Basilique Saint-Michel de Bordeaux

basilique située en Gironde, France

La basilique Saint-Michel de Bordeaux est la deuxième plus grande église catholique de la ville de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Bâtie du XIVe siècle au XVIe siècle, elle est caractéristique du style gothique flamboyant. L'église a donné son nom au quartier dans lequel elle se situe.

Basilique
Saint-Michel de Bordeaux
La basilique Saint-Michel de Bordeaux et son clocher-tour.
La basilique Saint-Michel de Bordeaux et son clocher-tour.
Présentation
Culte Catholique
Dédicataire Saint Michel
Type Basilique mineure
Rattachement Archidiocèse de Bordeaux
Début de la construction XIVe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1846)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Site web Secteur pastoral de Bordeaux Le Port
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Ville Bordeaux
Coordonnées 44° 50′ 04″ nord, 0° 33′ 54″ ouest
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Site du Bien Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France
Numéro
d’identification
868-006
Année d’inscription

Carte

La basilique partage avec la cathédrale Saint-André la particularité d'être dotée d'un clocher indépendant du sanctuaire, un campanile. S'élevant à une hauteur de 114 mètres, il est le plus haut du midi de la France et le quatrième plus haut de l'hexagone[1], derrière la flèche des cathédrales de Rouen (151 mètres), de Strasbourg (142 mètres) et de Chartres (115 mètres). Sa base conserve une crypte qui servit longtemps d'ossuaire, puis de lieu d'exposition pour des « momies » exhumées au XIXe siècle lors de l'aménagement de la « place Meynard », ancien cimetière paroissial.

Classée monument historique dès 1846[2], l'église Saint-Michel — devenue basilique mineure en 1903 — est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France[3].

Histoire

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Reconstruction d'une ancienne église paroissiale, du XIVe au XVIe siècle

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L'actuel édifice succède à une ancienne église paroissiale située « hors-les-murs », c'est-à-dire en dehors des remparts de la ville. La construction de la troisième enceinte urbaine, incluant l'antique sanctuaire, contribue dans le courant du XIVe siècle au développement du quartier, qui est alors le domaine des marchands et artisans, comme les « carpenteyres » (charpentiers) ou « fustiers » (tonneliers).

Fenêtre de style gothique flamboyant.

Le chantier de la nouvelle église débute aux environs de 1330. Le siècle qui suit, marqué par les calamités (guerre de Cent Ans, peste en 1348, inondations), le ralentit considérablement.

L'église-halle sort de terre en 1430. La mode étant au gothique flamboyant, le conseil paroissial fait exhausser la nef centrale pour en faire une basilique. Louis XI, qui a placé le royaume de France sous la protection de l'archange Michel, fait à l'église des dons importants lors de sa visite en 1462[4]. En 1466, un collège de chanoines est installé dans l'église, toujours en construction.

Construction du clocher-tour à la fin du XVe siècle

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Le clocher de la basilique Saint-Eutrope de Saintes, construit par les Lebas, leur a servi de référence pour construire la Flèche Saint-Michel.

Peu après, le chantier est placé sous la direction d'un maître d'œuvre originaire de Saintes, Jean Lebas, et de ses fils qui font notamment ériger, de 1472 à 1492, le clocher, 15 mètres en avant de l'église, à la place d'un ancien charnier. Cette séparation est une manière de préserver l’édifice principales des vibrations apportées par les cloches, notamment sur un terrain à l’origine marécageux[5].

Vue de la basilique et de son clocher dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Au moment de l'achèvement de l'aiguille sommitale en pierre, l'abbé Baurein rapporte qu'« à la fin de septembre de l'an 1492, l'édifice était parvenu à une telle hauteur, qu'on ne trouvait plus d'ouvriers qui voulussent courir les risques auxquels il fallait s'exposer, pour le porter au degré d’élévation qu’on avait projeté »[6]. Ce sont deux des principaux architectes-maçons, Huguet Bauducheau et Guillaume le Reynart, qui s'en chargent. En récompense, Pierre Dugrava, le syndic de la paroisse, leur fait présent d'un « habit de drap »[7]. Pour couronner l'édifice, on fixe une croix en fer de 15 quinteaux (1,5 tonne)[8]. Enfin, deux grandes cloches sont déplacées de l'église vers le clocher, auxquelles on en ajoute d'autres de moindre poids[9]. La hauteur de la flèche, qui donne prise au vent, suscite l'inquiétude des habitants, la tour Saint-Michel souffrant à plusieurs reprises des intempéries[10].

La basilique devient une étape importante sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce dont témoigne notamment la chapelle Saint-Jacques. Les confréries et corporations contribuent par des donations à l'avancement des travaux, lesquels ne sont pourtant pas achevés avant le XVIe siècle.

Menace de démolition par Louis XIV

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En 1675, les Bordelais refusent l’application de nouvelles taxes, demandent la suppression de la gabelle (impôt sur le sel) et sonnent le tocsin à Saint-Michel. Pour punir les Bordelais à la suite de cette révolte, le roi Louis XIV ordonne en 1676 la destruction de la flèche dans laquelle il entrevoit « une redoutable forteresse pour les mutins de l’avenir »[7]. Toutefois, Vauban, pour qui le clocher est « l’une des plus belles pièces d’Europe », arrive à dissuader le roi de le supprimer en arguant de sa potentielle utilité comme pôle de contrôle[5].

Tremblement de terre et ouragan au XVIIIe siècle

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La basilique avec le clocher décapité vers 1853.

L'édifice souffre des conséquences du tremblement de terre qui frappe Bordeaux le . De même, frappée à plusieurs reprises par la foudre, faute de paratonnerre, la flèche du campanile est emportée par un ouragan en . Un projet de restauration de 1755 resta sans suite. En , la fabrique de l'église confie la restauration de son campanile à l'architecte du roi Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711–1778), dernier des Mansart, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart, venu à Bordeaux dans l'espoir de se voir confier la réalisation du nouvel hôtel de ville. Daté du , ce projet n'eut guère plus de succès que le précédent, faute de fonds suffisants pour sa réalisation, malgré la quête décidée en par la fabrique auprès des fidèles. Sa construction était en effet estimée à 50 000 livres[11]. Le projet de Mansart de Sagonne sera définitivement écarté lorsqu'en 1811, la paroisse adopte le projet de l'architecte Louis Combes.

Les momies de Saint-Michel

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Les « momies » en 1842[12].

En 1791, le directoire du département ordonne la suppression de l'ancien cimetière paroissial entourant l'église, l'actuelle place Meynard. Les ossements sont entassés dans la crypte située sous le clocher, puis recouverts de terre. C'est au cours de ces travaux que sont découverts une soixantaine de corps momifiés, les « momies de Saint-Michel ». Ces dernières sont placées dans la crypte, laquelle sera ouverte à la visite jusqu'en 1979. À cette date, les corps sont de nouveau inhumés, cette fois au cimetière de la Chartreuse.

En 1846, l'église paroissiale Saint-Michel est classée à l'inventaire des monuments historiques[2].

Un télégraphe Chappe sur le clocher tronqué

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Un télégraphe Chappe au sommet de la tour Saint-Michel à Bordeaux (1830).

Le clocher, toujours en attente de restauration, présente toujours un aspect tronqué. De 1823 à 1853, il accueille le télégraphe Chappe[13]. Celui-ci est piraté par deux financiers installés à Bordeaux pour effectuer des délits d'initiés entre 1834 et 1836[14], .

Lors de son passage à Bordeaux en 1843, Victor Hugo le décrit en ces termes[15] : « La tour, quoique couronnée encore d'un bloc à huit pans et à huit pignons, est fruste et tronquée à son sommet. On sent qu'elle est décapitée et morte. Le vent et le jour passent à travers ses longues ogives sans fenestrages et sans meneaux comme à travers de grands ossements. Ce n'est plus un clocher ; c'est le squelette d'un clocher. »

Reconstruction de la flèche au XIXe siècle

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Échafaudage de la tour Saint-Michel en 1865.

La reconstruction de la flèche n'est décidée qu'en 1860, date à laquelle Paul Abadie, futur architecte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, entame les travaux dans le style gothique de l'édifice[16]. Ils seront achevés en 1869.

Le , un bref apostolique du pape Léon XIII en fait une basilique mineure.

Bombardements allemands en juin 1940

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La basilique après le bombardement allemand du 19 au 20 juin 1940.

Dans la nuit du 19 au 20 juin 1940, alors que le gouvernement français réfugié à Bordeaux en fait la capitale provisoire, deux jours avant la signature de l'armistice signé par Pétain, la ville est visée par des bombardements allemands. Dans le quartier Saint-Michel (rue des Faures, place Duburg, rue de la Fusterie), on compte 21 tués[17]. De même, ils soufflent une partie des vitraux de la basilique[17] et des éclats d'obus criblent sa façade et la flèche. Les impacts sont encore visibles de nos jours[18]. Dans la nuit du 8 au 9 décembre, un nouveau raid aérien anglais largue des bombes qui explosent dans différents endroits de la ville dont l’une à l’angle de la rue des Faures et du parvis de l’église. Il en résulte de nouveaux dommages pour la basilique dont la plupart des vitraux sont détruits[17].

Après le conflit, des vitraux modernistes sont réalisés entre 1955 et 1963 par quatre artistes : Max Ingrand (également coordinateur des travaux), Pierre Gaudin, Jean-Henri Couturat et Gérard Lardeur. La remise en état des vitraux est prise en charge à part égale par la Ville de Bordeaux, l’administration des Monuments Historiques et par le ministère de la Reconstruction[17].

Inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998

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En 1998, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, incluant les trois plus grandes églises de Bordeaux : la cathédrale Saint-André, la basilique Saint-Seurin et la basilique Saint-Michel[3].

Restauration de la flèche dans les années 2020

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L'échafaudage en octobre 2024.

Sous surveillance depuis la tempête de 1999[19],[20], un diagnostic de la Flèche Saint-Michel en 2011 révèle un état très dégradé de la partie ajoutée au XIXe siècle : pierres altérées, accroche de la croix sommitale fortement corrodée, fissures structurelles et effet nocif des joints au ciment. Face au risque de chutes de pierre[21], d'importants travaux sont entrepris et confiés aux Compagnons de Saint-Jacques[20]. Le chantier, d'une durée de quatre ans – de 2022 à 2026, a coûté 11,3 millions d'euros, financés par l’État, la Ville de Bordeaux et la Région. Les deux tiers du budget sont consacré à l'immense échafaudage de 700 tonnes. Ce dernier, ayant une structure tubulaire autoportée – qui ne touche jamais la flèche – est soutenu par des micropieux plantés à 25 mètres de profondeur. Il a fallu un an pour le monter. Pour les travaux de restauration de la partie sommitale, 40 mètres cubes de pierre sont remplacés par des blocs provenant des carrières de Frontenac, dans l’Entre-deux-Mers. Les autres pierres sont nettoyées par cryogénie et fixées avec de nouveaux joints à base de chaux ou de résine[22]. Enfin, la structure est consolidée par des chaînages circulaires sur 11 niveaux. Ce squelette est constitué de fibre de carbone, coulé dans de la résine, et placé, après forage, à l’intérieur des pierres[20].

Architecture

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La nef et le bas-côté nord de la basilique.

La basilique, qui mesure 75 mètres de long du chœur à l'entrée de la nef pour 38 mètres de large d'un croisillon à l'autre, est l'un des plus grands lieux de culte bordelais. Caractéristique du style gothique flamboyant, elle présente un plan en croix latine à triple vaisseau. La nef sur quatre travées, haute de 23 mètres, est entièrement couverte d'une voûte d'ogives oblongue, de même que les bas-côtés. Un large transept saillant sépare symboliquement la nef du chœur, formé de trois travées et reprend les dispositions de la nef. Trois absidioles polygonales ferment l'ensemble.

Retable de la chapelle Saint-Jacques.

Les bas-côtés sont doublés d'une série de 17 chapelles latérales, chacune d'elles étant dédiée à une confrérie ou à une corporation. Nombre de ces chapelles conservent des œuvres d'art. Ainsi, la chapelle Saint-Jacques, construite de 1470 à 1475, possède un retable en bois du XVIIe siècle, orné en son centre d'un tableau représentant « l'apothéose de Saint-Jacques » (1632). La chapelle abrite par ailleurs le tombeau d'un jacquet, la chapelle étant dédiée au pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Plus loin, la chapelle de Ferron est ornée d'une composition sculptée reprenant le thème de la déposition de croix (1493)[23]. Une autre chapelle est dédiée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des mariniers.

Parmi les autres œuvres d'art que renferme la basilique figure également une pietà datée de la fin du XVe siècle et une sculpture représentant sainte Ursule de Cologne abritant sous son manteau les vierges martyres de Cologne. Dans la nef, une chaire du XVIIIe siècle alliant bois d'acajou et panneaux de marbre est surmontée d'une statue de saint Michel, patron de l'église.

Plusieurs dalles numérotées ou gravées situées dans la nef témoignent de la coutume longtemps en vigueur consistant, pour les plus aisés, à se faire inhumer dans l'église. Cette pratique tombe peu à peu en désuétude au cours du XVIIIe siècle pour des raisons de salubrité publique[24].

Les vitraux

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De larges baies à remplage gothique flamboyant éclairent la basilique. Les vitraux datent des XVIe et XXe siècles. Parmi les plus anciens figure un « arbre de Jessé ». Puis, en remplacent des verrières du XIXe siècle détruites par les bombardements, quatre artistes réalisent entre 1955 et 1963 des vitraux modernistes : Max Ingrand (toute la vitrerie haute du chœur et des galeries nord et sud), Pierre Gaudin (les douze verrières), Jean-Henri Couturat (cartons des vitraux des neuf chapelles du chœur) et Gérard Lardeur (fenêtres hautes de la nef)[17].

L'orgue de la basilique.

Le buffet d'orgue, de style Louis XV, est construit de 1762 à 1765 par Cessy et Audebert. Les Grandes orgues, œuvres de l'organier Micot, ont été restaurées à plusieurs reprises, et notamment reconstruites par Joseph Merklin en 1865. Elles comptent 41 jeux pour trois claviers et un pédalier. En 2008, les grandes orgues sont démontées pour être de nouveau restaurées. Cette tâche, confiée aux facteurs d'orgues Bernard Hurvy, Olivier Robert, Alain Léon et Stéphane Robert assistés par Michel Jurine, est achevée en 2011 sous la maitrise d'oeuvre de Thierry Semenoux[réf. souhaitée]. L'inauguration de l'orgue restauré a lieu le  ; l'organiste Thierry Escaich y improvise et y interprète son concerto pour orgue et orchestre no 2 et le concerto pour orgue, cordes et timbales de Francis Poulenc avec l'orchestre national Bordeaux Aquitaine sous la direction de Pieter-Jelle De Boer.

Le buffet est classé par les monuments historiques en 1846, tandis que la partie instrumentale l'est depuis 1987[25]. Le titulaire de l'instrument est Paul Darrouy.

Flèche Saint-Michel

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La flèche en 2015.

Le clocher-tour forme une structure indépendante du sanctuaire, pour des raisons géotechniques. Le but étant de protéger la basilique, édifiée sur un sol sablonneux et marécageux, des vibrations des cloches[5].

Sur un plan octogonal avec une base percée de six arches massives faisant 46 m de hauteur, elle a trois étages à claires-voies. Ce socle est surmonté d'un tambour. Cantonné de contreforts et de pinacles, la tour Saint-Michel supporte une flèche ajourée édifiée de 1861 à 1869 par Paul Abadie, futur architecte du Sacré-Cœur de Paris. Haute de 114,60 mètres, la flèche Saint-Michel de Bordeaux est le plus haut clocher du midi de la France.

Les contreforts sont amortis par les statues de six prélats : saint Paulin et saint Delphin, réalisées par Fromanger ; Clément V et Pey Berland, œuvres de Michel Pascal ; Armaud III de Canteloup, par Jean Mora ; et Paul II par Louis de Coëffard de Mazerolles[5]. En très mauvais état, les statues sont aujourd'hui cachées derrière des coffrages pour protéger les passants des risques de chute de pierre.

Le carillon en 2021.

Ce campanile est doté d'un carillon de 22 cloches (bien que ce nombre soit inférieur à celui de 23 requis par la fédération mondiale des carillons). Après restauration, le carillon est à nouveau fonctionnel depuis le . Il sonne tous les jours à 12h30 et à 18h45[26].

De 2022 à 2026, la partie sommitale de la Flèche, dans un état structurel très dégradé, est entièrement restaurée. Dans le cône restauré, un nid est à nouveau installé et attend du retour du couple de faucons crécerelle[22].

Les « momies »

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Les momies.
Les momies au début du XXe siècle.

La crypte située sous le clocher fut longtemps célèbre pour ses « momies », lesquelles avaient été découvertes lors de travaux de terrassement de l'ancien cimetière paroissial en 1791. Plusieurs dizaines de corps conservés par le sol argileux sont ainsi exhumés et placés en cercle dans la crypte, rapidement transformée en une sorte de musée.

Les momies attirent des curieux, parfois célèbres. Victor Hugo visite la crypte en 1843, suivi de Théophile Gautier quelques années plus tard. Ce dernier écrit ainsi :

« Il n'est jamais sorti de la nuit allemande de plus abominables spectres[27]. »

En 1979, la crypte est fermée au public, puis les momies sont de nouveau inhumées, cette fois au cimetière de la Chartreuse[28], en 1990.

Protection patrimoniale

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L'église a été classée monument historique en 1846[2]. Elle devient basilique mineure en 1903. Enfin, en 1998, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France[3].

Galerie

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Vie paroissiale

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L'église Saint-Michel, l'abbatiale Sainte-Croix, l'église Saint-Jean et l'église du Sacré-Cœur forment le secteur pastoral de Saint-Jean, regroupé en une paroisse confiée en 2021 à la famille spirituelle Regnum Christi.

Notes et références

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  1. ↑ Tour de la basilique Saint-Michel.
  2. 1 2 3 « Église Saint-Michel », notice no PA00083172, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. 1 2 3 Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France : Patrimoine mondial de l'humanité, site de l'Unesco.
  4. ↑ Michel Borjon (dir.), Bordeaux, port de la Lune. Patrimoine mondial, Mollat, , p. 93.
  5. 1 2 3 4 « Reconstruction de la flèche de Saint-Michel », sur Le Stéréopôle, (consulté le ).
  6. ↑ Baurein 1785, p. 158.
  7. 1 2 Dominique Mirassou, « La flèche Saint-Michel ne sera pas détruite ! Histoire... », sur Bordeaux Gazette, (consulté le ).
  8. ↑ Baurein 1785, p. 160.
  9. ↑ Baurein 1785, p. 161.
  10. ↑ Michel Borjon (dir.), Bordeaux, port de la Lune. Patrimoine mondial, Mollat, , p. 95.
  11. ↑ Philippe Cachau, « Projets de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour l'hôtel de ville et le clocher de Saint-Michel de Bordeaux », Revue archéologique de Bordeaux, t. CXV (année 2014),‎ , p. 93-109.
  12. ↑ Alexandre Ducourneau, La Guienne historique et monumentale, vol. 1, Bordeaux, P. Coudert, , 511 p. (disponible sur Internet Archive), pages 21-23.
  13. ↑ Paul Caraman, « Le télégraphe aérien de la tour Saint-Michel à Bordeaux, 1823-1853 », Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 4, no 6,‎ , p. 385–400 (DOI 10.3406/rhbg.1911.2386, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ Jean-Marie Pottier, « « L’Affaire des télégraphes », ou la première cyber-attaque de l’Histoire », sur RetroNews, (consulté le )
  15. ↑ Extrait des Momies de Saint-Michel, dans Alpes et Pyrénées, Victor Hugo.
  16. ↑ Abadie 1857.
  17. 1 2 3 4 5 Colette et Jacques Lestage, Histoire des vitraux de la basilique Saint-Michel, t. XCV, Revue Archéologique de Bordeaux, (lire en ligne), p. 143-157
  18. ↑ Nicolas Gosselin, « La flèche Saint-Michel porte les stigmates d'un sombre événement de l'histoire de Bordeaux », sur actu.fr, (consulté le ).
  19. ↑ Daniel Bozec, « Flèche Saint-Michel à Bordeaux : pourquoi un échafaudage géant est en cours d’installation sur le monument ? », sur Sud Ouest, (consulté le )
  20. 1 2 3 Daniel Bozec, « Flèche Saint-Michel à Bordeaux : visite au sommet de l’édifice en pleine rénovation », sur Sud Ouest, (consulté le )
  21. ↑ Ministère de la Culture, « Fin de la restauration de la partie sommitale de la flèche de la basilique Saint-Michel de Bordeaux », sur www.culture.gouv.fr, (consulté le )
  22. 1 2 Serge Latapy, « Bordeaux : visite guidée de la Flèche Saint-Michel qui a retrouvé sa flamboyance et rouvert au public », sur Sud Ouest, (consulté le )
  23. ↑ Collectif, Le patrimoine des communes de la Gironde, Éditions Flohic, , 1632 p. (ISBN 2842341252), p. 259-260
  24. ↑ Antoine Lebègue, Bordeaux disparu et secret, Éditions Sud Ouest, p. 35.
  25. ↑ Église catholique en Gironde - Bordeaux : Basilique saint-Michel.
  26. ↑ Bordeaux Tourisme & Congrès, « Flèche Saint-Michel », sur www.bordeaux-tourisme.com (consulté le )
  27. ↑ [PDF] « Le petit Bourdieu », dans Bulletin de la société Le Haillan-Généalogie-Histoire, no 6, novembre 2008, [lire en ligne].
  28. ↑ Jean-Paul Vigneaud, « Crypte de Saint-Michel à Bordeaux : les momies sont de retour », sur Sud Ouest, .

Voir aussi

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Bibliographie et sources

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  • Abbé Baurein, Variétés bordelaises ou Essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux, t. 5, Bordeaux, Frères Labottière, , 382 p. (lire en ligne), p. 147-184 : « Dissertation sur le clocher de Saint-Michel de Bordeaux ».
  • P.-J. Marchandon, Histoire du clocher de Saint-Michel et de son caveau, Bordeaux, .
  • L. de Lamothe, Recherches sur les bénéfices et sur l'église Saint-Michel de Bordeaux, Bordeaux, .
  • Chanoine P. Destouesse, La basilique Saint-Michel de Bordeaux, Bordeaux, p. 5.
  • Paul Abadie, Paroisse Saint-Michel de Bordeaux - Restauration de la Tour isolée, Bordeaux, typ. Gounouilhou, , 8 p. (lire en ligne).
  • Ch. Marionneau, Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de Bordeaux, Bordeaux et Paris, 1861-1865, p. 249-346.
  • J. Nolibois, Notice sur le clocher de Saint-Michel de Bordeaux. Sa construction primitive de 1472 à 1492 ; sa restauration de 1860 à 1869, Bordeaux, .
  • Abbé Corbin, Saint-Michel de Bordeaux - Étude historique et archéologique, Bordeaux, .
  • Castelnau d'Essenault, Marquis de, De quelques nouveaux problèmes d'archéologie au sujet de l'église Saint-Michel à Bordeaux, Bordeaux, Impr. G. Gounouilhou, , 23 p. (lire en ligne).
  • Jean-Auguste Brutails, Saint-Michel de Bordeaux, Bordeaux, .
  • Gabriel Loirette, « Bordeaux - Église Saint-Michel », dans Congrès archéologique de France - 102e session, Bordeaux et Bayonne, 1939, Paris, Société française d'archéologie, , p. 110-131.
  • Philippe Cachau, Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711–1778), t. II (Thèse d'histoire de l'art soutenue à Paris-I), , p. 1295-1301.
  • Jacques Gardelles, Aquitaine gothique, Paris, Picard, , 285 p. (ISBN 2-7084-0421-0), p. 160-166.
  • Collectif, L'esprit des bâtisseurs des églises de Bordeaux témoins de la foi, Le Bouscat, Les Amis d'Ars et Fides Bordeaux, , 112 p. (ISBN 9782953903201).
  • Jean-Paul Vigneaud, Les albâtres de Saint-Michel : Histoire d'un vol presque parfait, l'extraordinaire aventure racontée par ceux qui l'ont vécue, 1984–2019, Les Dossiers d'Aquitaine, coll. « Témoignages vivants », , 79 p. (ISBN 978-2-84622-326-3).

Articles connexes

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Liens externes

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