Anytos (mythologie)

divinité grecque

Anytos (en grec ancien Ἄνυτος / Ánytos) est un Titan de la mythologie grecque, attesté uniquement par Pausanias le Périégète dans sa Description de la Grèce. Selon la tradition locale des Arcadiens, il est le père nourricier de Despoina, fille de Déméter et Poséidon, et déesse principale du sanctuaire de Lycosoura.

La tête du Titan Anytos, exposée au Musée national archéologique d'Athènes[1].

Anytos est représenté dans le groupe statuaire du temple de Despoina, réalisé par le sculpteur Damophon de Messène vers la fin du IIIe siècle ou le début du IIe siècle. Il y est montré debout, à côté de Despoina, sous les traits d’un homme en armes portant une cuirasse et tenant une lance. Sa statue, dont la tête est conservée, constitue la seule figure masculine du groupe. Une pièce de monnaie de Mégalopolis représentant le groupe de divinités au revers et l'impératrice romaine Julia Domna au droit témoigne de l'attitude générale que présentait jadis la statue.

Pausanias cite également Anytos parmi les Titans impliqués dans le démembrement de Dionysos. Bien que son statut de Titan soit sujet à controverse, son implication dans le cycle dionysiaque peut fournir une explication mythique à l'absence totale du dieu en Arcadie. La présence d'Anytos comme parèdre de Despoina le rend comparable à d'autres daimones protecteurs de la mythologie grecque, tels que les Courètes, les Corybantes et les Dactyles. D'un point de vue chthonien, il peut être considéré comme l'époux de Despoina, à l'instar d'Hadès pour Perséphone et, de plus, comme une divinité de la régénération et du renouvellement de la vie.

Étymologie

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Anytos est une forme dérivée du verbe ἄνῡμι (anūmi) qui signifie « achever, mener à son terme, réaliser », mais qui a aussi développé, en grec, le sens de « hâter », comme l’atteste un passage de la comédie Les Nuées d’Aristophane[2]. L’helléniste français Charles de Lamberterie rattache ἄνῡμι à une même famille étymologique regroupant les verbes de sens équivalent ἄνυω (anūō) et ἄνυτω (anūtō), lesquels ont coexisté de manière indépendante tout au long de l’histoire de la langue grecque[3].

Sur le plan anthroponymique, une tablette de Pylos atteste l’existence d’un nom d’homme mycénien, a-nu-to (Anutos)[4]. Pierre Chantraine y voit une forme radicale issue directement du verbe[2]. Lamberterie propose au contraire d’y reconnaître un dérivé de l'adjectif verbal en -tós, dont Ἄνυτος constituerait le continuateur direct en grec alphabétique[3],[α] . La variante attique de ce nom fut notamment portée par le stratège athénien impliqué dans le procès de Socrate[5]. Le choix de ce théonyme pour désigner le Titan semble refléter délibérément le rôle qu'il joue en tant que protecteur et éducateur de Despoina[6],[7].

Mythologie

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Vestiges de Lycosoura. À gauche, le podium du groupe statuaire cultuel du temple de Despoina sur lequel se dressait la statue d'Anytos[8].

Anytos n’est connu que par un unique témoignage antique, celui de Pausanias le Périégète[9],[β]. Dans le livre VIII de sa Description de la Grèce, consacré à l’Arcadie, ce dernier livre une description détaillée du sanctuaire de Despoina à Lycosoura[12]. Située en Parrhasie, à environ sept kilomètres à l’ouest de Mégalopolis, Lycosoura passait pour être la plus ancienne cité du monde grec ; selon la tradition, elle aurait été fondée par Lycaon, fils de Pélasgos[12],[13]. C’est dans le temple de Despoina, au cœur de ce sanctuaire, que Pausanias observe un groupe statuaire en marbre représentant quatre divinités vénérées, Artémis[γ], Déméter, Despoina, et enfin Anytos aux côtés de cette dernière[9],[14].

Selon Pausanias, les Arcadiens considéraient Anytos comme le père nourricier de Despoina, la déesse au centre de leurs rites mystériques[10]. Celle-ci est, selon la quasi-totalité des traditions locales, la fille de Déméter et de son frère Poséidon Hippios, tous deux ayant pris la forme de chevaux lors de leur union[15],[δ]. Après avoir mis au monde sa fille, Déméter l’abandonna, et le Titan Anytos aurait été celui qui l’éleva et introduisit son culte à Lycosoura[17],[6]. Pausanias ajoute que la tradition arcadienne rangeait également Anytos parmi les Titans impliqués dans le démembrement de Dionysos, thèse qu’il appuie en citant une œuvre perdue d'Onomacrite[18],[ε].

Iconographie

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Monnaie de Mégalopolis frappée sous les Sévères (vers 200 apr. J.-C.). Au droit : le portrait de l’impératrice Julia Domna ; au revers : le groupe cultuel du temple de Despoina à Lycosoura. Il s’agit de la seule monnaie de Mégalopolis conservée représentant ce groupe, qui confirme et précise la description de Pausanias[19],[20]
Restitution du groupe statuaire de Lycosoura par Guy Dickins (1907). De gauche à droite : Artémis, Déméter, Despoina et Anytos. Pour une autre tentative de restauration, voir celle du restaurateur grec Kaloudis, publiée quelques années plus tard.

La présence d’Anytos dans le groupe de Lycosoura est singulière, puisqu'il constitue la seule figure masculine au sein du groupe statuaire[21]. Pausanias indique qu'il était représenté « en armes », portant une cuirasse et tenant une lance[22]. Il attribue sa statue au sculpteur Damophon de Messène, comme l'ensemble du groupe (daté généralement de la fin du iiie et du début du iie siècle av. J.-C.)[23]. Les deux déesses principales siégeaient sur un trône, à une hauteur de 5,80 à 5,90 mètres, flanquées d'Artémis et d'Anytos, dont les statues atteignaient environ 5,60 mètres[24]. La statue de Despoina était visible des observateurs tout au long de la journée, tandis que celle d'Anytos restait dissimulée par l'obscurité ou par la masse du mur, sauf à un moment précis où les rayons du soleil venaient l'éclairer.[25],[ζ]. Cela confère donc à Anytos le statut de parèdre de Despoina[9].

La tête colossale d'Anytos, mise au jour en même temps que celles de Déméter et d'Artémis lors des fouilles de la fin du xixe siècle apr. J.-C.[21], le représente comme un homme barbu à la chevelure abondante et hirsute, rappelant le type du Zeus à Olympie de Phidias[26]. Les orbites sont évidées pour recevoir des yeux incrustés de pâte de verre et de pierres colorées[27], et deux protubérances situées à l’arrière de la tête suggèrent qu’il portait peut-être un casque en bois plutôt qu’en marbre[28]. La tête mesure 0,74 mètres de haut, 0,38 mètres de large et 0,40 mètres de profondeur[29]. Dans cette réalisation de la tête du Titan, Damophon semble avoir recherché un équilibre entre le baroque et le classicisme, mais il est difficile de la rattacher à un style précis[30], même si le sculpteur semble s’être inspiré d’exemples de la fin de l’époque classique[31],[η].

Concernant le reste des fragments traditionnellement attribués à la statue d'Anytos, il subsiste des incertitudes[32]. Le musée de Lycosoura conserve une partie de la jambe droite et du mollet de la statue[33], ainsi que des lambrequins frangés sculptés sur de minces plaques destinées à être « collées, encastrées ou goujonnées » sur la cuirasse[22]. Le torse et l'armement sont cependant perdus[19]. En 1907, l’archéologue Guy Dickins propose d’attribuer à Anytos deux fragments interprétés comme des épaulières[32]. Cette hypothèse a été rejetée par Jean Marcadé et Edmond Lévy, qui estiment que ces reliefs ne représentent pas des épaulières et qu’ils doivent plutôt appartenir à Despoina[34]. De même, Konstantínos Kourouniótis avait attribué une pièce de draperie à Anytos, attribution que Marcadé a ensuite refusée au profit de Déméter[35].

Guy Dickins a réalisé la première tentative de restitution du groupe statuaire et en a publié le résultat graphique dans le Annual of the British School at Athens[36]. Dans sa restitution, il représente Anytos portant un grand pan de draperie brodé des deux côtés, qu’il imagine tenu par la main droite contre la hanche[37]. Cette restitution est entrée en contradiction avec une monnaie de Mégalopolis découverte par Valerios Staïs en 1912, qui montre au droit le portrait de Julia Domna et au revers le groupe cultuel. D’après l’image monétaire, Staïs a pensé qu’Anytos tenait un bouclier de la main droite, le bras étant collé au flanc de la figure et non posé sur la hanche[38],[37]. Bien que Dickins ait renoncé à l’attribution de la draperie, il a maintenu ses autres choix face aux observations de Staïs[39],[θ].

Enfin, la représentation monétaire du groupe statuaire de Lycosoura dépeint Anytos en appui sur la jambe gauche, le bras gauche levé tenant une lance, tandis que le bras droit est abaissé, le coude légèrement fléchi[37]. La nature de l'objet tenu dans la main droite demeure indéterminée[19]. Aujourd'hui, la pièce est exposée au musée numismatique d'Athènes[44].

Identité et interprétation

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Figures analogues

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Danse des Courètes autour de l'enfant Zeus. Ces daimones armés, dont la fonction est de protéger et d'élever le nouveau-né divin, appartiennent à une vaste catégorie de figures mythologiques — Hoplodamos, Corybantes, Dactyles et Héraclès[ι] — auxquelles les chercheurs ont rapproché Anytos[46].

Bien qu’Anytos soit une figure proprement arcadienne, sa présence n’est attestée nulle part ailleurs qu’à Lycosoura[47],[48]. Dans un article de 2016 visant à réexaminer l’authenticité du témoignage de Pausanias, Alaya Palamidis a proposé de considérer le panthéon de Lycosoura comme une création largement mégalopolitaine, issue de la combinaison de traditions locales préexistantes[49]. Elle rapproche notamment Anytos d’Hoplodamos, géant qui, selon la tradition de Méthydrion, aurait protégé Rhéa enceinte de Zeus sur le mont Thaumasion[48]. Exerçant une fonction protectrice analogue, Anytos pourrait ainsi constituer une adaptation locale du mythe des Géants et de Rhéa[50]. Loucas-Durie souligne toutefois que cette légende d’Hoplodamos relève spécifiquement des habitants de Methydrion, dans un contexte où plusieurs communautés arcadiennes se disputaient l’honneur d’avoir été le berceau de Zeus (notamment le mont Lycée)[4].

Anytos s’inscrit dans une lignée de figures non humaines — aux côtés des Courètes, des Corybantes (représentés sur la base et le tabouret du groupe cultuel de Lycosoura[51]) et des Dactyles — qui, dans les traditions grecques, assuraient la protection d’une déesse-mère ou de son enfant divin[κ]. Constatant la ressemblance manifeste de fonction (courotrophie) et d'attributs (l’armement) entre ces personnages, Francis Vian et Madeleine Jost reconnaissent en Anytos la continuation de ces daimones armés qui entouraient jadis la Grande Déesse pré-hellénique. Loucas-Durie va plus loin en soulignant qu’Anytos entretient, parmi ces figures, le lien le plus direct avec cette divinité, dont Lycosoura aurait conservé la mémoire à travers le culte de Despoina[56]. De plus, le mythographe Robert Triomphe établit des parallèles entre l'introduction du culte de Despoina par Anytos auprès des Arcadiens et l'octroi des rites par Déméter à Prométhée, ou plutôt une version thébaine de ce dernier, qu’il considère comme un premier habitant du pays et comme un Cabire[6],[λ].

Le statut de Titan

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Le statut de Titan assigné par Pausanias à Anytos suscite des réserves[7]. On peut en effet s’interroger sur la pertinence de le considérer comme l’équivalent des Titans de la Théogonie d’Hésiode, qui s’opposèrent à Zeus pour le contrôle de la souveraineté divine et furent finalement vaincus, en tant qu’incarnations du désordre et de l’hybris[7]. Palamidis rapproche la description d’Anytos de celle que donne Hésiode des Géants dans la Théogonie[μ], concluant que l'image des Géants armés correspond étroitement à celle d’Anytos. Bien que Pausanias le qualifie de Titan et non de Géant, Palamidis rappelle que Titans et Géants étaient déjà confondus au moins depuis le Ve siècle av. J.-C.. Il n’est pas exclu que cette assimilation remonte à Pausanias lui-même ou à sa source locale[48]. L'historien néerlandais Jan Nicolaas Bremmer suggère que le choix de faire d’Anytos un Titan plutôt qu’un Géant pourrait s’expliquer par le rôle que les Titans jouaient dans les mystères d’Imbros et de Lemnos[ν]. Cette hypothèse demeure plausible, même si le rôle des Titans dans ces mystères n’est clairement attesté qu’à l’époque impériale[60].

Loucas-Durie rejete l’attribution du statut de Titan à Anytos, arguant que les Titans sont typiquement associés au culte de Dionysos, divinité dont la présence à Lycosoura n’est pas attestée[61]. En outre, l’association d’Anytos avec le démembrement de Dionysos lui paraît paradoxale, dans la mesure où Anytos est par ailleurs présenté comme une figure bienveillante[62]. D’autres, à l’instar de Madeleine Jost, y voient au contraire un « héritage mythique » qui permet d’éclairer l’absence totale de Dionysos dans l’Arcadie tout en manifestant la dimension initiatique et orphique du sanctuaire de Lycosoura[63]. La représentation d’Anytos en armes, entouré de Courètes et de Corybantes auprès du groupe des divinités, confère du crédit à cette interprétation[64].

L'aspect chthonien

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Dans un article de 2024, Sotiria Dimopoulou présente Anytos comme une divinité de la régénération, inscrite dans le cadre d’un culte à la fois agricole et mystérique pratiqué à Lycosoura et comportant des rites d’initiation. Elle l’interprète avant tout comme l’époux de Despoina-Coré, figure qui incarne simultanément la fertilité de la terre et la fonction de protecteur placé aux côtés de la déesse. Dimopoulou insiste également sur la dimension chthonienne d’Anytos en le rapprochant de Pluton et de Zeus Katachthonios[ξ], tous trois étant des garants de la fertilité et de la fécondité du sol[66].

Pour étayer ce lien avec le monde souterrain (les Enfers), l'autrice met en évidence l’analogie étroite entre le couple mère-fille Déméter-Despoina à Lycosoura et celui de Déméter et Coré dans les mystères d'Éleusis, dont l'influence sur Lycosoura est bien attestée[66],[67]. Elle souligne en outre la présence de nombreux symboles chthoniens dans le sanctuaire : les torches tenues par Déméter et Artémis, les figurines de serpents en terre cuite, ainsi que certains motifs décoratifs du manteau de Despoina, notamment les feuilles de myrte, directement associés au monde des morts[68].

Enfin, la participation d’Anytos au cycle de Dionysos-Zagreus invite à le considérer comme un symbole de renaissance après la mort, de renouvellement de la vie et de revitalisation de la nature. À travers son association avec Zagreus — dieu qui meurt avant de ressusciter sous la forme de Dionysos —, Anytos s’inscrit dans le thème de la régénération déjà présent dans le culte de Lycosoura[69]. De ce point de vue, la composition du groupe statuaire peut être comprise comme l’expression délibérée d’une relation indissociable unissant tous les membres autour de ces notions de fertilité, de protection et de renouveau[70].

Notes et références

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  1. ↑ Lamberterie mentionne par ailleurs un autre anthroponyme mycénien de la même racine, a₂-nu-me-no (Hanumenos) formé sur le participe médio-passif en -menos et conservant l’aspiration initiale [h] au contraire a-nu-to qui a subi la psilose, , c’est-à-dire la disparition de [h] initiale[3].
  2. ↑ Pausanias VIII 37, 5-6 ; voir ici le texte grec original et une traduction française d'Étienne Clavier[10],[11]
  3. ↑ Dans la tradition de Lycosoura, Artémis est considérée comme la fille de Déméter et la sœur de Despoina ; elle est représentée avec des symboles chthoniens tels que le serpent encerclant sa jambe[10]. D'après Hérodote et Pausanias, Eschyle présentait Déméter comme la mère d'Artémis dans une œuvre perdue[10],[6].
  4. ↑ Selon la légende, Déméter, alors qu’elle errait sous la forme d’une jument à la recherche de Perséphone, fut poursuivie par Poséidon. Ce dernier parvint à s’unir à elle et engendra Arion, cheval immortel, ainsi que Despoina — d'où l'épithète Hippios attribuée à Poséidon[16]. À Phigalie, Déméter donne naissance à une seule fille, nommée Coré, tandis qu'à Thelpousa, l'enfant est appelée Despoina. Puisque Coré ne peut être Perséphone (l'épisode se déroulant après sa disparition), la comparaison avec la version de Thelpousa permet de l'identifier comme étant Despoina[15]. Loucas-Durie souligne qu'à Lycosoura, en revanche, le récit de la naissance violente n'est pas courante grace à la présence protectrice d’Anytos ; et Pausanias l'évoque dans un commentaire abrupt[7].
  5. ↑ Le Périégète profite de cette référence pour distinguer les Titans homériques de ceux de la tradition orphique, ces derniers étant les meurtriers de Dionysos. Cette digression peut être interprétée comme une allusion discrète aux rites initiatiques du sanctuaire, sur lesquels Pausanias s’interdisait d’en dire davantage[6].
  6. ↑ La statue d'Artémis demeurait la seule à rester dans l'ombre durant la journée ; c'est peut-être la raison pour laquelle on a placé une torche dans sa main[25].
  7. ↑ Des analogies physiognomiques (front, nez, bouche) apparaissent avec le Géant barbu de la frise est de l'autel de Pergame, bien que la chevelure de ce dernier soit plus raffinée et mouvementée. On relève également des ressemblances, notamment dans le traitement de la bouche aux lèvres entrouvertes et des mèches de la barbe, avec une tête de satyre de la première moitié du IIe siècle av. J.-C. et avec la tête de Sarapis du groupe cultuel alexandrin de Sarapis, Arsinoé III et Ptolémée IV (fin du IIIe siècle av. J.-C.). Des parallèles se constatent aussi avec la tête de Pluton dans la peinture de l’enlèvement de Perséphone du tombeau de Vergina (vers 340-330 apr. J.-C.), particulièrement dans le rendu des mèches et de la couronne[19]
  8. ↑ Staïs a formulé quatre points litigieux concernant la monnaie et la restitution[40]:

    « Artémis est en mouvement brusque vers la droite, le genou droit fortement fléchi, et non immobile ;
    * le chien se trouve derrière la jambe gauche d’Artémis, et non derrière sa jambe droite ;
    * le bras droit de Déméter est levé haut depuis l’épaule (et non depuis le coude) afin d’être symétrique à celui de Despoina ; elle tient une torche courte et non longue ;
    * la main droite d’Anytos repose sur un bouclier et non sur sa hanche ; son bras est donc plus près du corps. »

    Les résultats des fouilles archéologiques confirment la représentation monétaire montrant Artémis en mouvement vers la gauche du spectateur. En revanche, aucune trace confirmable du chien n’a été retrouvée[41]. Quant au geste du bras droit de Déméter posé sur l’épaule de Despoina, la monnaie lui confère une ampleur et une hardiesse que Dickins jugeait « impensable »[42]. Toutefois, le fragment conservé de l’épaule droite de Despoina ne porte aucune trace de ce contact. La position exacte du bras reste donc incertaine[43].
  9. ↑ Cet Héraclès est conçu comme un membre des Dactyles montant la garde aux côtés de Déméter à Mégalopolis, une version antérieure à ses douze travaux, et attestée par Pausanias qui cite Onomacrite pour l'accréditer[45].
  10. ↑ Les Dactyles, les Courètes et les Corybantes sont fréquemment confondus selon les auteurs antiques (tels que Strabon) ; toutefois, Pausanias souligne clairement leur distinction dans son récit[52],[53]. Les Dactyles seraient originaires de Phrygie ou de Crète ; ils seraient les fidèles de Rhéa ou de Cybèle et on leur attribue l’invention de la métallurgie du bronze et du fer[4]. Les Courètes, considérés comme des initiateurs à la chasse et à l'apiculture, sont surtout connus comme les danseurs armés qui entourent l’enfant Zeus, entrechoquant leurs boucliers et leurs épées afin de le dissimuler à son père, Cronos[54]. Palamidis suggère que ce groupe aurait pu jouer un rôle dans la naissance de Despoina, à l’instar de son action auprès de Zeus[53]. Les Corybantes, originaires d’Anatolie et associés à la Grande Déesse, sont parfois crédités du retour de Perséphone depuis les Enfers. Toutefois, cette figure est déjà confondue avec celle des Courètes dès le Ve siècle av. J.-C., période où Euripide — la plus ancienne source écrite sur ces derniers — emploie les deux termes de manière synonymique[55].
  11. ↑ Pausanias s’attarde longuement sur le Cabirion thébain et mentionne la tradition d’après laquelle Déméter aurait transmis certains secrets à Prométhée, l’un des Cabires, et à son fils Aitnaios. S’il prétend ne pas connaître la nature de ces révélations, il n’en souligne pas moins que les rituels initiatiques des Cabires furent un don de la déesse[57].
  12. ↑ « Les grands Géants aux armes éclatantes, tenant en main de longues lances » Hésiode, lignes 185-186[58].
  13. ↑ Les mystères de ces deux îles sont principalement liés aux Cabires, mais les Titans y figurent également ; à Lemnos, les Cabires sont considérés comme les Titans, et à Imbros, cinq Titans sont nommés dans une inscription parmi les Cabires. De plus, le vol du feu et le châtiment de Prométhée sont évoqués dans les mystères de Lemnos[59].
  14. ↑ Ce sont des noms euphémistiques utilisés par les anciens Grecs pour désigner Hadès, le dieu des morts, dont le nom semblait tabou ou inopportun dans le climat superstitieux de leur époque[65]

Références

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  1. ↑ (en) « Hellenistic sculpture: Late 4th – early 1st century BC (Rooms 29-30 and 34) » Accès libre, Musée national archéologique d'Athènes
  2. 1 2 Chantraine 1968, p. 93, s.v. ἄνῡμι.
  3. 1 2 3 de Lamberterie 2012, p. 360.
  4. 1 2 3 Loucas-Durie 1989, p. 106.
  5. ↑ Triomphe 1992, p. 204, n. 30.
  6. 1 2 3 4 5 Triomphe 1992, p. 204.
  7. 1 2 3 4 Loucas-Durie 1989, p. 108.
  8. ↑ Dimopoulou 2025, p. 50.
  9. 1 2 3 Loucas-Durie 1989, p. 105.
  10. 1 2 3 4 Vincent 2022, p. 251.
  11. ↑ Gengler 1999, p. 2.
  12. 1 2 Dimopoulou 2025, p. 291.
  13. ↑ Dimopoulou 2024a, p. 44, n. 3.
  14. ↑ Jost 2008, p. 93.
  15. 1 2 Palamidis 2016, p. 137.
  16. ↑ Vincent 2022, p. 229, 235.
  17. ↑ Loucas 1988, p. 241.
  18. ↑ Ferrari et Prauscello 2007, p. 200.
  19. 1 2 3 4 Dimopoulou 2024b, p. 325.
  20. ↑ Jost 2008, p. 102.
  21. 1 2 Dimopoulou 2024b, p. 324.
  22. 1 2 Marcadé 2008, p. 113.
  23. ↑ Dimopoulou 2025, p. 45.
  24. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 323, n. 11.
  25. 1 2 Lo Monaco 2024, p. 230.
  26. ↑ Pollitt 1986, p. 165.
  27. ↑ Brøns 2022, p. 21.
  28. ↑ Palagia et Pollitt 1998, p. 178.
  29. ↑ (en) « Anytos », sur SMK Open, Statens Museum for Kunst (consulté le )
  30. ↑ Palagia et Pollitt 1998, p. 180, n. 139.
  31. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 326.
  32. 1 2 Marcadé et Lévy 1972, p. 988.
  33. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 326, n. 18.
  34. ↑ Marcadé et Lévy 1972, p. 988, n. 47.
  35. ↑ Marcadé 2008, p. 114.
  36. ↑ Marcadé 2008, p. 111, n. 1.
  37. 1 2 3 Marcadé et Lévy 1972, p. 981.
  38. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 325, n. 17.
  39. ↑ Marcadé et Lévy 1972, p. 967, n. 3.
  40. ↑ Dickins 1911, p. 82-83.
  41. ↑ Marcadé et Lévy 1972, p. 994.
  42. ↑ Marcadé et Lévy 1972, p. 975, 1003.
  43. ↑ Marcadé et Lévy 1972, p. 979.
  44. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 325, n. 16.
  45. ↑ Vincent 2022, p. 252, n. 193.
  46. ↑ Jost 1970, p. 147.
  47. ↑ Vincent 2022, p. 251, n. 192.
  48. 1 2 3 Palamidis 2016, p. 134.
  49. ↑ Jost et Palamidis 2020, p. 127.
  50. ↑ Vincent 2022, p. 252.
  51. ↑ Vincent 2022, p. 252, n. 194.
  52. ↑ Loucas-Durie 1989, p. 107, pour Strabon, n.14.
  53. 1 2 Palamidis 2016, p. 135.
  54. ↑ Loucas-Durie 1989, p. 107.
  55. ↑ Palamidis 2016, p. 135, 136.
  56. ↑ Loucas-Durie 1989, p. 106-108.
  57. ↑ Jacottet 2011, p. 9.
  58. ↑ de Lisle 1869, p. 9.
  59. ↑ Blakely 2006, p. 50.
  60. ↑ Palamidis 2016, p. 134, n. 73.
  61. ↑ Dimopoulou 2024a, p. 328.
  62. ↑ Loucas-Durie 1989, p. 109.
  63. ↑ Ferrari et Prauscello 2007, p. 204.
  64. ↑ Triomphe 1992, p. 201.
  65. ↑ Farnell 2010, p. 280-282.
  66. 1 2 Dimopoulou 2024b, p. 328.
  67. ↑ Palamidis 2016, p. 139.
  68. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 328-329.
  69. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 329.
  70. ↑ Dimopoulou 2024b, p. 330.

Bibliographie

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Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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