Xavier Duhesme

général de division français

Xavier Hippolyte Léon Duhesme, né le à Bourgneuf (Saône-et-Loire) et mort le à Paris, est un général de division et grand-officier de la Légion d'honneur français sous le Second Empire. Il est le fils du général Guillaume Philibert Duhesme, héros de l'Empire.

Léon Duhesme
Arme Cavalerie
Allégeance Second Empire
Grade militaire Général de division
Années de service 1831 - 1870
Conflits Guerre franco-allemande de 1870
Distinctions Grand-officier de la Légion d'honneur, Mort pour la France
Autres fonctions Inspecteur général de cavalerie
Biographie
Naissance
Bourgneuf
Décès (à 59 ans)
7e arrondissement de Paris
Père Guillaume Philibert Duhesme
Liaisons Famille Duhesme

Blason de Léon Duhesme

Biographie

modifier

Premières années

modifier

Léon Duhesme est né le à Bourgneuf-Val-d'Or en Sâone-et-Loire. Fils du général Guillaume Philibert Duhesme et de Marie Madeleine Burger, il est le cadet d'une fratrie de trois enfants[1].

Carrière militaire

modifier

Entré à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le , il est nommé sous-lieutenant élève à l'École de cavalerie le puis affecté au 1er régiment de chasseurs d'Afrique, en Algérie, le . Il est cité dans le rapport du lieutenant-général Voirol le et dans le rapport du général Rapatel le . Blessé au combat du col de Mouzaiah en 1835, il est contusionné et son cheval est tué sous lui au combat du Sig le . Il est cité dans le rapport du maréchal Clauzel le . Promu au grade de lieutenant le , il est fait chevalier de la Légion d'honneur le et cité dans le rapport du maréchal Clauzel le . Le , il passe aux spahis réguliers d'Alger[2].

Le , il est nommé capitaine adjudant-major au 1er régiment de chasseurs d'Afrique où il est cité à l'ordre de l'armée le comme s'étant particulièrement distingué au combat de l'Oued-Halleg. Il est également cité dans un rapport du maréchal Bugeaud, le , à l'occasion du ravitaillement de Médéah. Le , il est nommé officier d'ordonnance du Roi.

Promu au grade de chef d'escadrons le , il est affecté au 4e régiment de dragons puis passe au 1er régiment de chasseurs d'Afrique le . Il rentre en France le . Le , il est détaché à l'état-major du ministre de la Guerre en qualité d'officier d'ordonnance.

Promu lieutenant-colonel le , il est affecté au 5e régiment de lanciers puis, à la même date, au 8e régiment de lanciers, où il est fait officier de la Légion d'honneur le [2].

Promu colonel le , il reçoit le commandement du 7e régiment de dragons avec lequel il sert en Algérie du au .

Général de brigade le [3], il reçoit le le commandement de la 2e brigade de la 1re division de cavalerie de l'armée d'Orient. Rentré en France le , il est nommé, le , commandant de la 1re brigade de la division de cavalerie réunie à Lunéville devenue, le , après la paix de Villafranca, la 1re brigade de la division de cavalerie du 3e corps d'armée. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur le .

Mis en disponibilité le , il reçoit, le , le commandement de la 2e subdivision de la 1re division militaire, à Versailles. Du au , il est détaché pour commander la 1re brigade de la division de cavalerie du camp de Chalons.

Promu général de division le , il est mis en disponibilité. Il est inspecteur général du 4e arrondissement de cavalerie du au , du 11e arrondissement du au , du 12e arrondissement du au .

Membre du comité de la cavalerie à partir du , il cesse cette fonction le , pour aller à Lyon commander la division de cavalerie du 4e corps d'armée. Il est aussi inspecteur général du 9e arrondissement de cavalerie du au et du 8e arrondissement à partir du . Il est élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur le [4].

Guerre de 1870

modifier
La charge du 9e Cuirassiers à Morsbronn par Édouard Detaille

Le , il est mobilisé à la tête de la division de cavalerie du 1er corps (général de Mac-Mahon) de l'armée du Rhin. Sa division de cavalerie comprend trois brigades. Mais la brigade de Nansouty ne se compose plus que des 2e et 6e lanciers ; la brigade Septeuil est composée du 3e hussards et du 11e chasseurs ; la brigade Michel est formée du 8e cuirassiers et du 10e dragons. Les cadres du 9e cuirassiers ont été renvoyés à Paris, les hommes versés au 8e cuirassiers[2]. Un détachement de cavalerie provenant de sa division de cavalerie participe à la Bataille de Wissembourg.

La charge des cuirassiers de Reichshoffen immortalisée dans Reichshoffen de Aimé Morot (Musée de l'Histoire de France)

Le , lors de la Bataille de Froeschwiller-Woerth, placée à l'aile droite du corps de Mac Mahon, la division de Lartigue est sur le point d'être enveloppée. Lartigue se souvient qu'il a à sa disposition la brigade de grosse cavalerie du général Michel. Il envoie le colonel d'Andigné au général de division Duhesme, commandant la cavalerie du 1er corps, et lui demande l'un de ses régiments de cuirassiers. Le général Duhesme, gravement malade et alité à la suite d'une blessure reçue au combat, répond au colonel d'Andigné : « Au nom du ciel, dites au général de Lartigue qu'il va faire une folie et faire détruire pour rien mes cuirassiers ». Le colonel d'Andigné fait alors appel à l'honneur et insiste. Duhesme ne peut refuser ses cavaliers, et c'est les larmes aux yeux qu'il donne son accord, en disant : « Mes pauvres cuirassiers, mes pauvres cuirassiers ! ». En effet, la brigade Michel (8e et 9e cuirassiers) se sacrifie à Morsbornn[5].

Le , il est mis en disponibilité pour raisons de santé.

Le général de division Duhesme décède le à Paris des suites de blessures reçues à l'ennemi[1],[6].

Vie privée

modifier

Léon Duhesme se marie le à Paris avec Louise Aubernon (1819-1916). De cette union nait Louise-Antoinette (1845-1868).

Il était le fils du général Guillaume Philibert Duhesme, gendre du député Joseph Victor Aubernon et l'oncle du général Gaston Duhesme. Son frère, Charles Guillaume Eugène Duhesme, officier d'ordonnance du Roi et chef d'escadrons de cavalerie est tué au combat en Algérie en [1]. Par décision de Louis-Philippe, Léon Duhesme remplace son aîné comme officier d'ordonnance auprès de lui.

Il sollicite une reconnaissance de noblesse en vertu de l'article 3 de l'édit de novembre 1750 conférant la noblesse de droit aux officiers généraux ainsi qu'à leurs enfants légitimes. Il obtient une maintenue de noblesse par ordonnance du et lettres patentes du , avec le titre d'écuyer et le règlement d'armoiries suivant : "De gueules, à un lion d'or tenant de la patte dextre une épée d'argent et soutenu d'une rivière aussi d'argent ; l'écu timbré d'un casque taré de profil orné de ses lambrequins"[7].

Décorations

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. t.XV. Duh-Dyé, Évreux, (lire en ligne)
  2. 1 2 3 Alexandre Gourdon et Vincent Rollin, Dictionnaire des généraux du Second Empire, Éditions Anovi, , 736 p. (ISBN 9782914818841)
  3. Albert Albrier, La Bourgogne : revue provinciale : histoire, archéologie, littérature, sciences et arts - tome second, (lire en ligne)
  4. BRAIVE (Gaston), Duhesme. Né à Mercurey, blessé à mort à Waterloo, mort à Genappe, enterré à Ways. Biographie, Genappe, Cercle d'histoire et d'archéologie du pays de Genappe, , 555 p.
  5. « Les Cuirassiers de Reichshoffen »
  6. Acte de décès à Paris 7e, n° 2235, vue 21/31.
  7. « Confirmation de noblesse de Guillaume Duhesme à la suite de l'ordonnance du 5 décembre 1824 »

Liens externes

modifier