Hautes-alpes (IGP)

région viticole

Un hautes-alpes[note 2], appelé vin de pays des Hautes-Alpes jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins de ce département qui ne peuvent postuler à une appellation d'origine.

Hautes-alpes
Image illustrative de l’article Hautes-alpes (IGP)
Vignoble sur les hauteurs de Châteauvieux.

Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1984 (VDP)
et 2009 (IGP)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée du Rhône
Localisation Hautes-Alpes
Climat montagnard avec influence méditerranéenne
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 511 heures (à Embrun)
Superficie plantée 294 hectares
Nombre de domaines viticoles 577 déclarants de récolte, trois caves indépendantes et une coopérative
Cépages dominants grenache N[note 1], cinsault N, aramon N, carignan N, alicante Bouschet N, grec rose Rs, muscat B, clairette B, mollard N, chardonnay B et chasan B
Vins produits rouges, rosés, blancs et mousseux
Rendement moyen à l'hectare maximum 90 hl/ha[1]

Histoire

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Moyen Âge

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Au Moyen Âge, la première mention écrite d'un vignoble dans cette partie des Alpes se trouve dans le cartulaire de l'abbaye d'Oulx : cette charte, datée du Xe siècle, indique que dans l'Argentièrois l'abbaye possède des vignes. C'est la plus ancienne mention d'un vignoble dans les Alpes du Sud[2].

À Châteauroux-les-Alpes, son coteau de sud-est au sol caillouteux protégé du vent du nord (957 mètres d'altitude).

L'archevêché d'Embrun ainsi que l'abbaye de Boscodon possédaient des vignes sur les coteaux de Remollon et de Saint-André-d'Embrun[3]. Puis les archevêques découvrirent le vignoble de Châteauroux-les-Alpes qui s'étage de 900 à près de 1 100 mètres d'altitude. En dépit de sa hauteur, son exposition privilégiée de coteau de sud-est et son sol caillouteux protégé du vent du nord permirent très tôt d'y élaborer un vin qui retint l'attention archiépiscopale. Au XIIIe siècle, les archevêques rattachèrent cette paroisse à leur mense, car de plus, ce vignoble était facilement accessible par la via Cottia, qui fut doublée ensuite par une route médiévale puis par celle construite en 1756[4].

Quand fut fondée des deux côtés des Alpes, la République des Escartons (1343-1789), toute famille avait sa vigne et son pressoir qui était actionné par un levier à contrepoids de pierre. Ces pressoirs étaient en bois de mélèze, et sur les 14 hectares du site de La Vignette, à Saint-Martin-de-Queyrières, il en a été retrouvé quatre-vingt[4].

La Vignette est un site compris entre 1 050 et 1 300 mètres d'altitude qui longe la vallée de la Durance, à l'amont de l'Argentière, c'est le plus haut vignoble des Alpes françaises. Abandonné après le phylloxéra, il a été réhabilité dans les années 2000 par une association qui a entrepris de replanter et de cultiver la vigne, ainsi que la restauration des restanques, du pressoir de l'Encombrouze et du cellier bâti dans un habitat troglodyte[4].

Période moderne

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La côte de Neffes.

En 1811, le statisticien Jacques Peuchet, rapportait que dans les Hautes-Alpes méridionales et sur les bords de la Durance, « les vins sont d'assez bonne qualité, et il faut que le sol soit bien propice, pour que la plupart des propriétaires ne viennent pas à bout de gâter leurs vins, par les vices de la fabrication ». Par contre, il considérait que ceux de la partie septentrionale du département étaient en général très mauvais[5].

Il indiquait que : « Les vins les plus estimés sont ceux de la Roche-de-Jarjayes, de Létret, de Châteauneuf, de Chabre et de la côte de Neffes », tout en précisant que leur réputation ne dépasse pas les limites du département[5].

Victor Rendu, inspecteur général de l'agriculture sous le Second Empire, nota dans son Ampélographie, en 1862, que « le département des Hautes-Alpes possède quelques bons vins qu'il est juste de tirer de l'oubli ; les meilleurs sont ceux de Jarjayes, de l'Étret, de Neffes et de Château-Vieux, dans l'arrondissement de Gap[6]. ». Il convient pourtant que les vins de ces quatre vignobles ne sortent pas du département, ils sont consommés sur les lieux mêmes et dans la ville de Gap[7].

Il indique que les 90 hectares de vignes de Jarjayes sont implantées sur un coteau très pentu exposé au sud-sud-est, le long de la rive droite de la Durance. Le terroir est constitué de schiste argilo-calcaire. Le rendement de ce vignoble est de 18 hectolitres par hectare. « D'après les connaisseurs du pays, le vin provenant de la roche de Jarjayes constitue la première qualité des vins des Hautes-Alpes : il est léger, fin de bouquet et nullement capiteux[6]. ».

Le second vignoble, celui de l'Étret couvre 72 hectares sur un terroir identique à celui de Jarjayes. Son exposition, plus méridionale, lui permet d'atteindre un rendement moyen de 30 hectolitres à l'hectare. « Le vin de l'Étret est plus couvert et plus alcoolique que celui de Jarjayes ; il serait susceptible de conservation, si on le traitait avec soin[6]. ».

Les deux derniers vignobles sont situés dans la vallée de Roussines, parallèle à celle de la Durance. Celui de Neffes s'étend sur 134 hectares au lieu-dit la Côte de Neffes. Son sol est siliceux et le rendement à l'hectare est limité à 14 hectolitres. « Il fournit un vin presque aussi recherché que celui de Jarjayes et de l'Étret[6]. ».

Le vignoble de Châteauvieux, est implanté au sud-ouest, sur le revers opposé de la vallée. Il couvre 80 hectares, et la moyenne de son rendement est de 20 hectolitres/hectare. « Son vin se rapproche beaucoup de celui de Nèfles, mais on lui reproche d'être ordinairement un peu plus vert[7]. ».

Vignes des crus renommés, lieu-dit d'Espinasses, à 652 mètres d'altitude.

Alors que pour Jacques Peuchet la Clairette de la Saulce égalait la Clairette de Die et il en donnait pour preuve que l'on en exportait dans plusieurs départements[5], l'ampélographe fait un sort à cette Clairette, un vin blanc que l'on fabriquait près de Gap, en indiquant : « Il ne se recommande par aucune qualité ; sa réputation locale est tout à fait usurpée[8]. ».

Cellier de la maison Planche à L'Argentière.

Il conclut son descriptif en notant : « Le vin du pays comptant plus de cinq ou six ans de bouteille est une véritable exception dans les Hautes-Alpes[8]. ». Déjà Jacques Peuchet, affirmait « Les vins ont suffisamment de couleur, mais peu de bouquet, et quelques-uns ne peuvent se garder au-delà d'un an[5]. ».

La crise du phylloxéra atteignit le département en 1908 en remontant jusqu'à la haute vallée de la Durance. Elle mit fin à la viticulture haut-alpine. La culture de la vigne y avait été cependant importante comme en témoignent les nombreuses installations liées à son exploitation même dans des lieux aussi improbables comme L'Argentière-la-Bessée. Son cellier de la maison Planche en est un exemple unique puisqu'il a conservé en totalité tout son équipement, y compris son rare pressoir à banc qui se situe en son premier niveau (cad. E 2203)[9].

Période contemporaine

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Chabrot dans les Hautes-Alpes.
Cave coopérative vinicole de Tallard.

Le vignoble, qui avait disparu depuis le phylloxéra, est replanté après la Première Guerre mondiale et recommence à produire du vin. La cave coopérative de Tallard est fondée en 1932, elle a vocation de produire du « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Elle en produira jusqu'à 5 947 hectolitres, en 1979, en regroupant 176 adhérents qui cultivaient 150 hectares[10].

Dans les années 1950, des producteurs délaissent les hybrides et recherchent des cépages de qualité. Leurs efforts ont permis que leurs vins puissent postuler à l'obtention du label « vin de pays »[3] depuis 1984[11], sous le nom de « vin de pays des Hautes-Alpes » (en application du décret de 1968 créant le label « vin de pays », VDP)[12], ce dernier encadré par les décrets du et communs à tous les VDP.

Depuis 1988, à l'initiative de l'« Association de rénovation viticole des coteaux de la Durance », une vigne expérimentale a été implantée à Châteauroux-les-Alpes[13]. Elle est prise en charge par les viticulteurs locaux, la municipalité de commune et le Parc national des Écrins. Son objectif est de tester huit cépages. Ce sont le jacquère, l'altesse, la marsanne, le chardonnay, le chasan B, le müller-thurgau, le pinot noir et le pinot gris. Le but est de sélectionner les mieux adaptés au climat alpin. Des essais de vendange tardive ont pu être faits avec les variétés jacquère, altesse et marsanne[3]. L'Association produit aussi des vins blancs, rosés et rouges appréciés. Le concours de Clairet, organisé tous les deux ans, permet de les découvrir[4]. Paul Minvielle signale une autre vigne expérimentale : « La vigne la plus élevée des Alpes du Sud se trouve à l’Argentière-la-Bessée à près de 1 100 mètres, mais il s’agit d’une parcelle expérimentale, entretenue pour des raisons scientifiques, historiques et paysagères. »[2]. En 2004, les producteurs se sont regroupés au sein du « Syndicat des vignerons des Hautes-Alpes »[13]. Depuis 1988 a été ouverte une route des vins de 15 kilomètres, tracée à travers le vignoble entre Chorges et Tallard[2].

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP)[14] et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[15] ; le vin de pays des Hautes-Alpes devient donc le l'IGP « Hautes-Alpes »[16]. Le cahier des charges est publié en (autorisant les mousseux)[1]. En 2012, la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant (FNPEC), craignant la concurrence, saisi le Conseil d'État pour faire annuler 31 arrêtés homologuant des cahiers des charges (pour autant d'IGP) autorisant du mousseux, au motif que ces documents ne démontraient pas suffisamment l'existence d'un lien entre ces territoires et la production de mousseux. Dans le cas de l'IGP hautes-alpes, elle fut débouté en [17].

Vignoble

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Aire de production

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Image externe
Carte des communes concernées
Vignoble et oliviers en bord de Durance sur la commune de Remollon.

L'IGP hautes-alpes peut être produite sur toutes les communes du département des Hautes-Alpes[1]. Le vignoble haut-alpin s'étend le long des berges de la Durance sur les coteaux orientés au sud[18]. Le vignoble se trouve essentiellement au sud du Gapençais et au sud de l’Embrunais, sur les communes de Tallard, Châteauvieux, Valserres, Remollon, Théus et Espinasses. En dehors de ce noyau peuvent encore se trouver quelques vignes sur des coteaux bien exposés au sud en moyenne altitude. Leur présence témoignent encore de la période pré-phyloxerrique où la viticulture était une culture vivrière[19]. En ce début de XXIe siècle, 23 communes possèdent des exploitations où de la vigne est cultivée, mais seulement 16 ont véritablement des parcelles cadastrées[2].

Orographie et géologie

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Parcelles de vignes au Plan de Phazy dans le Guillestrois.

Le vignoble est implanté sur la rive droite de la Durance, généralement et sur les éboulis schisteux des bas de falaises ou sur les versants de la rivière[18].

Victor Rendu, indiquait qu'au XIXe siècle : « Dans les sols fortement inclinés, on est obligé, de temps à autre, de remonter, du bas de la vigne au sommet, la terre dévalée. Dans certaines localités, ces rechargements se font à l'aide d'une roche schisteuse qu'on transporte sous forme de blocs dans les différents quartiers du vignoble qui les réclament ; les blocs se délitent avec le temps et refont ainsi la couche supérieure, qui tend sans cesse à descendre[20]. ».

Paul Minvielle et Marc Donato reviennent sur cette pratique : « Dans les Hautes-Alpes, il fallait remonter la terre chaque printemps dans une hutte ou pratiquer la terraillée à l'aide d'une baysse, sorte de brancard porté par deux hommes. »[2].

Entre la haute et la basse vallée de la Durance quatre couches de sédiments se superposent[21]:

  • une nappe alluviale grossière et liée, d’environ 40 mètres d’épaisseur, datant de la glaciation de Riss ;
  • une couche de limons de 20 mètres d’épaisseur environ, datant de la même époque ;
  • un paléosol, parfois recouvert de graviers apportés par des ruissellements torrentiels ;
  • une couche de colluvions superficielle.

On dénombre dans ce secteur en moyenne 101 jours par an avec gel et 85 jours par an avec des précipitations supérieures ou égales à mm. La température record la plus froide est de −19,1 °C, enregistrée le , et la plus chaude de 36,0 °C enregistrée le et le . Embrun est l'une des villes les plus ensoleillées de France avec 2 484 heures de soleil par an[22].

Relevé météorologique de la région de Tallard
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 8,6 11 15,1 16,4 21,7 24,8 28,7 29,3 23,7 17,9 11,6 8,1 18,1
Moyenne 2,8 3,4 7 8,2 14,1 17,2 20,3 20,6 16 11,4 5,5 2,5 10,9
Minimale moyenne −3 −3,3 −1,1 1,9 6,5 9,5 11,9 11,9 8,3 4,9 −0,5 −3,1 3,7
Précipitations
Hauteur (mm) 61,6 56,1 53,6 78 74,8 54,5 43,9 55,7 74,2 114,3 84,5 73,9 825
Source : Relevé météo de Météo France de Tallard[23]
8,6
−3
61,6
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
11
−3,3
56,1
fév.
15,1
−1,1
53,6
mars
16,4
1,9
78
avril
21,7
6,5
74,8
mai
24,8
9,5
54,5
juin
28,7
11,9
43,9
jui.
29,3
11,9
55,7
août
23,7
8,3
74,2
sep.
17,9
4,9
114,3
oct.
11,6
−0,5
84,5
nov.
8,1
−3,1
73,9
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Le cahier des charges autorise l'emploi de 219 cépages différents : abondant B[note 1], abouriou N, aléatico N, alicante Henri Bouschet N, aligoté B, altesse B, aramon blanc B, aramon gris G, aramon N, aranel B, arbane B, arinarnoa N, arriloba B, arrouya N, arrufiac B, aubin B, aubin vert B, aubun N, auxerrois B, bachet N, barbaroux Rs, baroque B, béclan N, béquignol N, biancu gentile B, blanc dame B, bouchalès N, bouillet N, bouquettraube B, bourboulenc B, bouteillan B, brachet N, brun argenté N, brun fourca N, cabernet franc N, cabernet-sauvignon N, caladoc N, calitor N, camaralet de Lasseube B, carcajolo blanc B, carcajolo N, carignan blanc B, carignan N, carmenère N, castets N, césar N, chardonnay B, chasan B, chatus N, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, clairette rose Rs, clarin B, claverie B, codivarta B, couston N, colombard B, corbeau N, côt N, counoise N, courbu B, courbu noir N, crouchen B, duras N, durif N, egiodola N, ekigaïna N, elbling B, etraire de la dui N, fer N, feunate N, folignan B, folle-blanche B, franc noir de Haute-Saône N, fuella nera N, furmint B, gamaret N, gamay N, gamay de Bouze N, gamay de Chaudenay N, gamay fréaux N, ganson N, gascon N, genovèse B, gewurztraminer Rs, goldriesling B, gouget N, graisse B, gramon N, grassen N, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gringet B, grolleau gris G, grolleau N, gros manseng B, jacquère B, joubertin N, jurançon blanc B, jurançon noir N, knipperlé B, lauzet B, len de l'el B, liliorila B, listan B, lledoner pelut N, macabeu B, mancin N, manseng noir N, marsanne B, marselan N, mauzac B, mauzac rose Rs, mayorquin B, melon B, mérille N, merlot blanc B, merlot N, meslier Saint-François B, meunier N, milgranet N, molette B, mollard N, mondeuse blanche B, mondeuse N, monerac N, montils B, morrastel N, mourvaison N, mourvèdre N, mouyssaguès N, müller-thurgau B, muresconu N, muscadelle B, muscardin N, muscat à petits grains B, muscat à petits grains Rg, muscat à petits grains Rs, muscat d'Alexandrie B, muscat cendré B, muscat de Hambourg N, muscat ottonel B, négret de Banhars N, négrette N, nielluccio N, noir fleurien N, ondenc B, orbois B, pagadebiti B, pascal B, perdea B, persan N, petit courbu B, petit manseng B, petit meslier B, petit verdot N, picardan B, pineau d'Aunis N, pinot blanc B, pinot gris G, pinot noir N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, plant de Brunel N, plant droit N, portan N, portugais bleu N, poulsard N, précoce bousquet B, précoce de Malingre B, prunelard N, raffiat de Moncade B, riesling B, riminèse B, rivairenc blanc B, rivairenc gris G, rivairenc N, romorantin B, rosé du Var Rs, roublot B, roussanne B, roussette d'Ayze B, sacy B, saint côme B, saint-macaire N, saint-pierre doré B, sauvignon B, sauvignon gris G, savagnin blanc B, savagnin rose Rs, sciaccarello N, segalin N, select B, semebat N, sémillon B, servanin N, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, téoulier N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, tibouren N, tourbat B, tressot N, trousseau N, ugni blanc B, valdiguié N, velteliner rouge précoce Rs, verdesse B, vermentino B et viognier B[1].

Les variétés noires qui constituaient l'encépagement au milieu du XIXe siècle étaient le mollard avec son clône le mollardon ou petit mollard, le plant du Four et l'espagnin ou pis de chèvre[7]. Actuellement on trouve surtout du grenache, cinsault, chardonnay, aramon, carignan, chasan, alicante Bouschet, grec rose, muscat, clairette et mollard[3].

Méthode culturale

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Bouteilles de vins de pays des hautes-alpes IGP lors d'une dégustation officielle.

Avant le phylloxéra, les souches étaient plantées ou marcottées en foule dans un sol défoncé à un mètre de profondeur. Pour maintenir leur port, les jeunes plants étaient échalassés jusqu'à cinq ou six ans. La taille, en fonction du temps, pouvait s'étaler de janvier à mai[20].

Les vignes étaient travaillées à la pioche dans les terrains en pente et à la bêche dans les terrains plats. Vers la fin du mois de juin ou au commencement du mois juillet, avait lieu l'épamprage. Puis, si cela s'avérait nécessaire, le sol des vignes était à nouveau bêché[20].

La vendange, foulée une ou deux fois, était versée dans des cuves de bois, la vinification se faisait tous cépages mêlés et sans égrappage. Le vin de presse était ensuite mélangé avec le vin de cuve. « On ouille pendant cinq ou six semaines au fur et à mesure qu'on aperçoit du vide dans les tonneaux, puis on ferme la bonde jusqu'au moment de la vente. Le vin est ordinairement vendu au ras de la cuve ou quelques mois après la vendange, le plus souvent sans avoir été soutiré[20]. ».

Pour obtenir le label vin de pays, les vins de l'IGP Hautes-Alpes doivent avoir un rendement n'excédant pas 90 hectolitres à l'hectare et titrer au moins 9°[19].

Types de vin

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Le cahier des charges de l'IGP autorise sous le nom hautes-alpes la production de vins tranquilles rouges, rosés et blancs, ainsi que des vins mousseux dans les trois couleurs ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, ainsi que pour les vins tranquilles par la mention « primeur » ou « nouveau »[1].

À la dégustation, les rouges, assez tanniques, ont une belle structure et dégagent des notes de fruits rouges. les rosés, le plus souvent à base de syrah N ou de cinsault N, sont vifs avec des arômes de fruits rouges. Les blancs présentent finesse et vivacité, avec parfois des notes minérales dues au terroir. Ces trois couleurs peuvent être vinifiées en vin mousseux, vin primeur ou vin nouveau[19].

Structure des exploitations

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Cinq cent soixante-dix-sept producteurs sont déclarants de récolte, dont la quasi-totalité est regroupé dans la cave coopérative de Valserres (seule coopérative du département), deux domaines vinifient à Théus[24],[25], un à Tallard[18], un à Remollon[26] et un autre à Embrun[27].

Recensement du vignoble des Hautes-Alpes en 1989[18]

Secteur hectares viticulteurs
Haute vallée de la Durance76202
Haut Embrunais2270
Bas Embrunais54132
Gapençais2266
Moyenne Durance173232
Théus72?
Vallée de l'Avance2739
De Sisteron à Lettret74?
Vallée du Buech2377
Basse vallée du Buech313
Rosanais1032
Basse vallée de la Durance1032
Méougeun peu de vignes à Barret-le-Bas?

Commercialisation

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Les vins commercialisés, tant par la cave coopérative que par les caves indépendantes, le sont en vente directe. Ils satisfont la demande liée au tourisme et en particulier, en saison, les stations de ski alpines[19].

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'indication géographique protégée « HAUTES-ALPES » » [PDF], p. 70-76, homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  2. 1 2 3 4 5 Minvielle 2006.
  3. 1 2 3 4 Vin de pays des Hautes-Alpes
  4. 1 2 3 4 Histoire de la vigne dans les Hautes-Alpes
  5. 1 2 3 4 Peuchet 1811, p. 22.
  6. 1 2 3 4 Rendu 1862, p. 112.
  7. 1 2 3 Rendu 1862, p. 113.
  8. 1 2 Rendu 1862, p. 115.
  9. Ancien cellier de la maison Planche
  10. Cave vinicole de Tallard
  11. Vignes et vignerons du Trièves
  12. « Décret modifié n° 68-807 du 13 septembre 1968 abrogeant des dispositions législatives relatives au vin », publié au JORF du .
  13. 1 2 Donato 2005, p. 201.
  14. « Règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant organisation commune du marché vitivinicole », publié au Journal officiel de l'Union européenne du .
  15. INAO, « La réforme des vins de pays » [PDF], , p. 5.
  16. « Liste des noms d'unités géographiques plus petites que l'État membre visées à l'article 51 du règlement (CE) n° 1493/1999 (vins de table avec indication géographique) », publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .
  17. Décision du Conseil d'État no 359006 le .
  18. 1 2 3 4 Donato 2005, p. 200.
  19. 1 2 3 4 Cahier des charges de l'IGP Hautes-Alpes
  20. 1 2 3 4 Rendu 1862, p. 114.
  21. M. Jorda, « Histoire géomorphique et paléoécologique : un environnement durancien », in DRAC PACA, Recherches archéologiques en Val de Durance : travaux de sauvetage sur le chantier de l’autoroute A51, Éditions de la société des Autoroutes Estérel Côte d’Azur, 1990, p. 9
  22. Infoclimat Embrun, Hautes Alpes (05), 871m - (1971-2000)
  23. (fr) « Relevé météo de Tallard », MSN Météo
  24. Domaine du petit août
  25. Domaine Allemand
  26. Domaine de la Clochère
  27. Domaine Tavernier

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jacques Peuchet, « Département des Hautes-Alpes », dans Description topographique et statistique de la France, Paris, (lire en ligne), chap. 39.
  • Victor Rendu, Ampélographie française, Paris, Éd. Victor Masson, , 2e éd. (lire en ligne).
  • Louis Menjucq, président de l'ANIVIT (sous la direction de), Vins de pays de France, Éd. Romain Pages, Saint-Cloud, 1991 (ISBN 2908878151).
  • Marc Donato, Vignes et vin - Une aventure dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, Ed. Fournel, (ISBN 2-915493-27-8).
  • Paul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée, (lire en ligne).
  • Angela Bolis, « Les vignes des Hautes-Alpes, « front pionnier » face au changement climatique », Le Monde.fr, (lire en ligne Accès payant).
  • Romy Ducoulombier, « IGP vin des Hautes-Alpes : une micro appellation qui a de l’avenir ? », Toutlevin.com, (lire en ligne).

Liens externes

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Articles connexes

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