Wollastenothoe minuta
Wollastenothoe
Wollastenothoe minuta est une espèce de Crustacés amphipodes marins, de la famille des Stenothoidae. Elle a été décrite en 2024 à partir de spécimens prélevés dans une forêt mésophotique de corail noir au large de Puerto del Carmen, sur l’île de Lanzarote (Îles Canaries, Espagne).
Sa découverte s’accompagne de l’établissement d’un nouveau genre, Wollastenothoe, défini pour regrouper un ensemble de caractères morphologiques distinctifs et refléter son association étroite avec le corail noir Antipathella wollastoni.
Étymologie
modifierLe nom du genre, Wollastenothoe, combine celui de l’hôte, wollastoni, et celui du genre Stenothoe (famille des Stenothoidae). L’épithète spécifique, minuta (du latin minutus, « petit »), fait référence à la très petite taille de l’espèce[1].
Morphologie
modifierWollastenothoe minuta est un amphipode de très petite taille, mesurant entre 1 et 1,5 mm de longueur. Son corps, fortement comprimé latéralement, est translucide à brun blanchâtre et dépourvu de carènes ou de tubercules dorsaux. Le péréion est simple, avec un quatrième segment légèrement plus long que le troisième. Les urosomites (segments constituant l'urosome, la partie postérieure de l'amphipode) sont libres et le telson, entier et effilé, porte une ou deux soies robustes latérales ainsi que de petites épines dorsales. La description repose sur l’holotype et plusieurs paratypes ; le mâle demeure inconnu[1].
Appendices céphaliques
modifierLes antennes sont subégales et nettement plus courtes que la moitié du corps. L’antenne 1 possède un flagelle (filament mobile) de quatre articles, accompagné d’un flagelle accessoire réduit à un seul article portant quelques soies. L’antenne 2 présente un flagelle de cinq articles[réf. souhaitée].
Les pièces buccales montrent les caractères propres au genre : un labre légèrement fendu, des mandibules à incisive (partie de la mandibule semblable à une petite lame qui a pour fonction de couper la nourriture) et lacinia (partie de la mandibule formant une petite et fine lame dentée qui sert à broyer et traiter mécaniquement la nourriture) multidentées, un palpe uni-articulé et un processus molaire conique peu développé. Les maxilles portent des groupes de fortes soies, et le maxillipède possède une plaque interne réduite et un palpe en quatre articles[réf. souhaitée].
Gnathopodes
modifierLes gnathopodes 1 et 2 sont relativement semblables et subchélates, c'est-à-dire que les appendices forment des pinces « incomplètes » où le dactyle (doigt) ne se replie que partiellement contre le propode (partie principale de la patte), sans former une articulation complète. Le premier présente un propode allongé dont la marge palmaire est finement denticulée, et un dactyle orné de petites denticulations distales. Le second possède un propode également allongé, mais à bord palmaire presque entièrement lisse ; son dactyle ne porte pas de denticulations marquées[réf. souhaitée].
Péréiopodes
modifierLes péréiopodes 3 à 7 sont subégaux. Le troisième porte une coxa rectangulaire à bord postérieur légèrement échancré, tandis que le quatrième se distingue par une coxa nettement plus large et subtriangulaire, au bord ventral légèrement concave[réf. souhaitée].
Chez les péréiopodes postérieurs, la morphologie est plus diagnostique. Les coxae 5 à 7 portent systématiquement une échancrure postérieure. Le basis du péréiopode 5 est rectilinéaire et dépourvu de lobe posterodistal. Aux péréiopodes 6 et 7, le basis est élargi et muni d’un lobe posterodistal atteint la moitié (P6) ou les deux tiers (P7) de la longueur de l’ischium. Le merus porte un lobe distal de plus en plus développé vers l’arrière de la série[réf. souhaitée].
Uropodes et telson
modifierLes uropodes 1 et 2 sont biramés. Les pédoncules portent plusieurs soies robustes, et le rameau interne de l’uropode 2 est légèrement plus long que le pédoncule. L’uropode 3 est uniramé, formé de deux articles, et présente de petites expansions denticulées aux angles distaux. Le telson est entier, légèrement rétréci vers l’extrémité, muni de soies latérales robustes et de petites soies subdistales[réf. souhaitée].
Habitat et écologie
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Wollastenothoe minuta est associée aux habitats mésophotiques, où elle vit presque exclusivement au sein des colonies de corail noir Antipathella wollastoni, qui forment des structures ramifiées denses sur les substrats volcaniques. Les amphipodes se tiennent entre les branches du corail, utilisant les interstices comme refuge et support[réf. souhaitée].
Les campagnes d’échantillonnage réalisées à différentes périodes de l’année montrent une forte spécificité écologique : l’espèce n’a été observée que dans les colonies d'A. wollastoni, et jamais dans les habitats voisins tels que les prairies de Cymodocea nodosa, les champs de rhodolithes ou les fonds sédimentaires. Son abondance est positivement corrélée à la taille des colonies, suggérant une dépendance à la complexité structurelle du corail[réf. souhaitée].
Les observations indiquent également une augmentation saisonnière des densités à l’automne, période correspondant à des températures plus élevées et à une production accrue de mucus par le corail, susceptible de piéger des particules organiques pouvant constituer une ressource alimentaire. Aucun signe de dommage sur les colonies n’a été observé, ce qui suggère une relation probablement commensale[1].
Répartition
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À ce jour, Wollastenothoe minuta n’est connue que de sa localité type, à Puerto del Carmen (Lanzarote, Îles Canaries), où l'espèce a été collectée à environ 60 m de profondeur sur substrat volcanique, exclusivement parmi les colonies d'A. wollastoni. Aucun autre site de présence n’a été confirmé. Toutefois, les habitats mésophotiques étant peu étudiés dans l'Atlantique Est, il est possible que l’espèce soit plus largement distribuée sans avoir encore été détectée[1].
Systématique et phylogénie
modifierWollastenothoe minuta appartient à la famille des Stenothoidae. Les analyses moléculaires basées sur les marqueurs Cytochrome Oxidase I (COI; GenBank[2]: PP595991) et 28S (GenBank[2]: PP594429) confirment sa position au sein de cette famille et soutiennent la description du nouveau genre Wollastenothoe.
La séquence COI montre une divergence notable par rapport à son groupe-frère le plus proche, identifié comme Metopa boeckii (p-distance = 0,25), bien que plusieurs séquences attribuées à cette espèce soient probablement issues de spécimens mal identifiés. Aucune phylogénie complète n’a pu être obtenue avec le marqueur 28S en raison du faible nombre de séquences disponibles dans les bases de données publiques[1]
Notes et références
modifierLiens externes
modifier- Wollastenothoe minuta
- (en) Catalogue of Life : Wollastenothoe minuta Gouillieux & Navarro-Mayoral in Navarro-Mayoral et al., 2024 (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Wollastenothoe minuta Gouillieux & Navarro-Mayoral in Navarro-Mayoral et al., 2024 (consulté le )
- Wollastenothoe
- (en) Catalogue of Life : Wollastenothoe Gouillieux & Navarro-Mayoral in Navarro-Mayoral et al., 2024 (consulté le )
- (en) IRMNG : Wollastenothoe Gouillieux & Navarro-Mayoral in Navarro-Mayoral et al., 2024 (consulté le )
- (en) WoRMS : Wollastenothoe Gouillieux & Navarro-Mayoral in Navarro-Mayoral et al., 2024 (+ liste espèces) (consulté le )