Ali Mansur
Ali Khan Mansur ou Ali Mansour (en persan : علی منصور), né en 1890 à Téhéran et mort en 1974, également connu sous le nom de Rajab Ali Mansour ou le surnom de Mansour al-Molk, fut Premier ministre d'Iran à l'époque de la dynastie Pahlavi.
| Ali Mansur (fa)علی منصور | |
Le Premier Ministre Ali Mansur dans les années 1950 | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre d'Iran | |
| – (2 mois et 22 jours) |
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| Élection | 28 mars 1950 |
| Prédécesseur | Mohammad Saed |
| Successeur | Haj Ali Razmara |
| – (1 an, 2 mois et 1 jour) |
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| Prédécesseur | Ahmad Matin-Daftari |
| Successeur | Mohammad Ali Foroughi |
| Ministre du Commerce | |
| – (1 an, 10 mois et 15 jours) |
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| Premier ministre | Mahmoud Jam Ahmad Matin-Daftari |
| Ministre de l'Intérieur | |
| – (4 ans) |
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| Premier ministre | Mehdi Gholi Hedayat |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Rajab Ali Mansur |
| Surnom | Mansur al-Molk |
| Date de naissance | Entre 1886 et 1895 |
| Lieu de naissance | Téhéran, Perse qadjare |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Téhéran, État impérial d'Iran |
| Nationalité | iranienne |
| Enfants | 2, dont Hassan Ali Mansur |
| Profession | Homme politique |
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| Liste des premiers ministres de l'Iran | |
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Il fut gouverneur des provinces du Khorassan et de l'Azerbaïdjan, et a également été ambassadeur d'Iran en Italie, au Vatican et en Turquie. Il fut six fois ministre et deux fois Premier ministre.
Il était le père de Hassan Ali Mansour, qui fut également Premier Ministre.
Jeunesse
modifierFils de Mirza Ali Akbar Khan Ashtiani, d'une influente famille persane, Rajab Ali fit ses études primaires et secondaires aux écoles Mozaffari et Dar-ol-Fonoun. Il entra ensuite à la faculté des sciences politiques de Téhéran, dont il sortit diplômé en 1916, et fut employé par le ministère des Affaires étrangères.
Rajab Ali travailla de nombreuses années au sein de l'administration britannique de ce ministère, dirigée par Hassan Ra'is Zahir al-Mulk, dont il épousa la fille. Il prit à cette époque le titre de Mansur al-Molk et, parallèlement à ses fonctions gouvernementales, enseigna le droit de la Grèce et de la Rome antiques à la faculté des sciences politiques. Il aurait eu un rôle dans la conclusion du traité anglo-persan de 1919[1]. A partir du gouvernement mené par Hassan Vossough, il occupe par la suite différents postes au sein du ministère de l'Intérieur sous le règne d'Ahmad Chah Qadjar, et devient gouverneur de la province d'Azerdaïdjan[2].
Sous les Pahlavi
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Sous Reza Chah Pahlavi, en tant que ministre des Travaux publics dans le gouvernement du Premier ministre Mahmoud Jam, il joua un rôle déterminant dans la construction du chemin de fer transiranien. La supervision de la construction de l'autoroute de Tchalous, reliant Téhéran à la mer Caspienne, lui est également attribuée. Ce projet routier allait cependant lui causer de sérieux ennuis : en 1936, Rajab Ali Mansour est inculpé pour irrégularités financières dans la construction de cette route. Le Parlement leva son immunité ministérielle, et Mansour se retrouva au cœur d'un vaste scandale. À l'issue du procès, son innocence fut cependant prouvée, et il fut pleinement acquitté et réintégré dans le gouvernement du Premier ministre Mahmoud Jam, au poste de ministre du Commerce, de l'Industrie et des Mines[3]. Il aurait cependant gardé la réputation d'être corrompu[4].
Premier Ministre
modifierAvec le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, Reza Chah renvoie le Premier Ministre Ahmad Matin-Daftari, réputé germanophile, et Mansur, plus proche des cercles britanniques, est nommé Premier Ministre à sa place le 26 juin 1940, reprenant à peu près le gouvernement de son prédécesseur. Cependant son mandat dure peu, et sa réputation ne lui permit pas d'éviter l'invasion de son pays.

L'opération Barbarossa en juin 1941 entraîne la rupture du pacte germano-soviétique, et l'Iran craint que le Royaume-Uni et l'URSS ne s'allient pour envahir l'Iran, qui emploie de nombreux techniciens allemands dans son industrie, pour sécuriser la zone et créer un couloir d'appui pour le front de l'Est. Les gouvernements soviétique et britannique, par l’intermédiaire de leurs ambassadeurs à Téhéran, adressèrent à Mansour des mémorandums exigeant l’expulsion de la majorité des Allemands résidant en Iran. En réponse, Mansur les assura que son gouvernement surveillerait le comportement de tous les citoyens étrangers afin d'éviter tout danger lié à la présence d'Allemands en Iran. Il entreprit également de réduire le nombre d'Allemands en Iran pour rassurer les Soviétiques et les Britanniques, ces derniers craignant surtout que la raffinerie d'Abadan ne tombe aux mains des Allemands[5].
Mais, le 25 août 1941, à 4h du matin, les ambassadeurs soviétique et britannique se rendent au domicile de Mansour et lui remettent chacun une note qui, outre la réitération de leur demande d'expulsion des Allemands, déclare que leurs pays respectifs sont dans « l'obligation » de prendre « des mesures unilatérales et militaires à l'encontre de l'Iran, ne devant aucunement porter atteinte à l'intégrité du pays, mais empêcher tous les agissements subversifs des Allemands »[6]. Au même moment, les forces britanniques pénètrent en Iran par Bandar Chahpour, Khorramshahr et Qasr-e Shirin, et les forces soviétiques par Djolfa, débutant l'invasion anglo-soviétique de l'Iran. Mansour se rend à 9h au palais de Saadabad pour en informer Reza Chah, qui convoque ensuite les deux diplomates, mais ne peut que constater l'état de fait. Le soir même, Mansour informe le Parlement de la situation[6].
Le Premier Ministre fut contraint de démissionner le 28 août 1941. Reza Chah le soupçonnait d'avoir facilité l'invasion, en étant complice avec les Britanniques. Un an après le succès de l'invasion, et après l'abdication de Reza Chah en faveur du nouveau chah son fils Mohammad Reza Pahlavi, Mansour reçut l'ordre de l'Empire britannique sur proposition de l'ambassadeur britannique en Iran Reader Bullard, ce qui renforça encore les soupçons de collaboration avec les Britanniques. Les cercles politiques iraniens le considérèrent désormais comme résolument probritannique[3]. Néanmoins, bien que Mansur ait eu cette réputation, l'ambassadeur Bullard, qui avait une piètre opinion des Iraniens, n'avait pas vraisemblablement grande estime pour lui non plus et le voyait plutôt comme un relai du nazisme en Iran, selon son courrier privé[5].

En février 1942, Mansur accéda au poste de gouverneur du Khorassan.
Second mandat de chef du gouvernement
modifierEn mai 1949, le Premier Ministre, Mohammad Sa'ed, puis son ministre des Affaires étrangères, Hossein Ala', se heurtent au refus du gouvernement des États-Unis d'accorder un aide financière permettant de financer la reconstruction des infrastructures civiles, ce qui entraîne la démission de Sa'ed[7]. De plus, Sa'ed avait à composer avec des élections législatives contestées, et la montée en puissance d'un mouvement de nationalisation du pétrole, portée par un grand tribun, Mohammad Mossadegh, chef du tout jeune Front National.
Mansour est élu Premier ministre par le Parlement le 28 mars 1950, et entre en fonction le 4 avril. Fort de ses bonnes relations politiques avec les Britanniques, il espère pouvoir obtenir du Royaume-Uni le soutien financier refusé par les Etats-Unis, mais il souhaite également ménager le Front National, dont il n'ignore pas l'appui populaire[1]. Cette ambivalence lui coûte la confiance des Britanniques, qui le considèrent comme un homme « présentant certaines faiblesses ». Dans un rapport interne, il fut même décrit comme « dépendant à l'opium » et « très corruptible »[8]. Trois mois plus tard seulement, après avoir également perdu le soutien du Front National pour avoir démis de ses fonctions le général Fazlollah Zahedi, chef de la police Nationale de Téhéran[9], Mansour réalisa qu'il avait largement surestimé l'importance de ses relations avec les Britanniques et démissionna de son poste de Premier ministre en faveur du général Haj Ali Razmara.
Fin de carrière
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Ali Mansur termina sa carrière politique comme ambassadeur d'Iran auprès du Vatican et de la Turquie, jusqu'en 1963, date à laquelle il rentre définitivement en Iran.
En 1953, en pleine crise d'Abadan, Mansur est approché par les Britanniques pour devenir à nouveau Premier Ministre dans le cadre de l'opération Boot, car il est un temps envisagé pour remplacer Mohammad Mossadegh. Mais finalement, il n'est pas retenu, les Américains, membres du complot, lui préférant le général Zahedi, ancien compagnon de route de Mossadegh[10].
Son fils Hassan Ali Mansur devient lui aussi Premier Ministre en 1964, mais il est assassiné l'année suivante. Ali Mansur est présent lors des funérailles officielles de son fils qui se tiennent au mausolée de Reza Chah.
Liens externes
modifierRéférences
modifier- 1 2 (fa) Baqer Aqeli, شرح حال رجال سیاسی و نظامی معاصر ایران ؛ سه جلدی, Gofar, , pp.1552-1557
- ↑ (fa) عاقلى، باقر, رضا شاه وقشون متحد الشكل: (١٣٠٠-١٣٢٠ش), نشر نامك،, (ISBN 978-964-90503-8-6, lire en ligne), pp.470-474
- 1 2 (en) Abbas Milani, Eminent Persians: The Men and Women Who Made Modern Iran, 1941-1979, Volumes One and Two, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-0907-0, lire en ligne), p.230
- ↑ Christian Destremau, Le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, Perrin, (ISBN 978-2-262-04914-0, lire en ligne), p. 374
- 1 2 Christian Destremau, Le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, Perrin, (ISBN 978-2-262-04914-0, lire en ligne), pp.379-380
- 1 2 Yves Bomati et Houchang Nahavandi, Mohammad Réza Pahlavi, Place Des Editeurs, (ISBN 978-2-262-07981-9, lire en ligne), pp.91-92
- ↑ (en) Kristen Blake, The U.S.-Soviet Confrontation in Iran, 1945-1962: A Case in the Annals of the Cold War, Bloomsbury Publishing PLC, (ISBN 978-0-7618-4492-1, lire en ligne), pp.52-53
- ↑ Milani, p.231
- ↑ Bomati & Nahavandi, p.163
- ↑ Bomati & Nahavandi, p.188