Bataille de Carthage (1861)
La bataille de Carthage s'est déroulée le au début de la guerre de Sécession, près de Carthage (Missouri).
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Comté de Jasper, Missouri |
| Issue | Victoire de la garde de l'État du Missouri |
| Franz Sigel | Claiborne Fox Jackson |
| 1 100 | 4 000 armés et 2 000 non armés |
| 44 (13 tués, 31 blessés) | 77 (12 tués, 64 blessés, 1 disparu) |
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| Coordonnées | 37° 10′ 37″ nord, 94° 18′ 36″ ouest | |
|---|---|---|
Le colonel Franz Sigel commande 1 100 soldats fédéraux déterminés à maintenir le Missouri au sein de l'Union. La Garde d'État du Missouri est commandée par le gouverneur Claiborne F. Jackson en personne et compte plus de 4 000 soldats dans ses rangs dirigés par Sterling Price, un vétéran de la guerre américano-mexicaine. 2 000 autres hommes non armés de la garde d'État du Missouri ne participent pas à la bataille.
Contexte
modifierL'État du Missouri est politiquement divisé avant même le début de la guerre. La ville de Saint-Louis et ses comtés environnants sont généralement favorables aux avec les États du Nord avec qui il existe des relations commerciales. De plus la région compte peu d'esclaves et abrite une importante population d'immigrants allemands, dont la plupart sont opposés à l'esclavage. Le gouverneur du Missouri Claiborne F. Jackson est pro-sudiste et le reste de l'État est très divisé. En public, Jackson essaie de rester neutre, mais il est soupçonné par les hommes de l'Union (opposés à l'esclavage) de préparer secrètement la milice d'État à s'emparer de l'arsenal fédéral de Saint-Louis.
En , après le bombardement du fort Sumter, le président Abraham Lincoln fait appel à tous les États pour qu'ils fournissent des troupes et puissent vaincre la Confédération. Le Missouri est invité à envoyer quatre régiments. Le gouverneur Jackson refuse la demande du président. En lieu et place, il mobilise la milice de l'État du Missouri, sans doute dans l'intention de se saisir de l'arsenal de Saint-Louis. Si telle est bien son intention, elle est contrée par le nouveau commandant de l'arsenal, le capitaine Nathaniel Lyon du 2e régiment d'infanterie de l'armée régulière des États-Unis.
Le capitaine Lyon a auparavant été en poste dans le territoire du Kansas et y a développé des opinions abolitionnistes. Arrivé en , Lyon s'associe rapidement à la faction Unconditional Unionist de Saint-Louis. Lyon, comme de nombreux unionistes de Saint-Louis, craint que le gouverneur Jackson n'emploie l'organisation paramilitaire sécessionniste des Minutemen et la milice locale du Missouri pour capturer l'arsenal.
À partir du , sur ordre du président Lincoln, Lyon rassemble quatre régiments de la Federal Missouri Volunteers (principalement d'anciens membres des organisations de jeunesse du Parti républicain Wide Awake) et leur délivra des armes prélevées sur les stocks de l'arsenal. Lincoln donne l'ordre de déplacer la plupart des armes restantes de l'arsenal vers l'Illinois. Le transfert est effectué en secret dans la nuit du 24 au .
La crise s'aggrave lorsqu'une cargaison d'artillerie de siège confédérée parvient au campement de la milice d'État, le Camp Jackson, du 8 au . Confronté à ce qu'il regardait comme une preuve évidente de trahison, Lyon met en marche une force de réguliers fédéraux et ses nouveaux Volontaires du Missouri à destination du camp Jackson afin d'arrêter la milice. Il encercle ensuite le camp de la milice d'État, forçant les troupes à se rendre ; et, imprudemment, à ce moment là, les fait traverser Saint-Louis à pied en tant que prisonniers, provoquant involontairement une émeute meurtrière (affaire du camp Jackson).
Cette action suscite de vives protestations de la part des habitants du Missouri, et des représentants de la ville de Saint-Louis vont jusqu'à demander à Lincoln de limoger Lyon. Cependant, l'opération de Lyon est soutenue par la plupart des membres de la faction Unconditional Unionist de Saint-Louis, y compris le membre du Congrès Francis P. Blair, Jr., frère du maître des postes de Lincoln, Montgomery Blair. Les frères Blair s'arrangent pour que Lyon soit promu général de brigade.
Les préoccupations persistantes des Unconditional Unionist relativement aux aménagements apportés aux autorités de l'État par le général William S. Harney, commandant du département de l'Ouest, conduisent à son renvoi le .
Prélude
modifierConduite par le gouverneur Jackson, la garde d'État du Missouri mène une campagne défensive vigoureuse et stoppe l'avance de l'Union à Carthage. Le , Lyon rencontra le gouverneur Jackson et le major-général de la Garde d'État du Missouri, Sterling Price, à l'hôtel de Saint-Louis Planter's House dans une dernière tentative de résolution des revendications contradictoires entre la souveraineté fédérale et de l'État. La conférence s'avère vaine, les chaque partie effectuant des demandes inacceptables pour l'autre. Après quatre heures, Lyon met brusquement fin à la réunion, et Jackson et Price se retirent à Jefferson City, ordonnant que les ponts ferroviaires soient brûlés derrière eux.
Lyon déplace des éléments de sa garnison de Saint-Louis sur le fleuve Missouri par bateau à vapeur dans une tentative de capture de la capitale de l'État, Jefferson City. Le colonel Franz Sigel prend le commandement d'un deuxième élément de troupes fédérales se déplaçant de Saint-Louis dans le sud-ouest du Missouri pour couper la retraite des forces de la Garde d'État du Missouri vers le sud, face à l'avance de Lyon. Le , il commence à déplacer les premier et deuxième bataillons, ainsi que cinq compagnies d'infanterie, deux compagnies de fusiliers et une batterie d'artillerie vers Springfield.
La Garde d'État du Missouri de Jefferson se retire à Boonville, où une escarmouche a lieu le . Lyon prend rapidement la ville et chasse la Garde d'État du Missouri vers le sud. En raison de difficultés logistiques, Lyon ne peut poursuivre les gardes en retraite. Un autre groupe de gardes d'État situé à Lexington se déplace également vers le sud sous le commandement de Sterling Price, après avoir appris la défaite de Boonsville. Les troupes de Sigel parviennent à Springfield et prennent rapidement la ville. Ils se préparent à marcher vers Carthage, espérant rattraper les gardes d'État en retraite.
Les unités de Jackson et de Price se rejoignent à Lamar le , et commencent à s'organiser. L'armée de Jackson s'élève alors à 6 000 hommes, dont un grand nombre se joint à la marche vers le sud. Cependant, les forces de Lamar ne sont généralement armées que de fusils de chasse, de couteaux ou, dans certains cas, ne disposent d'aucune arme. Le lendemain, , Sigel arrive à Carthage avec 1 100 hommes.
Bataille
modifierApprenant que Sigel a établi son camp à Carthage, le gouverneur Jackson se saisit du commandement et élabore des plans pour attaquer la force de l'Union, mieux armée mais plus petite. Le matin du , Jackson met en marche ses soldats vers le sud. Les armées rivales se rencontrent à 15 km au nord de Carthage. La Garde d'État hisse deux drapeaux confédérés de chaque côté de sa ligne, qui s'étend sur un demi-mille (800 mètres). Les hommes de Sigel font une démonstration impressionnante en formant une ligne de bataille et en s'approchant à 800 mètres des troupes de la Garde d'État.
Sigel, réfractaire à un assaut, ordonne un tir d'artillerie. Jackson répond avec sa propre artillerie. Jackson et la Garde d'État s'élancent ensuite vers la brigade de Sigel, les engageant au combat. Ils les poursuivent vers le sud sur 15 km, jusqu'à atteindre la périphérie de Carthage. Jackson demande à ses hommes de se séparer et de tenter d'encercler les forces de Sigel ; la bataille continue de façon régulière tout au long de la journée, jusqu'à l'affrontement des deux forces sur la place de Carthage. Les deux camps s'engagent alors dans des escarmouches. À ce moment, Sigel apprend qu'un grand corps de gardes - des recrues en fait toutes non armées - se déplace dans les bois sur sa gauche, à l'extérieur de la ville. Craignant que cette force ne tourne son flanc, il ordonne la retraite. La Garde d'État le poursuit, mais Sigel mène avec succès une action d'arrière-garde. Le soir, Sigel est de retour à Carthage. Il se replie alors vers Sarcoxie à la faveur de l'obscurité.
Conséquences
modifierLa bataille est une victoire stratégique de la Garde d'État du Missouri en grande partie grâce aux nouvelles tactiques introduites sur le champ de bataille par des partisans indépendants servants sous les ordres du capitaine Jo Shelby. La bataille de Carthage joue un rôle déterminant pour situer le Missouri dans la guerre, car elle incite au recrutement des régiments pour la Confédération. L'avocat Robert Wells Crawford, fondateur du comté où ont eu lieu les combats, est ensuite élu lieutenant-colonel du 13e régiment de cavalerie du Missouri et du 5e d'infanterie du Missouri. Il sert de recruteur pour l'armée des États confédérés du Missouri, poste auquel il est nommé par Waldo P. Johnson, ancien sénateur des États-Unis du Missouri dans une lettre adressée au gouverneur Jackson en exil du Missouri, le .
Signification
modifierChronologiquement, la bataille de Carthage est la première grande bataille après le recours par Lincoln du « pouvoir de la guerre », valant déclaration de guerre, dans son message au Congrès du . Elle est importante sur les plans stratégique et tactique. Elle marque la seule fois où un gouverneur d'État américain en exercice mène des troupes sur le terrain, et ce, contre l'Union à laquelle son État appartenait.
Servant d'avant-garde à l'armée du gouverneur Jackson, une bande de 150 partisans indépendants est sous le commandement du capitaine Jo Shelby, un fermier du Missouri. Des manœuvres tactiques sur le champ de bataille, sous le feu des batteries de Sigel, le poussent à se replier vers Sarcoxie. Les rangers de Shelby « arrachèrent la victoire à Carthage à la barbe de Sigel », et les éléments pro-confédérés du Missouri peuvent célébrer leur première victoire.
Forces en présences
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Engagement near Carthage » (voir la liste des auteurs).
