Yolande Nyonda
Yolande Nyonda, née le à Libreville et morte le dans la même ville, est une haute fonctionnaire et femme politique gabonaise. Elle occupe plusieurs postes à responsabilité dans l’administration centrale, notamment comme secrétaire générale du budget, avant de devenir ministre déléguée dans différents gouvernements du président Ali Bongo Ondimba. Elle est également engagée dans la promotion des droits des femmes et active dans la vie politique au sein du Parti démocratique gabonais (PDG)[1].
| Ministre Délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 59 ans) |
| Activité | |
| Famille |
Vincent de Paul Nyonda |
Biographie
modifierJeunesse et études
modifierYolande Christiane Nyonda naît le à Libreville. Elle est la fille de Vincent de Paul Nyonda, ancien ministre et figure majeure du théâtre gabonais[1]. Elle obtient un baccalauréat série D en 1985, puis poursuit ses études en Belgique. Elle est diplômée de l’école HEC Bruxelles en 1990, puis obtient en 1991 un diplôme de troisième cycle en commerce international à l’Université Libre de Bruxelles (Solvay). En 2003, elle intègre le CEFEB (Centre d’Études Financières, Économiques et Bancaires) de l’Agence française de développement dont elle sort vice-major de la 23ᵉ promotion[2].
Carrière administrative et politique
modifierYolande Christiane Nyonda débute dans l’administration publique en tant que représentante de l’antenne du Centre gabonais du commerce extérieur à Bruxelles (1994–1997). Elle occupe plusieurs postes :
- directrice adjointe de la Caisse Cacao-Café (1997–2005) ;
- directrice générale adjointe des Caisses de stabilisation et de péréquation (2006–2009)[2] ;
- secrétaire générale du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, chargé de la Réforme de l’État (2009–2015)[2] ;
- secrétaire générale du ministère du Budget et des Comptes publics (2015–2017) ;
- secrétaire générale du ministère des Travaux publics (2017–2019)[3].
Le , elle est nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, chargée de la Formation civique. Le , elle devient ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, fonction qu’elle exerce jusqu’au coup d’État militaire du [2],[3].
Engagement politique
modifierMembre du Parti démocratique gabonais, elle est chargée de la veille au sein du Centre d’études politiques du PDG entre 2013 et 2018. Elle est également tête de liste du PDG aux élections locales dans le département de Tsamba-Magotsi (province de la Ngounié) en 2013 et 2018[1].
Engagement associatif
modifierEn 2005, elle cofonde, avec d’autres femmes, l’association l’Association des Femmes Cadres du Gabon, visant à valoriser les compétences féminines dans l’administration et le secteur privé. Elle dirige également le magazine Présence (2006–2007) et participe à la fondation du mouvement féministe L’Appel des Mille et Une (APU) en 2016, dont elle devient première vice-présidente[4].
Distinctions
modifier- Officier de l’Ordre national de l’Étoile équatoriale (2017) ;
- Lauréate parmi les 200 meilleurs managers publics du Gabon (2010)[3].
Vie personnelle
modifierYolande Nyonda est mère de cinq enfants dont quatre filles et un garçon. De confession catholique, elle est reconnue pour sa foi profonde du fait qu’elle associe à son engagement public et associatif[4].
Décès
modifierPolémique
modifierEn 2016, un jeune homme originaire de la province de la Ngounié disparaît dans des circonstances qui donnent lieu, dans les mois suivants, à des accusations de crime rituel. En 2020, une vidéo datant de 2018 refait surface sur les réseaux sociaux : un homme se présentant comme témoin, lui-même qualifié de ravisseur, y affirme avoir agi sur commande de Yolande Nyonda, alors ministre déléguée aux Affaires étrangères. L’accusation devient rapidement virale et suscite une vive controverse.
Face à ces accusations, la famille de Yolande Nyonda dénonce une manœuvre destinée à nuire à son image et rappelle que l’affaire avait déjà fait l’objet d’une procédure judiciaire. Selon elle, le dossier a été jugé le 28 février 2019 par la Cour criminelle de Mouila : Yolande Nyonda, qui comparaissait comme simple témoin et non comme accusée, a été mise hors de cause, n’étant pas présente au Gabon au moment des faits, tandis que les auteurs présumés de l’enlèvement ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. La famille a par ailleurs indiqué se réserver le droit de porter plainte contre X pour diffamation et dénonciation calomnieuse [7].
Notes et références
modifier- 1 2 3 Gabonreview, « Qui est Yolande Nyonda ? », 12 juin 2019.
- 1 2 3 4 Kongossanews, « Hommage à Yolande Nyonda : Une vie dévouée au service public », sur Kongossa News, (consulté le )
- 1 2 3 Ministère du Budget du Gabon, « Curriculum vitae de Yolande Nyonda », archive.gouv.ga.
- 1 2 Gabon Media Time, « L’engagement féministe de Yolande Nyonda », 8 mars 2022.
- ↑ « Décès de Yolande Nyonda, ancienne ministre et figure éminente du service public », sur Gabonreview.com | Actualité du Gabon |, (consulté le )
- ↑ Gabonactu, « Décès de Yolande Nyonda : l’émotion dans la haute administration », 14 juillet 2024.