Véranda
Une véranda (ou « vérandah ») est aujourd'hui une pièce supplémentaire aux parois majoritairement vitrées, utilisée généralement comme salon ou jardin d'hiver.

Elle prolonge une maison existante ; c'est un porche ou une galerie légère, couvert (toit plein, semi-vitré ou vitré) et à jour, établi sur la façade d’une maison.
L'armature est souvent en bois ou en aluminium, parfois en PVC, en fer forgé ou en acier. Selon la définition du glossaire de l'architecture, une véranda est une galerie vitrée, fermée ou ouverte, en appentis devant une façade.
Le constructeur de véranda s'appelle un vérandaliste.
Les vérandas modernes
modifierDans les pays du nord, les vérandas sont des espaces clos, dont les parois verticales sont composées de vitrage. Dans les démarches récentes d'habitation bioclimatique, les vérandas sont utilisées pour chauffer les habitations par apport solaire.
Dans les pays du sud, les vérandas sont en vitrage pour permettre de climatiser l'espace ou en simple grillage (ou moustiquaire) permettant à l'air extérieur de circuler librement, voire d'être brassé par des ventilateurs ; elles sont parfois combinées à une toiture solaire photovoltaïque, pour allier l'avantage de la véranda à la rentabilité du photovoltaïque.
L'armature et les variétés
modifierLa majorité du marché des vérandas se tourne vers l'aluminium : c'est 95 % du marché en France. Ses propriétés physiques permettent de construire des armatures isolantes (grâce au procédé de rupture de pont thermique), avec une faible dilatation thermique. S'ajoutent des possibilités de coloration à long terme et une quasi-absence d'entretien.
Les autres matériaux utilisés sont le PVC pour les petites structures, en raison de son coefficient de dilatation) ; le bois reste une alternative à l'aluminium ; il permet l'utilisation d'une couverture plus isolante que celles en aluminium. Les vérandas en bois coûtent moins cher. L'acier reste marginal mais offre une esthétique intéressante.
Une véranda, par définition, comporte des cloisons bâties en dur : maçonnées ou en bois. Ces dernières sont édifiées en supplément du bâtiment pour augmenter les dimensions totales de l'ouvrage de base. Elles sont composées du même matériau que celui-ci : les parois verticales de son châssis prennent appui dessus. En général, des murets de quart, tiers ou mi-hauteur (mais guère plus) permettent de donner une base rigide[Note 1].
La surface rapportée entre les divers composants de la construction permet de la définir précisément[Note 2].
Certaines vérandas sont équipées de portes vitrées ou de fenêtres. Les portes vitrées permettent de laisser un accès vers le jardin et de faire pénétrer plus de luminosité dans la véranda. Les fenêtres permettent d'aérer l'intérieur. Elles améliorent le confort intérieur et permettent aux plantes de se maintenir. Plusieurs types d'ouvertures caractérisent les fenêtres de véranda[Note 3].
Les toitures de vérandas
modifierLa toiture d'une véranda est composée de trois éléments principaux :
- La charpente : support de la couverture et de l'isolation
- L'isolation : une véranda mal isolée ne sera pas confortable.
- La couverture : elle peut être opaque, translucide ou transparente, composée de « plaques de remplissage » ou d'une couverture plus classique de type tuiles (terre cuite ou béton), ardoises, bardeaux bitumeux, etc. ou transparente (verre) ou translucide (plaques de polycarbonate).
Ces « plaques de remplissage » peuvent être composées de nombreux éléments, mais d'une manière générale, on retrouve principalement trois composés principaux :
- Le verre : matériau principal de la véranda. Toutefois, il offre un apport solaire important et des risques d'éblouissement en période estivale. Des traitements modernes permettent toutefois de limiter ces deux aspects.
- Le polycarbonate : plaques de plastique alvéolaire. Cet élément très léger ne permet pas de voir le ciel mais laisse passer la luminosité. Tout comme le verre, les risques de surchauffe peuvent exister en cas d'exposition sud. Des traitements existent comme pour le verre, mais ils sont moins efficaces. Ce matériel est sonore en cas de pluie. Il n'est pas isolant.
- Le « panneau sandwich » : deux plaques d'aluminium entre lesquelles l'isolant thermique, ou même, acoustique, est installé. Totalement opaque, il ne laisse pas passer la lumière. Ces plaques existent en épaisseur de 16 à 85 mm. Plus l'épaisseur augmente, meilleure est l'isolation. Une épaisseur de 16 mm n'est pas adaptée à une véranda : elle n'isole pas.
- Le « panneau photovoltaïque » : un panneau solaire photovoltaïque en surface pour permettre la production d'électricité combiné en dessous par un « panneau sandwich » qui permet à la fois l'isolation thermique, et l'étanchéité du système.
La meilleure solution est souvent l'utilisation d'un matériau classique de type « tuiles + isolation » plutôt qu'une solution mixte entre panneaux sandwich et polycarbonate ou entre panneaux sandwich et verre.
Règlementation française
modifierEn France, les dispositions du Code de l'urbanisme s’appliquent intégralement à ces éléments de constructions. Elles doivent être déclarées en mairie avant la construction et sont soumises à la taxe d'aménagement.
Articles R 421-14, R 421-9 et R421-17 du Code de l’Urbanisme
modifierLes surfaces suivantes sont exprimées en m2 de surface de plancher et d'emprise au sol constitutive de surface de plancher. Pour le calcul de l'emprise au sol, il ne faut prendre que l'emprise au sol constitutive de surface de plancher. Par exemple, un garage n'est pas constitutif de surface de plancher mais uniquement d'emprise au sol.
Déclaration préalable
modifierLa déclaration préalable est obligatoire pour une surface de plus de 5 m2 jusqu'à 20 m2.
Au-delà de 20 m2 et jusqu'à 40 m2, si la construction ne dépasse pas 150 m2 de planchers cumulés (existant + véranda) et si elle se trouve en zone urbaine du plan d'occupation des sols (POS) ou du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.
Permis de construire
modifierLe permis de construire est nécessaire au-delà de 20 m2, si la construction est en dehors de la zone urbaine du POS ou du PLU de la commune.
Au-delà de 20 m2 et jusqu'à 40 m2, si la surface de plancher cumulée (existant + véranda) dépasse 150 m2, un architecte doit établir le volet paysager et valider la demande de permis de construire.
Au-delà de 40 m2 à créer, dans tous les cas, un architecte peut éventuellement établir le volet paysager et valider la demande de permis de construire, si la surface de plancher cumulée dépasse les 150 m2.
Dans les secteurs sauvegardés ou sites naturels protégés, des réglementations particulières peuvent rendre obligatoire l'appel à un architecte[1].
Le marché de la véranda
modifierLa véranda bioclimatique
modifierLa différence avec une véranda classique repose surtout dans la toiture. Celle d’une véranda bioclimatique est constituée de plusieurs lamelles ou lattes, généralement en aluminium, ou d’un velum, qui s’articulent de façon automatique ou manuelle au fur et à mesure des modifications climatiques (lumière, vent, etc.).
Pour que cette extension bioclimatique soit performante, elle doit être accolée à la maison par un mur en dur, et ouverte sur l’habitation principale. Les matériaux doivent être choisis avec précision, suivant le rendu souhaité évidemment, mais aussi selon leurs propriétés et le climat de la région de l’habitation. Ce type de construction laisse passer la lumière et capte la chaleur, elle protège de la pluie et du vent[5].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ À défaut de ces parois pleines, au sens de l'architecture classique, il s'agit d'une verrière, en présence de verre, ou d'une cage, s'il s'agit de grillage - voire de ferronnerie. Si cette construction est isolée du bâtiment principal, on parle alors d'une serre (pour du verre) de volière ou de cage (pour du grillage). Si les panneaux sont en métal, on est en présence d'un jardin d'hiver.
- ↑ Par exemple : Si la surface vitrée totale est maximale sans surface en maçonnerie, il s'agit d'une verrière (type de la serre par excellence) ; En présence de panneaux en dur de soutien de l'ouvrage, on parle obligatoirement de véranda ; Dans le cas d'une construction de verre où la surface de toiture excède celle des fenestrages (parois latérales), il s'agit de baie vitrée et la pratique s'accorde à considérer cette variété comme entrant dans la catégorie des verrières.
- ↑ La fenêtre à la française : ouverture vers l'intérieur de la véranda. Elle ne peut être utilisée que si aucun objet ne bloque son ouverture. La fenêtre à l'anglaise : ouverture vers l'extérieur de la véranda. La fenêtre oscillo-battante : ouverture par pivotement, sachant que l'axe de rotation est horizontal et se situe sur la bordure basse de la fenêtre. L'espace ouvert est donc dans sa partie haute. La fenêtre à l'italienne : ouverture par pivotement avec un axe de rotation horizontal qui se situe, contrairement à l'ouverture oscillo-battante, sur la bordure haute de la fenêtre. La fenêtre à l'italienne s'ouvre vers l'extérieur de la véranda et son espace ouvert se trouve dans sa partie basse.
Références
modifier- ↑ Dispositions relatives au recours obligatoire à l’architecte résultent de la loi du modifiée sur l’architecture : l’article 3 dispose que le recours à un architecte est obligatoire pour établir un projet architectural qui fait l’objet d’une demande de permis de construire. L’article 4, toutefois, dispense de ce recours les personnes physiques qui déclarent vouloir édifier ou modifier, pour elles-mêmes, une construction de faible importance (bâtiments de moins de 170 m2 de surface hors œuvre (SHON) nette pour les constructions autres qu’agricoles et de moins de 800 m2 de surface hors œuvre brute (SHOB) pour les constructions agricoles.
- ↑ Informations lexicographiques et étymologiques de « véranda » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
- ↑ Faire faire, no 48, printemps 2008, p. 42.
- ↑ Définition de vérandaliste, Dictionnaire.reverso.net.
- ↑ « Maison bioclimatique, la force de la nature », L'avenir.net, (lire en ligne, consulté le ).