Auguste Calas
Auguste Calas, né le dans le 19e arrondissement de Paris et mort le à Carlsbad (Reich allemand), est un militaire, commissaire de police, résistant et déporté français[1].
| Commissaire de police Fontainebleau | |
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Auguste Joseph Jean Calas |
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Militaire (- |
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Biographie
modifierFamille
modifierCarrière militaire
modifierAprès avoir hésité avec une carrière musicale, son goût de l'action l'amène à choisir la carrière des armes[4].
Il s'engage volontairement dans l'armée française en 1913 comme soldat de 2e classe au 76e régiment d'infanterie.
Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale en , il monte au front comme caporal avec son régiment[1].
Il monte rapidement en grade comme sous-officier[2]. Son unité est notamment engagée dans la bataille de la Marne puis en Argonne[1].
Grièvement blessé par schrapnel en , il est cité à l'ordre de l'armée pour son comportement au feu et reçoit la médaille militaire[1].
Promu officier en , il est affecté au 17e bataillon de chasseurs[1], qui est engagé dans la bataille de Verdun entre mars et puis dans celle de la Somme en septembre et [1].
A nouveau blessé le devant Biaches (Somme), il est fait prisonnier par les Allemands et interné à Osnabrück[2],[4].
Il tente de s’évader à deux reprises, ce qui lui vaut l’incarcération dans la fameuse forteresse d’Ingolstadt (dite ‘’fort des évadés’’). Il y partage la chambrée de deux jeunes capitaines, qui joueront un rôle dans le conflit mondial suivant, Georges Catroux et Charles de Gaulle[5].
Pourtant, en , Auguste Calas parvient à s'en évader. Il retourne en France et rejoint immédiatement son poste de commandant en [5],[4]. Il est promu lieutenant[1].
De à , il prend part à la guerre soviéto-polonaise comme cadre de la jeune armée polonaise, puis est envoyé dans les Etats baltes[2].
De retour d'Europe de l'Est, il sert ensuite sur sa demande en Algérie pendant huit ans, au 10e régiment de tirailleurs algériens puis au 6e régiment de tirailleurs algériens[2],[6].
Carrière d'inspecteur puis de commissaire de police
modifierRetraité de l'armée en 1928, il entame une deuxième partie de carrière dans la police à compter de 1931, en qualité d'inspecteur[1],[7],[4].
Promu commissaire de police en 1934 après concours, il est affecté à la police municipale de Châteaudun (Eure-et-Loir)[8], puis est nommé à Millau (Aveyron) en 1935[1],[4].
A compter de 1936, il est commissaire de police de Fontainebleau[9],[10], et ce jusqu'à sa future arrestation en 1943[1].
Il est décrit comme un « fonctionnaire intègre, affable, conciliant mais énergique et infatigable »[11],[4].
Rappelé à l’activité en , il est affecté au 330e régiment d'infanterie à Domfront. Réformé en pour ses deux blessures de la Grande guerre, il reprend son poste de commissaire de police à Fontainebleau.
Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale
modifierDurant l'occupation allemande, il joue un rôle important dans la Résistance à Fontainebleau[12],[5].
Tout d’abord, en tant que commissaire de police, il emploie tous les moyens mis à sa disposition pour protéger les personnes recherchées par les Allemands : les juifs ainsi que les communistes pour lesquels il fournit des renseignements favorables, et tous les résistants qui se présentent à lui[1],[4].
Il les prévient des recherches dont ils sont l'objet, et facilite leur départ (établissement de faux-papiers)[1]. Par ailleurs ses fonctions lui permettaient de signer de nombreuses cartes d'identité pour les maquisards et les S.T.O[1].
A titre d'illustration, il déclare à son officier de paix : « Aucune arrestation ne sera opérée pour les Boches ».
Par ailleurs, catholique convaincu[11], il rejoint le mouvement de résistance Front national en [1],[5],[4], qui a été fondé par des militants communistes[11].
Arrestation, internement, déportation et mort
modifierAuguste Calas est arrêté le à son domicile du no 8 rue Auguste Barbier à Fontainebleau par la Gestapo[13],[14], dont Wilhelm Korf, chef de la Gestapo de Melun, en personne[1],[4].
Il est détenu trois mois et demi à la prison de Fontainebleau, tenue par l'occupant allemand[15], où il est mis au secret[4]. Il est ensuite transféré le au fort de Romainville puis au camp de Royallieu à Compiègne six jours plus tard[15].
Déporté à Buchenwald par le convoi I.172 parti le [13],[16], il est transféré à Flossenbürg un mois plus tard[13],[17]. Le il est envoyé au kommando de Johanngeorgenstadt à Karlsbat-Falsper (actuelle République tchèque)[15].
Devant l'avance alliée, le kommando est évacué à pied par la route[15]. Très éprouvé par les mauvais traitements subis, Auguste Calas se trouve dans l'impossibilité de suivre la colonne[15].
Il est alors achevé d'un coup de fusil par deux Waffen-SS le à Carlsbad (Reich allemand)[Note 1],[15],[4].
États de services
modifierDistinctions
modifierAuguste Calas est récipiendaire des décorations suivantes :
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du )[5],[2],[21],[22]
Médaille militaire (arrêté ministériel du )[5],[2],[23]
Croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze et étoile d'argent (une citation à l'ordre de l'armée en et une citation à l'ordre de la brigade)[Note 3],[5],[2],[23],[24]
Médaille de la Résistance française à titre posthume (décret du )[25],[26]
Médaille des évadés (décision ministérielle du )[5],[2],[4]
Croix du combattant
Médaille commémorative interalliée « médaille de la Victoire » (1914-1918)
Médaille commémorative de la guerre -
Insigne des blessés de guerre (deux blessures de guerre : le et le )[2]
Médaille commémorative de la guerre 1918-1921 (Pologne) ()[1]- Diverses autres décorations coloniales et étrangères[24]
Hommages
modifierOdonymie
modifier- Son nom est donné en à une rue de Fontainebleau reliant la rue des Pins à la rue Grande[4],[11]. Cette rue disparaît en 2015 à la faveur de la transformation de la Place de la République mitoyenne.
- Depuis cette rénovation, son nom est attribué à un square jouxtant l'église Saint-Louis de Fontainebleau.
Hommage
modifier- Une plaque commémorative en hommage à Auguste Calas a été apposée à l'intérieur du commissariat de police de Fontainebleau après guerre sur décision du conseil municipal de Fontainebleau[4], puis replacée sur le mur extérieur dans les années 1980 ou 1990 pour servir de mémoire à tous les passants[27].
Parrainage
modifier- Son nom est donné en 1946 à une promotion de l’école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi[28],[1],[11].
Reconnaissance
modifierTémoignage
modifierVie privée
modifierIl épouse Wanda Borowska (née en 1897 en Pologne) le à Aïn-Sifra (Algérie française)[1],[3] ; le couple divorce avant 1931[1].
Divorcé, il vit en union libre pendant au moins de dix-sept ans avec Elisabeth Petit[1].
Par ailleurs, il est le père de Jeanne Calas (1940-2019), fille qu'il a eue avec Julienne Hareau, décédée âgée d'une vingtaine d'années lors de l'accouchement le à Mayenne[1]. Jeanne vit ensuite chez ses grands-parents maternels au domicile de Ham[1]. Auguste Calas la reconnaît juste avant sa déportation. Elle devient pupille de la Nation le [1]. Jeanne Calas devient plus tard Mme Letterrier[1].
Bibliographie
modifier- Alexandre Oudotte et Rime Zoldyck, Les armes à la main !, Lycée François-Ier (Fontainebleau), , 111 p. (lire en ligne) ; les auteurs sont lauréats départementaux (Seine-et-Marne) du concours national de la Résistance et de la Déportation de 2018[12].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Carlsbad est appelé actuellement Karlovy-Vary et situé dans l'actuelle République thèque.
- ↑ Lors de cette promotion par arrêté du , Auguste Calas est considéré par l'administration comme "déporté en Allemagne, sans affectation" alors qu'il est en fait déjà décédé depuis le .
- ↑ Citation à l'ordre de l'armée d'Auguste Calas, accompagnant sa Médaille militaire : "adjudant au 76e régiment d'infanterie, matricule 4432 : a entraîné sa section à l'attaque de positions ennemies retranchées, les a conquises et s'est maintenu, malgré de violentes contre-attaques. Blessé à la région épigastrique (blessure grave)."
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 Alexandre Oudotte et Rime Zoldyck, Les armes à la main !, , 111 p. (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Archives de Paris, « Registres matricules militaires - Classe 1912 - Dossier Auguste Calas », sur archives.paris.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 « Naissances (Paris, France) (colgnecac75n #1727101) », sur Geneanet (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Livret d'hommage à Auguste Calas, parrain de la promotion 1947 de l'école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Lead Off, « Auguste CALAS », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le )
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
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- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Un Juste : le commissaire Auguste Calas », Civic, no 60, , p. 50
- 1 2 Théophile Magoria, « Fontainebleau : deux lycéens rendent hommage au résistant Auguste Calas », sur leparisien.fr, (consulté le )
- 1 2 3 Association Flossenbürg, « Fiche Auguste Calas »
- ↑ Archives départementales de Seine-et-Marne, « Dossier d’Auguste Calas, commissaire principal de police, arrêté le 16 septembre 1943 »
- 1 2 3 4 5 6 « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
- ↑ Fondation pour la mémoire de la déportation, « Transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 (I.172.) »
- ↑ Collections Arolsen, « Auguste Calas »
- ↑ « L'Abeille de Fontainebleau : journal administratif, judiciaire, industriel et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
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- 1 2 « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
- 1 2 3 Ordre de la Libération - Dossier de médaillé de la Résistance française - Auguste Calas
- ↑ « Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Renée Wathier, « 16 juillet - Fête des Justes : Le commissaire Auguste Calas, un Juste qui savait dire non à l'ennemi », Journal des combattants, , p. 1 et 6
- ↑ Maryvonne Braunschweig et Bernard Gidel, Les Déportés d'Avon: Enquête autour du film de Louis Malle : «Au revoir les enfants», FeniXX, (ISBN 978-2-348-01277-8, lire en ligne)
- ↑ Journal officiel de la République française, « Arrêté du 6 octobre 1987 relatif à l'apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes ou jugements déclaratifs de décès »
Liens externes
modifier- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense (GR 16 P 101328, GR 16 P 101613, AC 21 P 432 599)
- Archives nationales (19850673/2, F/4/3214, auguste-calas)
- archives départementales de Seine-et-Marne (SC51325, 3384w7_auguste-calas-lettre_1.pdf)
- Ressource relative aux militaires :