Yta Jaurias
Yta Jourias, de son nom de naissance Germaine Adjovi Amékou, est une chanteuse togolaise née le à Tsévié(Togo) et décédée le à Lomé. Elle est considérée comme l’une des pionnières de la chanson moderne togolaise, particulièrement dans les genres highlife, afro-soul et afro-funk.
Biographie
modifierYta Jourias commence sa carrière musicale à la fin des années 1950. Son premier 45 tours, enregistré sous le nom de Germaine Jourias avec l'orchestre d’El Régo, contient les titres Nouké mé wo / Écoute le ciel (1961), influencés par le highlife ghanéen[1]. En 1962, elle donne son premier spectacle important au Centre Culturel Français de Lomé, ce qui lui apporte une certaine notoriété[1].
En 1969, elle collabore avec l’orchestre Poly-Rythmo, avec lequel elle enregistre les 45 tours Fo djoni / Médéouda et Doupkata Metchrimameo / Salabogo, mêlant highlife, soul et rythmes afro-funk[1].
Son œuvre la plus marquante reste l’album Pouvoir Noir (1975), publié par le label Sonafric. Cet album, qui mêle jazz-funk, highlife, rumba et afro-funk, inclut des titres comme Metsa Volomiye, Pesse Mi Buntare, L’amour et l’argent, Africa Bu Nyo. Elle est souvent cité comme un jalon de la musique togolaise moderne[1].
Au cours des années 1970 et 1980, Yta Jourias mène une carrière internationale, se produisant en Europe, en Afrique et au-delà d'autres frontières dans le monde. Elle chante en plusieurs langues : éwé, bambara, haoussa, kotokoli, et parfois en français; ce qui lui permet de toucher un public varié et de devenir une ambassadrice de la chanson panafricaine[1].
Après un long séjour en Côte d’Ivoire, elle revient au Togo en 1998[1].
Yta Jourias s’éteint le à l’hôpital de Lomé, à la suite de complications liées à la goutte et au diabète[1],[2].
Style et héritage artistique
modifierYta Jourias est reconnue pour sa voix aiguë, expressive et sa capacité à mêler des sonorités traditionnelles africaines à des rythmes modernes afro-soul, highlife et funk[3]. Grâce à sa maîtrise de plusieurs langues africaines, elle a rendu ses chansons accessibles à un large public panafricain[1].
Dans un contexte où peu d’artistes togolaises parvenaient à s’imposer à l’échelle continentale, Yta Jourias a ouvert la voie. Elle a ainsi contribué à donner une visibilité internationale à la musique togolaise et son œuvre reste une référence pour les générations futures [4].
Discographie
modifier- Nouké mé wo / Écoute le ciel (45T, 1961) — Germaine Jourias & El Régo
- Fo djoni / Médéouda (45T, 1969) — Germaine Jourias & Poly-Rythmo
- Doupkata Metchrimameo / Salabogo (45T, 1969) — Germaine Jourias & Poly-Rythmo
- Pouvoir Noir (LP, 1975) — Yta Jourias
Parmi ses chansons les plus connues figurent Adome Nyueto, reprise ou remixée dans des compilations récentes de soul togolaise[1],[5],[6].
Reconnaissance et postérité
modifierYta Jourias est mentionnée parmi les grandes voix féminines qui ont marqué l’histoire de la musique togolaise, aux côtés d’artistes comme Bella Bellow, Fifi Rafiatou, Afia Mala, ou encore Nimon Toki Lala[4].
Plusieurs représentants de la diaspora et de la scène musicale africaine parlent d’elle comme d’une ambassadrice de la musique togolaise à l’international, grâce à son style unique et son engagement artistique[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Nago Seck, « Yta Jourias », sur Afrisson, (consulté le )
- ↑ abidjan.net, « Nécrologie », sur https://necrologie.abidjan.net,
- ↑ diggersdigest, « Yta Jourias – Pouvoir Noir (Sonafric – SAF 50006 - France - 1975) SIGNED COPY », sur diggersdigest (consulté le )
- 1 2 histoires_af, « Les femmes dans le domaine de la musique au Togo », sur Histoires Africaines, (consulté le )
- ↑ « VA : Togo Soul 70: Edits & Rarities - 12" - HOT CASA - Forced Exposure », sur www.forcedexposure.com (consulté le )
- ↑ Nago Seck, « Pouvoir noir », sur Afrisson, (consulté le )