Autoroute A133 (France)

projet d'autoroute française

L'autoroute A133 forme avec l'A134 le projet de contournement est de Rouen, en Normandie. Le décret de déclaration d'utilité publique de l'autoroute A133 a été signé le [1] et publié au Journal officiel le [2]. Le projet a été abandonné le .

Autoroute A133
Cartouche de la route
Historique
Ouverture 2031
Caractéristiques
Réseau Autoroute française
Territoire traversé
Régions Normandie
Départements Seine-Maritime, Eure

Présentation

modifier

Le projet d'autoroute A133 fait partie du projet plus large de contournement Est de Rouen. L'autoroute à 2 × 2 voies doit relier l'autoroute A28 au nord à l'autoroute A13 au sud. L'ensemble du projet de contournement Est de Rouen comprend aussi l'autoroute A134 et comporte 41,5 km de voies, 9 échangeurs et devrait attirer 20 000 à 30 000 véhicules par jour.

L'autoroute A133 doit relier l'autoroute A28 sur la commune de Quincampoix et l'autoroute A13 sur la commune d'Incarville. Un échangeur autoroutier, situé entre les communes de Gouy, Ymare et Les Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen doit permettre un échange avec l'autoroute A134[3]. Il est prévu que l'autoroute traverse de nombreuses terres agricoles, des espaces naturels et passe à proximité d'habitations.

Tracé de la section nord de l'A133

modifier
  •  Échangeur entre A28 et A133
  • Péage Gare de Péage
  • Sortie 13 Saint-Jacques-de-Darnétal - N31
  • Viaduc autoroutier
  • Viaduc sur la vallée de l'Aubette
  • Sortie 14 La Neuville-Chant-d'Oisel - D6014
  • Tunnel (tranchée couverte) au niveau du Hameau du Boc, à Boos
  • Sortie 15 Saint-Aubin-Celloville - D94
  •  Échangeur entre A133 et A134

Tracé de l'A134

modifier
  •  Échangeur entre A133 et A134
  • Viaduc sur la Seine
  • Péage Gare de Péage
  • Sortie 16 Saint-Etienne-du-Rouvray - D18
  • Sortie 17 D18E
  • Sortie 18 Madrillet
  •  Échangeur entre A134, N138/A28 et N338/A150

Tracé de la section sud de l'A133

modifier

Financement

modifier

Le projet devrait faire l'objet d'une concession autoroutière, ce qui signifie que l'autoroute sera payante pour ses usagers. Le coût total du projet était estimé, lors de l'enquête publique, à 886 millions d’euros HT en valeur 2015 dont environ la moitié devrait être apportée par l’État et les collectivités locales.

En 2017, le département de l'Eure annonce, par la voix de son président Sébastien Lecornu, des critiques vis-à-vis du financement du contournement de Rouen. En septembre, le département confirme sa volonté de ne pas participer au financement du contournement est de Rouen. Selon lui, le département de l'Eure aura déjà beaucoup à payer pour adapter le réseau secondaire eurois au contournement de Rouen[4]. La Communauté d'agglomération Seine-Eure a fait une annonce similaire. Ces deux annonces privent le contournement est de Rouen, de 50 Millions d'Euros de financement.

Le , Hervé Morin, président de la région Normandie, Pascal Martin, président du conseil départemental de la Seine-Maritime, et Frédéric Sanchez, président de la Métropole Rouen-Normandie, annoncent être parvenu à un accord financier, permettant de pallier le retrait eurois. Les collectivités locales s'engagent à concourir au projet à hauteur de 157 M€ pour la Région (contre 122 M€ auparavant), 66 M€ pour la Métropole (contre 55 M€ auparavant) et 22 M€ pour le département de Seine-Maritime (contre 18,3 M€ auparavant), soit un quart du budget total[5].

Le financement de l'État dépendra du résultat des travaux du Conseil d'orientation des infrastructures, installé par la ministre des Transports Élisabeth Borne, et qui doit rendre ses conclusion début 2018[6].

Le , l'assemblée métropolitaine de la Métropole Rouen Normandie présidée par Nicolas Mayer-Rossignol vote, à la majorité (76 pour, 43 contre et 4 abstentions) après plus de cinq heures de débats, une délibération proposant de ne pas financer l'ouvrage[7]. À la suite de ce vote, les présidents du département de Seine-Maritime, Bertrand Bellanger, et de la région Normandie, Hervé Morin, proposent d'augmenter leurs apports prévus initialement (respectivement de 157 M€ à 205 M€ et de 22 M€ à 40 M€) afin de financer la part de la Métropole[8].

En , le Conseil d'orientation des infrastructures rend un avis négatif sur le projet[9]. Le en marge d'une visite du chantier de raccordement de la Sud III au pont Flaubert, Hervé Morin déclare que « le raccordement du pont Flaubert était le dernier grand projet routier que nous serons en mesure de financer. Sur des programmes routiers qui nous semblaient importants pour la région et bien sûr pour la ville ou le département concerné, on ne pourra plus accompagner »[10].

Historique

modifier

Le projet d'un contournement autoroutier de Rouen est évoqué depuis les années 1970, période à laquelle plusieurs métropoles françaises réfléchissent elles aussi à se doter de contournements autoroutiers. À Rouen, la topographie complique un tel projet.

La construction de plusieurs infrastructures routières situées en centre-ville de Rouen comme le pont Mathilde, inauguré en 1980, et le tunnel de la Grand'Mare, ouvert en 1992, permettent d'absorber le trafic Nord-Sud à l'Est de Rouen. À l'ouest de Rouen, l'ouverture de la voie express Sud III (N338) en 1997 puis du pont Gustave-Flaubert en 2008 facilite le trafic routier Nord-Sud à l'Ouest de Rouen.

Le projet est toutefois relancé dans les années 1990. La fermeture du pont Mathilde pendant près de deux ans[11], entre 2014 et 2016, en raison d'un incendie, permet à certains responsables politiques locaux d'appuyer l'intérêt du projet de contournement est[12]. Les opposants au projet y ont vu au contraire la preuve que des alternatives existaient pour les poids lourds en transit (passage par l'ouest de Rouen via à l'A151, l'A150, le pont Gustave-Flaubert et la Sud III) et le trafic local (développement des transports en commun).

Chronologie

modifier
  • 1972 : Inscription pour la première fois au Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU)
  • Années 90 : relance du projet
  • Du au  : débat public
  •  : saisine de la Commission Nationale du débat public par le ministre des transports.
  • Du et le  : concertation
  • Du au lundi  : enquête publique[13]
  •  : accord sur le financement entre les collectivités locales.
  •  : signature du décret d'utilité publique[1],[14].
  •  : Par décision du Conseil d’État du [15], les recours juridiques ont été rejetés et son utilité publique a été confirmée
  •  : l'État lance la procédure d’appel d’offres avec la publication de l'appel à candidatures pour la concession (clos le ). Le choix définitif du concessionnaire devait être arrêté fin 2023, début 2024[16]. En cependant, le gouvernement décide de relancer la concertation[17].
  •  : l'État acte l'abandon du projet[18],[19].

Critique du projet

modifier

Les nombreux opposants au projet actuel[réf. nécessaire] en particulier du barreau de raccordement à la RD18E (tronçon 134) et du barreau eurois prévu en lisière de la forêt de Bord (partie sud du tronçon A133) se sont regroupés au sein d'un collectif d'associations depuis la concertation publique de 2014, dont l'association de maires « ACCES » (Association des communes pour un contournement est soutenable) représentant environ 80 000 habitants. Parmi ces dernières, certaines proposent, à l'instar des associations citoyennes « APACHE » (Association préservons un air de campagne aux Authieux et son environnement) et « Non à l'Autoroute »[20], des solutions moins coûteuses et affectant moins l'environnement comme :

  • la finalisation des bretelles du pont Flaubert pour former un véritable contournement par l'ouest gratuit pour les usagers ;
  • la réutilisation des rampes d'accès existantes sur l'A13 à hauteur de Sotteville-sous-le-Val pour ensuite longer la voie ferrée jusqu'à la D321 allant vers la vallée de l'Andelle avant de remonter vers le nord en direction d'Isneauville ;
  • l'adaptation de la sortie 20 au niveau de Criquebeuf-sur-Seine sur l'A13 avec réutilisation de la déviation de Pont-de-l'Arche / Les Damps ouverte en 2010 qui serait complétée par la construction d'un nouveau pont à hauteur du Manoir-sur-Seine / Pitres avant de remonter vers le nord comme précédemment.

L'association « Effet de serre toi-même ! » publie des dossiers et documents afin d'affirmer son opposition résolue au projet[21].

Au début 2018, plusieurs recours gracieux[22],[23] et contentieux ont été adressés au Premier ministre et au ministre de la Transition écologique et solidaire pour demander soit l'abandon du projet actuel, soit l'étude d'alternatives négligées jusqu'à présent depuis le débat public de 2005, tout en réclamant notamment l'application d'une procédure d'analyse du besoin et l'examen comparatif des solutions possibles par des experts indépendants, de manière similaire à celle mise en œuvre pour décider d'agrandir l'aéroport nantais existant au détriment de la réalisation d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Du 5 au , plus de 4 000 personnes ont participé au festival militant « Des bâtons dans les routes » à Léry dans l’Eure, en lisière de la forêt de Bord, à l'initiative du collectif Collectif Non A133-A134, les Soulèvements de la Terre et les Naturalistes des terres[24],[25],[26].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 « Le contournement Est de Rouen déclaré d’utilité publique », www.paris-normandie.fr, (lire en ligne, consulté le )
  2. « Liaison des autoroutes A28-A13 : le contournement Est de Rouen déclaré d'utilité publique », Actu.fr, (lire en ligne, consulté le )
  3. « Les détails du tracé | liaisonA28A13 », sur www.liaisona28a13.com (consulté le )
  4. « Projet d'autoroute A28/A13. Sébastien Lecornu : « On ne va pas payer deux fois le barreau eurois » », sur actu.fr, (consulté le )
  5. « Le financement du contournement Est de Rouen est bouclé », sur www.paris-normandie.fr, (consulté le )
  6. « Contournement est de Rouen. Les opposants contre-attaquent », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
  7. « La Métropole Rouen Normandie ne financera pas le contournement-est de Rouen », sur www.francebleu.fr, (consulté le )
  8. « Contournement Est : Hervé Morin et Bertrand Bellanger proposent de financer la part de la Métropole », sur france3-regions.francetvinfo.fr/normandie, (consulté le )
  9. « Le contournement Est de Rouen pourrait ne jamais voir le jour : le Conseil d’orientation des infrastructures vient de rendre un avis négatif sur le projet », sur France 3 Normandie, (consulté le )
  10. « Projet de contournement Est de Rouen : ce qu’a vraiment dit Hervé Morin ce lundi », sur France 3 Normandie, (consulté le )
  11. « Pont Mathilde : réouverture le 26 août », France Bleu, (lire en ligne, consulté le )
  12. « Une concession à 1 milliard d'euros pour contourner Rouen », sur lesechos.fr, (consulté le )
  13. « L’enquête publique, une étape clé | liaisonA28A13 », sur www.liaisona28a13.com (consulté le )
  14. Journal Officiel du 14 novembre 2017
  15. Conseil d'État, 6ème - 5ème chambres réunies, 19/11/2020, 417362
  16. Contournement Est de Rouen : "le projet avance" avec trois candidats pour la concession, 76actu
  17. « Double autoroute A133-A134. Retour à la concertation sur le projet de contournement est de Rouen », sur Tendance Ouest,
  18. « "Il n'y a pas de consensus" : Philippe Tabarot le ministre des Transports stoppe le projet du contournement Est de Rouen », sur ici.fr (consulté le )
  19. « « Aucun consensus ne s'est dégagé » : le projet de contournement de Rouen abandonné par l'Etat », sur lesechos.fr (consulté le )
  20. « site du Collectif "Non à l’autoroute 133-A134" », sur contournement-est.fr (consulté le )
  21. dossier NON A133-A134, Effet de serre toi-même!
  22. « Nouveaux recours contre le contournement Est de Rouen », sur www.paris-normandie.fr (consulté le )
  23. « Rouen. Contournement Est à Rouen : des recours bientôt déposés en justice », sur www.tendanceouest.com (consulté le )
  24. Festival-Action Familial : Des Bâtons dans les Routes
  25. Près de Rouen, « l’armée de la forêt » contre un projet routier, Reporterre
  26. Des Bâtons dans les routes : un festival mobilisateur contre le contournement Est de Rouen, 76actu

Voir aussi

modifier