Waroch (Waroc, Waroc'h) ou Guérech (en breton : Gwereg), mort vers 550, est le souverain supposé d'un royaume breton situé dans la région de Vannes (actuel département du Morbihan), nommé Bro Waroch pays de Waroch »), puis Broërec (avec plusieurs variantes).

Waroch
Titre de noblesse
Comte (Broërec)
Successeur
Biographie
Décès
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants

Par convention, pour le différencier de Waroch, fils de Macliau (supposément son petit-fils), il est désigné comme Waroch Ier.

L'existence de Waroch Ier est en fait une hypothèse récente, élaborée par Arthur de La Borderie au XIXe siècle afin d'accorder les sources historiques et les sources hagiographiques. Elle est contestée ou ignorée par les historiens récents de la Bretagne : seul aurait existé Waroch, fils de Macliau.

Contexte

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Au cours de la première moitié du VIe siècle, alors que l'ancienne Gaule romaine est passée sous la domination des rois francs mérovingiens[1], sauf la partie Ouest de la péninsule armoricaine, tenue par différents chefs bretons, l'un d'eux, nommé Waroch, aurait régné sur la région de Vannes, « de l'Ellé à la presqu'île de Rhuys (sauf bien entendu la ville de Vannes) », qui devient une enclave gallo-franque autour de son évêque[2].

Mentions anciennes de Waroch

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Dans des Vies de saints

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Selon l'historien généalogiste Peter Bartrum « Weroc a été introduit par Arthur de La Borderie dans son Histoire de Bretagne en 1896, à partir de diverses mentions dans des Vies de Saints »[3], notamment :

  1. selon la très douteuse Vita de saint Gurthiern (né au Ve siècle), Waroch est présenté comme un contemporain de Gradlon (roi légendaire daté du IVe siècle ou du Ve siècle), et il aurait accordé des terres à Gurthiern[4] ;
  2. dans la Vita de saint Méen (né vers 540) il est dit que le saint est envoyé par Samson de Dol à Waroch afin d'obtenir de l'aide pour édifier sa basilique ;
  3. Gwenaël, qui succède en 532 à Guénolé comme abbé de Landévennec, reçoit des domaines de Waroch [5]

Liste des variantes du nom de Waroch

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Formes anciennes

  • Goeroc, dans la Vita de saint Gurthiern
  • Gueroc, dans la Vita de saint Méen

Formes modernes

  • Weroc : forme reprise par l'historien généalogiste Peter Bartrum à la suite d'Arthur de La Borderie
  • Waroch : forme citée par La Borderie (infra) comme alternative à Weroc (qu'il préfère)

Waroch et saint Gildas

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Légende de sainte Tréphine

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Gildas le Sage, né vers 500 en Grande-Bretagne et mort en 565 dans l'île d'Houat (actuel département du Morbihan), est le fondateur de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys. La Vita Gildae, composée au XIe siècle par Vitalis, moine de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys, parle, entre autres, de ses démêlés avec le tyrannus, nomine Conomerus tyran du nom de Conomer ») et de ses relations avec un roi irlandais Ainmericus, deux personnages attestés historiquement, Conomor (actif jusqu'en 560), qui est mentionné par Grégoire de Tours comme un « comte breton » et Ainmere mac Sétnai, Haut Roi d'Irlande dans les années 560.

Selon ce texte, le saint s'établit après bien des pérégrinations sur l'île d'Houat. Il entre alors en relation avec « Waroch, comte de Vannes ». À la demande de ce dernier, Gildas accepte de jouer le rôle d'intermédiaire et de garant lorsque le roi Conomor, homme de réputation exécrable, demande sa fille Tréphine en mariage. Malgré la protection du saint, elle est tuée lorsque son époux découvre qu'elle est enceinte. Le saint fait s'effondrer la demeure de « l'horrible tyran » qui meurt enseveli, puis recueille et baptise le fils de la malheureuse, le futur saint Trémeur[6].

Donc, selon cette légende, Waroch aurait été comte de Vannes et aurait eu une fille, connue comme sainte Tréphine. Le titre de comte (comes, comitis en latin) existe dès la fin de l'Empire romain et perdure sous les rois mérovingiens puis carolingiens (et au-delà) ; et les comtes de cette époque sont généralement affectés à une ville épiscopale, comme l'est Vannes.

La donation de Waroch à Gildas

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Selon une autre légende relative à saint Gildas, l'ermite, qui vit au large des terres du comte Waroch (sur l'île de Houat), vient un jour le voir à Vannes afin d'obtenir un lopin de terre près de la côte afin de s'adonner à la prière. Selon ce texte, Waroch « était un homme juste et craignant Dieu, qui révérait aussi ses ministres, quand ils étaient fidèles à leurs promesses, c'est-à-dire s'ils se montraient pieux, humbles, détachés, consolateurs des malheureux et défenseurs des petites gens »[7] (il s'agit d'un texte hagiographique, parlant d'un ami du saint).

Waroch lui offre un château et des terres dans la presqu'île de Rhuys, où Gildas fonde ensuite une abbaye.

Problème de l'historicité de Waroch Ier

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Il n'existe aucun document historique non hagiographique concernant Waroch Ier.

Arthur de La Borderie et ses disciples

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Arthur de La Borderie, dans une tentative pour concilier sources historiques (Histoire des Francs) et hagiographiques (Vie de saint Gunthiern[8], Vie de saint Méen, Vie de saint Gwenaël), a été obligé de couper en deux le règne de Waroch, introduisant un « Weroc Ier » régnant de 500 à 550 environ « pour le distinguer d'un second Weroc ou Waroch célèbre dans notre histoire », ce dernier correspondant au roi ou comte Waroch, fils de Macliau (mort en 594), évoqué par Grégoire de Tours [9] L'hypothèse d'un premier Waroch est popularisée par les disciples de La Borderie[10],

Réfutation de l'hypothèse de La Borderie

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Cette hypothèse a été très vite réfutée, notamment par Ferdinand Lot[11] et par Charles de la Lande de Calan dans ses « Éclaircissements observations et notes sur les Cronicques & Ystoires des Bretons de Pierre Le Baud » lors de leur publication en 1910[12].

Elle n’a jamais été reprise par la suite[13],[14].

Notamment dans deux ouvrages de référence : Histoire de Vannes et de sa région sous la direction de Jean-Pierre Leguay[15] et Histoire de la Bretagne sous la direction de Jean Delumeau[16].

Descendance de Waroch

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Waroch aurait eu plusieurs enfants d'une épouse inconnue[17]  :

Et selon la Vita de Saint Gildas

Arbre généalogique

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Waroch (I)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Conomor
Comte de Poher
 
Sainte Tréphine
 
Macliau
Évêque de Vannes
Roi du Bro Waroch
 
Canao Ier
Roi du Bro Waroch
 
Garçon
 
Garçon
 
Garçon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Saint Trémeur
 
Waroch II
Roi du Bro Waroch
 
Jacob
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Canao
Roi du Bro Waroch (?)

Notes et références

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  1. Clovis, roi de Tournai, conquiert le royaume de Soissons en 486 puis le royaume wisigoth de Toulouse en 507. Ses successeurs conquièrent le royaume des Burgondes en 534. À cette époque, la domination franque inclut les diocèses de Nantes, de Rennes et de Vannes. Plus à l'Ouest (Cornouaille, Léon, Trégor), c'est la domination des Bretons. Le diocèse de Vannes va être le premier conquis par eux.
  2. Arthur de La Borderie, Histoire de la Bretagne (VI volume), Mayenne, Joseph Floch, , p. 380-381, Tome I.
  3. (en) Peter Bartrum, A Welsh classical dictionary : people in history and legend up to about A.D. 1000, Aberystwyth, National Library of Wales, , p. 733 WEROC (1).:
  4. Peter Bartrum Op.cit p. 733.
  5. Peter Bartrum Op.cit p. 733.
  6. Christiane M.J. Kerboul-Vilhon, Gildas Le Sage. Vies et œuvres, Sautron, Éditions du Pontig, (ISBN 978-2-9510310-2-9), p. 151-155 Vie de Saint Gildas écrite par Vitalis moine de Saint-Gildas de Rhuys.
  7. L. de Serbois, Souvenirs de voyages en Bretagne et en Grèce, (lire en ligne), p. 64
  8. Arthur de La Borderie, ouvrage cité, p. 381 : « L'époque initiale de ce règne est déterminée par les rapports de Weroc avec Saint Gunthiern contemporain de Gradlon ».
  9. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Paris, Les Belles Lettres 2 volumes, , 325 & 354, Tome I 269,288, Tome II 203,201,271-274..
  10. Notamment : Abbé Henri Poisson, Histoire de Bretagne, Rennes, Imprimerie Centrale de Bretagne, 1948. Préface d'Alexis Presse, bois gravés hors-texte par Xavier de Langlais, carte par Xavier Haas rééditée plusieurs fois. Encore dans la 6e réédition de 1975 p. 44 Au commencement du VIe siècle , le Vannetais avait à sa tête le comte Waroc père de sainte Trifine. Il dut mourir vers 550
  11. Ferdinand Lot, « La Vie de Saint Gildas », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, (lire en ligne)
  12. Société des Bibliophiles Bretons, Tome IV : observations sur les 82 premiers chapitres du Livre III p. 115 : Caradoc .... et Gueroc I dont l'existence est une hypothèse moderne, n'ont aucun droit à figurer sur la liste des rois du Vannetais
  13. Chédeville, André Guillotel, Hubert., La Bretagne des saints et des rois : Ve : Xe siècle, Évreux, Ouest-France, , 423 p. (ISBN 2-85882-613-7 et 978-2-85882-613-1, OCLC 260173399), p. 73-75
  14. Christian Y.M Kerboul, Les royaumes brittoniques au très haut Moyen Age : Bretagne insulaire et armoricaine, Sautron, Éditions du Pontig, , 254 p. (ISBN 2-9510310-3-3), p. 115-117. « Une sanglante querelle de succession » : On sait que La Borderie a postulé l’existence d'un Waroc Ier comme chef de la lignée du futur Bro-Erec
  15. Toulouse, Privat, Collection « Pays et Villes de France », 1988 (ISBN 2708982729)
  16. Toulouse, Privat; 1969, chapitre IV p.117-152 « De l'Armorique à la Bretagne (VIe – XIIe siècle) »
  17. Arthur Le Moyne de La Borderie, Histoire de Bretagne, (lire en ligne), p. 442

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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