Ali ibn al-Jahm

poète irakien

Ali ibn al-Jahm (en arabe : علي بن الجهم), né en 803 à Bagdad, est un poète arabe issu d'une famille de la tribu de Quraych, originaire du Khorassan. Il compte parmi les poètes les plus notables de la période abbasside et reste particulièrement célèbre pour ses liens avec le calife al-Mutawakkil.

Ali ibn al-Jahm
Biographie
Naissance

Bagdad
Décès
Nom dans la langue maternelle
علي بن الجهم
Activité
Poète

Biographie

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Jeunesse

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La famille de Ali est issue de la tribu de Quraych. Elle s'était installée dans la région du Khorassan avant de se relocaliser à Bagdad, où plusieurs de ses membres occupèrent des postes officiels au sein de l'État. Il grandit ainsi dans un milieu aisé et reçoit une éducation soignée.

Ses talents poétiques émergent dès son enfance. On raconte qu'un jour, pour le punir, son père ordonna à son enseignant de le garder enfermé après les cours. Il compose alors quelques vers qu'il transmet à sa mère par l'intermédiaire d'autres enfants. Dans ce poème, il l'implora de venir à son secours ; touchée, sa mère force son père à partir le récupérer[1].

Carrière à la cour

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Dès sa vingtaine, son nom s'impose parmi les grands poètes de l'époque. Il se lie notamment d'amitié avec un autre poète célèbre, Abu Tammam. Durant cette période, il compose des panégyriques en l'honneur du calife al-Mu'tasim et de son successeur al-Wathiq. Cependant, sa carrière atteint son apogée sous le règne d'al-Mutawakkil[2].

En effet, il est considéré comme le poète d'al-Mutawakkil, dont il fait l'éloge et défend les positions politiques. Ce lien solide s'explique par les origines de la famille d'Ali dans le Khorassan, terreau du mouvement qui a porté les Abbassides au pouvoir. De plus, le poète et le calife partagent une opposition farouche au mutazilisme, alors qu'al-Mutawakkil rejette cette doctrine imposée par ses prédécesseurs, Ali en fait la satire et la critique virulente dans ses poèmes.

Son emprisonement

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Sa position de favori à la cour, ainsi que ses poèmes satiriques visant ses opposants, lui attirent l'animosité de nombreux notables et d'autres poètes de l'entourage du calife. Ces derniers parviennent à retourner al-Mutawakkil contre lui. Il finit par être exilé au Khorassan, région alors gouvernée par les Tahirides, qui figuraient justement parmi les notables ciblés par ses poèmes[2].

Malgré les mauvais traitements subis et les conditions difficiles de son incarcération, c'est durant cette période d'emprisonnement qu'il rédige plusieurs de ses œuvres les plus notables. Il y décrit sa situation et son enfermement avec une profondeur et une originalité inédites, marquant ainsi l'histoire de la poésie carcérale (al-Habsiya) comme aucun poète ne l'avait fait avant lui[1].

Circonstances de sa mort

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Il finit par être gracié, mais ne retrouve jamais sa position de faveur à la cour. Il décide alors de s'engager dans les combats aux frontières contre les Byzantins. Cependant, aux alentours d'Alep, il est attaqué par des Bédouins et blessé mortellement. On raconte qu'à l'arrivée des secours, il récitait encore de la poésie, évoquant avec nostalgie son quartier de Bagdad jusque dans ses derniers instants. On aurait même retrouvé, glissés dans son armure, des vers déplorant sa situation[3].

Notes et références

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  1. 1 2 (ar) « كتاب طبقات الشعراء لابن المعتز - المكتبة الشاملة » [archive du ], sur shamela.ws (consulté le )
  2. 1 2 (ar) « ص255 - كتاب تاريخ الأدب العربي لشوقي ضيف - الفصل الخامس أعلام للشعراء - المكتبة الشاملة » [archive du ], sur shamela.ws (consulté le )
  3. ↑ (ar) وفيات الأعيان | مجلد 3 | صفحة 356 | حرف العين | علي بن الجهم | التراجم والطبقات | جامع الكتب الإسلام (lire en ligne)