Île de Gorgone

île d'Italie

L'île de Gorgone (en italien Gorgona) est l'île la plus septentrionale de l'archipel toscan, en mer Tyrrhénienne. C'est une île pénitentiaire, où les prisonniers, non-enfermés, travaillent à la production de vins.

Gorgone
Gorgona (it)
Image illustrative de l’article Île de Gorgone
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Archipel Toscan
Localisation Mer Tyrrhénienne (Mer Méditerranée)
Coordonnées 43° 26′ 00″ N, 9° 54′ 00″ E
Superficie 2,2 km2
Point culminant 255 m
Administration
Région Drapeau de la région de Toscane Toscane
Province Livourne
Commune Livourne
Démographie
Population 147 hab. (2008)
Densité 66,82 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC+01:00
Géolocalisation sur la carte : Toscane
(Voir situation sur carte : Toscane)
Gorgone
Gorgone
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Gorgone
Gorgone
Géolocalisation sur la carte : mer Méditerranée
(Voir situation sur carte : mer Méditerranée)
Gorgone
Gorgone
Île en Italie

Géographie

modifier
Gorgona, au nord de l'archipel Toscan

Située sur la commune de Livourne, à 20 milles (36 km) au large de la ville, l'île de Gorgone est la plus petite de l'archipel toscan avec ses 220 ha. Elle est proche des îles d’Elbe et de Montecristo[1]

L'île, qui représente 2,2 kilomètres carrés[1], fait partie du Parc national de l'archipel toscan, créé pour protéger ces îles au milieu naturel d'une grande valeur culturelle et scientifique. L'île de Gorgone est vallonnée et sa végétation est principalement constituée d'un maquis méditerranéen typique, et d'un vignoble planté en 1999 sur un hectare (il s'est étendu depuis sur plus du triple de cette surface initiale)[1]. Les cépages sont des cépages blancs de vermentino et d’ansonica et un peu de rouge, du sangiovese[1]. Le long du littoral, on rencontre de nombreuses baies comme la Costa dei Gabiani (Côte des Mouettes) ou encore la Cala Sirocco (Baie Sirocco) où s'ouvre la Grotta del Bue Marino (Grotte du Bœuf Marin), ancien refuge de phoques moines.

Des liaisons maritimes existent avec Livourne[2].

Histoire

modifier

Le nom de l'île provient d'un radical pré-latin org que l'on retrouve dans la ville sarde d'Orgosolo et sans rapport avec les Gorgones de la mythologie grecque. Elle est mentionnée par Pline sous le nom d'Urgo[3]. Son histoire se confond avec celle de la Toscane voisine.

Sur l'île se trouvent deux belles forteresses : la Medicea et la Pisana. La Villa Margherita, située plus en altitude, est construite sur les restes d'anciennes installations étrusques et romaines. S'y trouvent aussi deux anciennes tours de guet, la Torre Vecchia du XIIIe siècle et la Torre Nuova du XVIIe siècle.

L'apparition des Sarrasins sur les côtes de France dès le commencement du VIIIe siècle avait créé une peur certaine chez les religieux de l'île. Vers 759, l'île étant sérieusement menacée, les moines du couvent de la Gorgona dont dépendaient les couvents insulaires, allèrent chercher les reliques de sainte Julie aux environs de Nonza, en Corse, après le martyre de la jeune fille au IVe siècle ou Ve siècle. Ils l'ensevelirent dans leur monastère puis, plus tard, emportèrent ses restes à Brescia, à partir d'où son culte se répandit dans tout le nord de l'Italie.

« Ejus (Sanctæ Juliæ) corpus, occupata Corsica a Saracenis, translatum fuit in insulam Marmaricam, quæ et Gorgona dicitur, cum multis reliqulis sanctorum ; deinde in Brixiam ubi cum multa veneratione habetur ». Passage de Marangone, p. 19, cité par Mgr Foata, (Paul-Matthieu de La Foata, nommé évêque d'Ajaccio le , décédé le , auteur de Recherches et notes diverses sur l'histoire de l'Église en Corse)[4].

Une partie du territoire est occupée par un centre de détention pénale créé en 1869[1] comme une extension de celui de Pianosa (aujourd'hui fermé). L'ancien village de pêcheurs est devenu progressivement au XXe siècle un lieu de détention accueillant une centaine de condamnés (non enfermés mais pouvant déambuler sur l'île) et des gardiens[2]. Ces prisonniers entretiennent notamment le vignoble planté en 1999[1]. Ils travaillent comme ouvriers agricoles à l’élaboration d'un vin de qualité, un projet dirigé depuis 2012 par un des grands vignerons de la région de Toscane, le marquis Lamberto Frescobaldi, et un vignoble sur un terrain escarpé nécessitant beaucoup de travaux non mécanisables[1]. Une dizaine de milliers de bouteilles sont produites[1].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Laure Gasparotto, « En Toscane, sur l’île-prison de Gorgona, des vignes cultivées par des prisonniers », Le Monde,
  2. 1 2 Irène Verlaque, « En Italie, Gorgona, l’île-prison à ciel ouvert », Le Monde, .
  3. Histoire naturelle III, 12
  4. "Le corps de celle-ci [Sainte Julie], comme la Corse était occupée par les Sarrasins, fut transporté dans une île marmarique qu'on appelle Gorgone avec plusieurs autres reliques de saints ; puis à Brescia où elle fut l'objet d'une grande vénération." Xavier Poli - La Corse dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge Lib. A.Fontemoing Paris 1907

Voir aussi

modifier