Archipel de Socotra
L'archipel de Socotra ou archipel de Suqutra, en arabe سقطرة Suquṭrah, est un archipel du Yémen baigné par la mer d'Arabie. Il est situé au sud-est de la péninsule arabique, dans le prolongement de la corne de l'Afrique. Son île principale est Socotra et il constitue un site du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008 et une réserve mondiale de biosphère depuis 2003. Depuis 2020, l'archipel est contrôlé par les séparatistes du Conseil de transition du Sud, soutenus par les Émirats arabes unis qui y installent des technologies de surveillance israéliennes.
| Archipel de Socotra سقطرة Suquṭrah (ar) | ||
Carte de l'archipel de Socotra. | ||
| Géographie | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Localisation | Mer d'Arabie (océan Indien) | |
| Coordonnées | 12° 23′ 03″ N, 53° 11′ 35″ E | |
| Superficie | 3 796 km2 | |
| Nombre d'îles | 6 | |
| Île(s) principale(s) | Socotra | |
| Point culminant | Monts Haghier (1 525 m sur Socotra) | |
| Géologie | Îles continentales | |
| Administration | ||
| Statut | Gouvernorat | |
| Démographie | ||
| Population | 44 120 hab. (2004) | |
| Densité | 11,62 hab./km2 | |
| Plus grande ville | Hadiboh | |
| Nom du Bien | Archipel de Socotra | |
| Numéro d’identification |
1263 | |
| Année d’inscription | ||
| Critères | (x) (d) | |
| Autres informations | ||
| Découverte | Préhistoire | |
| Fuseau horaire | UTC+03:00 | |
| Géolocalisation sur la carte : Yémen
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| Archipels au Yémen | ||
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Géographie
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L'archipel de Socotra est situé dans l'ouest de la mer d'Arabie, au large des côtes yéménites et dans le prolongement de la corne de l'Afrique. Appartenant au Yémen, il fait partie du gouvernorat de Socotra.
La plus grande île de l'archipel est Socotra. Entre elle et le continent africain s'égrènent d'autres îles plus petites qui sont Abd al Kuri, Darsah, Samhah et les îlots rocheux de Sabuniyah et Ka'l Firawn. Ces îles sont d'origine continentales, détachées de l'Arabie lors de l'ouverture du golfe d'Aden. Une étroite plaine côtière laisse place à un relief élevé composé de hauts plateaux dans l'intérieur des terres.
Le climat y est tropical désertique et semi-aride (classification de Köppen : BWh et BSh) avec deux moussons de mai à septembre et de novembre à mars. Les précipitations se concentrent sur les reliefs.
L'archipel est rarement touché par des tempêtes, mais des cyclones peuvent occasionnellement le traverser[1].
La faune et la flore de l'archipel est caractérisée par un fort endémisme qui atteint le tiers des espèces de l'archipel. L'espèce emblématique est le dragonnier de Socotra, un arbre en forme de parasol dont la sève est utilisée comme colorant appelé sang-dragon. Cette biodiversité a permis l'inscription de l'archipel de Socotra sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2008.
Histoire
modifierAu moment de l'islamisation de l'archipel de Socotra en 639, celui-ci constitue un comptoir égypto-byzantin peuplé de sud-arabiques chrétiens nestoriens[2].
L'archipel a ensuite été colonisé par le Portugal de 1506 à 1511 puis par le Royaume-Uni en 1886. Intégré à la république démocratique populaire du Yémen de 1967 à 1990, il fait partie depuis cette date de la république du Yémen. Plus spécifiquement, l'archipel a fait partie du gouvernorat d'Aden de 1967 à 2004 puis du gouvernorat de l'Hadramaout de 2004 à 2013, avant de former un gouvernorat propre.
À partir de 2015, dans le contexte de la guerre civile yéménite, les Émirats arabes unis commencent à administrer de fait l'île de Socotra, construisant de nouvelles infrastructures, des réseaux de télécommunication, demandant aux habitants de signer des contrats de travail avec eux, font leurs propres recensement des populations locales, puis, en 2018, se déploient militairement sur l'île, ce que condamne le gouvernement yéménite, au nom de sa souveraineté sur l'île[3]. Le , des troupes saoudiennes débarquent à leur tour, à la demande du gouvernement yéménite pour former ses troupes[4], puis les deux forces se retirent au profit de l'armée gouvernementale dès le lendemain [5].
En , le gouvernement yéménite accuse les Émirats arabes unis de débarquer une centaine de soldats séparatistes à Socotra, ce que les Émirats arabes unis nient, creusant un fossé entre les deux alliés nominaux dans la guerre civile au Yémen[6]. En , un régiment de l'armée yéménite stationné à Socotra se rebelle contre le gouvernement de Abdrabbo Mansour Hadi soutenu par l'ONU, et prête allégeance au Conseil de transition du Sud, mouvement séparatiste soutenu par les Émirats arabes unis[7]. Dès lors, les Émiriens font construire d'imposantes infrastructures militaires, dont le port et le principal aéroport sur Socotra, et plusieurs aérodromes sur les îles voisines. De même, ils participent à l’installation de technologies de surveillance israéliennes, dans le cadre d’une plateforme de partage de renseignements israélo-émiratie, nommée Crystal Ball[8].
La forte présence émirienne dans l’archipel entraîne une destruction de ses écosystèmes terrestres et marins en raison de la multiplication des projets de construction, militaires ou touristiques, et de l’extraction de nombreuses espèces endémiques, dont les dragonniers de Socotra. Ce développement, qui ne fournit pas d'emploi aux habitants, a pour conséquence l'aggravation des risques liés au dérèglement climatique et l'augmentation de la fréquence des épisodes climatiques violents[8].
Protection
modifierArchipel de Socotra *
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Image satellite de l'archipel de Socotra avec la pointe de la corne de l'Afrique visible à gauche. | |
| Pays | |
|---|---|
| Numéro d’identification |
1263 |
| Année d’inscription | (32e session) |
| Type | Naturel |
| Critères | (x) |
| Superficie | 410 460 ha |
| Zone tampon | 1 740 958 ha |
| Région | États arabes ** |
| * Descriptif officiel UNESCO ** Classification UNESCO |
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L'archipel de Socotra constitue une réserve mondiale de biosphère depuis 2003[9] et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008 en raison de ses écosystèmes et de sa biodiversité, le tiers des espèces animales et végétales étant endémiques à l'archipel[10].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Photo gallery: Cyclones hit Yemen’s remote Socotra Archipelago », IUCN, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Anonymi [Arriani, ut Fertur] Periplus Maris Erythraei, dans Geographi graeci minores, vol. 1, éd. grecque et trad. latine par Karl Müller, Paris, 1855, p. 257-305 Lire en ligne.
- ↑ « L’armée émiratie se déploie sur l’île de Socotra: l’alliance Yémen-Emirats pourrait voler en éclats », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le )
- ↑ « Yémen: des forces saoudiennes sur l'île de Socotra après des tensions », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
- ↑ « Fin de la crise sur l'île yéménite de Socotra, annonce le Premier ministre », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
- ↑ (en) Aziz El Yaakoubi, « Yemen government accuses UAE of landing separatists on remote island », sur Reuters,
- ↑ (en) « Second army regiment rebels against Yemen government in Socotra », sur Middle East Monitor,
- 1 2 Helen Lackner, « Socotra, l’archipel yéménite colonisé par les Émirats », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en) « UNESCO - MAB Biosphere Reserves Directory », sur www.unesco.org (consulté le )
- ↑ (en) UNESCO World Heritage Centre, « Socotra Archipelago », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Socotra : The Mysterious Island of the Assyrian Church of the East.
- James Wellsted, Socotra. Memoir on the Island of Socotra, Arabesque Travel, 2021.
- Julian Jansen van Rensburg, The Maritime Traditions of the Fishermen of Socotra, Yemen, Archaeopress Publishing Limited, 2016.
- Isaac Bayley Balfour, Botany of Socotra, R. Grant., 2008.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- Ressource relative à la géographie :
- (en) « Socotra Conservation and Development Programme »