'Ibdis

village palestinien dépeuplé en 1948

‘Ibdis (arabe : عبدس, ‘Ibdis') est un village palestinien du sous-district de Gaza, situé à 30 kilomètres au nord-est de Gaza. En 1945, la population d'Ibdis est estimée à 540 habitants[1]. Il est dépeuplé lors de la guerre de Palestine de 1948 comme des centaines d’autres villages lors du nettoyage ethnique de la Palestine.

'Ibdis
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Géographie
Pays
Sous-district
Partie de
Superficie
4,59 km2
Coordonnées
Carte topographique au 1:20 000 (1942).
Histoire
Événement clé
Dépeuplement
8-9 juillet 1948
Carte

Toponymie

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Selon Palmer, le nom du village est issu d'un nom de personne[2].

Géographie

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Le village d’'Ibdis était situé dans la plaine côtière palestinienne, à environ 75 m d'altitude et à 30 kilomètres au nord-est de Gaza. Il relevait du sous-district de Gaza[3]. Le wadi Ibdis traversait son territoire. Il était desservi par une route vers Majdal et se trouvait à proximité de la grande route de Jaffa à Jérusalem[3]. Les villages voisins étaient Al-Sawafir al-Gharbiyya au nord, As-Sawafir ash-Sharqiyya au nord-est, Beit Affa à l'est, le kibboutz de Negba (en) fondé en 1939 au sud et Julis à l'ouest.

En 1945, la superficie totale des terres du village était de 4593 dounams (4,6 km²)[4] dont 100 dounams (10 hectares) de terres publiques, le reste appartenant à des Arabes[3]. Seuls 3 % des terres étaient classées comme non-cultivables[3]. Sur les terres arables, 149 dounams (15 hectares) étaient classés comme plantations ou terres irrigables, le reste comme terres à céréales[5].

Histoire

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De nombreux puits anciens, des réservoirs et les fondations de bâtiments révèlent le long passé du village. Le site byzantin d'Abu Juwa'id se trouve à proximité[3].

Des découvertes de tombes des 6e et 7e siècles et de céramique byzantine attestent de l'occupation du site à cette époque[6].

Des actes de l'Église catholique du 12e siècle, à l'époque des Croisades, mentionnent la présence d'un village peuplé d'Européens, appelé Hebde. 'Ibdis est aussi habité au 15e siècle : des actes de l'époque du sultanat mamelouk d'Égypte mentionnent son affectation à un waqf (fondation pieuse)[7]. Le site de khirbat Ajjas, situé à proximité, est mentionné par le géographe arabe Yaqout al-Rumi[3].

Période ottomane

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La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman. En 1596, le defter ottoman (registre fiscal) mentionne Ibdis comme relevant de la nahié et du sandjak de Gaza, avec une population de 35 foyers , soit approximativement 193 habitants, tous musulmans. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 33,3 % sur leurs productions agricoles, dont le blé, l'orge, le sésame, les fruits, les vignes, les ruches et les chèvres pour un total de 8100 akçe. La moitié de cette somme était affectée à un waqf[8].

En 1838, Robinson le mentionne sous le nom d’Abdis[9].

Socin indique que dans une liste de villages officielle de 1870 la population masculine d'Ibdis est de 53 hommes pour 12 maisons, ce document ne recensant pas les femmes[10]. Hartmann lit dans le même document qu'il y a 15 maisons à Abdis [11].

En 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit le village comme étant de taille moyenne et établi dans une campagne ouverte[12].

Mandat britannique

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Carte topographique d’'Ibdis dans les années 1930 (échelle 1:20 000).
Carte de la région d’'Ibdis dans les années 1930 (échelle 1:250 000, 'Ibdis est au nord-ouest de Falouja).

En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d'Ibdis est conquise en novembre 1917 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Pendant la période de colonisation britannique, les maisons du village étaient construites en briques crues et séparées par d'étroits passages. À la fin du mandat, de nouvelles maisons sont construites le long des routes menant à Jaffa et Majdal. Un puits profond de 55 mètres fournissait l'eau domestique. La rareté des autres puits rendait l'agriculture très dépendante des précipitations. 'Ibdis était connu dans la région de Gaza pour la qualité de ses céréales, blé, orge et sorgho. À la fin du mandat, les cultures fruitières se sont developpées, dont les abricots, la vigne et les oranges[1].

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Abdis a une population de 319 habitants, tous musulmans[13], qui augmente au recensement de 1931 à 425 habitants, tous musulmans, dans 62 maisons[14].

Selon les Statistiques de Village de 1945, la population d’'Ibdis est estimée à environ 540 habitants, tous musulmans[15],[4].

Guerre de 1948

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Des soldats de la brigade Guivati près d'un canon antichar de 6 livres (57 mm) de l'armée égyptienne (9 juillet).

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, 'Ibdis est attribué à l’État juif[16].

Le journal palestinien Filastin signale une attaque du village à la mi-février 1948. Des miliciens sionistes arrivent à 'Ibdis dans trois grands véhicules le soir du 17 février et sont attaqués par la milice villageoise. L'affrontement dure plus d'une heure, jusqu'à ce que les assaillants fassent retraite sur Negba. Selon cet article, aucun habitant d’'Ibdis n'est blessé[17].

Le 11 juin 1948, premier jour de la première trêve de la guerre de Palestine de 1948, l'armée israélienne attaque 'Ibdis sans réussir à s'en emparer, constituant selon Gamal Abdel Nasser un saillant dans les lignes égyptiennes[3]. Le 8 juillet, alors que la première trêve de la guerre de Palestine est sur le point de prendre fin, la brigade Guivati se déplace vers le Néguev. Si elle n'atteint pas cet objectif, elle s'empare de plusieurs villages, dont Ibdis. Le troisième bataillon attaque le village de nuit, et affronte deux compagnies égyptiennes qui le défendaient. Selon le rapport de la Haganah, le village n'est nettoyé qu'au petit matin[1]. Selon Benny Morris, le village est probablement dépeuplé à ce moment-là[18].

L'armée égyptienne tente de reprendre le village le 10 juillet, mais échoue et subit de lourdes pertes. À partir de cette victoire, la brigade israélienne na plus cédé de terrain. Une autre tentative de reprendre Ibdis le 12 juillet échoue elle aussi[1].

Merkaz Shapira est établi dès 1948 et cultive certaines terres du village[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Khalidi, 1992, p. 104-105.
  2. Palmer, 1881, p. 267
  3. 1 2 3 4 5 6 7 « 'Ibdis — عِبْدِس », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 2 juillet 2026.
  4. 1 2 Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 45.
  5. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 87.
  6. Dauphin, 1998, p. 872.
  7. Roy Marom et Itamar Taxel, « Ḥamāma: The historical geography of settlement continuity and change in Majdal 'Asqalan's hinterland, 1270–1750 CE », Journal of Historical Geography, vol. 82, , p. 49–65 (ISSN 0305-7488, DOI 10.1016/j.jhg.2023.08.003 Accès libre)
  8. Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 149. Cité par Khalidi, 1992, p. 105.
  9. Robinson, Smith, 1841, vol. 3, 2nd appendix, p. 119.
  10. Socin, 1879, p. 142.
  11. Hartmann, 1883, p. 133.
  12. Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 409, cité par Khalidi, 1992, p. 105.
  13. Barron, 1923, Table V, Sub-district of Gaza, p. 9
  14. Mills, 1932, p. 4.
  15. Government of Palestine, Department of Statistics, 1945, p. 31.
  16. Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  17. Filastin, 19.02.1948, cité par Khalidi, 1992, p. 105.
  18. Morris, 2004, p. xix, village #288. Also gives cause of depopulation

Voir aussi

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Bibliographie complémentaire

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Bibliographie utilisée

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Liens externes

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