Yasmine Pahlavi
Yasmine Pahlavi, née Etemad-Amini le à Téhéran (Iran), est l'épouse de Reza Pahlavi, prince héritier de l'État impérial d'Iran[1] et prétendant au trône d'Iran.
| Dynastie | Pahlavi |
|---|---|
| Nom de naissance | Yasmine Etemad-Amini |
| Naissance |
Téhéran (Iran) |
| Père | Abdollah Etemad-Amini |
| Mère | Forough Eftekhari |
| Conjoint | Reza Pahlavi |
| Enfants |
Noor Pahlavi Iman Pahlavi Farah Pahlavi |
Biographie
modifierJeunesse
modifierYasmine Pahlavi est née à l'hôpital Pars de Téhéran, dans l'État impérial d'Iran. Elle est la fille d'Abdollah Etemad-Amini, homme d'affaires[2] et homme politique iranien, membre dirigeant du Parti constitutionnaliste de l'Iran[3] — un parti politique d'exil —, et de son épouse Forough Eftekhari[4],[5]. Elle a fréquenté un pensionnat privé à Téhéran jusqu'à ce que la montée des tensions, à la fin des années 1970, contraigne sa famille à quitter définitivement l'Iran. Ils se sont installés dans la région de San Francisco, en Californie, où elle a poursuivi ses études à l'école secondaire Notre-Dame.
Vie professionnelle
modifierElle est diplômée de l'université George-Washington[6], où elle a obtenu un baccalauréat en sciences politiques et un doctorat en droit. Elle est admise au barreau du Maryland en 1998[1].
Elle a travaillé pendant dix ans, de 2001 à 2011[3], comme avocate au Children's Law Center à Washington, D.C., dans la défense des droits des jeunes défavorisés et vulnérables[7]. Elle était également cofondatrice et directrice de Foundation for the Children of Iran[7]. Fondée en 1991[7], cette fondation humanitaire organise l'approvisionnement de soins de santé vitaux[7] aux enfants iraniens ou d'origine iranienne, sans distinction de race, de couleur, de croyance, de religion ou d'appartenance politique, et souffrant de pathologies complexes. Elle démissionne de son poste de direction et de toute affiliation à la fondation en [8].
Santé et engagements
modifierEn , elle informe ses abonnés sur Facebook être atteinte d'un cancer du sein[9],[4] et publie une mise à jour, le lendemain de son opération chirurgicale, sur Instagram[9] (où elle compte 1,4 million d'abonnés).
Épouse du dernier prince héritier de la dynastie Pahlavi d'Iran, elle est devenue par son mariage une personnalité politique de premier plan et accompagne régulièrement son mari dans la plupart de ses interventions politiques, soutenant ses engagements. De passage à Paris en , elle dira au cours d'une interview « Nous ne nous battons pas pour la monarchie mais pour la liberté »[10].
Mariage et enfants
modifierYasmine Pahlavi, née Yasmine Etemad-Amini, a épousé le , à Greenwich dans le Connecticut[5], le prince Reza Pahlavi (né en 1960), fils du dernier chah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi et de la chahbanou Farah Pahlavi. De leur union sont nées trois filles[11] (altesses impériales) :
- la princesse Noor Zahra Pahlavi (née le ) ;
- la princesse Iman Laya Pahlavi (née le ). Elle épouse Bradley Sherman — responsable des partenariats chez Matternet (en), une société américaine de livraison par drones commerciaux —, le à Paris[12] ;
- la princesse Farah Mitra Pahlavi (née le ).
Polémiques
modifierLes prises de position de Yasmine Pahlavi sur les réseaux sociaux mettent régulièrement en lumière les clivages existant au sein de l'opposition iranienne. Le mouvement monarchiste pointe régulièrement du doigt la responsabilité des mouvements politiques ayant participé à la révolution de 1979, les présentant souvent comme les complices de la République islamique après avoir été ceux de Khomeini, même s'ils sont depuis passés à l'opposition au nouveau régime. Une position qui demeure l'un des points de friction les plus vifs de la politique iranienne en exil.
Narges Mohammadi
modifierEn , elle met en doute sur Instagram la crédibilité de la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, se demandant comment elle avait pu accorder une interview à Angelina Jolie depuis sa prison[13], peu de temps avant que Mohammadi ne reçoive le prix Nobel de la paix le [14]. Cette dernière étant proche des cercles néo-shariatistes, elle est suspectée par l'opposition monarchiste de ne pas être une véritable prisonnière politique, mais une marionnette du gouvernement de la République islamique qui adhèrerait à son idéologie profonde, malgré des divergences superficielles[14],[2]. Taghi Rahmani, époux de Mohammadi et lui aussi néo-shariatiste, réagit par une série de tweets décrivant le processus périlleux par lequel les prisonniers politiques iraniens communiquaient avec l'extérieur[13], un processus également utilisé par le mouvement monarchiste en Iran[14].
Ces frictions illustrent une divergence stratégique profonde : d'un côté la ligne monarchiste, qui soutient une unification de l'opposition derrière Reza Pahlavi et prône souvent une pression internationale maximale (sanctions, isolement diplomatique) ; de l'autre, les mouvements pro-démocratie républicains, souvent issus d'anciens mouvements d'opposition aux Pahlavi comme le Front national, l'OMPI ou les cercles shariatistes adeptes d'un islam politique modéré, qui craignent qu'une hégémonie monarchiste n'étouffe la diversité politique et qui privilégient souvent des mécanismes de résistance interne[14].
Israël
modifierYasmine Pahlavi affiche également un soutien marqué à l'État d'Israël, ce qui constitue un sujet de discorde majeur au sein de la diaspora iranienne.
En , après le début du mouvement de protestation populaire né après la mort de Mahsa Amini (une jeune Kurde iranienne décédée en détention après avoir été arrêtée pour avoir prétendument enfreint la loi sur le port obligatoire du hijab[14]), elle publie une photo d'une soldate israélienne à Jérusalem-Est (sous occupation israélienne) accompagnée du slogan « Femme, Vie, Liberté », ce qui a suscité des critiques. Des militants du mouvement de contestation dénoncent alors un amalgame entre leur cause nationale et le conflit israélo-palestinien.
En , elle manifeste publiquement son soutien à l'État d'Israël pendant la guerre de Gaza, en participant à un rassemblement pro-israélien à Washington et en brandissant un drapeau israélien[15],[14]. Sa participation à ce rassemblement, ainsi que d'autres prises de position pro-israéliennes et la diffusion de messages tels que « Hit them Israel, Iranians are behind you » (« Frappez-les Israël, les Iraniens sont derrière vous »)[16] lors des bombardements aériens pendant la guerre des Douze Jours entre l'Iran et Israël[17] ont accentué les divisions, y compris chez les monarchistes. Plusieurs factions redoutent alors l'impact de frappes militaires sur la population civile ou pour l'image de l'opposition, si celle-ci venait à les soutenir.
En , elle fait l'objet d'une autre polémique après avoir publié sur Instagram la photo d'un graffiti illustrant un message qui disait « Death to three corrupts : Mullahs, Leftists, and Mujahids » (« Mort aux trois maux : les mollahs, les gauchistes et le MEK »[18]) ; l'opposition royaliste étant en effet très critique envers les courants ayant participé à la révolution islamique, comme le MEK (ou Organisation des moudjahiddines du peuple d'Iran).
Notes et références
modifier- 1 2 Christophe Vachaudez, « Les cinquante ans de Yasmine Pahlavi », sur L'Éventail, (consulté le )
- 1 2 Alex Shams, « Qui est Reza Pahlavi, le fils du shah qui se prépare à devenir vice-roi en Iran ? », sur Le Grand Continent, (consulté le )
- 1 2 (en) Christopher Buyers, « The Pahlavi Dynasty – Genealogy », sur royalark.net, (consulté le )
- 1 2 « Yasmine Pahlavi, Princesse héritière d'Iran – Qui est Yasmine Pahlavi ? », sur Point de vue (consulté le )
- 1 2 (en) « Reza Pahlavi », sur Time, (consulté le )
- ↑ (en) David J. A. Cairns, « WIPO Arbitration and Mediation Center – Reza Pahlavi v. iranian security of Tehran [...] », sur WIPO (OMPI), (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Camelia Entekhabifard, « Crown Princess Yasmine Pahlavi: Iranian Women Will Play a Key Role in Taking Back our Country », sur Asharq al-Awsat, (consulté le )
- ↑ (en) « Her Highness Yasmine Pahlavi », sur aryamehrs.com (consulté le )
- 1 2 (en) Tom Nellist, « Iranian princess announces breast cancer surgery in emotional Facebook video », sur Daily Express, (consulté le )
- ↑ Thomas Pernette, « Interview exclusive de la princesse Yasmine Pahlavi : "Nous ne nous battons pas pour la monarchie mais pour la liberté" », sur Point de vue, (consulté le )
- ↑ (en) Mohammad Mansour, « Who is Reza Pahlavi? The exiled ‘prince’ urging Iranians to ‘seize cities’ », sur Al Jazeera, (consulté le )
- ↑ (en) Eliana Jordan, « Who is Bradley Sherman, the Jewish husband of an Iranian princess? », sur The Jewish Chronicle, (consulté le ).
- 1 2 (en) « Iranian Nobel Laureate’s Chat With Angelina Jolie Prompts Controversy », sur Iran International, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (en) Sina Toossi, « Analysis: Why are Iranian monarchists backing Israel over its Gaza war? », sur Al Jazeera, (consulté le )
- ↑ (en) « Wife Of Exiled Iranian Prince Joins Pro-Israel Rally In Washington », sur Iran International, (consulté le )
- ↑ Bahar Makooi, « Le fils du shah, Reza Pahlavi, tente de s'imposer comme alternative au régime iranien », sur France 24, (consulté le )
- ↑ « Le retour opportun de Reza Pahlavi, prince héritier d’Iran, au lendemain des frappes américaines », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Quentin Müller et Tooba Moshiri, « Reza Pahlavi, le candidat iranien chouchou d’Israël et des médias de droite », sur Blast, (consulté le )
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :