André Dropsy
André Dropsy, né le à Liny-devant-Dun et mort le à Apt[1], est un peintre cubiste et constructiviste français, il fait partie de la jeune peinture de l'École de Paris. André Dropsy intègre en 1942 l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
| Mouvement |
|---|
Biographie
modifierDès 1943, le jeune peintre produit un corpus d’œuvres influencé par le cubisme[réf. nécessaire], un mouvement artistique né de la collaboration entre Pablo Picasso et Georges Braque.
La situation socio-économique liée à la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que sa situation familiale personnelle, lui inspire l’idée de peintures de scènes rurales et de natures mortes dans les années 1940 et 1950. Il collectionne toutes sortes d’objets de la vie quotidienne qu’il achète au marché aux puces. Dans la lignée du mouvement cubiste, André Dropsy représente bouteilles, chandeliers, cafetières et autres objets du quotidien, en les peignant sous plusieurs angles à l’aide d’une palette de couleurs restreintes pour se concentrer sur la forme et la recherche dans la mise à plat de toutes perspectives.
André Dropsy expose à la Maison Des Lettres en 1947[2], puis intègre le 4ème “Salon de Mai” en 1948[3] aux côtés de Victor Vasarely, Henri Goetz, Henri Laurens, Bernard Buffet, Emile Gilioli, Fernand Léger, Henri Matisse, Claude Venard et André-Aleth Masson. En 1949 son exposition à la Maison Des Beaux-Arts de Paris[4] met en lumière ses recherches autour du plâtre sculpté et peint en haut-relief. La diversification de ses choix de medium conduit à “des ouvrages surprenants qui n’ont point de pairs dans l’art d’aujourd’hui sauf à la rigueur certaines tentatives de Braque"[5]. André Dropsy réalise dès les années 1940 des monotypes avec la même intensité et complexité technique que ses plâtres. En 1949, l’artiste Line Vautrin commande auprès d’André Dropsy une peinture murale représentant “un ciel avec une branche d’oiseaux”[6].
Entre 1951 et 1954, grâce à Bernard Dorival, alors conservateur au Musée National D’Art Moderne, trois natures mortes cubistes d’André Dropsy intègrent les collections de l’Etat puis celles du Centre Pompidou[7],[8].
Dans les années 1950, André Dropsy réalise également une série de portraits cubistes. C’est à cette époque qu’il commence à expérimenter la destruction et l’abstraction. Il multiplie les expositions personnelles et collectives à la Galerie Palette à Zurich[9],[10],[11],[12],[13],[14] et au Kunsthalle Mannheim. En 1958 il réalise un carton pour une tapisserie monumentale présentée à l’exposition universelle de Bruxelles[15],[16].
En 1959, aux côtés de Théo Kerg et du Groupe De Mai, il expose à la Galerie Bellechasse avec entre autres Jean Cocteau, Hans Hartung et Pablo Picasso[17].
Dans les années 1960, André Dropsy prend ses distances avec le monde de l’art. Il entreprend un nouveau projet, la réalisation de collections de bijoux en métal argenté ou doré, artisanalement ornés de pierres semi-précieuses travaillées de manière brute dans son nouvel atelier de Ménilmontant. En 1963, la Cathay Galleries à Londres organise une exposition autour des nouveaux travaux d’André Dropsy : Notes Monotypes[18]. Voici les prémices de l’artiste pour le constructivisme; influencé par le cubisme et le futurisme, ce mouvement se caractérise par l’utilisation de formes géométriques simples et de lignes épurées. En 1967, sous l’influence de ses amis Jean Chesneaux, Jean-Pierre Maury et particulièrement Suzanne Lipinska, personnalité du monde artistique et propriétaire du Moulin d’Andé en Normandie, André Dropsy reprend ses travaux de peinture. Aux côtés de la Nouvelle Vague, notamment Maurice Pons et François Truffaut[19], le peintre intègre la résidence artistique du Moulin d’Andé et y expose ses œuvres, avec d’autres peintres comme Walter Spitzer.
En 1973, André Dropsy quitte son atelier de Ménilmontant pour s’installer définitivement avec sa seconde épouse, Jacqueline Legriffoul, à Goult près de Gordes. Après avoir attiré des artistes comme Victor Vasarely et Marc Chagall, Gordes exerce une attraction particulière sur André Dropsy. Dans le sud, il multiplie les rétrospectives et expositions dont “Les Mégalithes” en 1978 à Gordes ou “Un été à Goult” en 1981[20]. La Galerie Tournesol lui consacre trois expositions : “Reflet” en 1981, “Dropsy et Dropsy” en 1984 et “Oeuvres des années 50 et 60” en 1985[21]. La même année, la galerie de Pierre Chapo organise à Paris une exposition du peintre et ami André Dropsy intitulée : “Encre au noir”[22]. En guise de consécration, il fait ensuite son entrée au Palais des Papes en 1986 lors de la première biennale d’art contemporain d’Avignon[23].
Œuvres notables
modifierMusée National d’Art Moderne à Paris :
Expositions
modifier- 1947 : Maison Des Lettres, Paris.
- 1948 : 4ème Salon de Mai, Galerie Lambert, Paris.
- 1949 : Maison Des Beaux-Arts, Paris.
- 1950 : Galerie Raymond Duncan. Paris.
- 1950 : Galerie Palette, Zurich.
- 1951 : Maison Des Beaux-Arts, Paris.
- 1952 : Galerie Palette, Zurich.
- 1956 : Kunsthalle de Mannheim.
- 1957 : Présence Des Arts, Paris.
- 1958 : Galerie Bellechasse, Paris.
- 1958 : Exposition Universelle, Bruxelles.
- 1959 : Galerie Palette. Zurich.
- 1960 : Galerie Bellechasse, Paris.
- 1963 : Cathay Galleries, Notes Monotypes, Londres.
- 1967 : Moulin d’Andé, Eure.
- 1978 : Exposition "Les Mégalithes", Gordes.
- 1980 : Galerie Busch, Berlin.
- 1980 : Bilan De L’Art Contemporain. Québec.
- 1981 : Galerie Le Tournesol, “Reflet 81”, Bonnieux.
- 1984 : Galerie Le Tournesol, “Dropsy”, Bonnieux
- 1985 : Galerie Le Tournesol, “Dropsy, Œuvres des années 50 et 60”, Bonnieux.
- 1985 : Galerie Chapo, "Encres au noir", Paris.
- 1986 : Palais des Papes, Avignon.
Impact et reconnaissance
modifier- André Dropsy se fait remarquer dès les années 1940 lors de ses premières expositions, notamment celle de la Maison des Beaux-Arts. Un journal titre même : « André Dropsy, espoir de l’Art français contemporain » ou encore « André Dropsy : un nom qu’il faut retenir demain »[27].
- Bernard Dorival, conservateur au Musée National d’Art Moderne de Paris, déclare haut et fort qu’il peint « Des visages de miséreux avec une intensité égale à celle des grands Espagnols : Velazquez, Goya, Solana, mais avec un don de bonté, d’une charité au sens profond du terme qui est le règne d’une grande âme en même temps qu’un grand artiste »[5]. Les grandes personnalités du monde de l’Art, critiques, conservateurs, historiens ou encore galeristes, ne tarissent pas d’éloges et d’enthousiasme à son propos.
- Bernard Dorival, critique d’art, historien de l’art et conservateur au Musée National d’Art Moderne de Paris parle de l'”un des peintres les plus vrais de sa génération”[5].
- Jean Bouret, critique d’art, qualifie André Dropsy de surprise de la semaine concernant son exposition à la Galerie des Beaux-Arts, en le décrivant comme « un jeune peintre qui ne fait pas comme les autres, une œuvre d’après un schéma dressé par un aîné, mais qui fait sa peinture, celle qu’il sent et qu’il aime, sans se soucier des canons ou des règles que des messieurs barbus ont prétendu tracer »[28].
- Jacques Le Roux, historien de l’art, dira à propos des portraits de Dropsy : « Sur ces visages qui sont les portraits ressemblants de nos défaites accumulées, voici qu'apparaissent déjà les reflets des victoires futures, celles qui comptent, que nous pouvons faire nôtres dans la réalité de chaque jour, en regardant avec plus d'intensité encore cette tâche grise sur un mur blanc, ou le regard étrange d'un chat. Dropsy a souffert et sait nous dire que ces divinités cachées dorment aussi dans les objets les plus simples et qu'il suffit d'un peu d'amour pour que se renouent les liens ténus et invisibles qui nous rattachent à elles »[4].
- L’historien de l’art Pierre du Colombier s’enthousiasme également : « Son amour de la matière, son amour de la couleur est bien trop fort pour qu’il ne se contente jamais de constructions géométriques. Je le crois beaucoup plus sensible aux hasards, aux hasards heureux sur quoi comptait Victor Hugo, lorsqu'une tache d'encre écrasée déclenchait en lui les pouvoirs de l'imagination et du rêve"[29].
- Dans les Nouvelles Littéraires du 19 avril 1951, on peut lire : « André Dropsy, à la Maison des Beaux-Arts, donne le spectacle de ses recherches influencées par plusieurs maîtres reconnus »[30].
- A propos de l’exposition à la Galerie Palette, en janvier 1952, la chronique zurichoise affirme que « André Dropsy qui n’a que 30 ans a fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris avant d’écouter la leçon de dépouillement des classiques cubistes »[31].
- Le samedi 11 mai 1985, à la suite de l’exposition « Années 50-60 » à la Galerie Tournesol, un journal de Bonnieux rédige ceci : « Dropsy met sur ses toiles des portraits sans complaisance au travers desquels chacun peut s’inquiéter sur le devenir de la nature humaine. Tels des pions sur un échiquier, ils sont là prêts à s’illuminer les uns les autres »[21].
Notes et références
modifier- ↑ « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
- ↑ « Dropsy », Arts, no 97, .
- ↑ Jean Bouret, « De Mai », Arts, no 175, .
- 1 2 Jacques Le Roux, « Dropsy », Melpo, no 3, , p. 17-22.
- 1 2 3 Bernard Dorival, « Trois maîtres et un jeune », Les Nouvelles Littéraires, no 1012, .
- ↑ Correspondances de Line Vautrin, 15 avril 1949, lettre dactylographiée avec en-tête, format A5, signée de la main de Line Vautrin et adressée à André Dropsy
- ↑ https://www.centrepompidou.fr/
- ↑ https://francearchives.gouv.fr/
- ↑ (de) « Ausstellungschronik », Neue Züricher Zeitung, .
- ↑ (de) « Kunstausstellung Palette », Zürichsee Zeitung, .
- ↑ (de) « Zürcher Kunstschronik », Die Tat, .
- ↑ (de) « André Dropsy », Die Weltwoche, .
- ↑ (de) « Drei Junge Kunstler », Die Züricher Woche, .
- ↑ (de) « Kunst In Zürich », Glarner Nachrichten, Glarus, .
- ↑ "Catalogue et Guide Officiel de la Participation Française à l'Exposition Universelle de 1958". Ouvrage collectif, 1958, Edition Commissariat Général de la Section Française à l'Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958
- ↑ Correspondance de la Société Cornély Broderie, lettre dactylographiée sur papier à en-tête format A4, 20/03/1958, adressée à André Dropsy
- ↑ Exposition du groupe - Archive Wikipédia
- ↑ Fascicule de l'exposition de la Cathay Galleries, 1963
- ↑ Correspondances de Suzanne Lipinska à David Thomas, 2017, archives du Moulin d'Andé
- ↑ « Exposition de l’été », VSD, no 204, .
- 1 2 « Au Tournesol : Dropsy Et Les Années 50-60 », Le Provençal, .
- ↑ « Les Galeries Exposent », Le Courrier Du VI°, no 107, .
- ↑ « Salon D’Avignon », Le Provençal, .
- ↑ https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c88XqxE
- ↑ https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cE7KB7
- ↑ https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/czzygjr
- ↑ « André Dropsy : Espoir De L’Art Français Contemporain », L’Est Républicain, .
- ↑ Jean Bouret, « Dropsy », Arts, no 168, .
- ↑ Texte de Pierre Du Colombier pour la promotion de l’exposition aux Relations Culturelles De Paris. 1948
- ↑ Bernard Dorival, « Les Nouvelles Artistiques », Les Nouvelles Littéraires, no 1253, .
- ↑ « André Dropsy », Chronique Zurichoise, .