Échafaudage en bambou
Un échafaudage en bambou est une structure utilisée plus particulièrement dans les régions où cette plante atteint de grandes dimensions, notamment l'Asie de l'Est. Dans ces zones, le bambou est utilisé comme matériau de base en remplacement de l'acier, qui est à la fois plus cher, plus lourd et moins renouvelable. Toutefois le bambou, contrairement au métal, est inflammable. À Hong Kong, en , l'incendie de Wang Fuk Court met un terme à l'utilisation locale de ce matériau.

Historique
modifierL'utilisation du bambou comme matériau de base des échafaudages est attestée depuis le Moyen Âge, en tout cas en Asie[1],[2].
Dans les années 2020, face aux besoins de transition écologique du secteur du bâtiment, et notamment d'une moindre empreinte carbone de ce secteur, l'utilisation de bambou est étudiée comme substitut à l'acier, notamment pour le marché européen[3].
Les défenseurs de l'utilisation de bambou comme matériau d'échafaudage insistent sur la capacité du végétal à être un accumulateur de carbone[3]. Par ailleurs, il est beaucoup moins cher et beaucoup plus léger que son alternative métallique[4].
- Exemples d'usage d’échafaudages en bambou
- Immeuble en construction entouré d'échafaudages en bambou à proximité du Hopewell Centre de Hong Kong.
- Tas de bambous utilisé comme stock pour la construction d'échafaudages.
- Démontage en cours d'un échafaudage en bambou.
Caractéristiques
modifierLes espèces de bambous les plus utilisées comme échafaudages sont Bambusa pervariabilis (sv), qui nécessite des tiges d'un diamètres minimal de 40 millimètres ; et Phyllostachys edulis, qui nécessite des tiges d'un diamètres minimal de 75 millimètres. En chinois, ces deux espèces sont respectivement appelées Kao Jue et Mao Jue. Dans tous les cas, les tiges doivent être âgées de trois à cinq ans au moment de la récolte, et avoir été séchées durant au moins trois mois en intérieur[2].
La face intérieure de l'échafaudage est placée à une distance de 20 à 25 centimètres de la façade, et la face extérieure à 60 centimètres de la première. Les éléments orthogonaux sont maintenus par des renforts en forme de « X », reliés à la fois aux éléments verticaux et horizontaux[2].
Les nœuds liant deux tiges entre elles utilisent généralement des cordelettes en polyamides de type nylon[2], mais il existe également des structures préfabriquées en métal de jointure des bambous avec des colliers de serrage[5].
Risques inhérents à l'usage de bambou
modifier- Incendie de Wang Fuk Court
- Le complexe de Wang Fuk Court la veille de l'incendie.
- L'échafaudage s'écroulant pendant l'incendie.
Jusqu'en 2025, Hong Kong est un des derniers bastions de l'échafaudage en bambou. En 2013, le secteur déjà en déclin compte encore environ deux cents entreprises opérant des échafaudages en bambous, lesquelles emploient officiellement 1 751 travailleurs[6].
À partir du mois de , le gouvernement local souhaite passer rapidement à au moins 50 % d’échafaudages métalliques, principalement pour des raisons de sécurité. En effet, entre 2018 et 2025, 23 décès impliquent des échafaudages de bambous, mais la Hong Kong and Kowloon Bamboo Scaffolding Workers Union, soit « union des bâtisseurs d'échafaudages en bambous de Kowloon et Hong Kong », s'oppose à ces mesures. À la suite de l'incendie de Wang Fuk Court, plusieurs observateurs pointent le rôle de l'utilisation de bambou dans le déclenchement de l'incendie et dans son amplification dramatique[1],[4],[7].
Toutefois, par ailleurs, d'autres facteurs aggravants sont également pointés du doigt, comme la non-conformité du polystyrène expansé utilisé pour l'isolation thermique des immeubles, ainsi que celle des matériaux d'enveloppe des échafaudages, et également la sécheresse de l'air inédite à cette période de l'année, un vent assez important, ainsi qu'un dysfonctionnement des systèmes d'alarme incendie[8],[9].
Le gouvernement local abonde alors dans le sens d'une restriction plus forte de l'usage des échafaudages en bambou : le premier secrétaire de l'administration Eric Chan (en) déclare qu'il est « impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques »[10].
Notes et références
modifier- 1 2 (en) Elaine Kurtenbach, « Bamboo scaffolding helped build Hong Kong’s skyline, but a deadly fire may hasten its end », Associated Press, (lire en ligne).
- 1 2 3 4 Altieri & Molari 2024, 1. Introduction, p. 2.
- 1 2 Altieri & Molari 2024, 1. Introduction, p. 1.
- 1 2 (en) Amy Hawkins, « Bamboo scaffolding may be to blame for spread of Hong Kong tower block fired », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
- ↑ Altieri & Molari 2024, 2. Design of the scaffolding, p. 5.
- ↑ (en) Jennifer Ngo, « Why is Hong Kong last frontier for bamboo scaffolders? », South China Morning Post, (ISSN 1563-9371, lire en ligne).
- ↑ (en) Jonathan Yeung, « From common sight to cultural symbol: the rise and decline of bamboo scaffolding in Hong Kong », ArchDaily, (lire en ligne).
- ↑ AFP, « Au moins 128 morts, de nombreux disparus… Ce que l'on sait de l'immense incendie à Hong Kong, qui a ravagé plusieurs tours d'habitation », France Info, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
- ↑ Holmes Chan et Tommy Wang, « Au moins 128 morts dans l’incendie à Hong Kong, la recherche des disparus se poursuit », Le Devoir, (ISSN 0319-0722, lire en ligne).
- ↑ AFP, « Incendie à Hongkong : le bilan grimpe à 128 morts, le système d’alarme des tours mis en cause », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- [Hong-lam Lee 2012] (en) Hong-lam Lee, Evolution of bamboo scaffolding for building construction in Hong Kongfrom the 1960s to the present day, Université de Hong Kong, (DOI 10.5353/th_b4834567, lire en ligne)
- [Bambhava, Pitroda & Bhavsar 2013] (en) Hitesh D. Bambhava, Jayeshkumar Pitroda et Jaydev Jogmohandas Bhavsar, « A comparative study on bamboo scaffolding and metal
scaffolding in construction industry using statistical methods », International Journal of Engineering Trends and Technology, vol. 4, no 6, , p. 2330-2337 (ISSN 2231-5381, DOI 10.3992/jgb.10.1.114, lire en ligne)
- [Laleicke, Cimino-Hurt, Gardner & Sinha 2015] (en) Paul Frederik Laleicke, Alex Cimino-Hurt, Dylan Gardner et Arijit Sinha, « Comparative carbon footprint analysis of bamboo and steel scaffolding », Journal of Green Building (en), vol. 10, no 1, , p. 114-126 (ISSN 1552-6100, DOI 10.3992/jgb.10.1.114, lire en ligne)
- [Juliette Pernin 2017] Juliette Pernin, Dans la forêt de l’échafaudage : la figure de l’échafaudage dans l’art contemporain, Université Lille-III, , 324 p. (lire en ligne)
- [Altieri & Molari 2024] (en) Davide Altieri et Luisa Molari, « Bamboo scaffolding as a European promising opportunity: a structural feasibility study », Sustainability (en), vol. 16, no 2, , p. 1-14 (ISSN 2071-1050, DOI 10.3390/su16020915, lire en ligne)