André Robillard

sculpteur français

André Robillard, né le à Gien dans le Loiret, est un sculpteur, dessinateur, musicien, créateur français d'art brut. Considéré comme une figure historique de l’art brut, il est l’un des derniers témoins à avoir été reconnu par Jean Dubuffet[1].

André Robillard
André Robillard en 2025, au Grand Palais
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (94 ans)
GienVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Sculpteur, artiste d'objet, dessinateurVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction

Biographie

modifier

Fils d'un garde forestier de la forêt d'Orléans, André Robillard naît au lieu-dit La Maltournée près de Gien. Il rencontre très jeune des difficultés scolaires et est placé dès l'âge de sept ans à l'école annexe de l'hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais. Destiné à devenir commis de ferme, il est fugueur et colérique et est interné dans ce même hôpital à l'âge de 19 ans. Après plusieurs remises en liberté sans lendemain, il est recruté en 1964, à l'âge de 33 ans, comme auxiliaire pour s'occuper de jardinage, de blanchisserie et de la station d'épuration de l'hôpital.

De malade, il devient ainsi ouvrier sans pour autant quitter le centre. C'est cette même année qu'il fabrique son premier fusil avec des objets de récupération (boîtes de conserve, ampoules usagées, pièces de bois récupérées, tissu...), « pour tuer la misère », dit-il. Peu après, son psychiatre, le docteur Paul Renard, en envoie quelques-uns à Jean Dubuffet qui constitue alors sa collection d'art brut; les deux hommes se rencontrent à plusieurs reprises[2]. Après une visite au musée de Lausanne, il est impressionné par l’œuvre d’Auguste Forestier et se met à fabriquer aussi des animaux en bois. Parallèlement à la fabrication d'objets, il dessine des fusils, des animaux, des planètes et des satellites et des astronautes.

André Robillard joue par ailleurs de l'accordéon et de l'harmonica. En 2009, il participe à un spectacle, Tuer la misère, conçu par Alexis Forestier et Charlotte Ranson de la compagnie Les Endimanchés[3]. En 2014, il collabore à la création de la couverture du disque du groupe Walabix[4].

Le , il participe à la création Atomic Spoutnik au théâtre d'Orléans lors du festival Les soirées Tricot organisé par le Tricollectif et la scène nationale d'Orléans[5].

En 2015, le musée Kunstmuseum de Thurgau (Suisse) rend hommage à l’œuvre d'André Robillard en présentant, pour la première fois, près de 150 de ses créations dans sa plus grande diversité[6]. Les créations d'André Robillard sont également bien représentées dans le fonds de collection du Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut[7] et de la Collection de l'Art Brut[8] à Lausanne.


En 2021 des oeuvres entre dans la collection du Centre Pompidou, Musée d'art moderne, Paris, suite à la donation de collection de Bruno Decharme[9]. En 2023, une exposition consacrée à André Robillard est présentée au centre hospitalier du Rouvray, à Sotteville-lès-Rouen[7]. En 2026 deux fusils rentrent dans les collections permanentes du musée des Beaux-Arts d’Orléans[10].

Le , il reçoit les insignes de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[11]

Notes et références

modifier
  1. ↑ « André Robillard, protégé de Dubuffet, dégaine son art brut pour tuer la misère », sur Franceinfo, (consulté le )
  2. ↑ Sophie Cachon, « La folle histoire d’André Robillard, artiste brut au talent carabiné », Télérama,‎ (lire en ligne).
  3. ↑ Jean-Pierre Thibaudat, « André Robillard sur scène : artiste machin », sur Rue89, nouvelobs, .
  4. ↑ Voir sur tricollectif.bandcamp.com.
  5. ↑ Voir sur jazzmagazine.com.
  6. ↑ « Expo : L'univers d'André Robillard se dévoile au Kunst Museum de Thurgau (Suisse) du 29 mars au 12 août 2015 », sur outsiderart-magazine.blogspot.fr, .
  7. 1 2 Harry Bellet, « Musée Art et déchirure, une exposition au cœur d’un asile psychiatrique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ « Collection de l'Art Brut - Robillard, André », sur Art Brut (consulté le )
  9. ↑ « Donation Decharme – Centre Pompidou », sur ABCD (consulté le )
  10. ↑ « André Robillard, prophète en son pays », sur Magcentre, (consulté le )
  11. ↑ Par Sylvie Le Clech, directrice régionale des affaires culturelles Centre Val-de-Loire.

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Filmographie

modifier
  • André Robillard, à coups de fusils de Henri-François Imbert (1993, 25 minutes)
  • André Robillard, en chemin de Henri-François Imbert (2013, 80 minutes)
  • André et les martiens de Philippe Lespinasse, 2016
  • André Robillard, en compagnie de Henri-François Imbert (2018, 92 minutes)

Discographie

modifier
  • Sait-on jamais la vie, Inpolysons, 2002
  • Tuer la misère avec Les Endimanchés, Opaque records, 2008
  • Atomic Spoutnik - Le Grand Orchestre du Tricot (Tricollectif - 2017)

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier