Barthélemy de Jur
Barthélemy de Grandson, dit de Jur ou de Laon, mort en 1158, est un évêque de Laon de 1113 à 1151, issu de la famille de Grandson.
De Jur, et non de Vir (ou Viry), comme on l'écrivit au dix-neuvième siècle, par une mauvaise lecture de son nom, en souvenir de son père (Falco de Jure vel Serrata)[1]. Issu de la famille de Grandson, on le trouve parfois nommé de Joux[1], mais également Barthélémy de Jura, ou de La-Sarra[2].
Informations essentielles
| Évêque de Laon Diocèse de Laon | |
|---|---|
| - | |
Gautier de Saint-Maurice (d) |
| Naissance |
Vers Lieu inconnu |
|---|---|
| Décès | |
| Activités | |
| Famille | |
| Père |
Conon dit Foulques de Grandson (d) |
| Mère |
Aelis de Roucy (d) |
| Fratrie |
Ebal Ier de Grandson (d) |
| Ordre religieux | |
|---|---|
| Consécrateur |
Biographie
modifierOrigines
modifierLa date de naissance de Barthélemy, parfois Barthelemi, n'est pas connue, cependant des auteurs avancent pour indication vers 1080[3]. Il est le fils de Foulques [Falcon] ou Conon de Joux (Falco de Jure vel Serrata ), alias de Grandson, seigneur de Grandson, de La Sarraz, du Jura et de Lausanne, et d'Alix (Aélis, Ade, Adélaïde) de Roucy/Ramerupt, fille de Hildouin IV de Montdidier, seigneur de Montdidier et de Ramerupt, comte de Roucy[1],[3],[2],[4]. Il a un frère, Ebald Ier († entre /35), sgr. de Grandson et de La Sarraz[3],[2],[4].
Carrière
modifierAvant de devenir évêque de Laon, il est sous-diacre puis trésorier de l'église de Reims, dont l'archevêque Manassès II de Châtillon était son grand-oncle maternel, et coûtre de la collégiale de Saint-Quentin[5].
Il participe avec ses propres deniers à la reconstruction de l'église cathédrale Notre-Dame de Laon qui avait beaucoup souffert de l'insurrection communale de 1112. Très favorable à la réforme grégorienne, il attire près de lui saint Norbert de Xanten qui fonde, en 1120, une abbaye dans la forêt de Voas, au lieu-dit Prémontré qu'il lui avait offert (site éponyme de l'ordre) et organise sa rencontre avec le pape Calixte II lors de son passage à Laon.
Avec Bernard de Clairvaux, il favorise en 1121 la fondation des abbayes de Foigny (1121), puis de Vauclair dans la forêt du même nom au sud de Laon (1134). Avec l'aide de son frère Ebal (Eble), il prend aussi part à la fondation de l'abbaye du lac de Joux, autrefois appelée abbaye du lac de Cuarnens, de l'ordre des Prémontrés.
En 1142, assisté de l'évêque de Senlis, Pierre Ier, et de l'évêque de Noyon, Simon Ier, tous les trois, sans doute abusés par les dires du comte Raoul Ier de Vermandois, ont consenti à bénir l’union de Pétronille d'Aquitaine et du comte de Vermandois qui avait répudié, en toute illégalité, sa première épouse Eléonore de Blois, sœur du comte Thibaut IV. En 1148, un concile tenu à Reims confirme l'invalidité de ce mariage et excommunie les deux[6].
Barthélemy de Jur démissionne en 1151 de son évêché et se retire comme simple moine au monastère cistercien de Foigny, en Thiérache,
Mort et sépulture
modifier
Il meurt à Foigny, en 1158[3],[6],[7]. Selon le ménologe cistercien, il est célébré le [7]. Il pourrait s'agir du jour de son décès[7]. La Gallia Christiana indiquait le [8].
Une pierre retrouvée au château de Trélon Foigny comportait un plan de l'abbaye et comportait en bas l'inscription suivante « Abbaye de Foigny, fondée en 1121 par saint Bernard et Barthelemi, évêque de Laon, mort à Foigny, le , inhumé audit lieu »[9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 Maxime Reymond, Une famille de bourguignons vaudois, les Grandson aux XIIe – XIIIe siècles, t. III, Annales de Bourgognes, (lire en ligne), p. 212-213
- 1 2 3 Louis de Charrière, Les dynastes de Grandson jusqu'au XIIIe siècle, Lausanne, G. Bridel, , 141 p. (lire en ligne), p. 32.
- 1 2 3 4 Claire Martinet, « Barthélemy de Laon » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 MedLands, lire en ligne, p. Conon Falcon.
- ↑ Louis-Paul Colliette, Mémoires pour servir à l'histoire du Vermandois, Samuel Berthoud, (lire en ligne).
- 1 2 A. Moreau-Néret, « Le comte de Vermandois, Raoul IV de Crépy et Péronelle d'Aquitaine, sœur de la reine Aliénor », Mémoires de la Société historique régionale de Villers-Cotterêts, t. XVIII, , p. 82-116 (lire en ligne [PDF]).
- 1 2 3 Tétart 2001, p. 422.
- ↑ Fisquet 1864, p. 239.
- ↑ « Séances du 6 août 1875 », Bulletin de la Société archéologique et historique de Vervins et de la Thiérache, Tome III, 1973, page 152 (lire en ligne).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia Christiana), t. 11 : Métropole de Reims - Reims. Soissons et Laon, Paris, E. Repos, (lire en ligne), p. 235-240.
- Adrien de Florival, Étude historique sur le XIIe siècle Barthélémy de Vir, évêque de Laon, Paris, Librairie archéologique de Didron, , XII-405 p.
- Suzanne Martinet, Montloon, reflet fidèle de la montagne et des environs de Laon de 1100 à 1300, Laon, imprimerie du Courrier de l'Aisne, .
- Jean-Louis Tétart, « Barthélemy, évêque de Laon, moine cistercien de Foigny », Mémoires de la Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, , p. 7-20 (lire en ligne [PDF]).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la religion :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) Charles Cawley, « Burgundy Kingdom — Neuchâtel, Vaud, Valais, Gruyère — Chapter 3. Nobility in Vaud & Valais — E. Seigneurs de Grandson », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025, dont les notices Barthelemy et Barthelemy (bishop of Laon).
- « Sceaux de Barthélemy de Joux », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France.