Aherbelste est une divinité indigène de l'ancienne Aquitaine, attestée par une inscription latine découverte dans la région de Saint-Gaudens, dans l'actuel département de la Haute-Garonne. Le théonyme est généralement rattaché à l'onomastique aquitain (proto-basque) et présente une ressemblance notable avec le basque aker beltz, « bouc noir »[1].

Aherbelste
Mythologie pyrénéenne
AHERBELSTE DEO / SENIVS ET / HANNA / PROCVL(...)Partie supérieure d'un autel votif dédié au dieu Aherbelste par Senius et Hanna
AHERBELSTE DEO / SENIVS ET / HANNA / PROCVL(...)
Partie supérieure d'un autel votif dédié au dieu Aherbelste par Senius et Hanna
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Aherbelts, Aherbelstes
Nom aquitain Aherbelste
Représentation Inconnue
Équivalent(s) Akerbeltz (hypothèse)
Symboles
Attribut(s) Bouc noir (hypothèse)
Animal Bouc (hypothèse)

L'inscription constitue un témoignage important pour l'étude de la religion et de la langue des populations aquitaines à l'époque romaine.

Attestation épigraphique

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Aherbelste est connu par une dédicace votive en latin, généralement référencée sous le numéro CIL XIII, 174. L'inscription porte notamment la formule :

« AHERBELSTE DEO / SENIVS ET / HANNA / PROCVL(...) »

 « Au dieu Aherbelste, Senius et Hanna, Proculus (…) »

Le terme latin deo signifie « au dieu » et indique qu'Aherbelste est le destinataire de la dédicace. Les dédicants sont nommés Senius et Hanna, le dernier élément de l'inscription étant généralement interprété comme une mention de leur père, Proculus[2]. L'autel est conservé au musée Saint-Raymond à Toulouse. La documentation patrimoniale française l'identifie comme un autel votif consacré au dieu Aherbelste[2].

Un théonyme aquitain

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Aherbelste est généralement classé parmi les théonymes indigènes de l'ancienne Aquitaine. Ces noms divins sont connus principalement par des inscriptions latines de l'époque romaine et constituent une source essentielle pour la connaissance de l'aquitain, langue aujourd'hui disparue et étroitement apparentée au basque[3].

Le caractère aquitain du nom est renforcé par son contexte épigraphique. Dans la même inscription apparaissent les anthroponymes Senius et Hanna, eux-mêmes compatibles avec l'onomastique aquitaine. Joaquín Gorrochategui utilise notamment cette inscription pour montrer que le contexte peut être déterminant lorsqu'un nom personnel, comme Senius, peut recevoir aussi bien une interprétation aquitaine que gauloise.

La documentation aquitaine présente plusieurs éléments onomastiques qui ont des correspondances possibles ou probables en basque. Parmi eux figurent notamment bels ~ basque beltz « noir », bihox ~ bihotz « cœur », gison ~ gizon « homme », sembe ~ seme « fils » et seni ~ sehi/sein « enfant, garçon »[3].

Étymologie

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L'étymologie exacte du théonyme Aherbelste n'est pas établie avec certitude. Une analyse ancienne et largement reprise consiste à rapprocher le premier élément de formes basques correspondant à aker ou aher « bouc » et le second élément de beltz « noir ». Le nom pourrait ainsi être interprété approximativement comme « bouc noir »[1]. Cette interprétation est particulièrement intéressante parce que le basque possède le composé aker beltz, littéralement « bouc noir ». José Ignacio Hualde considère que le théonyme aquitain Aherbelste peut effectivement être interprété comme une forme ancienne apparentée au basque ak(h)er beltz[1].

La comparaison doit cependant être utilisée avec prudence. L'aquitain n'est connu que par un corpus principalement constitué de noms propres et de théonymes ; il n'existe pas de texte continu suffisamment long permettant d'établir avec certitude la phonologie et la morphologie de la langue. L'identification de chaque élément d'un nom aquitain demeure donc susceptible de discussion.

Relation avec Akerbeltz

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La ressemblance entre Aherbelste et le basque Akerbeltz a conduit plusieurs auteurs à envisager un rapport entre le théonyme antique et la figure appelée Akerbeltz dans la tradition mythologique basque. Le nom basque Akerbeltz est composé de aker « bouc » et beltz « noir ». La similitude avec l'interprétation proposée pour Aherbelste est donc remarquable, sans toutefois pouvoir être affirmée avec une certitude absolue[4],[5].

Cette comparaison ne permet toutefois pas d'établir à elle seule une continuité historique entre la divinité aquitaine antique et la figure mythologique basque. Les sources romaines ne fournissent aucune description des fonctions, des attributs ou des rites associés à Aherbelste. Il n'est donc pas possible d'affirmer que le dieu aquitain et Akerbeltz constituent historiquement une seule et même divinité. La comparaison est néanmoins importante sur le plan linguistique, car elle fournit un exemple supplémentaire des correspondances entre l'onomastique aquitaine et le basque[1].

Fonction religieuse

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La fonction exacte d'Aherbelste n'est pas connue. L'inscription ne lui attribue aucun domaine particulier et ne décrit ni son culte ni ses attributs. L'interprétation étymologique « bouc noir » pourrait inviter à rechercher des parallèles avec certaines traditions pastorales ou religieuses pyrénéennes, mais ces rapprochements ne peuvent pas être démontrés à partir de l'unique inscription connue. Il convient donc de distinguer le nom du dieu, qui est attesté épigraphiquement, de la reconstruction de ses fonctions religieuses, qui demeure hypothétique.

Aherbelste et le Larboust

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Une hypothèse ancienne a rapproché le nom Aherbelste de celui de la vallée du Larboust, dans les Pyrénées centrales. Cette proposition est notamment rapportée par Julien Sacaze dans ses travaux sur les inscriptions et la toponymie du Comminges. Sacaze cite l'opinion d'Achille Luchaire selon laquelle le nom Aherbelste aurait pu se conserver sous une forme transformée dans le nom Larboust[6]. Cette étymologie reste cependant hypothétique et ne constitue pas une explication unanimement acceptée du toponyme. Elle doit être distinguée des données épigraphiques certaines concernant Aherbelste.

Importance pour l'étude de l'aquitain

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Le théonyme Aherbelste appartient à un corpus particulièrement important pour l'étude de l'ancienne langue aquitaine. Celle-ci n'est pas connue par une littérature ou par des textes continus, mais principalement grâce aux noms de personnes, aux noms divins et à certains noms de lieux conservés dans les sources antiques.

Les ressemblances entre plusieurs de ces noms et le lexique basque ont joué un rôle majeur dans l'établissement de la parenté entre l'aquitain et le basque. Les travaux modernes considèrent généralement que les deux langues appartiennent à une même famille linguistique vasconique, même si la relation exacte entre l'aquitain et l'ancêtre du basque reste discutée : l'aquitain pourrait représenter l'ancêtre direct du basque ou une langue sœur très proche[3]. Aherbelste est particulièrement intéressant dans ce contexte en raison de la possible correspondance entre ses éléments et le basque ak(h)er beltz.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Hualde 2018.
  2. 1 2 Ministère de la Culture, « Autel votif dédié au dieu Aherbelste », base POP/Joconde.
  3. 1 2 3 Gorrochategui 2022, p. 105-129.
  4. (eu) Txomin Peillen Karrikaburu, Biziaren hiztegiaz, Bilbo, Euskaltzaindia, coll. « Euskaltzainak bilduma », , 283 p. (lire en ligne)
  5. (eu) Juan Martin Elexpuru, « Lokalizatuta dauden epigrafeak leku batean biltzeko ahaleginik ez da egin », Argia, no 2921, (lire en ligne, consulté le )
  6. Sacaze 1885.

Bibliographie

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  • (en) Joaquín Gorrochategui, « The Relationship between Aquitanian and Basque: Achievements and Challenges of the Comparative Method in a Context of Poor Documentation », dans Language Change and Linguistic Diversity: Studies in Honour of Lyle Campbell, Edinburgh University Press, , p. 105-129
  • (en) José Ignacio Hualde, « Aspiration in Basque », Phonological Data & Analysis, vol. 3, no 2, (DOI 10.2218/pihph.3.2018.2602)
  • Julien Sacaze, « Revue de Comminges », Bulletin de la Société des études du Comminges et de l'Académie Julien-Sacaze, vol. 1,
  • Michelena, Luis, « De onomástica aquitana », Pirineos, vol. 10, , p. 409-458.

Voir aussi

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