Églantine Demay

danseuse et demi-mondaine française

Églantine Demay[Note 1], née Léonie Marlet le dans le 10e arrondissement de Paris et morte par suicide le à Saint-Moritz en Suisse, est une danseuse de cancan et demi-mondaine française.

Églantine Demay
Biographie
Naissance
Décès
(à 27 ans)
Saint-Moritz
Sépulture
Nom de naissance
Léonie Désirée Marlet
Surnom
Églantine de May, Mlle Églantine
Nationalité
Activité
Fratrie

Elle est passée à la postérité grâce à l'affiche intitulée Troupe de Mlle Églantine, commandée à l'artiste Henri de Toulouse-Lautrec en et sur laquelle elle est censée figurer, bien qu'à cette date elle fût morte depuis plusieurs mois.

Biographie

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Jeunesse et famille

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Léonie Désirée Marlet Marlet naît en 1868 à Paris, fille de Désiré Louis Marlet, serrurier, et Placide Barbé, son épouse[1],[2]. Elle est la sœur aînée de Rose Marlet, future demi-mondaine et actrice sous le nom de Rose Demay. Leur père meurt en 1871 et leur mère, remariée en 1874, meurt quelques mois après avoir donné naissance à une troisième fille.

Si la presse d'époque prête parfois à Églantine et Rose Demay d'autres sœurs ou demi-sœurs parmi les personnalités (Alphonsine Demay, Marcelle Demay...), elles n'ont en réalité aucun lien de parenté[3],[4].

Carrière

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Léonie Marlet adopte à partir de 1886 le nom de scène d'Églantine Demay. « Grande, svelte, élégante, très blanche de peau, [elle ressemble] à une rose blanche à longue tige et sa fraîcheur [l'a] fait surnommer Églantine. » écrit le chroniqueur Jean Lorrain à son propos[5]. En , elle est l'une des premières élèves de l'école de chahut-cancan ouverte par la danseuse Nini Patte-en-l'air à Montmartre[6] et commence à se produire sur scène, notamment dans le tout nouveau cabaret du Moulin-Rouge[1]. En 1894, elle danse en quadrille à Londres avec Nini Patte-en-l'air, Ténébreuse et Épi d'Or[7].

Églantine Demay appartient par ailleurs au demi-monde et, pendant quelques années, son nom apparaît surtout dans la presse  en particulier dans le journal Gil Blas  à l’occasion d’événements mondains, aux côtés d'autres courtisanes comme Liane de Pougy ou Valtesse de la Bigne[1]. Elle développe une addiction à la morphine[8] et Jean Lorrain raconte qu'elle a inspiré un des chapitres du livre Les Possédés de la morphine, publié en 1892 par le journaliste Maurice Talmeyr[5],[Note 2].

En , en villégiature à Saint-Moritz, Églantine Demay se suicide en se défenestrant depuis sa chambre d'hôtel[1]. Elle est retrouvée mourante au matin et décède après une agonie de plusieurs heures. Avant de mourir, elle a demandé à être enterrée à Paris. Elle est inhumée une semaine plus tard, en présence de quelques demi-mondaines, au cimetière parisien de Saint-Ouen[9]. En , ses biens sont vendus aux enchères à Drouot.

Rose Demay, morte à Cannes en 1945, est enterrée au côté de sa sœur en 1946[10].

La troupe de Mlle Églantine

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Henri de Toulouse-Lautrec, Troupe de Mlle Églantine, 1896.

En , Jane Avril écrit à l'artiste Toulouse-Lautrec dont elle est l'amie pour lui commander une affiche publicitaire[11] : la troupe, dite « de Mlle Églantine » doit se produire au Palace Theatre de Londres. Outre Jane Avril, le quadrille se compose des danseuses appelées Cléopâtre, Gazelle et Églantine, mais cette dernière ne peut être Églantine Demay, morte depuis cinq mois. De son côté, le peintre travaille d'après une photographie[6]  sur laquelle pourrait figurer la vraie Églantine Demay  et choisit de placer les artistes dans un ordre qui ne suit pas la position de leurs noms sur l'affiche : de gauche à droite, Jane Avril (un peu à l’écart), Cléopâtre, Églantine et Gazelle.

Après quelques représentations, jugées fades par la critique londonienne, la troupe se sépare[7]. Le nom de Mlle Églantine continue d'apparaître dans les années qui suivent parmi les artistes de cancan, confirmant que cette identité a été endossée par d'autres danseuses après la mort d'Églantine Demay[1].

Bien qu'Églantine Demay soit morte en 1895, son nom est, dans de nombreuses sources, associé à la troupe de Mlle Églantine et à l'affiche de Toulouse-Lautrec[12],[13],[14],[11].

Notes et références

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  1. Parfois écrit de May dans la presse d'époque.
  2. Il pourrait s'agir du chapitre XII, intitulé « Madame de M…»[1].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Dominique Salva, « Églantine Demay, la fleur du mal », blog Enquêtes d'identité, (lire en ligne).
  2. Acte de naissance no  2139, , Paris 10e, Archives de Paris.
  3. Baron de Vaux, « Courses de Nice », sur Gallica, Gil Blas, (consulté le ), p. 2
  4. « Échos », sur Gallica, Le Fin de siècle, (consulté le ), p. 1
  5. 1 2 Raitif de la Bretonne [Jean Lorrain], « Pall-mall semaine », L’Écho de Paris, 15 août 1895, p. 2.
  6. 1 2 Toulouse-Lautrec : Hayward Gallery, Londres, -, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, -, Paris, RMN, (ISBN 978-2-7118-7670-9), p. 85.
  7. 1 2 David Price, Cancan!, Cygnus Arts, Fairleigh Dickinson University Press, 1998 (ISBN 9781900541503).
  8. Ramon Larive [Joris-Karl Huysmans], « Suicide dans le demi-monde », Gil Blas, 12 août 1895, pp. 1-2.
  9. Registre journalier d’inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen, Archives de Paris.
  10. Registre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen (« venant de Cannes »), Archives de Paris.
  11. 1 2 Emmanuel Droillard, « L’affiche de Lautrec qui met le cancan à l’honneur », sur ladepeche.fr, (consulté le ).
  12. Œuvre graphique de Toulouse-Lautrec : [exposition, Paris], Bibliothèque nationale, [1951], [catalogue réd. par Jean Adhémar] ; [préf. de Julien Cain], Paris, Presses artistiques, 1951.
  13. « Troupe de / MLLE EGLANTINE/ Eglantine Cléopatre [sic]/ Jane Avril/ Gazelle | Paris Musées », sur www.parismuseescollections.paris.fr (consulté le ).
  14. (en) « La Troupe de Mademoiselle Eglantine (Mademoiselle Eglantine's Troupe) Yale University Art Gallery », sur artgallery.yale.edu (consulté le ).