'équipage pris au piège dans une mer agitée[2].
Le PBY de Bilderback transportait 15 survivants lorsqu'il se trouva dans une situation critique : en raison de la disparition du groupe auxiliaire de puissance (APU) et de la pompe de cale, l'hydravion avait embarqué une grande quantité d'eau de mer et n'avait presque plus de puissance pour décoller. La décision fut prise de transférer les survivants sur le Bramble. L'état de la mer se détériora et, après le transfert réussi de tous les survivants sauf deux adolescents, Bilderback n'eut d'autre option que d'abandonner l'hydravion ou de tenter de le ramener par la mer jusqu'au port de San Juan[5]. Alors qu'ils passaient devant Fort El Morro et entraient dans le port de San Juan, la foule massée sur le rivage acclama les sauveteurs[5].
Causes probables
modifierL'enquête a permis de dégager les causes suivantes :
- un entretien inadéquat : le moteur no 3 n'a pas été changé, ce qui entraîna sa panne immédiatement après le décollage[1].
- des pièces de moteur défectueuses[3].
- la tentative des pilotes de reprendre l'ascension, sans utiliser toute la puissance disponible après la perte du deuxième moteur (moteur no 4), conduisit à une attitude de tête cabrée et une diminution rapide de la vitesse, amenant l'appareil à une altitude trop basse pour permettre un redressement efficace[2].
Lors des procédures légales ultérieures, le capitaine Burn fut innocenté et la faute fut déclarée entièrement due à un entretien inadéquat et à des pièces défectueuses[3].
Conséquences
modifierLe lieutenant-commandant Bilderback reçu sa deuxième médaille de l'Air. Son copilote, le lieutenant-commandant Jack Natwig, reçu la médaille d'argent du sauvetage pour avoir sauté en mer et secouru avec succès un jeune garçon. Les membres d'équipage Bill Pinkston, Jim Tierney, Peter Eustes et Raymond Evans ont tous été félicités par le commandant de la Garde côtière des États-Unis pour leur excellent travail[5].
Après cet accident, il a été recommandé d'informer les passagers, avant le décollage, sur l'emplacement et l'utilisation des sorties de secours et des gilets de sauvetage individuels lors des vols au-dessus de larges étendues d'eau[1].
En mémoire des vies perdues et en hommage aux sauveteurs, un habitant de San Juan rédigea une ballade[5].
Pan Am réutilisa par la suite le nom Clipper Endeavour pour un Boeing 707-321B en 1962 et un Boeing 727-235 en 1980. Un Douglas DC-7B fut nommé Clipper Endeavour, en utilisant l'orthographe britannique[8].
Le , l'épave du Clipper Endeavor est retrouvée par une équipe de recherche de Discovery Channel[11] et la Air/Sea Heritage Foundation, au moyen d'un drone sous-marin équipé d'un sonar de haute résolution[12]. L'épave git par 610 m de fond, les débris ne seront pas remontés ; il est évoqué la création d'un mémorial en l'honneur des 52 victimes[12].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Cet aéroport est aujourd'hui connu sous le nom d'Aéroport international de New York - John-F.-Kennedy
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Flight Safety Foundation, « ASN Aircraft accident Douglas DC-4 N88899 San Juan-Isla Grande Airport (SIG) » [archive du ], Aviation Safety Network
- 1 2 3 4 5 (en) « Accident details » [« Détails de l'accident »], sur planecrashinfo.com (consulté le )
- 1 2 3 (en) « Accidents », sur PanAmAir.org (version du sur archive.org)
- ↑ (en) « Accident location map », sur Aviation Safety Net (version du sur archive.org)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (en) J. R. Lee et Ted A. Morris, « A TRAGIC GOOD FRIDAY - 11 APRIL 1952 »
, sur zianet.com, (consulté le )
« A TRAGIC GOOD FRIDAY - 11 APRIL 1952 » (version du sur archive.org) - 1 2 (en) Coast Guard Aviation Association, « A History of Coast Guard Aviation », sur uscgaviationhistory.aoptero.org (version du sur archive.org)
- ↑ (en) « Definition of "airframe" », sur AviationTerms.com (version du sur archive.org)
- 1 2 « Pan Am Clipper Names : 1934-1991 », sur panam.org, (version du sur archive.org)
- ↑ (en) Federal Aviation Administration (FAA), « Airplane Flying Handbook » (version du sur archive.org),
- ↑ (en) Federal Aviation Administration (FAA), « Engine Failure During Flight (Chapter 12 pages 21-31) » (version du sur archive.org)
- ↑ (en-US) « 52 Died, 17 Survived: Pan Am Clipper Endeavor Located After 7 Decades », sur Yahoo News, (consulté le )
- 1 2 Lino Prestimonaco, « L’épave d’un avion Pan Am, qui s’était écrasé au large de Porto Rico en 1952, enfin localisée à 610 m de profondeur », sur leparisien.fr, (consulté le ).
