William Grand
William Louis Naupoohuimataiterai Grand, né à Papeete le 7 juin 1918 et décédé à Faaa le 15 septembre 1973, est un militaire polynésien des Forces Françaises Libres.
| William Grand | |
| Surnom | « Kiki » Grand |
|---|---|
| Naissance | Papeete (Tahiti), |
| Décès | (à 55 ans) Faaa (Tahiti), |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Arme | Armée de terre Troupes de marine |
| Unité | Bataillon du Pacifique |
| Grade | Soldat de première classe |
| Années de service | 1940 – 1944 |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Faits d'armes | 1942 : Bataille de Bir Hakeim 1943 : Campagne de Tunisie |
| Distinctions | Croix de guerre 1939-1945 Médaille militaire Médaille de la Résistance Médaille coloniale |
| Famille | Walter Grand (frère), Marcel Grand (frère), Simon Grand (grand-père) |
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Biographie
modifierWilliam Grand naît à Papeete, second d'une fratrie de trois enfants. Son grand-père paternel, Simon Grand, arrive d'Arcachon à Tahiti pour y développer l'ostréiculture[1]. Du côté maternel, il est apparenté à la famille Bambridge.
Il effectue son service militaire en 1938 à la Compagnie Autonome d'Infanterie Coloniale de Tahiti. Le 4 juillet 1939, le capitaine Félix Broche (futur lieutenant-colonel et Compagnon de la Libération) en prend le commandement, et Grand devient son ordonnance[2].
Lorsque les Établissements Français d'Océanie rallient la France libre le 2 septembre 1940, le capitaine Broche et ses officiers se réunissent et décident ensemble de suivre le mouvement, entraînant la majeure partie des effectifs de la CAICT avec eux. William Grand rallie ainsi la France libre et s'engage au corps expéditionnaire du Pacifique dès le 9 septembre 1940 aux côtés de son frère aîné Walter. Il y reste l'ordonnance de Broche jusqu'à la mort au combat de ce dernier lors de la bataille de Bir Hakeim en juin 1942, qui agonise dans ses bras[3].
Le contingent tahitien quitte Tahiti pour Nouméa le 21 avril 1941. Le jour du départ, William Grand reçoit des mains de la princesse Teri’i Nui o Tahiti Pōmare le fanion du bataillon[4]. Le corps expéditionnaire se mue en bataillon du Pacifique le 3 mai 1941, deux jours avant son départ pour Sydney pour une première phase d'entraînement. Après un passage au Moyen-Orient avec son bataillon, William Grand combat lors de la bataille de Bir Hakeim du 27 mai au 11 juin 1942. Lors de cette bataille, le poste de commandement du bataillon est touché par un obus allemand : le lieutenant-colonel Félix Broche et son adjoint le capitaine Gaston Duché de Bricourt sont tués, tandis que Grand est blessé au bras par un éclat. Il survit à la sortie de vive force dans la nuit du 10 au 11 juin 1942 où il est blessé une seconde fois.
Au lendemain de la bataille, le bataillon du Pacifique et le Bataillon d'Infanterie de Marine fusionnent pour donner naissance au Bataillon d'Infanterie de Marine du Pacifique (BIMP). William Grand continue d'exercer les fonctions d'ordonnance auprès du commandant Roger Bouillon. Hospitalisé en septembre 1942, il ne combat pas lors de la seconde bataille d'El Alamein qui débute en octobre et ne rejoint le BIMP qu'en Tunisie en mars 1943[5].
Démobilisé à Noël 1943, rapatrié à Tahiti en août 1944, William Grand s'établit à Makatea où il se marie. En mai 1954, il devient gardien de la paix et reçoit en 1972 la médaille d'honneur de la police nationale[6].
Il s'éteint à Faaa le 15 septembre 1973 et est inhumé au cimetière protestant de la commune.
Ses décorations sont aujourd'hui exposées dans la salle d'honneur du RIMaP-P, stationné à la caserne Broche d'Arue[7].
Distinctions
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Médaille militaire
Croix de guerre -
Médaille de la Résistance française
Médaille coloniale
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre (1940-1943)
Insigne des blessés de guerre
Médaille commémorative française de la guerre -
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant
Médaille d'honneur de la Police nationale
Hommages
modifierFamille
modifierWilliam Grand est un membre de la famille Bambridge ; par sa mère, il est l'arrière-arrière-petit-fils de Thomas Bambridge (1801-1879), premier représentant de la famille à s'être établi à Tahiti. Né à Londres, déporté en Australie, celui-ci s'établit à Tahiti dans les années 1830[9].
Il est ainsi parent avec Georges Bambridge (1887-1942), maire de Papeete de 1933 à 1941 et artisan du ralliement à la France libre.
Son frère aîné, Walter Grand (1917-1983), également volontaire du Bataillon du Pacifique (il termine la guerre au grade d'adjudant), est président de l'assemblée territoriale de la Polynésie française de juin 1955 à décembre 1957[10].
Références
modifier- ↑ "L’incroyable lien entre Arcachon et la perle noire de Tahiti révélé à travers le destin de Simon Grand", Polynésie la Première, 30 mars 2026, consulté le 7 juin 2026 (Accès en ligne)
- ↑ François Broche, À l'officier des îles, Paris, P.G. de Roux, 2014
- ↑ François Broche, Le bataillon des guitaristes, l’épopée inconnue des F.F.L. de Tahiti à Bir-Hakeim, 1940-1942, Paris, Fayard, 1970
- ↑ "Lieutenant-colonel Félix Broche", Histoire du RIMaP-P, consulté le 8 juin 2026 (Accès en ligne)
- ↑ Dossier d'homologation de résistant au Service Historique de la Défense (Vincennes), cote GR 16 P 267291
- ↑ Archives Nationales
- ↑ Yacine Benhalima, France libre et Français libres dans les Établissements Français d’Océanie (1940-1947). Une histoire de la résistance des marges dans l’espace Pacifique, thèse de doctorat en histoire contemporaine, 2025, p. 58 (Accès sur HAL)
- ↑ "30 portraits de Tamari’i volontaires exposés avenue Pouvana’a a Oopa pour commémorer le ralliement des EFO à la France libre", TNTV News, 3 septembre 2020, consulté le 7 juin 2026 Accès en ligne
- ↑ Geneanet
- ↑ "1953-1996. L'Assemblée territoriale" in "Histoire de l'Assemblée", Assemblée Territoriale de la Polynésie Française (en ligne) consulté le 22 juin 2026 (Consulter).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Fiche biographique dans la base de données des Français libres de Jacques Ghémard (consulté le 7 juin 2026)
Bibliographie
modifier- François Broche, Le Bataillon des Guitaristes. L'épopée inconnue des FFL de Tahiti à Bir-Hakeim, 1940-1942., Paris, Fayard, 1970.
- François Broche, À l'officier des îles, Paris, P.G. de Roux, 2014 (ISBN 978-2-36371-088-8)
- Yacine Benhalima, Le Bataillon du Pacifique, 1940-1946, Paris, L'Harmattan, 2021 (ISBN 978-2-343-23679-7)
- Yacine Benhalima, France libre et Français libres dans les Établissements Français d’Océanie (1940-1947). Une histoire de la résistance des marges dans l’espace Pacifique, thèse de doctorat en histoire contemporaine, 2025