Weltpolitik
La Weltpolitik — traduit littéralement de l'allemand en politique mondiale — est le nom de la doctrine diplomatique de l'Allemagne adoptée à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de Guillaume II. Plus revendicative voire vindicative, notamment en matière coloniale, elle vient remplacer l'approche précédente, à savoir la Realpolitik incarnée par Otto von Bismarck, le « chancelier de fer », remplacé en 1890 par Leo von Caprivi par la volonté autocrate de Guillaume.

Histoire
modifierLa Weltpolitik se veut plus agressive que la Realpolitik et elle peut expliquer certains conflits entre l'Allemagne et d'autres nations. Elle visait à trouver pour l'Allemagne une place au soleil (Platz an der Sonne), proportionnelle à sa force industrielle croissante, et ce, principalement, en développant un empire colonial pouvant rivaliser avec ceux des autres grandes puissances.
La Weltpolitik a sa part de responsabilité dans les crises diplomatiques entre grandes puissances, comme les crises marocaines de 1905 et 1911, opposant les ambitions impérialistes de la France et de l'Allemagne. Elle peut être considérée comme l'un des facteurs menant à la Première Guerre mondiale parmi d'autres.
Un élément central de cette politique fut la constitution de la Hochseeflotte : la Flotte de Haute Mer, par l'amiral von Tirpitz, une flotte moderne censée rivaliser avec la Royal Navy du Royaume-Uni. Cela mena à une course navale germano-britannique, où chacun tenta de surpasser les cuirassés de l'autre (voir dreadnought).
De plusieurs façons, la Weltpolitik a été perçue comme étant le successeur naturel du nationalisme, qui a influencé une partie récente de l'histoire de l'Allemagne. Le nationalisme se concentrait sur l'unification de l'Allemagne. Quand celle-ci fut effective, les nationalistes allemands cherchèrent à accroître le pouvoir de l'Allemagne sur le plan international, et, pour eux, développer un empire colonial était un point essentiel pour y parvenir.
La doctrine du darwinisme social était populaire, et lança l'idée que la sélection des plus aptes s'appliquait aussi bien aux États qu'aux individus. Si un État ne s'efforçait pas de s'étendre, il s'affaiblirait ou s'auto-détruirait. Tout cela a nourri le nationalisme qui existait déjà en Allemagne et déboucha sur un plus grand expansionnisme représenté par la Weltpolitik.
Weltpolitik de Guillaume II
modifierPolitique d'alliances européennes
modifierLe Royaume-Uni obtint des ententes amicales avec la France et la Russie pour parer la menace navale allemande, créant dès lors une division de l'Europe en deux alliances rivales de grandes puissances : la Triple-Entente de la France, la Russie et du Royaume-Uni ; et la Triple-Alliance (ou Triplice) de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie (voir Première Guerre mondiale). Ces jeux d'alliances augmentèrent considérablement le risque de guerre généralisée, un conflit entre un membre d'une alliance avec un membre de l'autre alliance suffisant à entraîner les autres membres dans la guerre, par invocation de l'alliance ou par présomption que l'autre camp invoquera son alliance respective. C'est ce qui se produisit de juillet à : l'Allemagne appuya l'Autriche-Hongrie contre la Russie dans les Balkans et, considérant que n'importe quel conflit requerrait la mobilisation allemande face à la France, appliqua son plan Schlieffen. Le plan Schlieffen impliqua la violation de la neutralité de la Belgique, donnant un casus belli au Royaume-Uni via le traité de Londres.
Politique coloniale
modifierL'empire colonial allemand fut fondé après l'unification de la nation allemande en 1871 et la naissance du IIe Reich. Il cessa d'exister après la Première Guerre mondiale.

Politique orientale
modifierLa parenthèse weimarienne (1918-1933)
modifierLa république de Weimar (en allemand : Weimarer Republik, /ˈvaɪ.ma.ʁɐ ʁe.pu.ˈbliːk/ ⓘ) est le nom donné par les historiens au régime politique en place en Allemagne de 1918 à 1933.
La république allemande est proclamée au cours de la révolution de 1918, le , soit deux jours avant la fin des hostilités de la Première Guerre mondiale. La Constitution de Weimar est adoptée le et promulguée le suivant. Weimar, la ville où l'Assemblée nationale constituante rédige la constitution, donne a posteriori son nom à la période historique dans son ensemble[1]. L'État allemand continue durant cette période de porter le nom officiel de Reich allemand (en allemand Deutsches Reich), comme sous l'Empire allemand précédemment[a].
Il s'agit d'une démocratie parlementaire dirigée par le président du Reich et gouvernée par le chancelier du Reich, nommé par le premier, investi par une majorité des membres du Reichstag et responsable devant cette assemblée. L'histoire de cette république est marquée par de nombreuses tensions et des conflits internes. Ses institutions fonctionnent normalement jusqu'en 1930, date à laquelle le dernier cabinet appuyé sur une majorité parlementaire stable est mis en minorité et se trouve obligé de démissionner, provoquant des élections. À partir de , des cabinets minoritaires de droite soutenus par le président du Reich se succèdent, menant une politique de plus en plus autoritaire.
À la suite de la nomination d'Adolf Hitler comme chancelier le , le renforcement de la politique autoritaire mise en place durant la période de 1930 à 1932, la confiscation progressive du pouvoir politique au profit du NSDAP et la modification des structures politiques entraînent la fin de facto de la république de Weimar — déjà affaiblie par la Dolchstoßlegende — et l'avènement du Troisième Reich. La Constitution de Weimar n'est abrogée officiellement qu'à l'issue de la Seconde Guerre mondiale en 1945, lorsque l'administration quadripartite alliée en Allemagne prend le contrôle du pays[b].
Weltpolitik du Troisième Reich
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ N.B. : en langue allemande, la France se dit Frankreich : le mot « Reich » désigne ici un territoire, une terre, un espace unifié en théorie par une langue et des pratiques communes. Ce qui disparaît en 1919 est l'empire colonial allemand, ainsi qu’une partie de la Prusse orientale au profit de la Pologne, entre autres.
- ↑ La république de Weimar ne prend fin qu'en 1945 : à titre d’exemple, le maréchal Hindenburg reste président du Reich jusqu'à sa mort en , date à partir de laquelle, par plébiscite, Hitler cumule les fonctions de président du Reich et de chancelier du Reich, et se fait ainsi officiellement appeler « Führer et chancelier du Reich » (en allemand : Führer und Reichskanzler), ce du à sa mort le .
Après la mort de Hitler, le seul titre de « président du Reich » et les pouvoirs qui lui sont associés sont transférés, par testament, au Großadmiral Karl Dönitz.
De la même façon, le seul titre de « chancelier du Reich » et les pouvoirs qui lui sont associés sont transférés à Joseph Goebbels.
Dönitz est ainsi président du Reich du , date du suicide de Hitler, jusqu'à son arrestation par les Alliés avec les membres du « gouvernement de Flensbourg », le , sur ordre du général Eisenhower, commandant en chef des Alliés occidentaux.
Quant à Goebbels, il n'est chancelier qu'une journée, car il se suicide un jour après Hitler, entraînant sa femme et ses enfants dans sa mort ; Dönitz le fait remplacer par Lutz Schwerin von Krosigk ; ce dernier ne souhaite pas se faire appeler chancelier mais ministre-président du Reich, et occupe ainsi le poste du au , date de l'arrestation des membres de ce gouvernement et fin réelle de l’existence de la république de Weimar.
Références
modifier- ↑ La république de Weimar (1918–1933), page en français sur le site du Bundestag.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifier- Ernst Hasse : professeur à l’université de Leipzig qui publie en 1905 Weltpolitik
- Empire colonial allemand
Liens externes
modifier- (fr) La Weltpolitik : infographie sur le site de l'UIA
