Yu Jianwu (chinois : 庾肩吾 ; chinois traditionnel : 庾肩吾 ; pinyin : Yǔ Jiānwú ; Wade : Yü Chien-wu) (487-551), également connu sous le prénom de courtoisie de Zishen (子慎) parfois écrit Shenzhi (慎之), est un fonctionnaire, un écrivain, un calligraphe, un théoricien de la calligraphie et un poète chinois célèbre actif pendant la dynastie Liang du Sud. Originaire de la ville de Xinye, dans le district de Nanyang (actuellement dans le Henan). Il vit à Jiangling. Yu est l’un des promoteurs de la poésie style du palais qui est en vogue à l’époque. Il fait aussi partie du groupe de lettrés surnommé les « Érudits du Pavillon Élevé ». Ses réalisations artistiques se manifestent principalement dans la création poétique et la théorie de la calligraphie[1].

Yu Jianwu
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Naissance
Décès
(à 64 ans)
Nom dans la langue maternelle
庾肩吾 (Yu Jianwu)
Nom de naissance
庾肩吾 (Yu Jianwu)
Autres noms
prénoms de courtoisie : Zishen (子慎) parfois écrit Shenzhi (慎之)
Nationalité
Activités
Autres activités
Mouvement
Distinction
* marquis de Wukang (武康县侯)
* titre posthume : conseiller impérial
* titre posthume : ministre du Secrétariat central

Biographie

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Yu Jianwu, à l’âge de huit ans, sait déjà écrire de la poésie. En l’an 523, il commence sa carrière en tant que conseiller du prince Xiao Gang (en) de Jian’an alors qu’il se trouve à Yongzhou. Lorsque Xiao Gang se déplace pour prendre le contrôle d’une autre région, Yu Jianwu le suit et il occupe ensuite plusieurs fonctions, dont celle d’officier militaire tout en étant simultanément secrétaire militaire pour les archives[2],[3].

Le prince Xiao Gang, passionné de littérature, accueille des lettrés et des érudits à sa cour. Yu Jianwu fait partie de ceux qui reçoivent des honneurs et qui sont chargés de copier et rédiger des livres enrichissant ainsi le trésor littéraire royal. Ce groupe porte le nom des « érudits du Haut Pavillon »[note 1],[4],[5]. Par la suite, Yu occupe plusieurs postes, notamment ceux de commandant de la garde du Prince héritier et de fonctionnaire de haut rang[1]. En 549, après l’accession au trône de l’empereur Jianwen Xiao Gang (en), il est nommé ministre des Finances et fonctionnaire principal du prince héritier[5]. Lorsque le rebelle Hou Jing[note 2] arrive à Jiankang, il falsifie un décret et envoie Yu Jianwu à Jiangzhou pour convaincre Xiao Daxin de se rendre. Yu Jianwu tente de fuir, mais il est capturé par Song Zixian, un général de l’armée de Hou Jing. Song Zixian souhaite tuer Yu Jianwu et lui dit que s’il compose un poème sur le champ, il aura la vie sauve. Yu Jianwu saisit rapidement son pinceau et compose avec une grande beauté ses mots :

« Les cheveux blancs arrivent avec la vieillesse,
Les soucis et les péchés se creusent profondément.
Je tiens à peine une bougie, vacillante au vent,
Illuminant brièvement le qin de Guangling[note 3],[2]. »

Charmé, Song Zixian le nomme préfet de Jianchang. Yu Jianwu en profite pour fuir et se réfugie à Jiangling où se rallie à Xiao Yi — futur empereur des Liang de 552-556 — qui le nomme gouverneur de Jiangzhou, commandant de Yiyang et lui octroie le titre de marquis de Wukang[3]. Yu Jianwu meurt en 551 et est honoré des titres posthumes de « conseiller impérial » et de « ministre du Secrétariat central »[6]. Yu Jianwu a un fils, aussi poète, Yu Xin qui héritera plus tard du titre de marquis du comté de Wukang.

Yu Jianwu est un maître en poésie, en prose et en calligraphie.

Calligraphie

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Yu Jianwu pratique la calligraphie, excellant à la fois dans l’écriture régulière et dans l’écriture cursive. Il se fait appeler « Maître Xuanjing ». Il rédige l’ouvrage Appréciation des calligraphies[3] (voir plus bas).

Poésie

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Dans ses premières œuvres, Yu Jianwu compose principalement des poèmes en réponse à des commandes, telles que des poèmes d’accompagnement, de banquets ou des remerciements, avec un style élégant et raffiné. À la cour de l’Est, il travaille avec le prince Xiao Gang et d’autres écrivains pour promouvoir la poésie de cour aussi appelée poésie style du palais. Alors, dans sa poésie, les mots décrivant les couleurs sont utilisés fréquemment, avec une tendance vers la richesse et l’éclat. Yu Jianwu prête également attention à la manière de combiner ces mots pour créer une atmosphère de luxe et de douceur[1],[2]. Dans ses dernières années, après la rébellion de Hou Jing, le style poétique de Yu évolue. Par exemple, dans Poème après la rébellion, en passant par la Poste de Wu, il exprime son émotion face aux bouleversements de son époque. Ses mots sont empreints de passion et sa plume devient plus vigoureuse[1],[2] :

« Pleurant des larmes de sang, je m'afflige de ma fuite vers l'est,
L'arme en main, pensant à la fuite vers le nord.
Je m'en remets désormais au prestige des Sept Temples impériaux,
Jurant de laver l'affront fait aux Cinq Mausolées[note 4]. »

En raison de son souci du rythme et de la prosodie, certains de ses poèmes en cinq caractères possèdent déjà les caractéristiques des poèmes en cinq caractères de type régulier[2].

Poésie style du palais

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Yu Jianwu fait partie du groupe littéraire autour de Xiao Gang (en) et, de ce fait, il est l’un des fondateurs de la poésie style du palais (宫体诗)[note 5], parfois appelée poésie palatiale ou poésie de cour. Yu Jianwu et son fils Yu Xin, Xu Chi et son fils Xu Ling sont les membres les plus en vue de ce groupe. Ensemble, ils dominent la scène littéraire de Liang entre 520 à 540, au point que la poésie style du palais, une poésie de « nouvelles transformations », est également connue sous le nom de « style Xu/Yu »[7],[8]. Concrètement, la poésie style du palais, mise d’abord de l’avant par le poète Xu Chi, utilise un vocabulaire et des images caractéristiques pour décrire l’apparence des femmes, ce qu’elles portent, ce qu’elles font et ce qu’elles ressentent[9].

Oeuvres

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Les œuvres de Yu Jianwu se sont en grande partie perdues.

  • Appréciation des calligraphies (Shupin) : œuvre rédigée et compilée par Yu Jianwu. Dans cette œuvre théorique, Yu sélectionne 128 maîtres de la calligraphie cursive et de l’écriture régulière, décrit l’origine et l’évolution de la calligraphie, tout en commentant les caractéristiques des calligraphes des différentes dynasties. Elle couvre les périodes à commencer par Zhang Zhi de la dynastie Han de l’Est (23-220), des dynasties dynastie Wei (220-280), dynastie Jin (265-420), et des dynasties du Sud et du Nord (420-509). Son ouvrage a été largement apprécié et largement respecté[5].
  • Le Recueil de Yu Jianwu, ministre des Finances de la dynastie Liang : (aussi connu sous la forme abrégée Le Recueil des Œuvres de Yu Du Zhi, œuvre compilée par le lettré Zhang Pu de la dynastie Ming. Ce recueil a été inclus dans le Recueil des 103 Écrivains des Dynasties Han, Wei et Six Dynasties [2],[3].

Poèmes

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Poème exprimant la pensée

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Chinois

佳期竟不归,
春日坐芳菲.
拂匣看离扇,
开箱见别衣.

井梧生未合,
宫槐卷复稀.
不及衔泥燕,
从来相逐飞.

Traduction libre

Le rendez-vous est passé et il n’est point revenu,
En ce jour de printemps, elle reste assise parmi les fleurs.
Elle essuie le coffret et regarde l’éventail de séparation,
Elle ouvre la malle et revoit les vêtements de l’adieu.

Les paulownias du puits ne se sont pas encore pleinement feuillés,
Celles du sophora du palais sont clairsemées.
Elle ne vaut pas l’hirondelle qui porte la boue dans son bec,
Et qui depuis toujours vole en suivant son compagnon.

Chanson d’un dame de talent du palais de Weiyang

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Chinois

从来守未央,
转欲讶春芳.
朝风凌日色,
夜月夺灯光.
相逢傥游豫,
暂为卷衣裳.

Traduction libre

Depuis toujours je garde le palais de Weiyang,
À présent, je m’étonne presque du parfum du printemps.
Le vent du matin surpasse la lumière du soleil,
La lune nocturne éclipse la lueur des lampes.
Si d’aventure nous nous rencontrons en promenade,
Je veux bien, pour un instant, retrousser mes vêtements pour marcher à ton côté.

Poème tiré de l’article sur la poésie style du palais[note 6] :

Regarder les gens au parc du Sud et composer un poème

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Chinois

春花竞玉颜,
俱折复俱攀。
细腰宜窄衣,
长钗巧挟鬟。

洛桥初度烛,
青门欲上关。
中人应有望,
上客莫前还.

Traduction libre

Les fleurs de printemps rivalisent avec la beauté des jeunes femmes,
Toutes se cueillent, toutes encore l’on désire saisir.
La taille fine convient aux vêtements étroits,
La longue épingle à cheveux tient habilement la coiffure。

Sur le pont de Luo, les bougies viennent d’être allumées,
À la porte verte, on s’apprête à franchir la barrière。
Les gens ordinaires peuvent nourrir quelque espoir,
Mais qu’aucun haut invité ne s’avance plus avant.

Notes et références

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  1. Les « érudits du Haut Pavillon » sont Yu Jianwu, Liu Xiaowei, Jiang Boyao, Kong Jingtong, Shen Ziyue, Xu Fang, Xu Chi, Wang You, Kong Shuo, Bao Zhi, totalisant dix membres.
  2. La rébellion de Hou Jing va de 548 à 552.
  3. Traduction libre de : « 發與年俱暮,
    愁將罪共深.
    聊持轉風燭,
    暫映廣陵琴.
     »
  4. Traduction libre de : « 泣血悲东走,
    横戈念北奔.
    方凭七庙略,
    誓雪五陵冤.
     »
    Les « Sept Temples impériaux » sont des sanctuaires des ancêtres impériaux. Les « Cinq Mausolées » désignent, les cinq tombeaux impériaux près de Chang'an : Gaoling, Duangling,Maoling,Pingling, Baling.
  5. L’appellation « du palais » fait référence au Palais de l’Est qui est la résidence officielle de l’héritier du trône.
  6. Dame de talent : concubine.

Références

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  1. 1 2 3 4 (zh) « 庾肩吾 (庾肩吾) (Yu Jianwu) », Pékin, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 (zh) « 徐陵简介 (Présentation de Xu Ling / Biographie de Xu Ling) », sur Gushicimingju.com, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (zh) « 庾肩吾 (庾肩吾) (Yu Jianwu) », sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
  4. (zh) 李延寿 (李延壽) Li Yanshou, dynastie Tang, 南史 (Histoire des dynasties du Sud) ; biographie de Xu Chi, 内府刊本(édité par la Bibliothèque impériale), 7e siècle (compilation)
  5. 1 2 3 (zh) « 庾肩吾 (庾肩吾)(Yu Jianwu) », sur Gushiwen.cn, (consulté le )
  6. (zh) « 白话, 南史 (Version en chinois vernaculaire de la biographie de Yu Jianwu dans Histoire du Sud) » (consulté le )
  7. (zh) Ulrich Theobald, « palace-style poetry », Tübingen, Allemagne, (consulté le )
  8. (zh) Xiaofei Tian, « Misplaced : Three Qing Manuscripts of a Medieval Poet », Asia Major, 2007, Third Series, Academia Sinica, vol. 20, no 2, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )
  9. (en) Paul F. Rouzer, « Watching the Voyeurs: Palace Poetry and the Yuefu of Wen Tingyun », Chinese Literature: Essays, Articles, Reviews, Chinese Literature: essays, articles, reviews, vol. 1120, no 2, , p. 14 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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