Angélique-Denise
Angélique-Denise est une esclave noire vivant dans les Antilles vers le milieu du XVIIIe siècle et achetée pour devenir l’épouse, au Québec, d’un autre esclave, le bourreau Mathieu Léveillé. Mais Léveillé meurt avant leur mariage et elle est revendue à un autre propriétaire.
| Naissance |
Vers 1719 Antilles |
|---|---|
| Époque |
18e siècle |
| Nationalité |
Antillaise |
| Activité |
esclave, promise au bourreau Mathieu Léveillé |
Contexte
modifierAngélique-Denise est une esclave noire vivant dans les Antilles vers le milieu du XVIIIe siècle. Elle est condamnée à mort pour avoir tenté de fuir l’esclavage[1]. Le roi Louis XV demande qu’une esclave condamnée à mort soit envoyée en Nouvelle-France pour épouser le bourreau Mathieu Léveillé — qui est lui-même un esclave du roi[2] — et Angélique-Denise a ainsi la vie sauve. En effet, le roi lui accorde sa grâce afin qu’elle devienne la femme que le bourreau avait demandée[1]. Elle a vingt-trois ans[3] et échappe ainsi à l’exécution. Elle est envoyée au Canada pour y vivre.
Angélique-Denise arrive au Québec en 1743[4],[1]. Son futur époux, Mathieu Léveillé, est alors hospitalisé à l’Hôtel-Dieu de Québec. De peur de contaminer sa fiancée, l’intendant veut attendre la guérison de l’exécuteur avant d’autoriser leur mariage[1]. Les deux esclaves sont maintenus séparés. Mais, le 10 septembre 1743, Mathieu Léveillé meurt[3],[5] et le mariage n’a donc pas lieu[6],[4].
Les autorités coloniales décident alors de faire baptiser Angélique-Denise. La cérémonie a lieu le 23 décembre 1743 à Québec[4],[1]. Elle a vingt-quatre ans[7]. Puis, l’intendant de la Nouvelle-France, Hocquart, prend des dispositions pour qu’elle soit vendue au prix auquel elle a été achetée[8]. C’est un marchand de Québec, Étienne Charest, qui dans les années 1740 achète la jeune esclave avec qui il a plusieurs enfants. Puis Charest affranchit Angélique-Denise et l'épouse. « Il s’agit donc d’un des premiers mariages mixtes de la Nouvelle-France »[9],[10].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 Coulter 2016, p. 69.
- ↑ Sarpentier 2020.
- 1 2 Harbison 2011, p. 65.
- 1 2 3 Chabot-Scrosati 2025.
- ↑ Lachance 2020.
- ↑ Trudel 1990, p. 175.
- ↑ Trudel 1990, p. 156.
- ↑ Harbison 2011, p. 66.
- ↑ Lévesque 2019.
- ↑ Société historique de Québec 2018.
Bibliographie
modifier- Lydia Chabot-Scrosati, « Portraits de sept bourreaux en Nouvelle-France », Le Journal de Québec, (lire en ligne, consulté le )
- Gregory Coulter, « Condamné à mort : Slavery and the Hangman of New France, 1733-1743 : Thesis in The Department of History Presented in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts (History) », sur Spectrum, Concordia University, (consulté le )
- (en) Jane Coleman Harbison, The Black Executioner: The Intercolonial Interactions of a Martinican Slave in Quebec, 1733-1743, Montréal, Université McGill (mémoire de maîtrise es art), (lire en ligne)
- André Lachance, Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003, article révisé en 2020, (lire en ligne), « Mathieu Léveillé »
- Catherine Lévesque, « Sous le radar à l’Assemblée nationale », HuffPost Québec, (lire en ligne, consulté le )
- Christine Sarpentier, « Métier : bourreau. 1733 à 1759 », Chroniques de Jadis (blogue), (lire en ligne, consulté le )
- « Mathieu Léveillé », sur Société historique de Québec, (consulté le )
- Trudel, Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français, LaSalle, Hurtubise HMH, coll. « Cahiers du Québec / Histoire » (no 100), , 490 p. (ISBN 2-89045-833-4)