Yasuharu Oyama
Yasuharu Ōyama (大山 康晴) ( - ) est un joueur professionnel de shogi japonais, considéré comme l'une des principales figures du shogi professionnel japonais de l'après-guerre. Il a remporté 80 titres parmi les plus prestigieux[1] en 112 participations à une finale de titre[2], record qui n'a été battu qu'en 2012 par Yoshiharu Habu. Il est en particulier Meijin honoraire, Jūdan honoraire (ja), Ōi honoraire, Kisei honoraire et Ōshō honoraire[2].
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
大山康晴 |
| Nationalité | |
| Activités |
| Sport | |
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| Grade |
9e dan (d) |
| Maître |
Kinjirō Kimi (d) |
| Distinctions |
Il a également été président de la Fédération japonaise de Shogi de 1976 à 1989. Il totalise 1 433 victoires pour 781 défaites en compétition officielle[3]. En 1990, il devient le premier représentant du monde du shogi à être désigné Personne de mérite culturel au Japon[3].
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierŌyama naît en 1923 à Nishiachi, aujourd'hui intégré à la ville de Kurashiki, dans la préfecture d'Okayama. En 1935, à l'âge de douze ans, il devient l'élève du joueur professionnel Kinjirō Kimi[3]. Parmi les autres élèves de Kimi figure Kōzō Masuda, son aîné, qui devient par la suite son principal rival.
Après la Seconde Guerre mondiale, Ōyama et Masuda s'imposent progressivement parmi les principaux joueurs japonais. Leur rivalité devient l'une des plus importantes du shogi professionnel de l'après-guerre.
Ascension et domination du shogi professionnel
modifierEn 1952, Ōyama bat Yoshio Kimura et devient Meijin à l'âge de 29 ans[3]. Il conserve le titre pendant cinq éditions consécutives puis, après l'avoir perdu face à Kōzō Masuda, le reconquiert en 1959. Il reste ensuite Meijin sans interruption jusqu'en 1971, portant son total à dix-huit titres[2].
Durant cette période, Ōyama domine largement le shogi professionnel japonais et détient à plusieurs reprises simultanément l'ensemble des principaux titres existants[3]. Au cours de sa carrière, il remporte dix-huit fois le Meijin, vingt fois l'Ōshō, seize fois le Kisei, douze fois l'Ōi, huit fois le Jūdan et six fois le Kyūdan[2].
En 1972, Makoto Nakahara lui succède comme Meijin, mettant fin à une série de treize titres consécutifs[3]. Ōyama demeure néanmoins au plus haut niveau pendant les deux décennies suivantes. En 1990, à l'âge de 66 ans, il devient challenger pour le titre de Kiō, établissant alors un record d'âge pour une participation à une finale de titre[3].
Il reste dans la classe A du système professionnel jusqu'à sa mort en 1992[3].
Style de jeu
modifierŌyama est notamment associé aux stratégies de furibisha, en particulier au sangenbisha avec les noirs et au shikenbisha avec les blancs[3]. Son jeu est traditionnellement caractérisé par sa solidité défensive et sa capacité à résister dans des positions difficiles, en contraste avec le style plus offensif de son rival Kōzō Masuda[3].
Activités institutionnelles
modifierParallèlement à sa carrière de joueur, Ōyama exerce d'importantes responsabilités au sein de la Fédération japonaise de Shogi. Il en devient président en 1976 tout en restant joueur professionnel actif et conserve cette fonction pendant treize ans, jusqu'en 1989. Il devient ensuite conseiller suprême de la fédération[3].
En tant que président, il contribue notamment à la réalisation des sièges de la fédération à Tokyo et Osaka[3].
Palmarès
modifierDistinctions
modifierŌyama reçoit plusieurs distinctions sportives et culturelles. La ville de Kurashiki le nomme citoyen d'honneur en 1970. En 1979, il reçoit le prix culturel de la NHK et la Médaille au ruban pourpre. En 1987, il reçoit le prix culturel de Tokyo ainsi que le prix Kan-Kikuchi[2].
En 1990, il devient le premier représentant du monde du shogi à être nommé Personne de mérite culturel[3]. À sa mort en 1992, il reçoit à titre posthume le quatrième rang supérieur et l'ordre du Trésor sacré de deuxième classe[2].
Postérité
modifierAprès sa mort, plusieurs institutions et compétitions sont créées en mémoire d'Ōyama.
En 1993 est créé à Kurashiki le musée mémorial du Meijin Ōyama (倉敷市大山名人記念館 (Kurashiki-shi Ōyama Meijin Kinenkan)), consacré à sa carrière et à l'histoire du shogi.
La même année est créé le Ōyama Meijin Cup Kurashiki Tōka, tournoi professionnel féminin organisé en hommage à Ōyama dans sa ville natale[3].
Prix Yasuharu Ōyama
modifierEn mars 1993, un fonds portant le nom d'Ōyama est créé afin de perpétuer son action en faveur de la diffusion du shogi. Dans ce cadre est institué le prix Yasuharu Ōyama (大山康晴賞 (Ōyama Yasuharu-shō)), qui récompense des personnes ou des organisations ayant contribué à la diffusion et au développement de la culture du shogi[3].
Le prix acquiert également une dimension internationale. En 2018, Xu Jiandong, actif depuis plus de vingt ans dans la diffusion du shogi à Shanghai, et Naohiro Sanada, engagé dans la promotion du jeu à l'étranger, sont distingués pour leurs activités liées au développement international du shogi. En 2023, l'Allemand Frank Rövekamp, alors président de la Fédération européenne des associations de shogi et engagé depuis de nombreuses années dans son développement en Europe, reçoit à son tour le prix.
Autres jeux
modifierLiens externes
modifierParties commentées
modifier- (en) [vidéo] « Oyama - Masuda (22 avril 1958, finale du Meijin) », sur YouTube
- (en) [vidéo] « Hanamura - Oyama (10 septembre 1962, finale du Ōi) », sur YouTube
- (en) [vidéo] « Oyama - Masuda (30 avril 1971, finale du Meijin) », sur YouTube
- (en) [vidéo] « Oyama - Iino (14 avril 1978) », sur YouTube
- (en) [vidéo] « Oyama - Moriyasu (17 mai 1984) », sur YouTube
- (en) [vidéo] « Oyama - Kamiya (22 décembre 1987) », sur YouTube
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yasuharu Ōyama » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Keiji Kobori et Chō Chikun (trad. du japonais par Motoki Noguchi et Toru Imamura), Itinéraire d'un maître de go : Sacre d'un champion [« Chō Chikun kessakussen 2, Chojo ni tatsu »], t. 3, Éditions Balat, (1re éd. 1993), 314 p. (ISBN 9782955115725), p. 168.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (ja) « 大山 康晴 », sur 日本将棋連盟 (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (ja) « 大山康晴 », sur Kotobank (consulté le )
- ↑ « 故・大山康晴名人による中将棋のススメ », sur 中将棋連盟 (consulté le )
- ↑ Jean-Louis Cazaux, L'odyssée des jeux d'échecs : 1 500 ans d'histoire du roi des jeux, Praxéo, , 368 p. (ISBN 978-2952047289, lire en ligne), partie V, chap. 46 (« Le chû shogi »).