When the Saints Go Marching In
When the Saints Go Marching In (en français: «Quand les saints entreront en marchant»), souvent abrégée en The Saints, est une chanson de type negro spiritual partiellement inspirée de la musique folk. On a de nos jours plus de chance de l'entendre jouée par un groupe de jazz.
Origine
modifierLa première publication musicale écrite de cette chanson (dans la version moderne telle que nous la connaissons) est située en 1927, dans le recueil Spirituals Triumphant - Old and New, publié par Edward Boatner (en)[1].
Les musicologues s'accordent pour la considérer comme étant d'origine traditionnelle, c'est-à-dire sans auteur ni compositeur connus[2]. D'ailleurs, elle était déjà largement répandue avant la diffusion de sa partition en 1927; les Elkins-Payne Jubilee Sisters l'avaient enregistré en 1924, ainsi que le Wheat Street Female Quartet d'Atlanta en 1925[3].
Cependant une méprise persiste concernant son origine. Quand en 2006, When the Saints Go Marching In reçoit le Towering Song Award du Songwriters Hall of Fame, la notice qui lui est consacrée colporte l'erreur selon laquelle cette chanson serait une adaptation de la chanson When the Saints are Marching In composée en 1896 par James Milton Black (en) sur des paroles de Katharine E. Purvis (en)[4]. Une étude consacrée à Katharine Purvis conclut qu'elle n'est pas l'auteure des paroles de When the Saints Go Marching In et qu'aucun lien documenté ne l'associe à cette chanson[5]. Or, il s'agit bien de deux œuvres distinctes puisque ni leurs mélodies ni leurs paroles ne se ressemblent[6].
Notoriété
modifierLes historiens de la musique s'accordent à dire que c’est Louis Armstrong qui, en enregistrant cette chanson en 1938 pour Decca Records, contribua véritablement à la populariser largement et à en faire un standard du jazz[2].
Paroles et musique
modifierParole et son
modifierParoles
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Les variantes sont nombreuses ; une version communément utilisée est la suivante :
- Oh, when the saints, go marching in (3x)Oh Lord, I want to be in that number
- Oh when the saints, go marching in.
- Oh, when the drums begin to bang (bis)
- Oh, when the stars fall from the sky (bis)
- Oh, when the trumpet sounds its call (bis)
- Oh, when the saints, go marching in (3x)
- Oh Lord, I want to be in that number
- Oh when the saints, go marching in!
Utilisation
modifierUne utilisation traditionnelle de la chanson est une marche funéraire[réf. nécessaire]. Dans la tradition de la musique funéraire de La Nouvelle-Orléans, souvent appelée « Jazz funeral », pendant que le cercueil est amené au cimetière, un groupe la joue comme un chant funèbre. De retour de l'enterrement, le groupe change de style pour adopter le plus habituel et joyeux hot ou Dixieland.
Interprétations et enregistrements
modifierL'un des premiers enregistrements connus est celui du label Paramount, intitulé When All the Saints Come Marching In par les Paramount Jubilee Singers et publié en [1].
L'une des interprétations les plus célèbres est celle du jazzman Louis Armstrong, qui l'a enregistré dès 1938, et chanté très souvent au cours de sa carrière, notamment avec Ella Fitzgerald.
Cette chanson fut notamment interprétée par Elvis Presley, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis , Danny Kaye et Johnny Cash le à Memphis pour ce qu'on a coutume d'appeler The Million Dollar Quartet.
Parmi les nombreux artistes ayant repris cette chanson[7], on peut citer également :
- The Jordanaires, paru en single (1955)
- Mahalia Jackson sur l'album The World's Greatest Gospel Singer (1955)
- Bill Haley (The Saint's Rock 'n' Roll), paru en single (1955)
- Rosetta Tharpe, en face B de Cain't No Grave Hold My Body Down (1956)
- Louis Prima sur l'album The Call of the Wildest (1957)
- Harry Belafonte, sur l'album An Evening with Belafonte (en) (1957)
- Jerry Lee Lewis, sur son LP éponyme (1958)
- The Kingston Trio sur l'album ...from the "Hungry i" (en) (1959)
- Fats Domino, en face B de Telling Lies (1959)
- The Isley Brothers sur l'album Shout! (en)(1959)
- Judy Garland et Liza Minnelli, sur l'album "Live" at the London Palladium (en) (1965)
- Tommy McCook en single, version reggae (1969)
- Little Richard sur l'album The Second Coming (en) (1972)
- James Brown sur l'album Hell (en) (1974)
- Ike and Tina Turner sur l'album The Gospel According to Ike and Tina (1974)
- Tears For Fears sur l'album Live from Santa Barbara (1990)
- The Toy Dolls dans le film Our Last DVD? (2005)
- Dionysos et Arthur H sur La Mécanique du cœur (2007)
- Bruce Springsteen, Live in Dublin (en), (2007)
- BB King dans le film Live (2008)
- Van Morrison sur l'album Avalon Sunset (en) (titre bonus, 2008)
et encore le Golden Gate Quartet, Sidney Bechet, Lightnin' Hopkins, Trini Lopez, Jean-Christian Michel, Liz McComb, Line Renaud, Jeane Manson, etc.
Version des Beatles
modifier| Face A | My Bonnie |
|---|---|
| Sortie |
|
| Enregistré | |
| Genre | Beat, rock'n'roll |
| Producteur | Bert Kaempfert |
| Label |
|
Singles de Tony Sheridan and the Beat Brothers
Singles des Beatles
En , les Beatles l'ont aussi enregistrée, dans une version rock'n'roll, lorsqu'ils accompagnaient Tony Sheridan. Elle est placée en face B du single My Bonnie.
Historique
modifierDurant leurs séjours à Hambourg, le groupe britannique The Beatles, encore inconnu à cette époque, a côtoyé et joué avec leur compatriote, le chanteur et guitariste Tony Sheridan, qui devient rapidement un ami et un mentor (« the Teacher » comme le disait Paul McCartney)[9]. Le , le producteur Bert Kaempfert, qui a été impressionné par leur jeu, organise une séance d'enregistrement pendant laquelle ils mettent en boîte sept chansons[n 1]. Cette version de The Saints est inspirée de celle de Jerry Lee Lewis[10].
Parution
modifierLe 45 tours My Bonnie couplé à The Saints (When the Saints Go Marching In) est publié en Allemagne de l'Ouest le et crédité à Tony Sheridan and « The Beat Brothers »[11] (Polydor – 24 673)[12]. On utilise ce pseudonyme car, en allemand, le nom « Beatles » ressemble trop à un mot argotique vulgaire. Pendant quelques années, Sheridan réutilisera ce nom pour tous les groupes qui l'accompagneront sur disque. Cette version de la chanson sera toujours notée comme étant « traditionnelle » sans la mention des auteurs. Publié en Allemagne de l'Ouest en juin 1962, les deux chansons de ce single seront incluses sur le 33 tours My Bonnie, le premier album du chanteur, dans lequel toutes les autres pistes sont effectuées par d'autres musiciens.
En France, en , on retrouve ces deux enregistrements sur Mister Twist, le E.P. de Tony Sheridan, complété de deux autres chansons enregistrés durant cette même séance, Why et Cry for a Shadow. Dans les éditions françaises Mister Twist et Les Beatles, un 33 tours 25 cm publié en 1964 qui regroupe les huit enregistrements de Hambourg, la chanson prend le titre When the Saints et est placée en ouverture du E.P. et de la face 2 de l'album. Elle est aussi placée sur l'album « sampler » Moto party[13].
À sa sortie, la chanson My Bonnie atteint la cinquième position du palmarès en l'Allemagne de l'Ouest[14] pour atteindre, en , la 26e position lors de sa parution aux États-Unis durant la Beatlemania. La même année, The Saints sera placée, avec les autres chansons enregistrées à Hambourg, sur le 33 tours allemand The Beatles' First ! et subséquemment réédité dans plusieurs pays. On la retrouve aussi sur les albums compilations promotionnels d'artistes variés de Polydor Let's do the Twist, Hully Gully, Slop, Surf, Locomotion, Monkey, en février 1964[15], et en version éditée dite « Medley » sur Pop With Pep en 1968[16].
Contrairement à sa face A, cette chanson ne sera pas incluse dans la compilation Anthology 1 parue en .
Personnel
modifier- Tony Sheridan : guitare solo, chant
- John Lennon : guitare, chœurs
- Paul McCartney : basse, chœurs
- George Harrison : guitare, chœurs
- Pete Best : batterie
Version en français
modifier- Henri Salvador a adapté cette chanson en français, sous le titre Oh ! Quand les Saints, sur des paroles de Boris Vian, publié en face B du single Blouse du dentiste (1958).
Dans la culture
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Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent du générique de fin de l'œuvre audiovisuelle présentée ici.
- On entend la chanson, chantée par Fred, dans La Disparition (Hot Lips Hannigan), le deuxième épisode de la première saison du dessin animé Les Pierrafeu mis en onde pour la première fois aux États-Unis le .
- En 2006, dans Nos jours heureux d'Éric Toledano, Marilou Berry la chante en solo à la guitare.
- En 2024, l'Harmonie des Mineurs de Lallaing reprennent la chanson sous le titre When the Saints sing dans le film En fanfare (The marching Band)[17].
- Assurancetourix en chante une version dérivée (Ô marcassins, ô marcassins, ô marcassins vous m'donnez faim…) dans la bande dessinée Astérix : Le Cadeau de César[18], publiée en 1974.
- Les Saints de La Nouvelle-Orléans, l'équipe de football américain de la NFL, tire son nom de la fête catholique de la Toussaint et cette chanson est souvent chantée par ses fans[réf. nécessaire].
- La chanson Wir singen schwarz rot gold utilise la même mélodie.
- L’instrumentalisation de la chanson est utilisée tout au long du film Sang et sable (ja) de Kihachi Okamoto[19].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ The Saints, My Bonnie, Cry for a Shadow, Ain't She Sweet, Take Out Some Insurance on Me, Baby, Nobody's Child et Why. L'année suivante sera enregistrée Sweet Georgia Brown.
Références
modifier- 1 2 (en-US) « History of Hymns: 'When the Saints Go Marching In' », sur Discipleship Ministries (consulté le )
- 1 2 « Hymnology », sur hymnology.hymnsam.co.uk (consulté le )
- ↑ (en) « "When the saints go marchin' in" History » (consulté le )
- ↑ (en-US) « “When the Saints Go Marching In” », sur Songwriters Hall of Fame (consulté le )
- ↑ (en) Milton Loyer, « Little known and often cited » [https://umarch.lycoming.edu/chronicles/2010/2.%20Kate%20E%20Purvis.pdf], (consulté le )
- ↑ Heather Truckenmiller, « Valley Girl Views: When The Saints Are Marching In - Katherine Purvis & James Black », sur Valley Girl Views, (consulté le )
- ↑ Second Hand Songs
- ↑ (en) Joe Goodden, « Beatles discography: United Kingdom (UK) », sur The Beatles Bible (consulté le )
- ↑ (en) Joe Goodden, « Tony Sheridan », sur The Beatles Bible (consulté le )
- ↑ (en) The Beatles: All These Years, Volume 1 – Tune In, Mark Lewisohn, Harmony Books, 2013, pages 448 .
- ↑ (en) Joe Goodden, « Beatles discography: Germany », sur The Beatles Bible (consulté le )
- ↑ (en) « Tony Sheridan & The Beat Brothers (2) – My Bonnie », sur Discogs (consulté le )
- ↑ (en) « Les Beatles, Jacques Denjean, Les Shakers, Les Players (3), Tony Sheridan – Moto Party », sur Discogs (consulté le )
- ↑ (en) Walter Everett, The Beatles As Musicians : The Quarry Men through Rubber Soul, Oxford and New York, Oxford University Press, , 452 p. (ISBN 978-0-19-514105-4, lire en ligne)
- ↑ Masanori Yokono, « Let's Do The Twist, Hully Gully, Slop, Surf, Locomotion, Monkey (LPHM 46 422 / SLPHM 237 622) », sur The Beatles Records Collection (consulté le )
- ↑ (en) Tommy Max, « 1961, June 22-23 », sur Comprehensive Beatles (consulté le )
- ↑ « BO du Film EN FANFARE », sur Cinezik.org (consulté le )
- ↑ « Les Chansons d'inspiration religieuse dans Astérix », sur www.mage.fst.uha.fr (consulté le )
- ↑ (en) « Fort Graveyard / Chi to suna (1965) », Japanon Film, (lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
modifier- (en) When the Saints Go Marching In, paroles de version de Louis Armstrong, sur lyrics007.com
- When the Saints Go Marching In interprété par Louis Armstrong, sur YouTube
- Ressources relatives à la musique :