Willem van den Arend
Willem van den Arend, né le à Utrecht (Pays-Bas) et mort le à Carantec (Finistère), est un peintre, un graveur sur bois et un aquafortiste néerlandais[1],[2],[3]. Installé en France à partir du début des années 1910, il s'établit en Bretagne, où il produit une œuvre inspirée des paysages du Trégor et des édifices religieux[4],[5]. Il collabore notamment avec l'écrivain Anatole Le Braz, dont il illustre en 1928 Vieilles Chapelles de Bretagne de 32 bois originaux[6],[7],[8],[9].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière de Guerilis (d) |
| Nom de naissance |
Willem van den Arend |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Père |
Pieter van den Arend |
| Mère |
Cornelia de Laat |
| Genres artistiques |
|---|
Vieilles Chapelles de Bretagne (1928) |
Biographie
modifierOrigines et formation
modifierWillem van den Arend naît du deuxième mariage de Pieter van den Arend avec Cornelia de Laat, au sein d'une famille de commerçants aisés et prospères[2]. Son père, négociant établi à Rotterdam puis à Leicester, a fondé en 1863 la Cigarerie royale des Pays-Bas, et participe à la formation des premières entreprises de plantation du tabac à Java et Deli. À partir des années 1850, il développe en parallèle des activités d'armement maritime et de commerce colonial[10].
Il fait ses études aux Pays-Bas, en France, en Italie et en Espagne, et voyage dans plusieurs autres pays au cours de sa formation[4].
Le , à La Haye, Willem van den Arend épouse Maria Louise Osmania Lohmann, Allemande originaire de Wuppertal[11] ; le couple divorce le à Egmond-Binnen[12]. Deux fils naissent de cette union : Nicolaas Frederik Willem, né à Düsseldorf le , mort à Semarang (Java) le [13] et Evert, né à Alkmaar le [14] ainsi qu'une fille, Maria Louisa, née en 1912 à Amsterdam[15]. Le , à Amsterdam, il se remarie avec la cantatrice divorcée Sophia Wilhelmina Jacoba Hermse[16] dont naît un fils G. Willem la même année[15].
Installation en France et activité artistique en Bretagne
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Une notice publiée en par la Revue moderne des arts et de la vie indique que W. van den Arend réside en France depuis « près de dix ans », ce qui situe son installation dans le pays au début des années 1910. Présenté comme un artiste travaillant à la fois la peinture, la gravure sur bois et l'eau-forte, l'article souligne notamment son activité de portraitiste[4].
Son activité artistique comprend au début des années 1920 plusieurs sujets bretons. Il présente au Salon d'Automne des œuvres réalisées à partir de sujets bretons, parmi lesquelles un portrait de « vieille Bretonne » et un paysage intitulé Pin de Bretagne. La critique de la Revue moderne des arts et de la vie décrit alors son art comme caractérisé par sa franchise et sa sincérité et souligne sa capacité à aborder différents genres[4]. Van den Arend est attesté à Carantec en 1920, à l'occasion d'une exposition artistique organisée à Morlaix dans le cadre d'un congrès régionaliste. Il y présente notamment des portraits à l'huile, des paysages ainsi qu'une grisaille représentant Saint-Pol-de-Léon vu de Carantec. Il obtient une mention en peinture. Le compte rendu publié dans Mouez ar Vro souligne son intérêt pour la Bretagne et rapproche son traitement des paysages de Carantec de la manière « flamande »[5].
Ses gravures représentent notamment le littoral, les paysages du Trégor et plusieurs édifices religieux bretons. Le Rijksmuseum d'Amsterdam conserve plusieurs de ses gravures sur bois, parmi lesquelles deux œuvres intitulées Bretonse kust (« Côte bretonne »)[17],[18], Notre-Dame de Port-Blanc[19] et Landschap (« Paysage »)[20], ainsi qu'un portrait d'Anatole Le Braz (1922, tirage à douze exemplaires), acquis par le musée en 1930[21]. Van den Arend réalise également en 1922 un portrait gravé de Maryvonne Le Flem[22],[23].
Son insertion dans les milieux régionalistes bretons est également attestée par sa correspondance avec Francis Even, cofondateur de l'Union régionaliste bretonne en 1898. Trente-trois des lettres échangées entre les deux hommes entre 1925 et 1927 sont conservées au Centre de recherche bretonne et celtique[24]. Il côtoie également à Carantec le peintre Charles de Kergariou, dit Kerga[25].
Collaboration avec Anatole Le Braz
modifierEn 1928 paraît à Paris, chez Albert Morancé, Vieilles chapelles de Bretagne d'Anatole Le Braz, ouvrage illustré de trente-deux bois originaux de Willem van den Arend[6],[7],[8],[9]. Le livre compte parmi les réalisations bibliophiliques associant l'écrivain à un artiste chargé de traduire graphiquement son évocation des chapelles bretonnes. Les gravures représentent notamment Sainte-Barbe du Faouët, Notre-Dame de Callot, Notre-Dame de Kermaria, Saint-Hervé du Menez-Bré et Notre-Dame de Port-Blanc[6],[26].
Réception critique
modifierL'œuvre de Willem van den Arend reçoit un accueil contrasté de la critique contemporaine. En 1920, le compte rendu de l'exposition de Morlaix salue le traitement atmosphérique de ses paysages bretons[5]. En 1922, la Revue moderne des arts et de la vie loue la franchise et la sincérité de son art ainsi que sa capacité à évoluer avec aisance entre plusieurs genres[4]. En 1928, en revanche, le critique de la revue L'Art et les Artistes reconnaît la qualité de la présentation de l'ouvrage mais juge les bois de van den Arend d'une expression trop naïve au regard de la qualité du texte de Le Braz[27].
Dernières années (1930-1954)
modifierPlusieurs gravures de Willem van den Arend entrent dans les collections du Rijksmuseum Amsterdam en 1930[20],[21]. Vivant modestement, il perçoit du Service royal pour l'assistance aux Néerlandais nécessiteux à l'étranger une allocation mensuelle d'assistance dès la fin des années 1930[28]. Il poursuit son activité de graveur et de peintre à Carantec, jusqu'à sa mort le [2].
Œuvres dans les collections publiques
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- Amsterdam, Rijksmuseum :
- Quimper, Musée départemental breton : estampe représentant le Menez Bré et Saint-Michel de Brasparts, dans les monts d'Arrée[30].
Ouvrages illustrés
modifier- Anatole Le Braz, Vieilles Chapelles de Bretagne, Paris, Albert Morancé, (OCLC 418493040, BNF 39109471, lire en ligne)[9].
Notes et références
modifier- ↑ (nl) Naissance de Willem van den Arend, Utrecht, 19 février 1875, Open Archieven.
- 1 2 3 État civil de la commune de Carantec, acte de décès no 6, 11 mars 1954.
- ↑ (en) Getty Research Institute, Union List of Artist Names (ULAN), notice « Willem van den Arend ».
- 1 2 3 4 5 « Willem van den Arend », Revue moderne des arts et de la vie, 30 janvier 1922, Gallica.
- 1 2 3 Mouez ar Vro, septembre 1920, Archives départementales du Finistère.
- 1 2 3 Le Braz 1928.
- 1 2 Répertoire d'art et d'archéologie, notice no 664, « Quelques chapelles de vieille Bretagne, bois originaux de W. van den Arend », Gallica.
- 1 2 Byblis, 1928.
- 1 2 3 Joseph Ollivier, « Bibliographie d'Anatole Le Braz », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 38, no 2, , p. 315-384 (lire en ligne).
- ↑ (nl) Stichting Nederlandse Tabakshistorie, notice relative à Pieter van den Arend et aux activités familiales dans le tabac, tabakshistorie.nl.
- ↑ (nl) Mariage de Willem van den Arend et Maria Louise Osmania Lohmann, La Haye, 21 septembre 1898, Open Archieven.
- ↑ (nl) Divorce de Willem van den Arend et Maria Louise Osmania Lohmann, Egmond-Binnen, 1er octobre 1913, Open Archieven.
- ↑ (nl) Oorlogsgravenstichting, «Nicolaas Frederik Willem van den Arend ».
- ↑ (nl) Naissance d'Evert van den Arend, Alkmaar, 1er septembre 1902, Open Archieven.
- 1 2 (nl) Coret Genealogie, « Inscription Willem van den Arend & Sophia Hermse & Maria Louisa van den Arend & Govert Willem van den Arend à 1913 à 's-Gravenhage (Pays-Bas) », sur Archives Ouvertes (consulté le ).
- ↑ (nl) Mariage de Willem van den Arend et Sophia Wilhelmina Jacoba Hermse, Amsterdam, 19 février 1915, Open Archieven.
- 1 2 (nl) Rijksmuseum, Bretonse kust, RP-P-1930-238.
- 1 2 (nl) Rijksmuseum, Bretonse kust, RP-P-1930-239.
- 1 2 (nl) Rijksmuseum, Notre-Dame de Port-Blanc.
- 1 2 3 (en) Rijksmuseum, dossier « Willem van den Arend ».
- 1 2 3 (nl) Rijksmuseum, Anatole Le Braz, RP-P-1930-234, bois gravé, 1922, tirage de 12, acquisition 1930.
- ↑ Wikimedia Commons, Maryvonne Le Flem, bois gravé de Willem van den Arend, 1922.
- ↑ Université Rennes 2, documentation sur Maryvonne Le Flem, attribution de la gravure à Willem van den Arend.
- ↑ Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC), Brest, fonds Francis Even, notice.
- ↑ Laurent, S., Kerga (1899-1956), peintre de la baie de Morlaix : décor, illustration et œuvre de chevalet : unité d’une œuvre moderne en périphérie, thèse de doctorat, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, theses.fr, p. 35-50.
- ↑ Bibliothèque de l'Institut de documentation bretonne et européenne (IDBE), notice « Vieilles chapelles de Bretagne ».
- ↑ L'Art et les artistes, 1928, Gallica.
- ↑ (nl) Nationaal Archief (La Haye), fonds 2.04.50, inventaire 296, dossier relatif à l'assistance néerlandaise à Willem van den Arend, lien.
- ↑ (nl) Rijksmuseum, Kinderkop.
- ↑ Musée départemental breton, Quimper, notice « Le Méné-Bré, Saint-Michel de Brasparts, monts d'Arrée ».
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (nl) François Gerard Waller et Willem Rudolf Juynboll, « Arend, W. van den », dans Biographisch woordenboek van Noord Nederlandsche graveurs, Amsterdam, B.M. Israël, (ISBN 90-6078-070-1, OCLC 1276480, lire en ligne), p. 8.
- Gaïte Dugnat et Pierre Sanchez, « Arend Willem van den », dans Dictionnaire des graveurs, illustrateurs et affichistes français et étrangers (1673-1950), t. 1 : A-Chem, Dijon, Échelle de Jacob, (ISBN 9782913224209 et 2913224202, OCLC 644931265, lire en ligne), p. 87.
- Jean-Marc Michaud et Daniel Le Meste, Les peintres du Faouët, 1845-1945 (catalogue d'exposition), Plomelin, Éditions Palantines, , 128 p. (ISBN 2911434331 et 9782911434334, OCLC 835045456).
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
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