Auguste Calas

commissaire de police, militaire et résistant français

Auguste Calas, né le dans le 19e arrondissement de Paris et mort le à Carlsbad (Reich allemand), est un militaire, commissaire de police, résistant et déporté français[1].

Auguste Calas
Fonctions
Commissaire de police
Fontainebleau
-
Commissaire
à partir du
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Auguste Joseph Jean CalasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Autres informations
Membre de
Armes
Grades militaires
Capitaine
Commissaire principal de police (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits
Lieux de détention
Distinctions
Plaque commémorative.

Biographie

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Famille

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Auguste Joseph Jean Calas naît le dans le 19e arrondissement de Paris[2],[3]. Il est le fils de Paul Dieudonné Calas, cordonnier, et de Marie Bariéraud, couturière[2],[3].

Ses parents tiennent un magasin de chaussures à Paris[4]. Il a une jeunesse studieuse et calme[4].

Carrière militaire

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Après avoir hésité avec une carrière musicale, son goût de l'action l'amène à choisir la carrière des armes[4].

Il s'engage volontairement dans l'armée française en 1913 comme soldat de 2e classe au 76e régiment d'infanterie.

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale en , il monte au front comme caporal avec son régiment[1].

Il monte rapidement en grade comme sous-officier[2]. Son unité est notamment engagée dans la bataille de la Marne puis en Argonne[1].

Grièvement blessé par schrapnel en , il est cité à l'ordre de l'armée pour son comportement au feu et reçoit la médaille militaire[1].

Promu officier en , il est affecté au 17e bataillon de chasseurs[1], qui est engagé dans la bataille de Verdun entre mars et puis dans celle de la Somme en septembre et [1].

A nouveau blessé le devant Biaches (Somme), il est fait prisonnier par les Allemands et interné à Osnabrück[2],[4].

Il tente de s’évader à deux reprises, ce qui lui vaut l’incarcération dans la fameuse forteresse d’Ingolstadt (dite ‘’fort des évadés’’). Il y partage la chambrée de deux jeunes capitaines, qui joueront un rôle dans le conflit mondial suivant, Georges Catroux et Charles de Gaulle[5].

Pourtant, en , Auguste Calas parvient à s'en évader. Il retourne en France et rejoint immédiatement son poste de commandant en [5],[4]. Il est promu lieutenant[1].

De à , il prend part à la guerre soviéto-polonaise comme cadre de la jeune armée polonaise, puis est envoyé dans les Etats baltes[2].

De retour d'Europe de l'Est, il sert ensuite sur sa demande en Algérie pendant huit ans, au 10e régiment de tirailleurs algériens puis au 6e régiment de tirailleurs algériens[2],[6].

Carrière d'inspecteur puis de commissaire de police

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Retraité de l'armée en 1928, il entame une deuxième partie de carrière dans la police à compter de 1931, en qualité d'inspecteur[1],[7],[4].

Promu commissaire de police en 1934 après concours, il est affecté à la police municipale de Châteaudun (Eure-et-Loir)[8], puis est nommé à Millau (Aveyron) en 1935[1],[4].

A compter de 1936, il est commissaire de police de Fontainebleau[9],[10], et ce jusqu'à sa future arrestation en 1943[1].

Il est décrit comme un « fonctionnaire intègre, affable, conciliant mais énergique et infatigable »[11],[4].

Rappelé à l’activité en , il est affecté au 330e régiment d'infanterie à Domfront. Réformé en pour ses deux blessures de la Grande guerre, il reprend son poste de commissaire de police à Fontainebleau.

Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale

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Durant l'occupation allemande, il joue un rôle important dans la Résistance à Fontainebleau[12],[5].

Tout d’abord, en tant que commissaire de police, il emploie tous les moyens mis à sa disposition pour protéger les personnes recherchées par les Allemands : les juifs ainsi que les communistes pour lesquels il fournit des renseignements favorables, et tous les résistants qui se présentent à lui[1],[4].

Il les prévient des recherches dont ils sont l'objet, et facilite leur départ (établissement de faux-papiers)[1]. Par ailleurs ses fonctions lui permettaient de signer de nombreuses cartes d'identité pour les maquisards et les S.T.O[1].

A titre d'illustration, il déclare à son officier de paix : « Aucune arrestation ne sera opérée pour les Boches ».

Par ailleurs, catholique convaincu[11], il rejoint le mouvement de résistance Front national en [1],[5],[4], qui a été fondé par des militants communistes[11].

Arrestation, internement, déportation et mort

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Auguste Calas est arrêté le à son domicile du no 8 rue Auguste Barbier à Fontainebleau par la Gestapo[13],[14], dont Wilhelm Korf, chef de la Gestapo de Melun, en personne[1],[4].

Il est détenu trois mois et demi à la prison de Fontainebleau, tenue par l'occupant allemand[15], où il est mis au secret[4]. Il est ensuite transféré le au fort de Romainville puis au camp de Royallieu à Compiègne six jours plus tard[15].

Déporté à Buchenwald par le convoi I.172 parti le [13],[16], il est transféré à Flossenbürg un mois plus tard[13],[17]. Le il est envoyé au kommando de Johanngeorgenstadt à Karlsbat-Falsper (actuelle République tchèque)[15].

Devant l'avance alliée, le kommando est évacué à pied par la route[15]. Très éprouvé par les mauvais traitements subis, Auguste Calas se trouve dans l'impossibilité de suivre la colonne[15].

Il est alors achevé d'un coup de fusil par deux Waffen-SS le à Carlsbad (Reich allemand)[Note 1],[15],[4].

États de services

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Grades dans l'armée

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  • Soldat de 2e classe : [2]
  • Caporal : [2]
  • Sergent : [2]
  • Sergent major : [2]
  • Adjudant : [2]
  • Sous-lieutenant : [2]
  • Lieutenant : [2]
  • Lieutenant de réserve : [2]
  • Capitaine de réserve : [2]

Grades dans la police

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  • Inspecteur : [1]
  • Commissaire principal de 3e classe : [1]
  • Commissaire principal de 2e classe : [1],[18],[19]
  • Commissaire principal de 1re classe : [Note 2],[20]

Distinctions

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Auguste Calas est récipiendaire des décorations suivantes :

Hommages

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Odonymie

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Hommage

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  • Une plaque commémorative en hommage à Auguste Calas a été apposée à l'intérieur du commissariat de police de Fontainebleau après guerre sur décision du conseil municipal de Fontainebleau[4], puis replacée sur le mur extérieur dans les années 1980 ou 1990 pour servir de mémoire à tous les passants[27].

Parrainage

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  • Son nom est donné en 1946 à une promotion de l’école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi[28],[1],[11].

Reconnaissance

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Témoignage

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Le chanoine Fontaine, curé-archiprêtre de Fontainebleau, déclare lors d'une allocution prononcée au cours d'une messe dite à la mémoire du commissaire Auguste Calas que « La Police de Fontainebleau peut s'enorgueillir d'avoir été française et patriote avant tout. »[1],[24],[4].

Vie privée

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Il épouse Wanda Borowska (née en 1897 en Pologne) le à Aïn-Sifra (Algérie française)[1],[3] ; le couple divorce avant 1931[1].

Divorcé, il vit en union libre pendant au moins de dix-sept ans avec Elisabeth Petit[1].

Par ailleurs, il est le père de Jeanne Calas (1940-2019), fille qu'il a eue avec Julienne Hareau, décédée âgée d'une vingtaine d'années lors de l'accouchement le à Mayenne[1]. Jeanne vit ensuite chez ses grands-parents maternels au domicile de Ham[1]. Auguste Calas la reconnaît juste avant sa déportation. Elle devient pupille de la Nation le [1]. Jeanne Calas devient plus tard Mme Letterrier[1].

Bibliographie

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Notes et références

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  1. Carlsbad est appelé actuellement Karlovy-Vary et situé dans l'actuelle République thèque.
  2. Lors de cette promotion par arrêté du , Auguste Calas est considéré par l'administration comme "déporté en Allemagne, sans affectation" alors qu'il est en fait déjà décédé depuis le .
  3. Citation à l'ordre de l'armée d'Auguste Calas, accompagnant sa Médaille militaire : "adjudant au 76e régiment d'infanterie, matricule 4432 : a entraîné sa section à l'attaque de positions ennemies retranchées, les a conquises et s'est maintenu, malgré de violentes contre-attaques. Blessé à la région épigastrique (blessure grave)."

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 Alexandre Oudotte et Rime Zoldyck, Les armes à la main !, , 111 p. (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Archives de Paris, « Registres matricules militaires - Classe 1912 - Dossier Auguste Calas », sur archives.paris.fr (consulté le )
  3. 1 2 3 4 « Naissances (Paris, France) (colgnecac75n #1727101) », sur Geneanet (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Livret d'hommage à Auguste Calas, parrain de la promotion 1947 de l'école inter-régionale des gardiens de la paix de Marly-le-Roi.
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 Lead Off, « Auguste CALAS », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le )
  6. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  7. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  8. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  9. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  10. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  11. 1 2 3 4 5 « Un Juste : le commissaire Auguste Calas », Civic, no 60, , p. 50
  12. 1 2 Théophile Magoria, « Fontainebleau : deux lycéens rendent hommage au résistant Auguste Calas », sur leparisien.fr, (consulté le )
  13. 1 2 3 Association Flossenbürg, « Fiche Auguste Calas »
  14. Archives départementales de Seine-et-Marne, « Dossier d’Auguste Calas, commissaire principal de police, arrêté le 16 septembre 1943 »
  15. 1 2 3 4 5 6 « Musée de la résistance en ligne », sur museedelaresistanceenligne.org (consulté le )
  16. Fondation pour la mémoire de la déportation, « Transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 (I.172.) »
  17. Collections Arolsen, « Auguste Calas »
  18. « L'Abeille de Fontainebleau : journal administratif, judiciaire, industriel et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
  19. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  20. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  21. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  22. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  23. 1 2 « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  24. 1 2 3 Ordre de la Libération - Dossier de médaillé de la Résistance française - Auguste Calas
  25. « Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
  26. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le )
  27. Renée Wathier, « 16 juillet - Fête des Justes : Le commissaire Auguste Calas, un Juste qui savait dire non à l'ennemi », Journal des combattants, , p. 1 et 6
  28. Maryvonne Braunschweig et Bernard Gidel, Les Déportés d'Avon: Enquête autour du film de Louis Malle : «Au revoir les enfants», FeniXX, (ISBN 978-2-348-01277-8, lire en ligne)
  29. Journal officiel de la République française, « Arrêté du 6 octobre 1987 relatif à l'apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes ou jugements déclaratifs de décès »

Liens externes

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