Aubin Louis Millin de Grandmaison
Aubin Louis Millin de Grandmaison, dit Eleuthérophile Millin né le à Paris et mort le [1] à Paris, est un naturaliste et bibliothécaire français, érudit dans plusieurs domaines, notamment l'archéologie et l'histoire de l'art médiéval et classique.
| Président de la Bibliothèque nationale de France | |
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| Directeur Cabinet des médailles | |
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Eleuthérophile Moulin |
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Botaniste, historien, collectionneur d'œuvres d'art, collectionneur de livres, journaliste, éditeur, journaliste d'opinion, entomologiste, Le Père de mes enfants, antiquaire, professeur d'université, bibliothécaire, minéralogiste, historien de l’art, archéologue classique, écrivain, numismate, conservateur-restaurateur, archéologue |
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Marie-François Drouhin (d) |
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Biographie
modifierAubin Louis Millin de Grandmaison est né dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire du Nivernais, qui a occupé, dès le XVIIe siècle, des charges de judicature, au grenier à sel et au bailliage[2].
Le , Aubin Louis Millin présente à l'Assemblée constituante son travail intitulé Antiquités Nationales ou recueil de monuments, pour servir à l’Histoire générale et particulière de l’Empire François, tels que tombeaux, inscriptions, statues, vitraux, fresques, etc. ; tirés des abbaïes, monastères, châteaux et autres lieux devenus domaines nationaux. Il est le premier à parler, dans un lieu officiel, de « monument historique » à l'occasion de la démolition de la Bastille[a].
Millin est emprisonné, en 1793, en raison de son hostilité aux Jacobins et de ses articles dans la Chronique de Paris. Libéré après un an de prison, il vient enseigner l'archéologie à la Bibliothèque nationale, à Paris ; il y devient conservateur-professeur du département des antiquités, et, en 1799-1800, président du Conservatoire de cette institution.
Il fonde, en 1787, avec Pierre Marie Auguste Broussonet et Louis-Augustin Bosc d'Antic, la Société linnéenne de Paris. Son livre Éléments d’Histoire naturelle[4] fait partie du corpus des Écoles centrales. Il est directeur en 1795 du Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts[5]. Successeur de l'abbé Barthélemy au Cabinet des médailles le 22 prairial an III () en qualité de conservateur-professeur, il est élu secrétaire du Conservatoire le , puis président le 26 vendémiaire an VIII[6].
Millin est également connu pour avoir écrit beaucoup d'articles sur les vases grecs[7]. En 1806, il publie le Dictionnaire des Beaux-Arts relatant l'esthétisme européen. Il effectue deux longs voyages, le premier en 1804-1806, dans le Midi, le second en Italie, de 1811 à 1813. Il en tire un Voyage dans le Midi de la France en quatre volumes et un atlas, puis un Voyage en Savoie et Piémont publié en 1816.
Membre d'une infinité de sociétés savantes, il participe à d'autres revues scientifiques. Millin traduit également de nombreux récits de voyages, des ouvrages comme deux dissertations de Carl von Linné (pour le compte de la Société philomathique de Paris) et comme celui de Johan Christian Fabricius. Il entretient une importante correspondance avec l'archéologue allemand Karl August Böttiger.
En 1817, il fonde les Annales encyclopédiques, en reprenant le Magasin encyclopédique fondé en 1792 par Marie-François Drouhin.
Aubin Louis Millin de Grandmaison a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise[8].
Publications
modifier- Antiquités nationales ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire générale et particulière de l'empire françois, tels que tombeaux, inscriptions, statues... : tirés des abbayes, monastères, châteaux et autres lieux devenus domaines nationaux, t. I, Paris, Marie-François Drouhin, , 542 p. (lire en ligne sur Gallica). (La Bastille, Tour de Montlhéry, Couvent des Célestins, Couvent des Jacobins rue Saint-Honoré, Couvent des Feuillants de la rue Saint-Honoré, Hôtel Barbette, église Saint-Denis de la Chartre de Paris).
- Antiquités nationales…, t. II, Paris, éd. Marie-François Drouhin, , 497 p. (lire en ligne sur Gallica). (Le Petit Châtelet, à Paris, Monument de la Pucelle, à Orléans, Château de Vincennes et Sainte-Chapelle de Vincennes, Abbaye de Royaumont, Couvent des Minimes de Chaillot, Abbaye de Barbeau, Couvent de l'Oratoire rue Saint-Honoré, Château de Corbeil, Fontaines de Juvisy, Prieuré des Deux-Amants, Porte Saint-Bernard à Paris, Église Notre-Dame de Mantes, Vieux-Palais de Rouen, Couvent des Cordeliers de Vernon, Église Saint-Spire de Corbeil, Pont-Rouge de Paris).
- Antiquités nationales…, t. III, Paris, éd. Marie-François Drouhin, , 549 p. (lire en ligne sur Gallica). (Couvent des Cordeliers de Mantes, Couvent des Grands-Augustins à Paris, Monuments de la ville de Vernon, Église Saint-Sépulcre de Paris, Collégiale Notre-Dame d'Écouis, Église Saint-Benoit le Bétourné à Paris, Gros-Horloge de Rouen, Palais de justice de Rouen, Couvent des Mathurins de Paris, Commanderie de Saint-Jean en L'Isle, à Corbeil, Le Pilori à Paris, Église Saint-Côme de Paris, Tour Jeanne d'Arc de Rouen).
- Antiquités nationales…, t. IV, Paris, éd. Marie-François Drouhin, , 507 p. (lire en ligne sur Gallica), (ancienne chapelle Saint-Yves de Paris, Chartreuse de Bourbon les Gaillon, Couvent des Jacobins rue Saint-Jacques, Abbaye Notre-Dame de Bonport, Église Saint-Julien des Ménétriers de Paris, Ville de Chaumont en Vexin, abbaye de Gomerfontaine, Prieuré Notre-Dame de Longpont sur Orge, Ville de Bergues et Abbaye de Saint-Winoc, Ville, église et château de Gisors, Couvent des Carmes de la Place Maubert, Monastère des Blancs-Manteaux, ville de Pont de l'Arche, ville de Meulan, ville de Calais,
- Antiquités nationales…, t. V, Paris, éd. Marie-François Drouhin (an VII), 1798-1799, 529 p. (lire en ligne sur Gallica). (Collégiale Saint-Nicolas d'Amiens, Chartreuse de Paris, Collégiale Saint-Pierre de Lille, Hôpital Comtesse de Lille, Couvent des Dominicains de Lille, Couvent des Récollets de Lille, Château de Comines, Église Saint-Landry de Paris, Abbaye Sainte-Geneviève de Paris, Bibliothèque Saint-Pierre de Lille).
- Annuaire du républicain ou légende physico-économique : avec l'explication des trois cents soixante-douze noms imposés aux mois et aux jours..., M. F. Drouhin, , 2e éd. (1re éd. //books.google.com/books?id=m2B1qHPl9o0C), 360 p. (lire en ligne sur Gallica).
- Monumens antiques, inédits ou nouvellement expliqués, t. I, Paris, Laroche, , 428 p. (lire sur Google Livres.).
- Monumens antiques, inédits ou nouvellement expliqués, t. II, Paris, , 385 p. (lire en ligne).
- Peintures de vases antiques, vulgairement appelés étrusques (ill. Antoine Cléner (d)), Paris, P. Didot, 1808-1810, 2 vol. (OCLC 1008497568).
- Voyage dans les départemens du Midi de la France, t. I, Paris, éd. Tourneisen, (lire en ligne).
- Voyage dans les départemens du Midi de la France, t. II, Paris, éd. Tourneisen, (lire en ligne).
- Voyage dans les départemens du Midi de la France, t. III, Paris, éd. Tourneisen, (lire en ligne).
- Voyage dans les départemens du Midi de la France, t. IV, Paris, éd. Tourneisen, (lire en ligne).
- Excursion au Mont-Auxois et au château de Bussy, , (+ 2 pl.) 21
- Comparaison des hippocentaures et des taurocatapsies de la Thessalie avec les bouviers et les ferrades de la Camargue, Paris, J. B. Sajou, , 14 p. (lire en ligne).
- Galerie mythologique, recueil de monuments pour servir à l'étude de la mythologie, de l'histoire de l'art, de l'antiquité figurée et du langage allégorique des anciens, t. I, Paris, Soyer, , (+ 190 pl.) 211 (lire en ligne).
- Galerie mythologique, recueil de monuments…, t. II, Paris, Soyer, , (+ 190 pl.) 290 (lire en ligne).
- Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompeï dans l'année 1812, Naples, Imprimerie Royale, , 100 p. (lire en ligne).
- Extrait de quelques lettres adressées à la classe de la littérature ancienne de l’Institut impérial par A.-L. Millin pendant son voyage d’Italie (extrait du Magasin encyclopédique de mars 1814), Paris, impr. de J.-B. Sajou, , 75 p. (lire en ligne).
- Description des tombeaux de Canosa : ainsi que des bas-reliefs, des armures, et des vases peints qui y ont été découverts en MDCCCXIII, Paris, Pierre Didot, , 46 p., illustr. (OCLC 932095445, lire en ligne).
- Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes, t. I, Paris, Wassermann, (lire en ligne).
- Voyage en Savoie, en Piémont, à Nice et à Gênes, t. II, Paris, Wassermann, (lire en ligne).
- Voyage dans le Milanais, à Plaisance, Parme, Modène, Mantoue, Crémone, et dans plusieurs autres villes de l'ancienne Lombardie, t. I, Paris, Wassermann, (lire en ligne).
- Voyage dans le Milanais…, t. II, Paris, Wassermann, (lire en ligne).
- Pierres gravées inédites tirées des plus célèbres cabinets de l'Europe, publiées et expliquées par A. L. Millin, t. I, Paris, Bureau des annales encyclopédiques, , 144 p. (lire en ligne).
- Histoire métallique de la Révolution française, ou description des médailles et des monnaies frappées en France depuis la convocation des États-Généraux en 1789 jusqu'à la première campagne du général Bonaparte en Italie en 1796 (mentionné dans la préface de Histoire métallique de Napoléon ou recueil des médailles et des monnaies… par James V. Millingen), .
- Voyages et conscience patrimoniale : Aubin-Louis Millin (1759-1818) entre France et Italie, actes du congrès de Paris, Institut national du patrimoine, 27-28 novembre 2008, et Rome, La Sapienza, 12-13 décembre 2008, Rome, Campisano, , 536 p., illustr. ; 27 cm (ISBN 978-8-88816-872-2, OCLC 999604644).
- Voyage dans les départements du midi de la France, plusieurs tomes, Paris, Imprimerie nationale, 1807-1811.
- Histoire métallique de Napoléon, ou Recueil des médailles et des monnaies qui ont été frappées depuis la première campagne de l'armée d'Italie jusqu'à son abdication en 1815, Adolphe Delahays (lire en ligne).
- Abrégé des antiquités nationales ou Recueil de monuments pour servir à l'histoire de France, 1837.
- Antiquités nationales
- Le Petit Châtelet à Paris.
- La porte Saint-Bernard à Paris.
- Le pont Rouge sur la Seine à Paris.
Distinction
modifier- Par décret du , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, non sans avoir dû réclamer cette distinction avec force mots auprès du Premier Consul, déjà dès le [9].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Le quatrième bâtiment des Feuillants où il demeure alors a été classé « monument historique », en pour sa toiture et sa façade au nº 229 rue Saint-Honoré[3].
Références
modifier- ↑ « Aubin Louis Millin (1759-1818) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, éd. Sedopols, 2012, p. 575
- ↑ Dominique Waquet, « Millin [de Grandmaison] », dans Dictionnaire des habitants, occupants, propriétaires et lieux remarquables de la rue et du cloître Saint-Honoré pendant la Révolution et l'Empire, Paris, Société d'études robespierristes, , 607 p. (lire en ligne), p. 398.
- ↑ A. L. Millin, Elémens d'histoire naturelle, Paris, chez Agasse, an iii de la république, 444 p.
- ↑ Jean-Luc Chappey, « Batailles encyclopédiques entre Révolution et Empire », dans Vincent Bourdeau, Jean-Luc Chappey et Julien Vincent (dir.), Les encyclopédismes en France à l'ère des révolutions (1789-1850), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. « Les Cahiers de la MSHE Ledoux », (ISBN 978-2-84867-839-9, DOI 10.4000/books.pufc.18679
, lire en ligne), p. 21-42 - ↑ Aubin Louis Eleuthérophile Millin de Grandmaison [lire en ligne]
- ↑ Peintures de vases antiques, vulgairement appelés étrusques (ill. Antoine Cléner (d)), Paris, P. Didot, 1808-1810, 2 vol. (OCLC 1008497568).
- ↑ François Marie Marchant de Beaumont, Pierre-Roch Vigneron et Jean Louis Duplat, Vues pittoresques, historiques et morales du cimetière du P. La Chaise, vol. I, (OCLC 1046360506, lire en ligne), p. 421.
- ↑ « Notice LH de Millin ».
Bibliographie
modifier- Françoise Arquié-Bruley, « Au Cabinet des estampes, dessins exécutés en Italie de 1811 à 1813 pour Aubin Louis Millin », Revue de la Bibliothèque Nationale 15, 1985, p. 24-43.
- Françoise Choay (introduction et sélection des extraits), « Aubin Louis Millin (1759-18181) », dans Françoise Choay, Le patrimoine en questions : Anthologie pour un combat, Paris, Éditions du Seuil, coll. « La couleur des idées », (ISBN 978-2-02-100494-6, présentation en ligne), p. 77-83.
- Anna Maria D'Achille, Antonio Iacobini, Gennaro Toscano,Il viaggio disegnato. Aubin Louis Millin nell'Italia di Napoleone 1811-1813, Rome, Campisano editore, 2012.
- Anna Maria D'Achille, Antonio Iacobini, Gennaro Toscano, Le Voyage en Italie d'Aubin Louis Millin 1811-1813. Un archéologue dans l'Italie napoléonienne, Paris, Gourcuff Gradenigo, 2014.
- Bon-Joseph Dacier, Notice historique sur la vie et les ouvrages de M. Millin, par M. Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres. Séance publique du 27 juillet 1821, Paris, 1821.
- Geneviève Espagne, Bénédicte Savoy (éd.), Aubin Louis Millin et l'Allemagne. Le Magasin encyclopédique - Les lettres à Karl August Böttiger., Série Europaea Memoria. Studien und Texte zur Geschichte der europäischen Ideen 41, Hildesheim, Georg Olms Verlag - Weidmannsche Verlagsbuchhandlung, 2005 (ISBN 3-487-12871-3).
- Philippe Gardy, « Entre statistique et 'beauté du mourant' : Aubin-Louis Millin inventeur de la littérature occitane ? », Lengas revue de sociolinguistique, no 41, 1997, p. 147-165.
- Cecilia Hurley, Monuments for the people : Aubin Louis Millin’s Antiquités nationales (collection Théorie de l’art / Art Theory – 1400-1800), Brepols éd., Turnhout, Belgique (ISBN 978-2-503-53682-8).
- Élise Lehoux, « L’enseignement de l’archéologie au 19e siècle : Aubin Louis Millin à la Bibliothèque nationale », , carnet de recherches Hypothèses "L'Antiquité à la BnF", lire en ligne.
- Thierry Sarmant, Le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale 1661-1848, Paris, Mémoires et documents de l'École des Chartes, 1994, p. 237–42.
- Gennaro Toscano, « L’Enseignement d’Aubin-Louis Millin (1759-1818) : l’histoire de la restauration des peintures », Patrimoines. Revue de l’Institut national du patrimoine, nº 4, 2008, p. 28-39.
- Gennaro Toscano, « Le Moyen Âge retrouvé. Millin et Ingres à la découverte de Naples angevine », Ingres, un homme à part ? Entre carrière et mythe, la fabrique du personnage, colloque international sous la direction de C. Barbillon, P. Durey et U. Fleckner, Paris, École du Louvre, Académie de France à Rome, 25-28 avril 2006, Paris, École du Louvre, 2009, p. 275-310.
- (it) Gennaro Toscano, « Aubin Louis Millin, Filippo Marsigli e la riscoperta di Leonardo da Besozz », A. Delle Foglie, La cappella Caracciolo del Sole a San Giovanni a Carbonara, Milan, Jaca Book, 2011, p. xvii-xxiv.
- Voyages et conscience patrimoniale : Aubin-Louis Millin (1759-1818) entre France et Italie, actes du congrès de Paris, Institut national du patrimoine, 27-28 novembre 2008, et Rome, La Sapienza, 12-13 décembre 2008, Rome, Campisano, , 536 p., illustr. ; 27 cm (ISBN 978-8-88816-872-2, OCLC 999604644, lire en ligne sur Gallica).
- Gennaro Toscano, « Mai 1812 : Aubin Louis Millin et Franz Ludwig Catel à Paestum », Album amicorum. Œuvres choisies pour Arnaud brejon de Lavergnée, Paris, 2012, p. 182-3.
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
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