Alpes-de-haute-provence (IGP)
Un alpes-de-haute-provence[note 2], appelé vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler une appellation d'origine.
| Alpes-de-haute-provence | |
Vignes et troupeau dans les Alpes-de-Haute-Provence. | |
| Type d'appellation(s) | IGP départementale |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1981 (VDP) et 2009 (IGP) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Provence |
| Localisation | Alpes-de-Haute-Provence |
| Climat | méditerranéen avec influence montagnarde |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 779 heures (à Saint-Auban) |
| Cépages dominants | cinsault N[note 1], grenache N, rolle B, chardonnay B, syrah N, etc. |
| Vins produits | rosés, rouges et blancs |
| Production | 8 000 hl |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 120 hl/ha[1] |
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Histoire
modifierPréhistoire et Antiquité
modifierJustin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV, 1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[2].
Période moderne
modifierD'une vieille famille lombarde d'extraction noble, les parents de Jean Taxis sont Jacques Taxis[3],[4],[5] et Catherine Daumas. Jacques Taxis (Giacomo Taxis), un descendant direct de Omedeo Tasso[6], qui possédait une fortune assez considérable, quitta la région lyonnaise[7],[8] pour s'installer avec sa famille au lieu-dit Portail de Soleil-Bœufs dans les environs de Digne-les-Bains[9] où il racheta à Jean Matheron de Salignac l'hôtel des Dourbes[10],[11] et plusieurs hectares de vignes à Clumanc.

Jacques Taxis avait destiné son fils aîné à reprendre l'affaire viticole familiale. Jean Taxis fit ses études chez les Jésuites où il acquit de solides connaissances. Il se passionna très vite pour le commerce. La mort de son père le laissa libre de suivre ses intérêts personnels, notamment dans le domaine de la négoce de tonneaux et de fûts de chêne.
Le vin de Digne n'était qu'un vin de garde destiné à la consommation locale et à la commercialisation régionale mais le « Grand Hiver » de 1709 va précipiter sa réputation dans tout le royaume du XVIe au XIXe siècle[12]. Au cours de l'an 1709, les cours du vin augmentaient et les vins du Bas Languedoc et de Provence, exemptés de droits, s’exportaient pour la première fois à Paris[13].
En 1709, son talent pour le commerce et surtout la réserve de tonneaux qu'il s'est constituée lui permit d'acheminer plusieurs centaines de pintes de vin par jour vers la capitale et ce qui lui fit sa fortune. On dit que le roi Louis XIV lui-même apprécia le vin de Digne.
Période contemporaine
modifierAu milieu du XXe siècle, une partie importante de la production viticole du département des Alpes-de-Haute-Provence était vendue dans la catégorie des « vins de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics créent en 1968 le label « vin de pays » (VDP), une dénomination suivie du nom d'un département ou d'une zone spécifique[14], ce qui donne le « vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence ».
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[15] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[16] ; le vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence devient donc le l'IGP « Alpes de Haute Provence »[17]. Le « Syndicat des vins des Alpes du Sud » est fondé en à Pierrevert, pour être l'ODG de l'IGP alpes-de-haute-provence, de l'AOC pierrevert et de l'IGP hautes-alpes. Le cahier des charges est publié en [18], puis modifié en (ajout du cépage nebbiolo)[19] et en (ajout du floréal, du muscaris, du sauvignac, du souvignier gris, du verdejo, du vidoc et du voltis parmi les cépages)[1].
Vignoble
modifierAire de production
modifier| Image externe | |
| Carte des communes concernées | |
Cette IGP peut être produite sur l'ensemble des communes du département des Alpes-de-Haute-Provence[1]. Il est produit majoritairement dans la vallée de la Durance et il est en progression régulière depuis 1985[20].
Climatologie
modifierEncépagement
modifierLe cahier des charges de cette IGP autorise l'emploi de 120 cépages différents, dont quelques « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA) : aligoté B[note 1], altesse B, aramon blanc B, aramon gris G, aramon N, aubun N, auxerrois B, biancu gentile B, bourboulenc B, bouteillan B, brachet N, brun argenté N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, caladoc N, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, chardonnay B, chasan B, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose, couston N, colombard B, corbeau N, cot N, counoise N, floréal B, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay N, genovèse B, gewurztraminer Rs, goldriesling B, gramon N, grassen N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gringet B, grolleau gris G, grolleau N, gros manseng B, jurançon blanc B, jurançon noir N, lledoner pelut N, macabeu B, mancin N, manseng noir N, marsanne B, marselan N, mauzac B, mauzac rose Rs, mayorquin B, melon B, mérille N, merlot blanc B, merlot N, meunier, mollard N, mondeuse blanche B, mondeuse N, mourvaison N, mourvèdre N, müller-thurgau B, muscadelle B, muscardin N, muscaris B, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat cendré B, muscat de Hambourg N, muscat ottonel B, nebiollo N, négrette N, nielluccio N, pascal B, petit courbu B, petit manseng B, petit meslier B, petit verdot N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, plant de Brunel N, rivairenc gris G, rosé du Var Rs, roussanne B, sauvignac B, sauvignon B, sauvignon gris G, savagnin blanc B, savagnin rose Rs, sciaccarello N, sémillon B, souvignier gris Rs, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, téoulier N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, tibouren N, ugni blanc B, valdiguié N, verdejo B, vermentino B, vidoc N, viognier B et voltis B[1].
Dans la pratique, l'encépagement reste traditionnel pour les cépages rouges avec grenache, cinsault, syrah, carignan, merlot et cabernet sauvignon. Les cépages blancs les plus employés sont l'ugni blanc, la clairette, le chardonnay et le muscat blanc à petits grains[20].
Vins
modifierLe cahier des charges de l'IGP autorise la production d'alpes-de-haute-provence rouges, rosés et blancs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que par la mention « primeur » ou « nouveau »[1]. Le vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence labellisait[Quand ?] environ 8 000 hectolitres par an[20].
- Vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence rouge.
- Vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence blanc.
Les vins rouges représentaient[Quand ?] 78 % de la production, les rosés 15 % et les blancs 7 %[20].
Gastronomie
modifierCommercialisation
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- ↑ La fondation de Massalia, Justin, écrivain latin du IIe siècle
- ↑ Le père de Jacques Taxis était Jean Baptiste de Taxis, l'enfant illégitime de Roger de Taxis (1513-1593) avec Cornelia de Hase, qui fut reconnu en 1584. Il devint maître de poste dans la ville de Lyon jusqu'en juin 1595 date à laquelle la maison de Habsbourg cesse de revendiquer la Bourgogne
- ↑ Fiche de Roger de Taxis
- ↑ Arbre généalogique des Taxis
- ↑ Jean Taxis est l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils de Omedeo Tasso
- ↑ Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence. Tome premier par Artefeuil
- ↑ Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Académie des sciences, belles-lettres et arts
- ↑ Stendhal club, Volume 26,Numéros 101 à 104 (1983)
- ↑ L'hôtel des Dourbes sera détruit en 1970
- ↑ Chroniques de Haute-Provence, N°350 (2003)
- ↑ André de Réparaz, Terroirs perdus, terroirs constants, terroirs conquis : vigne et olivier en Haute-Provence XIXe – XXIe siècles, Méditerranée, 2007, p. 58-59
- ↑ Françoise Labalette, Les terribles ravages du grand hiver dans Historia, mars 2009, n°759, p46-49
- ↑ « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
- ↑ « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
- ↑ INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
- ↑ « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
- ↑ « Arrêté du 2 novembre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Alpes-de-Haute-Provence » », publié au JORF no 0266 du .
- ↑ « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE » » [PDF], modifié par l'arrêté du publié au JORF no 0272 du .
- 1 2 3 4 5 Vins de pays de France, op. cit., p. 82.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Louis Menjucq, président de l'ANIVIT (sous la direction de), Vins de pays de France, Éd. Romain Pages, Saint-Cloud, 1991, (ISBN 2908878151)
- Marc Donato, Vignes et vin - Une aventure dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, Ed. Fournel, 2005 (ISBN 2-915493-27-8)
Liens externes
modifier- Paul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée : Revue géographique des pays méditerranéens, no 107, , p. 73-86 (lire en ligne).
- « Vins des Alpes du Sud », sur vins-des-alpes-du-sud.fr (ODG de l'AOC pierrevert, des IGP alpes-de-haute-provence et hautes-alpes)