Art de la Rome antique
L’art romain est l'art produit dans les territoires de la Rome antique, depuis la fondation de Rome (, selon la chronologie traditionnelle, partiellement confirmée par l'archéologie) jusqu'à la chute de l'Empire d'occident ( apr. J.-C.). Il prend un véritable essor au contact de l'art grec et trouve de nouvelles influences dans les régions soumises par l'Empire.

Après la chute de l'Empire, l'art romain se prolonge dans l'art byzantin et l'art chrétien médiéval. Il a fortement influencé les artistes de la Renaissance puis du classicisme et du néo-classicisme.
Périmètre
modifierLe périmère de ce qui constitue l'art romain est difficile à dessiner, puisque les Romains n'avaient pas de mot pour le désigner[1]. La conceptualisation postérieure de ce qui constitue l'art romain se fait donc à partir de quelles types d'œuvres sont copiées et recherchées[1]. Ainsi, les fresques sont considérées comme de la simple décoration, tandis que le statut de la mosaïque est débattu au sein des historiens d'art[1].
Pour les Romains, l' Ars dicendi, la rhétorique, est le premier des arts[2].
Sources
modifierL'Histoire naturelle de Pline constitue la source centrale des connaissances sur l'art de la Rome antique ; à celle-ci s'ajoute de nombreuses autres sources textuelles, venant des auteurs tels que Tite-Live ou Ovide ainsi que des inscriptions[1]. Enfin, les fouilles archéologiques apportent d'autres éléments[1].
Histoire
modifierMonarchie
modifierRépublique
modifierDébut de l'Empire
modifierAntiquité tardive
modifier
À partir du 4ème siècle, l'art romain est associé au paganisme et au démon; de nombreux chrétiens se lancent alors dans des campagnes de destructions et de vandalisation des œuvres architecturales et sculpturales[3].
Pour d'autres, il faut au contraire détacher les œuvres de leur contexte religieux et les conserver afin d'en apprécier la pure valeur plastique ; certaines statues sont alors gravées de croix afin de les purifier[3]. Plusieurs de ces statues sont transférées hors des temples, vers les thermes, afin de les faire contribuer à la vie de la cité[3]. Cette exposition est parfois lu comme irrévérencieuse, comme l'évêque Eusèbe l'affirme à propos de Constantin Ier, sans que cette affirmation ne soit fondée[3]. Le transfert d'œuvres de Rome vers Constantinople, nouvelle capitale, permet de les préserver, en particulier des sacs de la ville aux 5ème et 6ème sicle[3].
La législation impériale reflète cette dualité : Charles Davoine, maître de conférence spécialisé sur l'histoire du patrimoine et de la Rome antique, relève que le code théosien contient autant de lois demandant la conservation des temples et de leurs œuvres que d'autres prescripant leurs destructions[3]. En outre, ce code s'élève contre une pratique qui se répend aux cours des 4ème et 5ème siècle et qui consistent pour les riches particuliers et fonctionnaires impériaux à prélever matériaux et ornemets sur les ouvrages publics pour en décorer leurs bâtiments[3].
Formes d'art
modifierPeinture
modifier
La peinture romaine est l'art pictural de la civilisation romaine de l'Antiquité. Parmi les mouvements picturaux de l'Antiquité, il s'agit de celui qui a le mieux résisté à l'usure du temps, essentiellement grâce aux cités vésuviennes. Comme les autres arts romains, la peinture naît et se développe à Rome par l'imitation des modèles grecs.
Par la suite, la peinture connait des évolutions sensibles, liées aux changements de goût ou de visions artistiques de la part des élites romaines.
Architecture, urbanisme
modifier
La forte densité de population des cités romaines et les problèmes de santé publique ont poussé les Romains à explorer de nouvelles méthodes de construction et à créer une architecture originale qui se détache des influences hellénistiques. L'utilisation de la voûte et de l'arche, combinée avec l'émergence de nouveaux matériaux de construction, ont permis aux Romains de réaliser des édifices imposants et inédits pour un usage public : les aqueducs, les grands complexes thermaux, les basiliques ou encore les amphithéâtres. Selon les architectes romains, les édifices publics devaient être impressionnants pour frapper l'imagination du peuple mais ils devaient aussi être pratiques et adaptés à leurs fonctions. Ces nouveaux types de bâtiments sont construits dans des dimensions impressionnantes à Rome et reproduits à plus petite échelle dans les cités de l'Empire.
Sculpture
modifier
La sculpture romaine - partie la mieux préservée de l'art romain - réunit la perfection idéalisée de la sculpture grecque classique au plus grand désir de réalisme romain. Comme elle a été faite par des sculpteurs grecs pour des Romains, mais en grande partie sur des modèles grecs, on pourrait parler de « sculpture gréco-romaine »[4]. Elle s’est répandue de l'Atlantique à l'Asie, et du IIIe siècle avant l'ère commune (AEC) — ou avant Jésus-Christ — jusqu'au cours de l'Antiquité tardive, au IVe siècle de l'ère commune (EC) — ou après Jésus-Christ. Elle n’est donc pas restée sans changements. D'autre part, elle est le produit et le reflet de la société romaine où le père, pater familias, a le rôle dominant, ce qui a déterminé autant les commandes privées de portraits ou d'objets décoratifs que les commandes publiques associées à la célébration du pouvoir à Rome[5], aristocratique, puis militaire. Cette aristocratie ne constituait qu'une très petite partie de la société romaine, qui était un monde rural à 90 % et constitué d’esclaves pour une très grande partie.
Les riches Romains demandaient, en effet, des portraits ressemblants et des sculptures décoratives dérivées de modèles grecs renommés. De son côté, le pouvoir romain a toujours su faire exécuter des monuments à sa gloire et célébrer ses victoires. Les sculpteurs pouvaient travailler tous les matériaux disponibles autour du bassin méditerranéen et faire transporter leur réalisation sur des milliers de kilomètres pour répondre à une commande.
La sculpture romaine a été longtemps présentée comme une répétition de la sculpture grecque antique et même comme un déclin, dès que l'on a cru y reconnaître de simples copies des sculptures grecques célébrées dans l'Antiquité[6],[N 2]. Cependant elle est reconnue depuis le XIXe siècle comme un objet d'étude à part entière. Les études actuelles sur les « copies » mettent en valeur les nouveautés introduites au cours des premiers siècles de l'art romain. Des innovations radicales ont eu lieu par la suite, surtout aux IIIe et IVe siècles.
Comme au cours de toute l'Antiquité, la sculpture reflète bien plus la volonté de riches et puissants commanditaires que la personnalité artistique des artisans-artistes. Les sculpteurs qui ont travaillé à Rome et pour Rome n’étaient pas des Romains - la plupart étaient grecs - mais ils ont mis leur art au service des Romains, afin de donner une forme plastique aux valeurs qu’entendaient affirmer les Romains[8],[9]. Beaucoup de ces sculpteurs étaient de condition modeste, esclaves ou affranchis[10]. Quelques fragments de sculpture en bois qui se sont conservés dans l’eau sont la trace de matériaux fragiles appartenant à des sculptures romaines disparues.
Mosaïque
modifier
La mosaïque romaine se caractérise notamment par sa polychromie, qui est totalement maitrisée par les Romains au IIe siècle av. J.-C.[11].
Grâce à l'activité de ses ateliers itinérants, toutes les provinces situées autour du mare nostrum, ont connu dès les débuts de l'expansion romaine cet art qui a trouvé un terrain d'élection dans les pays où la lumière est reine.
L'exposition, organisée en 2001 par l'Union Latine au musée archéologique de Madrid[12], a mis l'accent sur l'art de la mosaïque tel qu'il est illustré dans les pays du bassin méditerranéen.
L'une de ses particularités majeures est l'abondance et l'extrême diversité des représentations animales[13],[14].
La construction d'un complexe hôtelier en 2019 à Antakya a nécessité un programme préventif de recherches archéologiques qui a révélé une mosaïque qui s'étale sur 1 050 m2. Elle est ornée de motifs géométriques. Il est probable qu'elle recouvrait une place publique. Elle a été datée du IVe siècle. Sa dimension est remarquable au point que le projet immobilier devrait être modifié pour l'intégrer dans le complexe et permettre au public de pouvoir l'admirer[15].
Théâtre
modifier
Le théâtre latin désigne l'ensemble des œuvres théâtrales produites en langue latine au temps de la Rome antique.
Le théâtre latin est l'héritier du théâtre grec antique mais il s'en démarque sur de nombreux points. S'il est associé à l'origine à des cérémonies religieuses, il évolue vite vers des formes de représentation profanes, dans lesquelles l'écriture, le jeu des acteurs et la mise en scène sont nettement codifiés.
Le théâtre romain est un édifice destiné aux représentations théâtrales durant la même période.
Littérature
modifierLa littérature latine désigne la littérature écrite en latin, principalement dans la Rome antique mais aussi dans tous les territoires où cette langue était parlée du fait d'une conquête effectuée par Rome ou simplement de l'influence de la culture romaine. Du point de vue chronologique, on a continué très longtemps à écrire en latin. Mais la plupart des histoires de la littérature latine ne portent que sur les textes rédigés sous la République et l'Empire romain : les chercheurs considèrent que les changements culturels qui ont accompagné la transition entre l'Antiquité et le Moyen Âge, mais aussi le net recul du latin comme langue parlée dans les premiers siècles du haut Moyen âge, marquent la fin de la littérature latine au sens premier du terme, puisqu'elle cesse d'être nourrie par un parler vivant communément répandu[16]. La littérature écrite en latin à partir du Moyen Âge devient réservée à une élite savante et au clergé.
On peut également poser la question des textes à inclure ; on prend généralement en compte des textes de nature très variées : des ouvrages d'histoire comme ceux de Salluste et de Tacite, des discours judiciaires et philosophiques, ceux de Cicéron en particulier, des traités philosophiques et humanistes, ceux de Sénèque par exemple... Cela se justifie par les différences entre les conceptions latines des lettres et la vision moderne de la littérature.
La littérature latine a été très fortement influencée par la littérature grecque antique. Elle a, à son tour, largement influencé la littérature et les arts européens des siècles ultérieurs, particulièrement le classicisme aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Musique
modifierLa musique de la Rome antique est beaucoup moins bien connue que la musique de la Grèce antique, sur laquelle beaucoup de sources subsistent. On a par exemple pu déchiffrer une quarantaine de partitions dans la notation musicale grecque, et les théories musicales de Pythagore et d'Aristoxène sont bien documentées (tant par les sources grecques que par les écrits d'auteurs latins comme Vitruve et Boèce). À l'inverse, peu de choses ont survécu sur la musique de la Rome antique.
Il y a plusieurs raisons à cela. L'une d'elles est l'hostilité des premiers pères de l'Église à la musique théâtrale et aux fêtes du paganisme, autant d'éléments supprimés une fois le christianisme devenu religion officielle de l'Empire[17].
Il semble que les Romains n'ont été ni particulièrement créatifs, ni originaux dans leur production musicale. Contrairement aux Grecs, ils n'attachaient guère dethos spirituel à cet art[18]. Si l'on considère que les Romains ont porté la même admiration à la musique grecque qu'au reste de la culture hellène, on peut en déduire sans grand risque d'erreur que leur musique a été monodique (c'est-à-dire qu'elle ne comportait qu'une partie mélodique sans harmonisation), et que ces mélodies étaient fondées sur un système de gammes élaboré (appelées modes). Le rythme des hymnes chantés devait se conformer à la métrique de leur poésie[17].
Il y eut aussi des influences non-grecques sur la culture romaine (par exemple celle des Étrusques, et plus tard, avec les conquêtes, celles des Chaldéens en Orient et des Numides au sud[19]). Il est très probable que certains éléments de la musique jouée à Rome venaient des apports des Italiques et de peuples non-européens ; toutefois, la nature exacte de ces apports n'est pas clairement établie.
Danse
modifier
La danse dans la Rome antique est attestée dès avant la République et jusqu'à la fin de l'Empire. Outre leurs interventions régulières dans les cérémonies religieuses, danseurs et danseuses ont occupé l'espace festif, privé et public, développant le mime et créant un nouveau genre théâtral, la pantomime : spectacle dansé avec musiciens et chœurs, souvent basé sur la mythologie, rassemblant des centaines de spectateurs passionnés — avec les conséquences sociales qui peuvent en découler (vedettariat, naissance de coteries, bagarres de supporters, émeutes, sanctions rigoureuses).
Sa description et son historique dépendent de textes d'auteurs latins et grecs, dont la traduction a été rendue problématique, au-delà du manque de vocabulaire technique, par l'interaction des champs lexicaux de la danse et du théâtre, et, parfois, en raison de l'interprétation subjective des traducteurs.
Cette période de l'histoire de la danse reste fort méconnue du grand public parce que son iconographie est rare et que cet art a souffert pendant des siècles — en Occident — d'une critique, voire d'un rejet, liés à l'évolution de la morale et à la montée en puissance du christianisme.
Variations géographiques
modifierRomano-africain
modifier
Les Romano-Africains, appelés Afariqa en langue arabe, sont les anciennes populations nord-africaines de culture romaine et qui parlaient leur propre variété de latin (roman africain)[20]. Ils étaient principalement concentrés, de la conquête romaine de Carthage dans l'Antiquité à la conquête musulmane au VIIe siècle, dans les villes côtières de l'actuelle Tunisie, en Libye occidentale et en Algérie orientale, aire géographique connue sous le nom de la province romaine d'Afrique, puis Ifriqiya après la conquête musulmane.
Les romano-africains étaient d'origine berbère ou punique, mais pouvaient aussi être des descendants de populations venues de Rome elle-même, ou de diverses régions de l'empire, notamment les légionnaires.
Britto-Romain
modifier
Les Britto-Romains (en anglais : Romano-British) sont les Bretons insulaires romanisés à la suite de la conquête de la Grande-Bretagne par l'Empire romain au cours du Ier siècle. Ces populations celtes adoptent une partie des coutumes romaines, sans pour autant abandonner leur langue (le brittonique) et certaines de leurs coutumes.
Après la chute de l'Empire romain d'Occident (en l'an 476), les Britto-Romains préservent la romanité sur la majeure partie de l'île de Bretagne, et les enclaves continentales qu'ils contrôlent sur le littoral et les fleuves au nord de la Loire.
Les chroniques anciennes décrivent les soldats bretons manœuvrant toujours « à la romaine » jusqu'à une époque très tardive. Les Britto-Romains ont trois spécialités, si l'on en croit la littérature et les textes anciens : la garde maritime et fluviale, la cavalerie lourde et l'occupation des zones montagneuses.
Gallo-Romain
modifier
La culture gallo-romaine est la culture romanisée de la Gaule sous la domination de l'Empire romain. Elle est caractérisée par l'adoption ou l'adaptation gauloise de la morale et du mode de vie romain dans un contexte typiquement gaulois[21]. La fusion des cultures, bien étudiée en Gaule[N 3], donne aux historiens un modèle permettant de comparer et de différencier les développements parallèles de la romanisation dans d'autres provinces romaines moins étudiées.
L'Interpretatio romana a offert des noms romains aux divinités gauloises, telles que le dieu-forgeron Gobannos (Gobannus)[22]. Mais des divinités celtiques, seule la protectrice des chevaux Épona pénétra dans les cultures romanisées au-delà des confins de la Gaule[23].
Au début du ve siècle, les invasions barbares (grandes migrations) ont imposé à la culture gallo-romaine des changements fondamentaux dans la politique, le fondement économique et l'organisation militaire. Le traité gothique de 418 offrit une double loyauté, l'autorité romaine occidentale se désintégrant à Rome. La situation critique de la classe dirigeante hautement romanisée[24] est examinée par Ralph Whitney Mathisen[25], et les luttes de l'évêque Hilaire d'Arles par Michael Heinzelmann[26].
Au viie siècle, la culture gallo-romaine persisterait particulièrement dans les régions de Gaule narbonnaise, qui se développèrent en Occitanie, en Gaule cisalpine et dans une moindre mesure en Gaule aquitaine. Le nord autrefois romanisé de la Gaule, une fois occupé par les Francs, se développera dans la culture mérovingienne. La vie romaine, centrée sur les événements publics et les responsabilités culturelles de la vie urbaine dans la res publica et la vie parfois luxueuse du système de villas rurales autosuffisantes, prit plus de temps à s'effondrer dans les régions gallo-romaines où les Wisigoths ont largement hérité du statu quo en 418. La langue gallo-romane a persisté au nord-est dans la forêt charbonnière (Silva Carbonaria), qui formait une barrière culturelle efficace avec les Francs au nord et à l'est, et au nord-ouest jusqu'à la basse vallée de la Loire, où la culture gallo-romaine interférait avec la culture franque. C'était le cas dans une ville comme Tours et en la personne de Grégoire de Tours, évêque gallo-romain face à la famille royale mérovingienne. Basé sur l'intelligibilité mutuelle, David Dalby compte sept langues issues du gallo-roman : le gallo-wallon, le français, le francoprovençal (arpitan), le romanche, le ladin, le frioulan et le lombard[27]. Cependant, d'autres définitions sont beaucoup plus larges, englobant diversement les langues rhéto-romanes, les langues occitano-romanes et les langues gallo-italiques.
Thraco-Romains
modifier
Le terme Thraco-Romain se rapporte à la culture et à la langue des populations d'origine thrace des Balkans, incorporées dans l'empire romain.
Postérité
modifierMoyen-Âge
modifier
Théodoric, à la tête du royaume ostrogothique d'Italie, met en place une politique de protection des statues romaine installées à Rome[29].
À partir du 6ème siècle, la condamnation du réemploi des statues romaines publiques dans les demeures privées augmente au sein de l'empire romain d'orient[29]. Afin de cacher leurs pillages, ces riches propriétaires décident d'enfuir les statues volées ; cells-ci sont alors oubliées avant d'être redécouvertes par des fouilles archéologiques[29].
Toutefois, la majorité des œuvres romaines disparaissent au cours du haut Moyen-Âge : le bronze est fondu pour forger des pièces de monnaie et des armes, tandis que le marbre sert à produire de la chaux[29]. Des petits objets, comme les intailles et camés, sont réutilisés pour des objets liturgiques et de pouvoir, en particulier à l'époque carolingienne[30]. Cette période correspond à un intérêt renouvelé l'histoire romaine, afin notamment de tracer une continuité entre l'Empire romain et le nouvel empire fondé par la dynastie franque[31].
Pour ce qui concerne les œuvres littéraires, les goûts évoluent : Virgile est apprécié durant le Haut Moyen Âge, puis Horace, et Ovide durant le Bas Moyen Âge. Des trois « renaissances » médiévales, carolingienne, ottonienne et du XIIe siècle, la dernière donne lieu à la copie de nombreux manuscrits de textes antiques, aussi à la rédaction de romans adaptés de textes antiques (Le Roman de Thèbes) et d'autres œuvres ayant des modèles antiques, ce qui indique que la culture gréco-romaine y a bien un statut de « classique »[32].
Époque moderne et contemporaine
modifierDans l'Italie de la seconde moitié du XVIIIe siècle et du tournant du XIXe siècle, l'exploration archéologique de Rome et des sites d'époque romaine (Pompéi, Herculanum) connaît un essor, attirant des visiteurs depuis toute l'Europe, tandis que l'inspiration antique éveille la créativité des artistes (le sculpteur Antonio Canova, l'auteur de théâtre Vittorio Alfieri, l'écrivain et philosophe Giacomo Leopardi). Puis le Risorgimento invoque à son tour des références romaines, qui sont encore plus affirmées durant le régime de Mussolini qui percevait son régime comme une rénovation de la grandeur de la Rome antique (voir plus bas). Le cinéma italien d'après 1945 est marqué par l'essor des péplums, d'autant plus que les films hollywoodiens relevant de ce genre pouvaient être tournés dans le pays. Les inspirations classiques marquent aussi la filmographie et l’œuvre littéraire de Pier Paolo Pasolini[33].
En Italie, la référence à la Rome antique est surtout prononcée dans la première moitié du XXe siècle, d'abord avec la conquête de la Libye, présentée comme une nouvelle guerre punique, et surtout durant le régime fasciste de Mussolini. Ce régime doit son nom aux faisceaux (fasci) symbolisant l'autorité d'un magistrat romain antique, et il met en place un nouveau système de datation partant de la restauration des faisceaux (Fascibus Restitutis), à compter de 1922, année de sa prise de pouvoir. Il s'agit alors de reproduire et dépasser la gloire de la Rome impériale. Cela passe par une mise en valeur des sites archéologiques de Rome, à commencer par le Forum antique et le mausolée d'Auguste, travaux qui se font au prix de la destruction de constructions postérieures, lors de la construction de la Via dei Fori Imperiali. Le Foro Italico est édifié sur le modèle des forums impériaux antiques[34].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Dans la mythologie grecque la corne d'abondance fournissait à ses propriétaires une quantité infinie de nourriture et de boissons, comme par magie. La participation de la déesse Terre au "triomphe" - une des fêtes - de Dionysos indique la relation que la terre qui reçoit le corps du défunt est aussi celle qui porte les fruits de la terre. Dionysos étant célébré aux Anthestéries, une fête de la renaissance de la fin de l'hiver et la fête des morts. La persistance de ces représentations au IIIe siècle, un siècle traversé par des crises dans le monde romain, n'est pas éloigné de certaines croyances partagées, à cette époque, dans l'art paléochrétien.
- ↑ Ce trouble, dans l’évaluation des Antiques, apparaît au XVIIIe siècle et dès les environs de 1700 [7].
- ↑ Les interprétations modernes révisent la dichotomie antérieure de la « romanisation » et de la « résistance », surtout sous l'influence croissante de l'archéologie, à travers les restes matériels des modèles de consommation de tous les jours, tels que Woolf 1998 : 169-205, qui souligne les découvertes à Vesontio / Besançon.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Alexandra Dardenay, Charles Davoine et Emmanuelle Rosso, « Qu'est-ce que l'art pour les Romains ? », dans Lugdunum, C'est canon ! L'art chez les Romains,
- ↑ Charles Guérin, « Définir l'ars dicendi: enjeux et méthode de la réflexion cicéronienne dans le De oratore », dans Barbara Cassin dir., Définitions philosophiques et définitions rhétoriques de la rhétorique, Librairie philosophique J. Vrin, (ISBN 978-2-7116-2587-1, SUDOC 18813199X, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 Charles Davoine, « Destruction, conservation, réutilisation : les destins de l'art romain à la fin de l'antiquité », dans Lugdunum, C'est canon ! L'art chez les Romains, , p. 109-115
- ↑ Paul Veyne, L'empire gréco-romain, Seuil, coll. « Des Travaux », , 874 p., 21 cm (ISBN 2-02-057798-4, SUDOC 092673007), p. 4e de couverture.
, (SUDOC 124342531), (SUDOC 099215195), (SUDOC 159201322). Numériques: (SUDOC 196389704), (SUDOC 271098139). - ↑ Sylvie Joye, « Paterfamilias », Publications de l’École française de Rome « Ving-cinq ans après : III. Droits et identités : Identités – familles – masculinités... : les femmes au rendez-vous de l'histoire (colloque de 2016) », , p. 287-299 (ISBN 978-2-7283-1378-5, lire en ligne, consulté le ) (édition papier : (ISBN 978-2-7283-1378-5), (SUDOC 241128064).
- ↑ Turcan 2002, p. 9.
- ↑ Barbanera 2006, p. 2.
- ↑ Turcan 2016, p. 411.
- ↑ Tonio Hölscher, Römische Bildsprache als semantisches System, Heidelberg, 1987.
- ↑ Baratte 1996, p. 36.
- ↑ Jean-Pierre Adam, La Construction romaine : Matériaux et techniques, Picard, coll. « Grands manuels », , 6e éd., 367 p. (ISBN 978-2-7084-0898-2 et 2-7084-0898-4).
- ↑ « Mosaïque Romaine de la Méditerranée », sur unilat.org (consulté le ).
- ↑ Lopez,A., « À propos de figures animales réalistes ou d'identité mystérieuse dans les mosaïques gréco-romaines. Un essai de détermination sur des bases zoologiques », Bulletin de la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire de Béziers, , p. 21-40
- ↑ Lopez,A, « À propos des Mammifères représentés dans les mosaïques romaines : du désert aux venationes de l'amphithéâtre. Observations d'un zoologiste », Bulletin de la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire de Béziers, , p. 93-118
- ↑ Historia n°871-872, juillet août 2019, p. 11.
- ↑ Zehnacker et Fredouille (2001), p. 483-484.
- 1 2 Donald J. Grout et Claude V. Palisca, A history of Western music.
- ↑ H. Ulrich et P. A. Pisk, A History of Music and Musical Style, p. 25.
- ↑ J. E. Scott, « Roman Music » dans The New Oxford History of Music, vol. 1
- ↑ Gilbert Meynier, L'Algérie des origines : de la préhistoire à l'avènement de l'islam, La Découverte, , « Sous la domination romaine : les Romano-Africains », p. 65-
- ↑ (en) Woolf Greg, Becoming Roman : the origins of provincial civilization in Gaul, University of St Andrews, Cambridge University Press, , 296 p. (ISBN 0-521-41445-8, 9780521414456 et 0521789826, OCLC 37981378)
- ↑ (en) John Pollini, Gallo-Roman bronzes and the process of Romanization : the Cobannus hoard, vol. 9 : Monumenta Graeca et Romana, Leiden/New York/Köln, Brill, , 103 p. (ISBN 90-04-12437-3 et 9789004124370, OCLC 49522596)
- ↑ L.S. Oaks, "The goddess Epona: concepts of sovereignty in a changing landscape" in Pagan Gods and Shrines of the Roman Empire, 1986
- ↑ (en) Frank D. Gilliard, « The Senators of Sixth-Century Gaul », Speculum, vol. 54, no 4, , p. 685-697 (ISSN 0038-7134 et 2040-8072, DOI 10.2307/2850323, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ralph Whitney Mathisen, Roman Aristocrats in Barbarian Gaul : Strategies for Survival in an Age of Transition, University of Texas Press, , 262 p. (ISBN 978-0-292-75806-3 et 0292758065, OCLC 645828287, DOI 10.7560/770515)
- ↑ (en) John Drinkwater, Hugh Elton et M. Heinzelmann, Fifth-Century Gaul : A Crisis of Identity?, Cambridge University Press, , 400 p. (ISBN 978-0-521-52933-4, lire en ligne), chap. 21 (« The 'affair' of Hilary of Arles (445) and Gallo-Roman identity in the fifth century »), p. 228-238
- ↑ (en) David Dalby, The Linguasphere register of the world’s languages and speech communities. Observatoire Linguistique, Linguasphere Press, vol. 2, Oxford, Observatoire Linguistique, Linguasphere Press, 1999/2000 (lire en ligne)
- ↑ « Chaux must go on », sur Musée Saint-Raymond (consulté le )
- 1 2 3 4 Charles Davoine, « Destruction, conservation, réutilisation : les destins de l'art romain à la fin de l'antiquité », dans Lugdunum, C'est canon ! L'art chez les Romains, , p. 109-114
- ↑ Benjamin Gurcl, « Reliquaire dit de Pépin », dans Lugdunum, C'est canon ! L'art chez les Romains, , p. 115
- ↑ (en) Rosamond McKitterick, « The Impact of Antiquity », dans Erskine (dir.) 2009, p. 546-547 et 551-552.
- ↑ (en) Jan M. Ziolkowski, « Middle Ages », dans Kallendorf (dir.) 2007, p. 18-29.
- ↑ (en) Volker Riedel, « Italy », dans Kallendorf (dir.) 2007, p. 216-220.
- ↑ (en) Andrew Erskine, « Ancient History and National Identity », dans Erskine (dir.) 2009, p. 559-560.
Bibliographie
modifierSources modernes
modifier- Mortimer Wheeler, L'art romain, Thames et Hudson, (1re éd. 1964).
- Ranuccio, Bianchi, Bandinelli, Rome, le centre du pouvoir , L'univers des formes, Gallimard, (1re éd. 1969).
- Bernard Andreae (édition revue et augmentée), L'art romain, Citadelles et Mazenod, (1re éd. 1973), 639 p. (ISBN 2-85088-071-X, SUDOC 004434153).
- François Baratte, Histoire de l'art antique : L'art romain, Réunion des musées nationaux ; La Documentation française, coll. « Manuels de l'École du Louvre », , 331 p., 24 cm (ISBN 2-7118-3524-3 et 2-11-003633-8, SUDOC 004023420). En livre de poche (21 cm, même pagination) (réimpression 2021, 1ère éd. 2011) École du Louvre : RMN-Grand Palais, (ISBN 2711859045) (SUDOC 157562646)
- Robert Turcan, L'art romain, Flammarion, coll. « Tout l'Art », , 301 p., 22 cm (ISBN 2-08-010687-2 et 978-2080-10687-2, SUDOC 059824182).
- Valérie Huet et Stéphanie Wyler, « « Copies romaines d’un original grec », ou les arts grecs revisités par les Romains », Mètis. Éditions de l'EHESS, no 3 « Et si les Romains avaient inventé la Grèce ? », , p. 151-177 (lire en ligne, consulté le ).
- Marcello Barbanera, « Émulation/création. Originalité de la sculpture romaine », Perspective, no 1, , p. 63-67 (lire en ligne, consulté le ).
A pour référence : (en) Elaine K. Gazda, The ancient art of emulation : studies in artistic originality and tradition from the present to classical antiquity [« L'art ancien de l'émulation : études de l'originalité et de la tradition artistiques du présent à l'Antiquité classique »], Ann Arbor, Mich., University of Michigan Press, coll. « Supplements to the Memoirs of the American Academy in Rome », , xiii-320, 29 cm (ISBN 978-0-4721-1189-3). - Filippo Coarelli (trad. Blanche Bauchau), L'art romain : 1 - des origines au IIIe siècle av. J.-C., Picard, coll. « Histoire de l'art romain », , 251 p., 31 cm (ISBN 978-2-7084-0904-0, SUDOC 155588257).
- Gilles Sauron, L'art romain : 2 - L'art romain des conquêtes aux guerres civiles, Picard, coll. « Histoire de l'art romain », , 308 p., 34 cm (ISBN 978-2-7084-0904-0, SUDOC 172469848).
- Bernard Andreae (trad. Elisabeth Agius d'Yvoire, Jean-Léon Muller, Amélie de Maupeou,... et al.), L'art romain : 3 - L'Art Romain D'Auguste A Constantin, Picard, coll. « Histoire de l'art romain », , 315 p., 34 cm (ISBN 978-2-7084-0910-1, SUDOC 160688884).
- Josef Engemann (trad. Aude Virey-Wallon), L'art romain tardif et paléochrétien de Constantin à Justinien, Picard, coll. « Histoire de l'art romain », , 269 p., 34 cm (ISBN 978-2-7084-0967-5, SUDOC 18153066X).
- Robert Turcan, « Conclusion. La Sculpture Romaine », dans Vassiliki Gaggadis-Robin et Pascale Picard, ed., La sculpture romaine en Occident ... 2012, Centre Camille Jullian, (lire en ligne), p. 411-421.

- Valérie Naas, Anecdotes artistiques chez Pline l'Ancien : la constitution d'un discours romain sur l'art, Sorbonne Université presses, , 399 p., 24 cm (ISBN 979-10-231-0743-2, SUDOC 270620494, lire en ligne), en ligne : 4e de couyverture.
- Claire Iselin dir. et al. (Exposition des 50 ans du musée Lugdunum du 3 octobre 2025 au 7 juin 2026), C'est canon ! : L'art chez les Romains, Lugdunum, Éditions Courtes et Longues, , 144 p., 25 cm.
Sources antiques
modifier- Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC)
- Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] XXXV, La peinture. Traduction Jean-Michel Croissille, Les belles lettres, 2002.
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- LIMC-France (LIMC) : corpus numérique d'objets antiques à figuration mythologique.