André Schlim

aviateur ou aviatrice et militaire

André Schlim, né à Waltzing le et mort à Bruges le , est un militaire belge. Il a participé à la Seconde Guerre mondiale, est nommé chef d'état-major de la Force navale belge en 1980, et promu vice-amiral en 1981 et annobli par le roi Baudoin.

André Schlim
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
BrugesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Aviateur, militaire, officier de marineVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit

Biographie

modifier

André Schlim nait le à Waltzing, un village appartenant à l'époque à la commune de Bonnert près d'Arlon, dans la province de Luxembourg. Il est étudiant à l’Institut Sainte Marie d'Arlon.

Vers l'Angleterre

modifier

En , à 15 ans, il part rejoindre les Forces belges libres en Grande-Bretagne. Avec 10 francs en poche, et sans prévenir ses parents qui ne l'apprendront que le lendemain par un mot qui avait été glissé dans leur boîte aux lettres. En route vers Espagne, il est arrêté sur la ligne de démarcation. Il est interné six mois dans un camp disciplinaire français du Jura de la France de Vichy ; il s’évade, est repris à Lyon, renvoyé dans le camp dont il s’était échappé. Il est puni, mis au travail forcé dans une usine de carburants. Il s’évade à nouveau, avec les faux papiers obtenus d’un ouvrier belge et les vêtements civils d’un ingénieur luxembourgeois de Pétange. Il franchit la frontière espagnole, puis la frontière portugaise.

En , il s’embarque dans un hydravion Sunderland qui le mène en Angleterre.

Combattant dans la Marine

modifier

Il est d'abord interné à la Patriotic School à Londres durant trois semaines, pendant la vérification par le service de contre-espionnage britannique MI5 des personnes arrivées en Angleterre.

Il est mis à la disposition des Forces belges, et demande à être engagé dans l'aviation, à la Royal Air Force. Refusé à cause de son âge, il se vieillit de deux ans, falsifie ses papiers et postule pour la section belge de la Royal Navy. Il suit des cours d'opérateur-radio et embarque sur le croiseur léger Charybdis.

Ce croiseur escorte des convois dans l’Atlantique et dans la Méditerranée. Il participe au débarquement des Alliés à Salerne, en Italie, en , lors de l’opération Avalanche. Lors de l'Opération Tunnel[1], destinée à intercepter le forceur de blocus allemand Münsterland, le Charybdis est torpillé le et coule près de Sept-Îles, face à la côte bretonne. Sur les 570 hommes d'équipage du Charybdis, 107 survécurent. Cependant, le jeune André Schlim, âgé de 17 ans, avait été débarqué à l'avant-veille, le 21, en Angleterre, et n'était pas en mission sur ce navire lors du torpillage[2].

Aviateur

modifier

Il rentre à la fin 1943 en Grande-Bretagne, est muté dans l’Aéronavale britannique[3]. Après une formation au Canada sur le HMS Saint-Vincent, navire-école de la Fleet Air Arm, il sert comme pilote de chasse dans les escadrilles 892e (Hellcats) et 806e (Seafires), basées à Ewington, en Irlande. Il effectue des patrouilles de chasse de nuit et des patrouilles anti-sous-marines.

En , à bord d’un Hellcat, il s’écrase lors d’un appontement, et reste deux mois à l'hôpital[4].

Après la Guerre

modifier

La guerre terminée, il rejoint alors la Marine belge, et s’occupe d’opérations de dragages de mines et du déminage des ports belges. Il exercera de nombreux commandements en mer, notamment celui du Bovesse, du Mechelen, de l' Artevelde et celui du navire-école Kamina.

État-major

modifier

Appelé à l'état-major de la Force navale, il est successivement directeur des sections opérations, plans et programmes, adjoint logistique au chef d'état-major. Il assume ensuite le commandement du Groupement Opérations à Ostende. Il est désigné comme chef d'état-major adjoint de la Force navale.

Il occupe également les fonctions de deuxième sous-chef d'état-major général jusqu'au .

Le , l'amiral de division Schlim est désigné comme chef d'état-major de la Force navale[5]. Il est promu vice-amiral le et il exerça ses fonctions de Chef d'État-major à la Marine[6] jusqu'au .

Formateur

modifier

Le vice-amiral aviateur Schlim présida aussi l'Œuvre royale IBIS, une école de la Marine à Bredene.

Il rénove l'infrastructure : construction d'un bâtiment d'internat en 1984, construction d'une aire de jeux pour les plus jeunes en 1993, et d'un bâtiment d'hébergement pour les garçons plus âgés en 1995.

Il commence la construction d'une maison de week-end et de vacances (aujourd'hui appelée la Maison André Schlim)[7].

Vie privée

modifier

André Schlim avait épousé en 1947 Marie-Thérèse De Buysscher, née à Renaix le , et morte à Gand le , petite-fille de l'industriel et homme politique catholique renaisien Oscar Thomaes. Ils eurent un fils et deux petits-fils.

Il fut très affecté par le décès de son épouse. Il meurt à Bruges le . Ses funérailles, rendues avec les honneurs militaires, se sont tenues à Lophem, le suivant, village où il habitait, non loin de Bruges.

Honneurs

modifier

En 1993, il est anobli avec le titre de chevalier par le roi Baudouin. Le roi l'estimait et lui demande d'être conseiller du prince Laurent. De 1986 à , il assura cette mission[8],[9].

Il est titulaire de nombreuses distinctions honorifiques belges et étrangères : Grand-croix de l'Ordre de la Couronne, Commandeur de l'Ordre de Léopold, Grand officier de l'Ordre d'Orange-Nassau néerlandais, officier de l'Ordre du Mérite français, officier de l'Ordre du Mérite allemand.

Il a reçu la Croix de Guerre avec palme et deux lions de bronze, de la Croix des évadés, de la 1939-45 Star, de l'Atlantic Star, de l'Italy Star, de la Defence Medal, de la Médaille de la France libérée, etc.

La commune de Bredene l'a nommé citoyen d'honneur.

Le conseil communal d’Arlon a donné son nom à une rue, créée non loin de l’avenue de Mersch, où il passa son enfance.

La « Fraternelle des Chasseurs ardennais » lui a décerné, lors de l'Assemblée générale du , le titre de « Chasseur Ardennais d'honneur »[10].

Racines familiales belges et grand-ducales

modifier

André Schlim, est né en 1926, à Waltzing, un village faisant partie de la commune de Bonnert et aujourd’hui englobé dans le Grand-Arlon. Son village natal est situé quasi sur la frontière entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg. Les racines familiales sont presque autant belges que grand-ducales ; la plupart de ses arrière-grands-parents sont nés du côté grand-ducal d'une frontière imposée par le Traité des XXIV articles.

Ses parents

modifier

Les parents d’André Schlim étaient Victor Schlim, né[11] à Heckbous en 1895, un village de la commune de Guirsch, et Justine Dominicy, née[12] en 1898, à quatre kilomètres d’Arlon, à Metzert, un village de la commune de Tontelange. Ils s’étaient mariés à Guirsch, en 1920. Victor Schlim est mort à Waltzing en 1958, et son épouse en 1973. André Schlim avait un frère, Justin Schlim, imprimeur, né à Bonnert en 1922 et mort à Saint-Mard en 2012.

Ses grands-parents

modifier

Du côté paternel, les grands-parents d’André Schlim étaient Jean Schlim, un journalier, domicilié en 1880 à Eischen, né en 1859 à Hobscheid, au Grand-Duché de Luxembourg, et Joséphine Alberty, née à Heckbous (Guirsch) en 1858, et morte veuve, dans ce même village en 1935. Ils s’étaient mariés à Guirsch[13] en 1880. Jean Schlim qui signait Johan Schlim est mort à Guirsch en 1920.

Du côté maternel, les grands-parents d’André Schlim étaient Nicolas Dominicy, un maçon comme son père, né en 1859 à Platen, un hameau de la commune de Bettborn, au Grand-Duché de Luxembourg, mort à Metzert (Tontelange) en 1922, et Marie Schmitz, née à Lischert (Thiaumont) en 1861 et morte en 1921. Ils s’étaient mariés [14] en 1887 à Thiaumont.

Ses arrière-grands-parents

modifier

Du côté Schlim, l’on sait que Jean Schlim était le fils de Dominique Schlim, né à Eischen, au Grand-Duché de Luxembourg, et mort en 1864 à Eischen, et de Catherine Schlim, née à Eischen, une cousine, et morte en 1906 à Guirsch[15]. Ces derniers s’étaient mariés à Hobscheid[16] en 1857.

Les Alberty étaient des transfrontaliers. Joséphine Alberty était la fille de Nicolas Alberty, un journalier, né en 1823 à Linger, commune de Käerjeng, au Grand-Duché de Luxembourg, et mort à Guirsch[17] en 1897 et de Marie Weber, une journalière, née en 1824 à Differdange, au Grand-Duché de Luxembourg, et morte à Heckbous en 1876.

Du côté maternel, Nicolas Dominicy était le fils de Jean Dominicy, un maçon, qui avait épousé en 1858 Marie Reimberg et tous deux domiciliés en 1887 à Platen, au Grand-Duché de Luxembourg.

Enfin, Marie Schmitz, la grand-mère maternelle d’André Schlim, était la fille de Dominique Schmitz, cultivateur, né en 1830 à Kleinbettingen, commune de Steinfort, au Grand-Duché de Luxembourg, qui avait épousé à Thiaumont[18] en 1857 Anne Eischen, née en 1830 à Lischert, un hameau de Thiaumont, et morte à Lischert en 1884.

Bibliographie

modifier
  • Frank Decat, De Belgen in Engeland 1940-1945 : de Belgische strijdkrachten in Groot-Brittannië tijdens WOII, Terra - Lannoo, Uitgeverij, Tielt, 223 pages, 2007, (ISBN 978-90-209-6981-8).
  • Humbert de Marnix de Sainte Aldegonde, André Schlim, dans État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2012, Bruxelles, 2012.
  • JC Vanbostal, Le Vice-amiral aviateur Chevalier André Schlim nous a quitté, dans Neptunus, revue maritime trimestrielle, 42e année, no 256, 1999, pages 185 à 187.
  • Le Soir, , L'ultime traversée du vice-amiral André Schlim.

Notes et références

modifier
  1. « Opération Tunnel », sur calameo.com (consulté le )
  2. Voyez H. De Wulf, Belgies kleurrijkste zeeman dans Het Laatste Nieuws, 21 et 22 décembre 1985, page 11, contrairement à ce qu'affirme Frank Decat, De Belgen in Engeland 1940-1945, Uitgeverij Lannoo.
  3. H. De Wulf, André Schlim was Belgiës enige vliegdekschippiloot in 1944-1945. "Thuis weggelopen met 10 fr. op zak", dans Het Laatste Nieuws, 6 janvier 1976, page 3.
  4. Il dira, dans Vox, du  : « Je suis le seul pilote allié à qui Hitler voulait remettre la Croix de Fer. J'ai rendu la tâche particulièrement facile à la défense antiaérienne allemande ; après tout, pendant mon entraînement, j'ai fait voler deux avions en éclats. »
  5. Het Laatste Nieuws, Admiraal A. Schlim nieuwe stafchef van de Zeemacht, 6 août 1980, page 7.
  6. RDP, Vice-admiraal André Schlim gaat met rust, De Standaard, 27 décembre 1985, page 10.
  7. IBIS-Troskrant, Editie 2017, Koninklijk Werk IBIS v.z.w., Prinses Elisabethlaan 8, 8450 Bredene, pages 98 et 99.
  8. Voyez le lien .
  9. Guirsch, acte de naissance n° 5, du 5 mai 1895. L’enfant est né le 4 mai 1895.
  10. Tontelange, acte de naissance n° 16 du 13 novembre 1898. L’enfant est né ce jour.
  11. Guirsch, acte de mariage n° 1 du 4 août 1880.
  12. Thiaumont, acte de mariage n° 1 du 14 février 1887.
  13. Guirsch, acte de décès n° 4 du 22 avril 1906. Catherine Schlim, veuve, est morte le 21 avril 1906, et était la fille de Henri Schlim et de Marguerite Hess, journaliers qui étaient domiciliés à Eischen.
  14. Hobscheid, acte de mariage n°1 du 18 février 1857. Le futur était le fils de Jean Baptiste Schlim et d’Anne Marie Pierret, et la future était la fille de Henri Schlim et de Marguerite Hess.
  15. Guirsch, acte de décès n° 5 du 23 avril 1897. Nicolas Alberty, veuf de Marie Weber, est mort le 22 avril 1897. Il était le fils de Pierre Alberty, charpentier, et de Madeleine Kohl, qui étaient domiciliés en leur vivant à Arlon.
  16. Thiaumont, acte de mariage n° 4 du 8 septembre 1857. Le futur était le fils de Nicolas Schmitz, journalier, décédé à Kleinbettingen en 1836 et d’Anne Marguerite Brisbois, journalière. La future était la fille de Jean Eischen et de Barbe Mertens, tous deux journaliers et domiciliés à Lischert.

Liens externes

modifier