Usage de l'anglais à Bruxelles
L'usage de l'anglais dans la région de Bruxelles et sa périphérie est un phénomène en hausse.
Terminologie
modifierLe terme « anglicisation » signifie : remplacement d'une langue locale par l'anglais[Note 1]. Il est impropre : la langue locale n'est pas transformée en une autre[1].
Contexte d'anglicisation dans l'Union européenne
modifierL'Union européenne peut être influencée par les politiques de Bruxelles. Dans le domaine universitaire, l’anglicisation en Europe réduit progressivement la place de la langue nationale ainsi que le place des deuxièmes grandes langues traditionnelles[2].
L'Union européenne s'élargit ; davantage de fonctionnaires étrangers et de personnes travaillant dans le domaine international s'installent à Bruxelles. Des auteurs comme Robert Massart ou Annick Dabeye estiment que l'anglais pourrait devenir la nouvelle lingua franca de la ville[3],[4].
Ville de Bruxelles
modifierMaintien de la langue française
modifierSelon les conclusions de Rudi Janssens, le français n'est pas menacé ; ses recherches scientifiques concluent que « le français est et reste la langue la plus importante. Pour un groupe important d'allophones, elle conforte sa position de seconde langue familiale et en tant que lingua franca, elle reste dominante dans l'usage public. L'augmentation de la diversité des origines joue certes aussi un rôle en faveur de l'anglais qui devient important mais dans une moindre mesure dans la vie publique que dans l'environnement du travail »[5].
Cette présence dominante du français à Bruxelles fait dire à un journaliste du Monde que le caractère français de Bruxelles empêcherait le français de s'effriter dans les institutions européennes[6].
L'immigration étrangère est à mettre en parallèle avec un exode urbain depuis Bruxelles vers la périphérie bruxelloise située en région flamande. Les communes périphériques constatent la présence en nombre élevé et croissant d'une population allophone (surtout de langue française)[7]. Cette présence favorise la croissance du français plutôt que de l'anglais.
Croissance de la langue anglaise
modifierBeaucoup de gens affirment parler un anglais satisfaisant, voire excellent ; ils sont plus nombreux que ceux qui parlent un néerlandais satisfaisant (respectivement 35 % contre 28 %)[8].
En l'an 2000, ils étaient encore à 33 % dans les deux cas. La connaissance du néerlandais a donc diminué, même si, sur le marché du travail local, cette langue est plus utile que l'anglais[9].
L'anglais joue un rôle croissant dans la vie économique et culturelle[10]. Il constitue une concurrence pour le français plutôt que pour le néerlandais, qui, depuis un certain temps, ne remplit plus ces fonctions à Bruxelles.
Les personnes parlant comme langue maternelle le néerlandais (également en tant que deuxième langue), sont le plus souvent trilingues[9].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ — De même francisation signifie remplacement de la langue locale par le français —
Références
modifier- ↑ Ainsi on peut parler d'anglicisation de Dublin ou de Malte.
- ↑ Internationalisation et anglicisation de l’enseignement supérieur en Europe : de quelques exemples de prise en charge des langues à l’université, Françoise Le Lièvre, Institut national des langues et civilisations orientales, 20 juin 2024
- ↑ (fr) Robert Massart, « Quelle place pour le français à Bruxelles ? », XXIe Biennale de la Langue française, (consulté le )
- ↑ (fr) Annick Dabeye, Philippe Van Parijs, « Lingua Franca », Université catholique de Louvain (UCL), (consulté le ).
- ↑ Rudi Janssens, « Taalgebruik in Brussel en de plaats van het Nederlands — Enkele recente bevindingen », dans: Brussels Studies, n° 13, 7 janvier 2008: « Het Frans is en blijft de belangrijkste taal. Als tweede thuistaal van een grote groepanderstaligen verstevigt ze haar positie en als lingua franca domineert ze het publieketaalgebruik. De verhoogde diversiteit speelt echter ook in de kaart van het Engels dat in mindere mate in het publieke leven maar vooral binnen de werkomgeving duidelijk aan belang wint. »
- ↑ (fr) Arnaud Leparmentier, « Avec l'élargissement, l'usage du français recule dans les institutions européennes », Le Monde, (consulté le ) (extrait gratuit : « Les institutions européennes », Impératif français (consulté le ))
- ↑ (nl) « Verfransing gevolg van stadsvlucht », Het Volk, (consulté le )
- ↑ (fr) Francis Dubois, « Welcome supplante Welkom à Bruxelles », Le Soir, (consulté le )
- 1 2 (nl) Rudi Janssens, « Taalgebruik in Brussel en de plaats van het Nederlands — Enkele recente bevindingen » [PDF], Brussels Studies, no 13, (consulté le )
Traduction en français : L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais. Quelques constatations récentes.
Rudi Janssens est sociologue linguistique et professeur à la faculté de philosophie et lettres de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Page d'accueil : BRIO Team Rudi Janssens Brussel. - ↑ (fr) Claude Javeau, Le cadre socio-politique de l'usage des langues dans la Région de Bruxelles-Capitale [275-281], Bruxelles, De Boeck & Larcier, coll. « Het statuut van Brussel / Bruxelles et son statut », , 817 p. (ISBN 2-8044-0525-7)L'auteur est professeur ordinaire à l'Université libre de Bruxelles.
Rédaction : Els Witte (Vrije Universiteit Brussel), André Alen (Katholieke Universiteit Leuven), Hugues Dumont (Facultés universitaires Saint-Louis) & Rusen Ergec (Université libre de Bruxelles)