Weskarinis
Les Weskarinis ou Oueskarinis, aussi connus sous le nom de Wàwàckeciriniwak (littéralement le « peuple du chevreuil » en algonquin, à rattacher aux racines protoalgonquiennes wawaškehšiwa et elenyiwa), sont un peuple algonquien vivant au sud-ouest du Québec, au Canada. Les tribus des Weskarinis vivaient et chassaient toutefois principalement dans les secteurs de la rivière de la Petite Nation, de la Lièvre et de la Rouge en Outaouais et Laurentides[1].
première moitié du XVIIe siècle.
Histoire
modifierLes Weskarinis, également appelés Oueskarinis, Ouescharini ou Ouescarini dans les sources françaises anciennes, étaient un groupe algonquien établi principalement dans la vallée de la rivière des Outaouais et fréquentant notamment les bassins des rivières Petite Nation, Petite rivière Rouge et Lièvre[2] Le nom « Petite-Nation » a d'abord servi à désigner les Ouescharini, peuple de la nation algonquine qui habitait et chassait dans cette région[2].
Les Weskarinis entretenaient des relations avec les autres groupes algonquiens de la vallée de l'Outaouais ainsi qu'avec les peuples de la région des Grands Lacs. Leur mode de vie reposait notamment sur la chasse, la pêche et la cueillette, ainsi que sur des déplacements saisonniers entre différents territoires. Ils participaient également aux réseaux d'échanges et de commerce qui reliaient les populations autochtones de la vallée de l'Outaouais et des Grands Lacs.
Au début du XVIIe siècle, les Weskarinis sont mentionnés dans les récits de Samuel de Champlain, notamment lors de son voyage dans la vallée de l'Outaouais en 1613. Dans son récit, Champlain mentionne les Ouescharini et indique qu'ils se tenaient au nord d'une rivière qu'il décrit comme « fort belle & spacieuse »[2].
Au cours des années 1640 et 1650, les guerres avec les Iroquois entraînent d'importants déplacements et la dispersion de plusieurs groupes algonquiens de la vallée de l'Outaouais. Selon la Commission de toponymie du Québec, les membres de la nation weskarini périrent dans des affrontements avec les Iroquois en 1654[2].
Cette disparition ne signifie toutefois pas nécessairement la disparition de tous les membres du groupe. Une partie des Weskarinis s'était déjà déplacée vers l'est au cours des décennies précédentes. Le chef algonquin Charles Pachirini, attesté dans la région de Trois-Rivières, reçoit une concession de terre le . Celle-ci est confirmée le , puis une augmentation de concession lui est accordée le [3].
Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, les Weskarinis cessent d'être attestés comme une entité politique distincte. Des membres de ce groupe et leurs descendants sont toutefois susceptibles d'avoir été intégrés à d'autres populations algonquines. La disparition de l'ethnonyme comme désignation politique ne permet donc pas à elle seule de conclure à la disparition de tous les descendants du groupe.
La continuité linguistique et culturelle des Weskarinis doit être replacée dans l'ensemble algonquin. Les Weskarinis constituaient l'un des groupes algonquins identifiés par Samuel de Champlain dans la vallée de l'Outaouais et fréquentaient notamment les bassins des rivières Rouge, Lièvre et Petite Nation[4].
La mère de Kateri Tekakwitha, généralement appelée Kahenta dans les sources modernes, était une femme algonquine qui avait vécu au poste français de Trois-Rivières et était chrétienne[5].
Descendance et héritage
modifierLes Weskarinis cessent d'être attestés comme groupe distinct au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Les guerres iroquoises entraînent la dispersion des groupes algonquins de la vallée de l'Outaouais : certains se réfugient dans les missions de la vallée du Saint-Laurent, tandis que d'autres se regroupent au sein de nouvelles entités. Le territoire anciennement fréquenté par les Weskarinis est ainsi progressivement délaissé, sans que les populations algonquines de la région disparaissent pour autant[6],[7].
La disparition des Weskarinis en tant que groupe historique distinct ne signifie donc pas nécessairement la disparition de leurs descendants. Des recherches généalogiques consacrées aux familles algonquiennes de la Petite-Nation et de la Rouge identifient notamment les familles Canard Blanc, Simon, Bernard, Amikwabe, Tanascon, Commandant, Kisensik, Chichip, Amikons, Chawan, Dufond, Odjik et Kinonje. Selon ce répertoire, plusieurs de ces familles se sont par la suite établies à Kitigan Zibi-Anishinàbeg, tandis que d'autres ont continué à vivre hors réserve, notamment sur leurs territoires traditionnels de chasse[8].
Cette continuité doit toutefois être distinguée d'une continuité politique : les Weskarinis ne constituent plus aujourd'hui une Première Nation distincte reconnue par les autorités québécoises. Les Weskarinis appartenaient historiquement à l'ensemble algonquin et les communautés algonquines contemporaines sont aujourd'hui regroupées sous la désignation d'Algonquins (Anichinabés)[9],[10].
La continuité linguistique doit également être comprise dans ce cadre. Les Weskarinis parlaient une variété de la langue algonquine et aucune source actuelle ne permet d'établir l'existence d'une langue weskarinie distincte encore parlée. L'héritage linguistique et culturel attribuable aux Weskarinis s'inscrit donc principalement dans la continuité plus large de la langue et de la culture algonquines[11].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ « Alliances et descendances des familles algonquiennes », sur weskarini.ca (consulté le ).
- 1 2 3 4 Commission de toponymie du Québec, « Rivière de la Petite Nation », sur Banque de noms de lieux du Québec (consulté le )
- ↑ Commission de toponymie du Québec, « Seigneurie Pachirini », sur Banque de noms de lieux du Québec (consulté le ).
- ↑ Commission de toponymie du Québec, « La toponymie des Algonquins », sur Commission de toponymie du Québec (consulté le ).
- ↑ Conférence des évêques catholiques du Canada, « Sainte Kateri Tekakwitha (1656-1680) », sur Conférence des évêques catholiques du Canada (consulté le ).
- ↑ Commission de toponymie du Québec, La toponymie des Algonquins, Québec, coll. « Dossiers toponymiques », , chap. 26, p. 6
- ↑ Ministère de la Culture et des Communications du Québec, Supervision archéologique au 553 avenue Royal, , p. 19.
- ↑ Jean-Guy Paquin, « Weskarinis », sur Centre de généalogie et patrimoine de la Petite-Nation (consulté le ).
- ↑ Gouvernement du Québec, « Algonquins (Anichinabés) », sur Portrait du Québec (consulté le ).
- ↑ Gouvernement du Québec, « Populations autochtones au Québec », sur Portrait du Québec (consulté le ).
- ↑ Commission de toponymie du Québec, La toponymie des Algonquins, Québec, coll. « Dossiers toponymiques », , chap. 26, p. 6.