Histoire des Francs
L'Histoire des Francs est un ouvrage historique de Grégoire de Tours (538-594), évêque de Tours à partir de 573, sous le règne des rois francs mérovingiens successeurs de Clovis.
| Histoire des Francs | |
Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres 1 à 6, page de frontispice. Luxeuil ou Corbie, fin du VIIe siècle. BnF, Manuscrits, Latin 17655 fol. 2. | |
| Auteur | Grégoire de Tours |
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| Pays | |
| Genre | Histoire |
| Date de parution | VIe siècle |
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Le titre originel de cet ouvrage écrit en latin est Decem libri historiarum (« Dix livres d’histoire »), mais par la suite il a été couramment nommé Historia ecclesiastica Francorum (« Histoire ecclésiastique des Francs ») ou même Historia Francorum.
Il s'agit d'une histoire universelle du monde et de l'Église catholique écrite dans une perspective eschatologique. Grégoire commence son récit avec la création du monde par Dieu et le poursuit jusqu'à l'année 591. La moitié de l'ouvrage est cependant consacrée à l'histoire des rois mérovingiens.
Aux dix livres d'histoire s'ajoutent un ensemble de vies de saints de Gaule, composées par Grégoire de 574 à sa mort et réunies sous le titre de Livre(s) des miracles.
L’Histoire des Francs a été poursuivie au cours des siècles suivants par des auteurs restés inconnus, nommés conventionnellement « Frédégaire » et « le Pseudo-Frédégaire ».
L'Histoire des Francs a aussi inspiré des chroniqueurs ultérieurs, notamment Bède le Vénérable dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais (Historia ecclesiastica gentis Anglorum). C'est peut-être à cause du livre de Bède, un des plus populaires en Europe au cours du Moyen Âge, que celui de Grégoire a reçu en retour l'appellation d'Histoire ecclésiastique des Francs.
L'œuvre
modifierPlace importante de l'histoire des Mérovingiens
modifierLe récit de Grégoire de Tours donne une grande place à la Gaule à l'époque mérovingienne, qu'il connaît mieux que le reste du monde : cinq des dix livres, ainsi que le Livre des miracles, concernent l'époque où il vit. L'auteur en donne une image plutôt sombre, mettant l'accent sur les conséquences désastreuses du comportement de certains rois, par opposition au comportement de leurs aïeux chrétiens, à commencer par Clovis.
C'est pour cette raison que l'œuvre a pu être ultérieurement rebaptisée Histoire des Francs (Historia Francorum) ou Geste des Francs (Gesta Francorum) ou plus simplement Chroniques (Chronicae). Elle fait de Grégoire de Tours le père d'une « histoire nationale » des Francs, le principal historien des rois mérovingiens et la source majeure dont nous disposons sur leurs règnes. C'est notamment à travers l'Histoire des Francs que nous sont parvenus les récits de l'affaire du vase de Soissons et du baptême de Clovis.
La langue utilisée par Grégoire : un latin souvent familier
modifierL'œuvre de cet éducateur était destinée au peuple chrétien de son époque, afin d'améliorer sa connaissance de l'histoire au regard de la conversion d'un peuple encore païen, les Francs, à la foi chrétienne, notamment celle de Clovis.
C'est la raison pour laquelle Grégoire écrit non pas en latin classique, mais dans un latin mi-littéraire et mi-parlé[1]. Erich Auerbach écrit que « la langue vernaculaire fait partout et indubitablement sentir sa présence dans cette œuvre »[2]. Dans cette optique, Grégoire de Tours cite un grand nombre de dialogues, de discours, de discussions (cette caractéristique est rendue visible dans la numérisation de François-Dominique Fournier, où les conversations sont indiquées en bleu).
Valeur de Grégoire de Tours en tant qu'historien
modifierÀ l'exception du début du Livre I, Grégoire de Tours utilise principalement un certain nombre de matériaux écrits. Donc, il pouvait profiter des archives ecclésiastiques au regard des histoires des églises alors que sa connaissance par rapport aux guerres n'était pas suffisante, faute de documents[3]. Ainsi, concernant la vie de Clovis, il bénéficiait d'une biographie de saint Remi de Reims, écrite peu de temps après la mort de ce saint et meilleure que celle qui remplaça cette écriture sous le nom de l'évêque Venance Fortunat, mais sans valeur historique[4],[3]. De plus, lorsque l'œuvre fut écrite, il pouvait profiter des témoins encore vivants, notamment ceux de l'ancienne reine Clotilde qui avait demeuré dans la ville de Tours, de laquelle Grégoire était évêque, plus précisément dans l'abbaye Saint-Martin[1].
Étant donné que la mentalité au VIe siècle était différente de celle de nos jours, il faut certes que soient scientifiquement vérifiés tous les renseignements dans cette œuvre. De plus, son édition doit être critique. À savoir, encore faut-il une ou des conditions suffisantes. Nonobstant, il s'agit de meilleurs documents ou témoignages de l'époque, grâce à « son esprit de recherche, une connaissance approfondie de la Gaule du VIe siècle »[3] ainsi qu'à sa haute fonction publique et à celle de sa famille. Par exemple, le roi de Bourgogne Gontran conservait son amitié avec cet auteur[5].
Dans son livre Clovis (1896), Godefroid Kurth écrit : « L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours est de loin le plus important de tous les documents historiques relatifs à Clovis. À elle seule, elle dépasse en importance et en intérêt tous les autres réunis. Si nous ne la possédions pas, c'est à peine si nous saurions de ce roi autre chose que son existence, et çà et là un trait curieux. Sans elle, ce livre n'aurait pu être écrit. Il est indispensable de connaître la valeur d'un témoignage si précieux »[3]. Donc, il s'agit de l'une des meilleures sources du haut Moyen Âge qui nous donne de nombreuses conditions nécessaires. Cependant, si l'historien Otto Gerhard Oexle (de) voit en Grégoire un chroniqueur consciencieux, il considère que sa volonté de produire des récits qui démontrent et confirment la foi chrétienne, rend son œuvre « objectivement fausse »[6].
Selon Rémi Brague, spécialiste de la pensée chrétienne médiévale (Université Paris I - Sorbonne), cette œuvre est l'une des plus difficiles qui soient à analyser par les étudiants débutants, car l'enchevêtrement de données historiques, métahistoriques, religieuses et personnelles rend l'usage d'un esprit historique critique absolument nécessaire, et donc requiert une formation d'Histoire et d'Archives importante.
Résumé des dix livres
modifierLivre I : résumé de l'histoire ancienne et universelle du monde, et jusqu'au décès de Saint Martin de Tours en 397
modifierLivre II : dès 397 jusqu'au trépas de Clovis Ier en 511
modifierAlors que l'empereur Valentinien II est enfermé à Vienne, les chefs francs Gennobaud, Marcomir et Sunnon envahissent la province romaine de Germanie, et sont repoussés par le général romain Arbogast. Son successeur l'empereur Eugène renouvelle l'alliance traditionnelle avec les Francs.
En 445, le roi franc Clodion le Chevelu conquiert la ville de Cambrai, puis un territoire s'étendant jusqu'à la Somme.
En 456, le roi franc Childéric Ier est chassé de son royaume pour conduite amorale. Rappelé au bout de 8 ans, il épouse Basine de Thuringe dont il a un fils : Clovis Ier. Il fait la guerre aux Orléanais, puis s'empare de la ville d'Angers en 469.
En 475, le roi wisigoth Euric arrive à Clermont ; son duc Victor embellit la basilique Saint-Julien de Brioude. Jusqu'à sa mort en 485, ce roi chrétien de confession arienne persécute en Gaule l'Église officielle nicéenne.
En 481, Clovis Ier succède à Childéric Ier. En 486, il défait le gouverneur romain Syagrius à la bataille de Soissons et conquiert ainsi le royaume de Soissons. Lors du partage du butin de guerre intervient l'épisode du vase de Soissons. Clovis, resté païen, épouse la princesse burgonde et chrétienne Clotilde. Leur premier enfant Ingomer meurt peu après son baptême, ce que Clovis reproche à Clotilde. Puis naît Clodomir qui survit à son baptême.
En 496, Clovis emporte difficilement la bataille de Tolbiac contre les Alamans, après avoir promis sa conversion en cas de victoire. Sur l'idée de Clotilde, Clovis est baptisé par l'évêque Remi de Reims. En 500, le roi burgonde Gondebaud est assiégé à Avignon par Clovis, après avoir été par lui défait à Dijon, à la suite d'une trahison de son frère, le prince burgonde Godégisile. Clovis renonçant au siège, Gondebaud tue son frère Godégisile.
Chassé par les Wisigoths ariens car il souhaitait la domination des Francs, l'évêque Quintien de Rodez est accueilli par l'évêque Euphraise de Clermont. En 507, Clovis emporte la bataille de Vouillé en tuant le roi wisigoth Alaric II. Après ces grandes victoires, il est nommé consul par l'empereur d'Orient Anastase Ier, et fait de Paris sa capitale.
Après l'élimination du roi Sigebert le Boiteux et de son fils Clodéric, Clovis s'empare du royaume des francs rhénans. De la même façon, il tue et annexe les royaumes de ses cousins Ragnacaire et Cararic. Il meurt en 511, et est enterré dans la basilique des Saints-Apôtres qu'il avait fondée avec Clotilde à Paris.
Livre III : dès 511 jusqu'au décès de Théodebert Ier en 547
modifierAprès la mort de Clovis en 511, son royaume est partagé entre ses 4 fils Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire. En 515, le fils de Thierry Théodebert repousse l'attaque du roi danois Chlochilaïc.
En 522, le roi burgonde Sigismond fait tuer son fils Ségéric. Pris de remords, il se retire dans l'abbaye d'Agaune qu'il avait fondée. En 523, les 3 fils de Clotilde envahissent la Burgondie ; Sigismond, prisonnier de Clodomir, est tué par son ordre et jeté dans un puits près d'Orléans en 524. Son frère Godomar lui succède, et tue Clodomir la même année à la bataille de Vézeronce. À la mort de Clodomir, ses 3 fils sont recueillis par Clotilde ; à l'exception de Clodoald (saint Cloud), ils seront tués en 532 par Childebert et Clotaire qui se partageront leur royaume. Clotilde se retirera alors à Tours où elle mourra en 547, avant d'être enterrée à la basilique des Saints-Apôtres de Paris qu'elle avait fondée avec Clovis.
En 531, Thierry et Clotaire défont le roi thuringe Hermanfred près de la rivière Unstrut, et conquièrent son royaume. Radegonde, nièce d'Hermanfred, est faite prisonnière de Clotaire qu'elle épousera vers 539, avant de fonder l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers où elle se retirera. Hermanfred meurt en 534.
En 531 également, Childebert attaque l'Espagne wisigothique de son beau-frère le roi Amalaric, à l'appel de sa sœur battue Clotilde la Jeune. Amalaric est tué, et Clotilde la Jeune meurt pendant le retour vers Paris.
En 532, Childebert et Clotaire s'emparent de la ville burgonde d'Autun et mettent en fuite le roi Gondomar, fondant ainsi le royaume de Bourgogne. De son côté, Thierry lance une expédition punitive dans sa province d'Auvergne contre le sénateur rebelle Arcade et sa mère Placidina, et place à sa tête le gouverneur Sigewald ; puis en 534, il fait tuer Mundéric qui prétend au trône royal.
Vers cette époque l'évêque Grégoire de Langres (bisaïeul de Grégoire de Tours) résidait régulièrement au castrum de Dijon, dont suit une description.
En 533, Théodebert attaque la Septimanie, dernière région de Gaule encore sous domination wisigothe, et dans la ville de Cabrières, rencontre la matrone Deoteria qu'il épousera et dont il aura un fils, Thibaut. Puis il épargne son filleul Giwald que Thierry lui avait ordonné de tuer. Lorsque Thierry meurt en 534, Théodebert, qui vient d'assiéger Arles, hérite de son royaume.
En 542, Childebert et Clotaire assiègent la ville de Saragosse en Espagne, mais renoncent en voyant les assiégés porter la tunique de saint Vincent. De son côté, Théodebert envahit l'Italie et profite de la guerre que s'y livrent les Ostrogoths et l'Empire romain d'Orient pour faire du butin, puis meurt en 548, suivi de peu par son trésorier Parthénius lapidé par le peuple pour malversation.
Livre IV : dès 547 jusqu'au trépas de Sigebert Ier en 575
modifierLe roi franc Thibaut succède à son père Théodebert en 548, et meurt en 555. Pendant son règne, il a épousé Vuldetrade, et a vu ses ambitions en Italie ruinées par les victoires du général Narsès, qui en 553 a rattaché l'Italie à l'Empire Byzantin. Thibaut étant mort sans héritier, le roi Clotaire s'empare de son royaume, marie sa veuve à Garibald, et place son propre fils Chramn à la tête de l'Auvergne.
Chramn se révolte contre son père Clotaire qui, occupé à mater une révolte des Saxons, envoie contre lui deux autres de ses fils, Caribert et Gontran. Après les avoir fait fuir par ruse, Chramn s'empare de la ville de Châlons mais est arrêté à Dijon. Son oncle et allié le roi Childebert lance une attaque contre Clotaire vers Reims, mais décède en 558, entraînant une brève réconciliation de Chramn avec Clotaire, qui réunifie alors à nouveau le Regnum Francorum de son père Clovis. Childebert est enterré dans la basilique de Saint-Vincent qu'il a fondée, et sa femme Ultrogothe est exilée par Clotaire.
En 559, Chramn se réfugie en Bretagne et s'allie avec Conomor pour affronter Clotaire en 560 dans une bataille rangée, au cours de laquelle Conomor est tué, et où il est capturé avant d'être exécuté par son père. Clotaire fait pénitence dans la basilique Saint-Martin de Tours, et meurt peu après alors qu'il chassait dans la forêt de Compiègne, en 561. Il est enterré dans l'abbaye Saint-Médard de Soissons qu'il a fondée.
Après la mort de Clotaire en 561, son royaume est partagé entre ses 4 fils Caribert, Gontran, Chilpéric et Sigebert. En 562, Sigebert repousse une attaque des Avars (que Grégoire de Tours appelle les Huns). En 567, Caribert est excommunié par l'évêque Germain de Paris, car il avait épousé une religieuse qui était la sœur d'une de ses femmes, et meurt la même année.
En 566, Sigebert épouse Brunehaut, fille du roi wisigoth Athanagild. En 568, Chilpéric épouse Galswinthe, la sœur ainée de Brunehaut, avant de la faire assassiner pour épouser Frédégonde, suscitant le rejet de ses frères rois.
Fait prisonnier lors d'une nouvelle attaque des Avars, Sigebert est rapidement relâché en échange de présents faits au Khagan, avec qui il conclut un traité de non-agression à vie. Mécontent du partage qui suit la mort de Caribert, vers 570 il assiège sans succès Arles qui appartient à Gontran. Peu de temps après, la peste survient en Auvergne.
Les Lombards, qui avaient entrepris la conquête de l'Italie à partir de 568 sous leur roi Alboïn, envahissent la Provence et sont vaincus en 574 par un général de Gontran, Mummolus.
En 573, Chilpéric envoie son fils aîné Thibert dévaster la Touraine appartenant à Sigebert, qui lui oppose le duc Gontran Boson. Thibert est tué en 575 et Sigebert triomphe, mais la même année, il est assassiné à coups de scramasaxe sur ordre de Frédégonde à Vitry-en-Artois. Au cours de cette période d'affrontements entre ses frères Chilpéric et Sigebert, Gontran s'est allié alternativement avec l'un et l'autre.
Livre V : à partir de 575 jusqu'en 580, soit les cinq premières années du règne de Childebert II
modifierLe jour de Noël 575, Childebert II, fils du défunt roi Sigebert âgé de 5 ans, est proclamé roi en Austrasie. Sa mère, la reine Brunehaut, se remarie en 576 avec Mérovée, fils du roi Chilpéric, à Rouen où elle était exilée. Chilpéric, mécontent, se rend à Rouen où il échoue à faire rompre ce mariage.
À son retour, Chilpéric brise le siège de sa capitale Soissons, qui avait été entrepris par le noble Godin. Ce dernier mourant peu après, ses biens sont donnés à l'abbaye Saint-Médard de Soissons, et sa veuve épouse le duc Rauchingue. D'autres nobles abandonnent le parti de Chilpéric pour celui de Childebert II.
Au printemps 576, Chilpéric envoie sans succès le comte Rocolène conquérir Tours, où le duc Gontran Boson, meurtrier de son fils Thibert, s'était réfugié dans la basilique Saint-Martin de Tours. Il fait ordonner prêtre son fils Mérovée, et l'envoie au monastère de Saint-Calais, mais celui-ci s'échappe et rejoint Gontran Boson dans la basilique de Saint-Martin sous la protection de Grégoire de Tours, où il est persécuté par le comte de Tours Leudaste.
Mérovée consulte le sort des saints, et quitte Tours pour l'église de Saint-Germain à Auxerre, avant de se retirer en Champagne. En 577, il meurt à Thérouanne, peut-être sur ordre de sa belle-mère Frédégonde.
En Bretagne, Tewdrig, dont le père Budic de Cornouaille venait de mourir, avait été chassé par le comte Macliau. De retour en 577, il tue Macliau et partage le domaine paternel avec Waroch, fils de Macliau.
Ayant perdu ses enfants, le roi Gontran adopte son neveu Childebert II. À Paris, le roi Chilpéric convoque un concile pour le procès de l'évêque Prétextat de Rouen, accusé d'avoir marié Mérovée à Brunehaut pour lui livrer son royaume. Prétextat, défendu en vain par Grégoire de Tours, est exilé à Jersey. Menacé à Poitiers par Chilpéric, le duc Gontran Boson y emmène ses filles à l'église Saint-Hilaire.
En 578, Chilpéric attaque le chef breton Waroch, qui s'est emparé de la ville de Vannes, puis il exile l'évêque Eunius de Vannes, envoyé pour négocier. Lorsque les Bretons ravagent le territoire de Nantes, l'évêque Félix de Nantes intervient en vain.
En 579, alors que Chilpéric ordonne un recensement pour lever des impôts dans tout le royaume, son référendaire est sauvé de la foule de Limoges par l'évêque Ferréol de Limoges. En 580, la maladie de l'ergotisme fait de nombreuses victimes, dont la reine Austregilde, femme du roi Gontran, et deux fils de Frédégonde. Très attristée, cette dernière fait tuer la reine Audovère et son fils Clovis, puis envoie dans un monastère sa fille Basine.
Chilpéric souhaite publier un décret sur la Trinité, mais il en est dissuadé par les évêques Grégoire de Tours et Salvius d'Albi qui jugent son contenu hérétique. Il écrit parfois de la poésie à la manière de Sedulius.
Livre VI : dès 580 jusqu'au décès de Chilpéric Ier en 584
modifierEn 581, Gogon, tuteur du roi Childebert II, meurt et est remplacé par Waldelène. Mummolus trahit le roi Gontran pour rallier Childebert II à Avignon. Les ambassadeurs que le roi Chilpéric avait envoyés à l'empereur Tibère II Constantin, sont de retour avec des objets précieux. Les grands d'Austrasie, représentés par l'évêque Egidius de Reims, font alliance avec Chilpéric à Nogent.
Les grands d'Austrasie attaquent le duc Loup de Champagne, mais la reine Brunehaut se précipite au milieu des deux armées et empêche le combat. Avec l'aide de l'évêque Théodore de Marseille, le duc Gundulf de Provence piège Dynamius le Patrice, et reprend ainsi la portion de la ville de Marseille dont s'était emparé Gontran au préjudice de Childebert II. Chilpéric ordonne au duc Didier de Toulouse d'attaquer les États de Gontran ; la femme du duc Ragnowald, mis en fuite, se réfugie dans l'église Saint-Caprais à Agen, puis à la basilique Saint-Sernin de Toulouse.
En 582, Gondovald, qui prétend être un fils du défunt roi Clotaire, débarque à Marseille puis gagne Avignon. En 583, accusé d'avoir ramené Gondovald de Constantinople, le duc Gontran Boson offre de livrer Mummolus pour se justifier, mais échoue à le faire.
Le roi Chilpéric se rend à Paris où il accueille une nouvelle députation pour une nouvelle alliance avec l'Austrasie, puis il déclenche un bref nouvel épisode de guerre civile contre le roi Gontran. Il accorde sa fille Rigonde en mariage à Récarède, fils du roi wisigoth Léovigilde. Le fils aîné de ce dernier, Herménégilde, avait épousé Ingonde, sœur de Childebert II, mais le couple avait été persécuté par Léovigilde après la conversion d'Herménégilde au christianisme nicéen.
En 584 naît Clotaire II, fils de Chilpéric. À la demande de l'empereur Maurice, Childebert II lance une expédition victorieuse en Italie contre les Lombards. Pendant que Rigonde voyage vers l'Espagne pour s'y marier, son père Chilpéric est assassiné à Chelles.
Livre VII : année 585
modifierAprès la mort du roi Chilpéric, son épouse la reine Frédégonde sollicite l'alliance du roi Gontran. Les grands du royaume d'Austrasie s'en alarment, et envoient une députation pour demander à Gontran de leur livrer Frédégonde. Gontran répond que cette demande sera jugée au plaid. De leur côté, les grands du royaume de Neustrie prêtent serment au tout jeune Clotaire II, le fils de Chilpéric et Frédégonde.
Arrêtée à Toulouse lorsqu'elle apprend la mort de Chilpéric, sa fille la princesse Rigonde est enfermée puis dépouillée par le duc Didier de Toulouse, qui rallie le prétendant Gondovald et le patrice Mummolus à Avignon. Gondovald marche sur Limoges, et est proclamé roi à Brive-la-Gaillarde, à proximité de la tombe de Martin de Brive. Rigonde trouve refuge dans la basilique Sainte-Marie de Toulouse.
Au plaid du royaume, Gontran refuse formellement de livrer Frédégonde aux grands d'Austrasie menés par l'évêque Egidius de Reims, et accuse à nouveau le duc Gontran Boson d'avoir introduit Gondovald dans le royaume. Frédégonde, retirée dans la cathédrale Saint-Étienne de Paris, reçoit froidement l'évêque Prétextat de Rouen, tout juste rétabli dans ses fonctions par Gontran, et est exilée par ce dernier à Rueil près de Rouen. Elle y est rejointe par l'évêque Mélance de Rouen qui avait remplacé Prétextat. Elle tente sans succès de faire assassiner la reine Brunehaut à Metz. Gontran enquêtant sur la mort de Chilpéric, elle en accuse Ébérulf.
En 585, Gontran soumet la ville de Poitiers, pendant que Gondovald s'empare d'Angoulême, de Périgueux et de Toulouse. Gontran fait tuer Ébérulf, qui s'était réfugié dans la basilique Saint-Martin de Tours. Après avoir renouvelé son alliance avec le roi d'Austrasie Childebert II, Gontran envoie une armée assiéger Comminges, où Gondovald s'est enfermé. Ses partisans, à commencer par Didier de Toulouse, l'abandonnant un par un, Gondovald est finalement livré à l'ennemi, puis tué par Gontran Boson. Mummolus, qui l'avait trahi, est également tué. Frédégonde fait ramener sa fille Rigonde de Toulouse.
Livre IX : à partir de 587 jusqu'en 589
modifierLivre X : jusqu'au mois d', soit au trépas de l'abbé limousin saint Yrieix
modifierCe livre comprend une liste des évêques de Tours (à partir du Ier jusqu'au XIXe, à savoir saint Grégoire)[7]
Les manuscrits encore existants
modifierIl existe aujourd'hui trois manuscrits de cet ouvrage.
Manuscrit de la bibliothèque nationale de France
modifier- Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 17655, Gregorius Turonensis episcopus, Historia Francorum
- Manuscrit achevé à la fin du VIIe siècle, vraisemblablement à l'abbaye de Luxeuil ou à Saint-Pierre de Corbie. Au IXe siècle, il était conservé à cette dernière. En 1756, la Bibliothèque du roi accueillit ce manuscrit [lire en ligne (fac-similé)]
Manuscrit de la bibliothèque de Cambrai
modifier- Bibliothèque municipale de Cambrai, manuscrit 624
- Ce manuscrit fut découvert, par Dom Bouquet, dans une église de Cambrai. Il s'agit de dix tomes dont six livres avaient été écrits en grandes lettres romaines onciales. Les quatre derniers sont moins anciens[8].
Manuscrit de la bibliothèque royale de Belgique
modifier- Bibliothèque royale de Belgique, manuscrit 9403
- Manuscrit mutilé, au cours du chapitre 29 du livre X ; copié en minuscule caroline dans la seconde moitié du VIIIe siècle[9] [lire en ligne]
Éditions
modifierÉditions de 1561 à 1861
modifier- 1561 : Gregorii Turonensis, Historia Francorum, cum Adnis Viennensis chronicon, Paris[10],[a 1]
- 1610 : Grégoire de Tours, L'Histoire françoise de saint GRÉGOIRE de Tours, contenue en dix livres, augmentée d'un onzième livre, traduite du latin par C. B. D., traduction par Claude Bonet, Seb. du Molin, Tours[11],[a 1]
- 1668 : Grégoire de Tours, Les Histoires de S. Grégoire, évesque de Tours, contenant ses livres de la Gloire des Martyrs & des Confesseurs, avec les quatre Livres de la Vie de S. Martin, & celui de la Vie de Pères, traduction par Michel de Marolles, Frédéric Leonard, Paris[a 1] [lire en ligne : seconde partie]
- 1699 : Grégoire de Tours, traduction par Thierry Ruinart[12]
- 1823 : Grégoire de Tours, Histoire des Francs, dans la collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, depuis la fondation de la monarchie française jusqu'au XIIIe siècle, traduction par François Guizot, J.-L.-J. Brière, Paris
- 1836 - 1838 : Sancti Georgii Florentii Gregorii / Georges Florent Grégoire, Historiæ ecclesiasticæ Francorum / Histoire ecclésiastique des Francs, texte en latin et traduction par Joseph Guadet et N. R. Taranne, 4 tomes, Société de l'histoire de France et Édition Renouard, Paris
- 1861 : Grégoire de Tours, Histoire des Francs, nouvelle édition de Guizot, augmentée de la géographie par Alfred Jacobs, 2 tomes, Librairie Académique, Paris[13]
Éditions ultérieures
modifierRéimpressions (Hachette Livre et BnF)
modifier- Histoire des Francs, 1 (édition de 1823),
- 2012 (ISBN 978-2-01-255272-2) 504 p.
- 2017 (ISBN 978-2-01-970338-7) 504 p.
- Histoire des Francs, 2 (édition de 1823),
- 2012 (ISBN 978-2-01-255273-9) 405 p.
- 2017 (ISBN 978-2-01-970337-0) 405 p.
- Histoire ecclésiastique des Francs. Suivie d'un sommaire de ses autres ouvrages, et précédée de sa vie écrite au Xe siècle Tome 1 (Éd. 1859-1862), 2012 (ISBN 978-2-01-255429-0) 338 p.
- Histoire ecclésiastique des Francs. Suivie d'un sommaire de ses autres ouvrages, et précédée de sa vie écrite au Xe siècle Tome 2 (Éd. 1859-1862), 2012 (ISBN 978-2-01-255430-6) 488 p.
- Histoire des Francs, livres I - VI : texte du manuscrit de Corbie. Bibliothèque nationale, ms. latin 17655 (Éd. 1886), 2017 (ISBN 978-2-01-288871-5) 297 p.
- Histoire des Francs, livre VII - X : texte du manuscrit de Bruxelles, Bibliothèque royale de Bruxelles, ms. 9403 (Éd.1893), 2012 (ISBN 978-2-01-255271-5) 253 p.
Notes et références
modifier- 1 2 http://expositions.bnf.fr/carolingiens/antho/02.htm site officiel de la Bibliothèque nationale de France, dans le Trésor carolingien
- ↑ Grégoire de Tours, L'histoire des rois Francs, traduction de J.J.E. Roy, Paris, Gallimard, coll. « L'aube des peuples », préface d'Erich Auerbach, 1990, p. 11
- 1 2 3 4 Godefroid Kurth, Clovis, p. 538-543, Tallandier, Paris 2000 (première édition, 1896)
- ↑ Saint Gregory (Bishop of Tours), Histoire ecclésiastique des Francs, , 329 p. (lire en ligne), p. 219. Livre II, 31 : « Nous avons encore aujourd'hui un livre de sa vie, où il est dit qu'il ressuscita un mort. »
- ↑ Saint Gregory (Bishop of Tours), Histoire ecclésiastique des Francs, , 352 p. (lire en ligne), p. 65. Livre VII, 2
- ↑ Otto Gerhard Oexle, Les tendances actuelles de l'histoire du Moyen Age en France et en Allemagne, Paris, Publications de la Sorbonne, (ISBN 2-85944-388-6), p. 85.
- ↑ saint Grégoire (évêque de Tours), Sancti Georgii Florentii Gregorii episcopi Turonensis Historiae ecclesiasticae Francorum libri decem, , 568 p. (lire en ligne), p. 270.
- ↑ Memoires De La Societe D'emulation De Cambrai, , 646 p. (lire en ligne), p. 249.
- ↑ Livre publié en par Gaston Collon, introduction p. i, note n° 1
- ↑ Catalogues de livres des bibliothèques des collèges des ci-devant Jésuites de Bruxelles et de Malines, , 368 p. (lire en ligne).
- ↑ Antoine-Alexandre Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, composés, traduits ou publiés en Français et en Latin, avec les noms des auteurs…, , 564 p. (lire en ligne), p. 132.
- ↑ Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, , 238 p. (lire en ligne), p. 12.
- ↑ saint Grégoire (évêque de Tours), Les livres des miracles et autres opuscules de Georges Florent Grégoire, évêque de Tours, , 398 p. (lire en ligne), p. 316.
Voir aussi
modifierRéférences bibliographiques
modifier- François Guizot, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France depuis la fondation de la monarchie jusqu'au 13e siècle, avec une introduction, des supplémens, des notices et des notes par M. Guizot
- Histoire des Francs, par Grégoire de Tours, Paris, J.-L.-J. Brière, 1823 [lire en ligne]
Articles connexes
modifier- Liber Historiæ Francorum (chronique anonyme datée de 727)
- Grégoire de Tours
- Référence:Histoire des Francs (Grégoire de Tours)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la littérature :
Éditions disponibles en ligne
modifierHistoriæ eccleasiasticæ Francorum et Histoire ecclésiastique des Francs
modifierÉdition en latin publiée par la Société de l'histoire de France
- Libri I - VI
- Libri VII - X (1838) [lire en ligne]
Édition bilingue latin-français (traduction par Joseph Guadet et Taranne), publiée par la Société de l'histoire de France
- Livre I - III (1836) [lire en ligne]
- Livre IV - VI (1836) [lire en ligne]
- Livre VII - IX
- Livre X et notes (1838) [lire en ligne]
Histoire des Francs
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