Amfreville (Manche)
Amfreville (prononcé /ɑ̃frəvil/) est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie. Elle a été une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Picauville du [1] au .
| Amfreville | |
L'ancienne mairie. | |
Blason. |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Statut | ancienne commune |
| Code postal | 50480 |
| Code commune | 50005 |
| Démographie | |
| Gentilé | Amfrevillais |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 24′ 36″ nord, 1° 23′ 34″ ouest |
| Altitude | Min. 1 m Max. 31 m |
| Superficie | 10,10 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Carentan |
| Historique | |
| Fusion | |
| Intégrée à | Picauville |
| Dissolution | |
| Localisation | |
| modifier |
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Géographie
modifierLocalisation
modifierLe bourg d'Amfreville occupe une position centrale à 20 mètres d'altitude. Dans les marais passe la limite séparant des communes de Neuville-au-Plain, Fresville, Sainte-Mère-Église, et Picauville.
Géologie et relief
modifierLe point culminant se situe au lieu-dit le Mont, à 30 mètres d'altitude, au nord-ouest du bourg, sur une hauteur qui fait fonction de limite avec Gourbesville. Les basses prairies du marais d'Amfreville descendent jusqu'à deux mètres d'altitude près du Merderet.
Paysages
modifierLa commune est peu boisée, comme tout le Cotentin, mais le bocage fait que l'arbre et la haie lui donne de loin une allure de forêt, les parcelles étant souvent de petite taille. Seuls les prés au bord du marais sont dépourvus d'arbres, puisque le marais « blanchit » chaque année vers janvier-février.
Milieux naturels et biodiversité
modifierLa commune fait partie du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.
Urbanisme
modifierLa commune se compose d'un bourg principal (Amfreville) et de plusieurs écarts[4]: la Fontaine, la Féricotterie, les Landes, le Sis, les Ancres, le Motey, les Helpiquets, les Cardets, Rubec, Hameau aux Brix, Cauquigny (église), le Bourg Neuf, Hameau Flaux, le Château (et sa chapelle), la Pesquerie, Durencru, la Percillerie, Bergerie des Avocats, les Heutes, la Moinerie (château), Rue maison neuve.
La portion est d'Amfreville, bordée par le Merderet, présente de nombreux marais et prés humides : l'Essert, Pièces du Pont, l'Île, les Croisées, le Tiers, le Closet, le Parquet, Pièces d'Envie, les Marais. La partie ouest, structurée en champs, est quasi-inhabitée (seulement le manoir de la Moinerie).
Toponymie
modifierAmfreville
modifierAmfreville est attesté en 1150 sous la forme Ansfrevilla[5].
Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman VILLA « domaine rural »). Le premier élément est l'anthroponyme norrois Ásfridr[6], localement adapté en Normandie sous la forme francique Ansfrid, d'où le sens global de « domaine rural d'Ásfridr »[7].
Cauquigny
modifierCauquigny est attesté en 1154 sous la forme Calqueneio[8].
Toponyme formé avec le suffixe gallo-roman -ACU ou -IN-IACU ajouté à un anthroponyme. Ce premier élément est de forme et d'origine discutées :
- François de Beaurepaire proposa une formation en -IN-IACU à partir d'un nom de personne de type germanique °Calko, soit °CALKINIACU, « (le domaine) de Calko ». Ce dernier pourrait représenter une forme réduite de °Scalc(h)o, qui est quant à lui bien attesté[9]. L'origine germanique du nom et son emprunt tardif permettent de justifier le maintien de [k] devant [i], là où l'on attendrait une forme dialectale en [ʃ] ou française en [s].
- Ernest Nègre avança une protoforme °CALCANIACU, dérivé toponymique en -ACU d'un surnom gallo-romain hypothétique °Calcaneus, lui-même tiré du latin calcaneus « talon », donc « (le domaine) de °Calcaneus »[10].
De ces deux hypothèses, la seconde pose le moins de problèmes phonétiques, mais postule l'existence d'un nom jamais attesté. La première est plus vraisemblable, mais l'argument phonétique est un peu plus délicat, quoique plausible.
Micro-toponymie
modifierRubec vient à la fois de l'ancien français ru et du norrois bekkr, ces derniers ont le même sens : « ruisseau »[11].
Motey est un toponyme fréquent dans le nord de la France dès le XIIe siècle, il vient de l'ancien français mostier « église »[12]
Les lieux-dits en Y-ère/-erie résultent du fort accroissement démographique normand du XIe – XIIIe siècle. Ils désignaient la ferme de la famille Y, fondée sur les nouvelles terres obtenues par les grands défrichements. Les essarts prennent le nom des défricheurs, suivi de la désinence -erie ou -ière[13].
Les autres lieux-dits en (Hameau / Le(s)…)-Y s'avèrent plus récents, ils indiquaient un bien de la famille Y.
Histoire
modifierProtohistoire
modifierSur le territoire communal fut découvert des coins en bronze d'époque celtique.
Moyen Âge
modifierAu XIIe siècle, la paroisse relève de l'honneur de Néhou[14], et a pour seigneur Baudouin de Reviers[15].
Selon Théodose du Moncel, s'appuyant sur Charles Duhérissier de Gerville, le seigneur d'Amfreville en 1329 est Guillaume Avenel des Biards. Par mariage, le titre échoit à Jean de Tardes, baron de l'Angle-de-Néhou, qui épouse Françoise des Biards en 1503, puis à Nicolas, baron de Mouy, uni à Françoise de Tardes, dame d'Amfreville, de Néhou et des Biards, en 1533. Leurs fils et petit-fils en héritent[16]. Le fief devient ensuite la propriété de la famille du Poërier, puis des Davy, ces derniers obtenant l'érection en marquisat. Les Davy d'Amfreville donne plusieurs marins, dont François Davy d'Amfreville, ainsi que deux cardinaux de la curie romaine et deux grands baillis du Cotentin. La seigneurie d'Amfreville a été la possession de la famille Davy qui étaient également seigneurs du Perron et de Virville à Saint-Aubin-du-Perron, de Boisroger, de Quettreville, de Guéhébert, de Muneville, de Feugères, de Montcuit, de Mary et de Saint-Malo-de-la-Lande[17]. À la mort du commandeur d'Amfreville, en 1780, la famille du Mesnildot hérite du domaine, vendu ensuite aux Sesmaisons[16].
Temps modernes
modifierEn 1567, les héritiers du sieur de Mouy, de Langle de Néhou et Amfreville, sont taxés pour ces fiefs de 60 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief d'Amfreville, plein fief de haubert dont le chef était à Amfreville, sera érigé en baronnie en 1615, puis en marquisat en 1686[18].
Sous l'Ancien Régime, Amfreville faisait partie de la généralité de Caen, de l'élection de Valognes (en 1612/1636 et 1677) puis de Carentan (en 1713) et de la sergenterie de Pont-l'Abbé.
Révolution française et Empire
modifierEn 1812, Amfreville absorbe Cauquigny[19],[20], au sud-est de son territoire.
Le , le maire, Jean-Baptiste Charpentier, ultra-royaliste et fraîchement nommé à la fin des Cent-Jours, fit couper les cordes du drapeau tricolore du clocher afin d'en précipiter sa chute[21].
Politique et administration
modifierPar décision du conseil de la commune nouvelle de Picauville, le statut de commune déléguée d'Amfreville est supprimé à partir du [25].
Population et société
modifierLes habitants de la commune sont appelés les Amfrevillais.
Démographie
modifierEn 2019, la commune comptait 287 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Amfreville[26]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 1].
Économie
modifierLa commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[28].
Culture locale et patrimoine
modifierLieux et monuments
modifier- Château d'Amfreville des XIIIe, XVIe – XVIIIe siècles, avec poterne du XVe siècle et chapelle du XIVe siècle voûtée d'ogives, partiellement inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [29]..
- Manoir de la Moynerie des XVe – XXe siècles, de style gothique flamboyant inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel[30]. La chapelle de l'ancien prieuré de la Lande a été rasée, il y a fort longtemps. Le pigeonnier est une énorme tour blanche. L'habitation actuelle a dû être reconstruite de fond en comble après avoir été partiellement incendiée en 1944. Du XVIe siècle[31], il subsiste des fenêtres à meneaux et la porte double du rez-de-chaussée de la tour qui a échappé au sinistre, et qui ne s'ouvre plus que sur un sentier. Les ouvertures à l'étage ont été refaites à l'identique.
- Ferme Les Ancres (1821).
- Ferme du Hameaux aux Brix des XVIe – XVIIIe siècles.
- Église Saint-Martin des XIIIe, XVIe – XVIIe siècles, avec sa nef du XIIIe siècle, son chœur des XIIIe – XVIe siècles et son clocher-tour coiffé en bâtière du XIIIe siècle remanié au XVIIe siècle. L'intérieur a conservé son style gothique. L'église abrite de nombreuses œuvres classées au titre objet aux monuments historiques en 1972[32] : une poutre de gloire (tref) et sa statue christ en croix, des stalles, un calice et patène, une chaire à prêcher, un maître-autel, tabernacle, exposition, retable, ciborium (baldaquin), deux statues : Anges adorateurs, deux reliquaires, un coffret aux saintes huiles (boîte aux saintes huiles) et deux ampoules, ainsi que les statues : Vierge à l'Enfant du XIVe siècle, saint Sulpice du XIVe siècle, saint Éloi, saint Martin et une seconde Vierge à l'Enfant du XVIIIe. Sur une clef de voûte armorié est figuré le blason de la famille Poërier d'Amfreville, avec la date de 1706[Note 2] : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'argent, et d'un croissant du même en pointe[33].
- Chapelle Saint-Ferréol de Cauquigny du XIIe siècle, reconstruite en 1944.
- If funéraire du cimetière.
- Ancien presbytère et son portail des XVIe – XIXe siècles, inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel en 1985[34].
- Rives du Merderet.
- Pour mémoire
La commune est également concernée par le périmètre de protection des monuments inscrits hors de la commune : la mairie de La Pernelle et l'église de Montfarville.
- L'église Saint-Ferréol de Cauquigny.
- L'église Saint-Martin.
Personnalités liées à la commune
modifier- Adrien de Poërier, baron d'Amfreville, Cauquigny et Colomby, président au Parlement de Rouen, fondateur du couvent des capucins de Valognes en 1620[22].
- Charles-François Davy (1628-1692), marquis d'Amfreville, lieutenant général des armées navales, permettra à l'amiral de Tourville, lors de la bataille de la Hougue, de se dégager, mais meurt de ses blessures à Brest[22]. Ses frères, René-Hervé Davy et Jacques Davy commandent aussi à la Hougue le Vermandois et le Gaillard[22].
Héraldique
modifierVoir aussi
modifierBibliographie
modifier- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 47
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la géographie :
- « Amfreville » sur Géoportail.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
- ↑ Cette date ne correspond pas aux dates d'occupation de la seigneurie d'Amfreville par la famille Poërier[33].
Références
modifier- Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2014 (site de l'IGN, téléchargement du )
- ↑ « Recueil des actes administratifs de la Manche » (consulté le ).
- ↑ « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée ».
- « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée ».
- ↑ « Géoportail », sur geoportail.fr (consulté le ).
- ↑ Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 1 : Formations préceltique, celtiques, romanes, Genève, (lire en ligne), p. 1019.
- ↑ Nom des communes de la Manche
- ↑ Ce nom d'origine germanique bien connu représente la combinaison des éléments Ás- (forme scandinave) ou Ans- (forme francique) « Ase, dieu guerrier » et -fridr (forme scandinave) ou -frid (forme francique) « paix ».
- ↑ François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 94.
- ↑ Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, CNRS, t. I (les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques), 1968, p. 196a. Scalco, variante Scalcho, est l'hypocoristique des noms dont le premier élément est °scalc- « serviteur », présent entre autres dans le mot maréchal < francique °marh-skalk « domestique chargé de soigner les chevaux ; palfrenier ». En outre, cette chute précoce de s- initial devant consonne en gallo-roman est attestée par un certain nombre d'autres exemples.
- ↑ Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I, 1990, p. 544, § 8836.
- ↑ Revue économique francaise - 1948
- ↑ Toponymie générale de la France, Volume 1 par Ernest Nègre.
- ↑ Voir Histoire de la Normandie
- ↑ Florence Delacampagne, « Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe – XIIe siècles) : Étude historique et topographique », dans Archéologie médiévale, t. 12, (lire en ligne sur Persée.), p. 184.
- ↑ Delacampagne 1982, p. 183.
- 1 2 Théodose du Moncel, « Châteaux de Nacqueville et d'Amfreville », Annuaire du Département de la Manche, volume 34, J. Elie, 1862, p.47-49.
- ↑ Notice no PM50001617.
- ↑ Léonor de Mons, « Rôle du ban et de l'arrière-ban de la vicomté de Valognes », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 57, no 227, janvier-février-mars 2015, p. 39 (ISSN 1161-7721).
- 1 2 Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- 1 2 Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Cauquigny », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
- ↑ Roger Jouet et Claude Quétel, Histoire de la Normandie, des origines à nos jours, Nonant, Éditions OREP, , 311 p. (ISBN 978-2-8151-0771-6), p. 176.
- 1 2 3 4 Gautier 2014, p. 47.
- ↑ « À Étréham, le maire de la commune a fêté ses noces d'or : Samedi 18 février 2023, en la maison commune d'Étréham (Calvados), Sylviane et Alain Cornière ont célébré leurs noces d'or, renouvelant le "oui" fatidique prononcé 50 ans plus tôt », La Renaissance - Le Bessin, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Ginette Dongé a été élue maire », sur Ouest-france.fr (consulté le ).
- ↑ Cotentin : la suppression des communes déléguées actée par les élus.
- ↑ Date du prochain recensement à Amfreville, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
- ↑ Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
- ↑ AOP Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny.
- ↑ « Château d'Amfreville », notice no PA00110319, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ « Prieuré dit de la Lande », notice no IA00001100.
- ↑ Maurice Lecœur (ill. Michel Lemonnier, photogr. Norbert Girard), Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Isoète, , 296 p., 25 × 29 cm, couverture couleur, cartonné (ISBN 978-2-913920-38-5), p. 163.
- ↑ Œuvres mobilières à Amfreville.
- 1 2 Université Inter-Âges de Basse-Normandie - Antenne de Cherbourg (préf. Rodolphe de Mons), Blasons armoriés du Clos du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 214 p. (ISBN 2-85480-543-7), p. 15.
- ↑ « Presbytère », notice no IA00001102.
- ↑ Delacampagne 1982, p. 191.
