Mehdi Gholi Hedayat
Mehdi Gholi Hedayat (en persan : مهدیقلی هدایت), dit Mokhber os-Saltâneh, est un homme d'État, écrivain et musicologue iranien né à Téhéran en 1863 et mort dans la même ville le .
| Premier ministre d'Iran | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
مهدیقلی هدایت |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Père |
Ali Qoli Mokhber al-Dawla (d) |
| Fratrie |
Sani al-Dawla (en) |
| Parti politique |
Parti de la Renaissance (en) |
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Il a joué un rôle dans la révolution constitutionnelle persane, a été gouverneur des provinces du Fars et de l'Azerbaïdjan, et enfin Premier ministre au début de l'ère Pahlavi. C'est aussi un musicologue qui contribue à la conservation du répertoire traditionnel.
Biographie
modifierIl est né à Téhéran[1]. Les sources ne donnent pas de date de naissance plus précise que l'année 1863[2]. Issu d'une famille aristocratique, il est le fils de Ali Qoli Khan Mokhber-al-Dawla, et petit-fils de Reza-Qoli Khan Hedayat, qui ont tous deux exercé des fonctions dans l'administration sous la dynastie Qadjar[1].
À 14 ans, il part, avec son frère Morteza Qoli, étudier en Allemagne. Il abandonne les études de médecine, mais conserve une bonne maîtrise de la langue allemande et un intérêt pour la culture germanique. À son retour en 1879, il est employé au Bureau du télégraphe ; il étudie la littérature persane et arabe à Dar al-Fonun. En 1885, il y enseigne l'allemand. Il entre à la cour Qadjar en 1894, d'abord au service de Nasser al-Din Shah, puis il accompagne le Shah Mozaffar al-Din lors de son second voyage en Europe, en tant qu'interprète. Il entreprend en 1903 un voyage autour du monde, en passant par La Mecque pour y effectuer le pèlerinage[1],[2].
Carrière
modifierPendant la révolution constitutionnelle de 1906, il joue un rôle d'intermédiaire entre Mozaffar an-Din et les constitutionnalistes. Il presse le souverain de prêter allégeance à la Constitution et rédige le texte signé par le Shah. Il exprime cependant des réserves, dans ses mémoires, publiées sous le titre Khaterat-o khatarat, à l'égard du nouveau régime. Il regrette que la Constitution ait été écrite sur le modèle de la Constitution belge. Le modèle britannique aurait été selon lui plus adapté à la réalité de la société persane. Il constate que le régime parlementaire est entravé par les ambitions personnelles et par le manque d'expérience des députés[2].
Il est membre de plusieurs gouvernements dans la période constitutionnelle : entre 1906 et 1926, il est ministre, notamment, de la Justice, des finances, de l'agriculture, de l'éducation[1],[2].
En avril 1908, il est nommé gouverneur général d'Azerbaïdjan. Il démissionne en juillet de la même année, à la suite du coup d'État de Mohammad Ali Shah. Il reprend son poste en 1909, après la victoire des constitutionnalistes. La province est convoitée par les Russes, qui ont stationné des troupes à Tabriz et sont hostiles à la présence du gouverneur. Son frère Mortaza Qoli est assassiné. On lui conseille de donner sa démission, ce qu'il se résigne à faire en 1911[2].
Il est désigné gouverneur général du Fars en 1912. Il parvient à rétablir la paix entre les factions tribales dans la province. Il est d'autant plus opposé aux ingérences de la Grande-Bretagne dans la région, qu'il a des sympathies pour l'Allemagne. Les Britanniques obtiennent son renvoi en 1915. Il est alors élu député de Téhéran, et participe à plusieurs gouvernements éphémères. Il retourne en Azerbaïdjan qui est le siège d'une révolte menée par Mohammad Khiabani. Ce dernier est tué après l'assaut donné par les troupes cosaques. Sa mort est objet de polémique parce que selon Hedayat, découvert dans sa cachette, il a choisi de se donner la mort plutôt que de se rendre. Mais selon une autre version, il aurait été tué par les Cosaques dirigés par Hedayat. Selon une autre version enfin, les Cosaques l'ont tué en le découvrant armé dans sa cachette, sans obéir pour autant à un ordre de Hedayat[2].
De retour à Téhéran, il est ministre dans le cabinet de son ami Mostawfi-al-Mamalek. Le , Reza Shah prend le pouvoir. Mostawfi al-Mamalek démissionne, Hedayat est désigné premier ministre. Mais il a peu de pouvoir, c'est Abdolhossein Teymourtash qui exerce véritablement la fonction de chef de cabinet[2]. Admirateur de Reza Shah, Hedayat est cependant critique à l'égard de certains aspects de la modernisation entreprise par le souverain. Favorable à l'industrialisation, il est en revanche réticent à l'égard du mode de vie occidental, en particulier en ce qui concerne les mœurs. Son épouse cesse de se rendre à la cour parce qu'elle refuse de renoncer au tchador. Lui-même critique l'interdiction du voile en 1936[1],[2].
Œuvres
modifierAprès 1934, il se retire de la vie politique et se consacre à l'écriture[2].
Il rédige ses mémoires sous le titre Khaterat-o khatarat (« Mémoires et périls ») en 1950[1],[2]. Il y exprime sa méfiance à l'égard des idéologies. Il défend une forme de libéralisme économique : l'intervention de l'État ne doit pas avoir pour effet de décourager l'initiative et l'enrichissement. Vouloir priver les riches des biens qu'ils ont acquis afin de les redistribuer risque selon lui de freiner le progrès économique. Il juge la devise de la révolution française, « liberté, égalité, fraternité », séduisante mais utopique. Il préfère placer au sommet de l'échelle de ses valeurs la justice, parce que privilégier la liberté comporte le risque de susciter l'anarchie et la dictature de la foule[2]. Il reproche à Platon son idéalisme. La politique pour lui doit tenir compte de la réalité de la nature humaine. Il est favorable au constitutionnalisme, mais il considère que le peuple iranien n'étant pas prêt pour le parlementarisme, il faut l'y conduire de façon autoritaire[2].
il a écrit aussi ses récits de voyage, une grammaire persane, des livres pour enfants, et des poèmes[1].
Mehdi Gholi Hedayat était également un musicologue éclairé, auquel on doit notamment les premières transcriptions complètes du répertoire de la musique persane (radifs), dont il présenta le manuscrit en 1928 au conservatoire de musique national[3]. Il est également l'auteur d'un traité de théorie musicale, le Majmaʿ al-adwār, publié en 1938. Il y expose des notions d'acoustique, décrit les cycles musicaux (adwar) et les dastgahs[3].
Mort le 13 septembre 1955[1],[2], il est inhumé dans le village de Darrous, devenu un quartier de Téhéran, où il possédait une propriété, et où il a fait construire un hôpital, une école et une mosquée[1],[4].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Manouchehr Kasheff, « Hedāyat, Moḵber-al-Salṭana, Mehdiqoli i, Life and work », dans Encyclopædia Iranica (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Ali Barzegar, « Mehdi Qoli Hedayat: A Conservative of the Late Qajar Era », Iranian Studies, vol. 20, no 1, , p. 55–76 (ISSN 0021-0862, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en-US) Ameneh Youssefzadeh, « HEDĀYAT, MOḴBER-AL-SALṬANA ii. AS MUSICIAN », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- ↑ (fa) Municipalité du 3e arrondissement de Téhéran, « منطقه در گذر زمان » [« L'arrondissement au fil du temps »] [archive du ], sur region3.tehran.ir, (consulté le )