Élection présidentielle gabonaise de 1998
L'élection présidentielle gabonaise de 1998 s'est tenue le . Omar Bongo, le président sortant, est réélu avec plus de 66% des voix.
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| Élection présidentielle gabonaise de 1998 | ||||||||||||||
| Omar Bongo – Parti démocratique gabonais | ||||||||||||||
| Voix | 211 955 | |||||||||||||
| 66,90 % | ||||||||||||||
| Pierre Mamboundou – Union du peuple gabonais | ||||||||||||||
| Voix | 52 278 | |||||||||||||
| 16,50 % | ||||||||||||||
| Président | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Omar Bongo | Omar Bongo | |||||||||||||
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Contexte
modifierIl s'agit de la deuxième élection présidentielle pluraliste du pays[1].
Le Gabon dispose d'une certaine richesse avec ses 360 000 barils de pétrole produit par jour et sa production de manganèse[1]. La rente pétrolière représente 60 % des recettes et 40 % de la richesse nationale[2]. Ces richesse sont cependant réparties de façon inégale au sein de la population[1].
Pendant la campagne électorale, la situation économique et financière du pays se dégrade à cause de la chute accélérée des cours du pétrole, ainsi que de la mise en sommeil de l'administration[3]. Sur l'année, les rentrées budgétaires baissent ainsi de 36%[3]. La dette s'élève à 60 % du PIB[2]. En 1998 également, le FMI suspend ses aides au pays, qui n'a pas tenu ses engagement, et les deux principaux donateurs du Gabon, la France et la Banque africaine de développement, suspendent également leur soutien à cause des arriérés de paiement du pays[3].
Le gouvernement sortant fait également face à un chômage endémique, après que les licenciements dans le secteur forestier, premier employeur privé du pays, a atteint 20% des effectifs, suite à la concurrence de l'Indonésie sur le marché chinois du bois[2].
Candidats
modifierLe président sortant Omar Bongo, chef d'État depuis 1967, est candidat à sa réélection[1]. Sept autres candidats se présentent, dont les moyens pour la campagne sont jugés « dérisoires » par le journal français Le Monde face aux moyens d'Omar Bongo[1].
L'un des candidats, le père Paul Mba Abessole, chef du Rassemblement national des bûcherons (RNB), a remporté en 1996 la mairie de Libreville face au Parti démocratique gabonais, mais l'action de la municipalité est paralysée et le cadre de vie est dégradé suite à des querelles de compétences entre la ville et le gouvernement[1]. Par ailleurs, des querelles internes au RNB conduisent à une triple candidature de candidats se réclamant du parti lors de cette élection présidentielle[1].
Deux sondages du quotidien gouvernemental L'Union donne le président sortant gagnant dès le premier tour avec un score proche de la majorité, suivi loin derrière par Pierre Mamboundou[1].
Déroulé du vote
modifierEntre 170 et 200 observateurs extérieurs sont présent, venant notamment de pays centre-africains et ouest-africains via le Groupe d'études et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social (GERDDES-Afrique)[4]. Environ 80 observateurs locaux de GERDDES-Gabon participent également au contrôle du déroulé de l'élection[4]. Des délégations britannique, des États-Unis, canadienne et sud-africaine sont également présentes au sein du GERDDES, tandis que des délégations de l'Union Européenne, de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Organisation de l'unité africaine participent de façon indépendante[4]. Un groupe de magistrats et juristes français est également présent[4].
Les groupes d'observation britannique et canadien notent le budget nettement supérieur du parti démocrate gabonais d'Omar Bongo lors de la campagne, et qu'au sein de l'opposition seul Abessole a également des moyens conséquents[4]. Les membres du GERDDES s'accordent à dire que que l'élection est libre et, en général, juste[4]. Elle se déroule dans le calme, sauf dans certains cas où les bureaux de vote ouvrent tardivement et des noms sont manquants sur les listes électorales[4].
Résultats
modifierLa participation est faible et s'élève à 53%, mais cache des disparités au sein du pays : la participation à Libreville, dont la population soutient généralement l'opposition, est de 35%, alors que la population rurale, acquise à Omar Bongo, vote massivement[3].
Le président sortant crée la surprise et remporte l'élection dès le premier tour, avec plus de 66% des voix[3]. Dans The Presidential Election In Gabon, William Tordoff et Ralph A. Young indiquent qu'Omar Bongo arrive notamment en tête dans la région de Franceville, dans sa province natale de Haut-Ogooué, et qu'il remporte également la majorité à Libreville ainsi que dans la province de l'Estuaire[4]. À Port-Gentil, Pierre Mamboundou arrive en tête[4].
Le journal français Les Échos voit dans les variations locales de participation l'explication de la victoire d'Omar Bongo, combiné avec les nombreux cadeaux réalisés par ce dernier aux électeurs indécis[3]. Le même journal souligne l'absence d'alternative crédible proposée par l'opposition[3].
| Candidat | Parti | Votes [réf. nécessaire] | |||
|---|---|---|---|---|---|
| No. | % | ||||
| Omar Bongo | PDG | 211 955 | 66,99 % | ||
| Pierre Mamboundou | UPG | 52 278 | 16,50 % | ||
| Paul Mba Abessole | RNB | 47 701 | 13,20 % | ||
| Pierre-André Kombila | 4 847 | 1,5 % | |||
| Pierre Claver Maganga Moussavou | PSG | 3 152 | 1,00 % | ||
| Martin Edzodzomo Ela | Indépendant | 1 548 | 0,50 % | ||
| Alain Engouang Nze | 892 | 0,30 % | |||
| Joseph Adrien Mabicka Maguena | Indépendant | 527 | 0,20 % | ||
Soupçons de fraudes
modifierCertains opposants accusent le vainqueur de fraude, et notent que le nombre d'inscrits sur les listes électorales a augmenté spectaculairement avant l'élection[3], d'environ 20%[4]. Par ailleurs, l'impartialité de plusieurs observateurs français pour les élections est remise en questions, car certains sont des proches d'Omar Bongo[3], leur déplacement a été organisé par l'avocat parisien Robert Bourgi[5], et leurs frais ont été payés par le gouvernement gabonais[4].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 THOMAS SOTINEL, « La campagne pour l'élection présidentielle au Gabon s'est déroulée sur fond de crise économique », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 MARCEL SCOTTO, « La campagne présidentielle débute au Gabon dans une conjoncture difficile », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Stéphane Dupont, « A peine réélu, Bongo va devoir mettre le Gabon à la diète », sur Les Echos,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) William Tordoff, « Ralph A. Young », Review of African Political Economy, no 80:269-298, , p. 269-277 (ISSN 0305-6244, lire en ligne [PDF])
- ↑ HERVE GATTEGNO, « Soupçons sur les observateurs français des élections gabonaises », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )