Bebe Melkor-Kadior
Binta Rosadore Diallo-Dieng, précédemment connue sous les pseudonymes de Bertoulle Beaurebec puis Bebe Melkor-Kadior, est une performeuse, écrivaine, actrice et travailleuse du sexe française et afroféministe.
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Bertoulle Beaurebec |
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Biographie
modifierElle voit le jour en au Sénégal[1],[2],[3] et passe son enfance dans les Yvelines[4].
Elle s'inscrit en licence d'histoire de l'art à la Sorbonne, puis répond à l'annonce d'un théâtre érotique de Paris pour faire des stripteases. Elle y reste deux ans pour financer ses études au cours Florent en section comédie musicale[4]. Elle s'initie à des performances comme cracheuse de feu et autres performances scéniques et se produit d'abord sur scène à Londres[4].
Sous le pseudonyme de Bertoulle Beaurebec, puis de Bebe Melkor-Kadior, elle devient travailleuse du sexe d'abord à Paris, puis en Suisse (où la prostitution est légale) où elle devient escort-girl et sugar baby[5]. Elle tourne des films pornographiques pour Jacquie et Michel[6] puis des productions comme Dorcel, ou encore French Bukkake[7]. Elle finit par s'orienter exclusivement vers des productions féministes : « Après cinq, six tournages, j'ai eu le sentiment d'avoir fait le tour. Aujourd'hui, je ne tourne plus que dans des pornos éthiques, queer et féministes[8]. »
Elle s'oppose au mouvement abolitionniste de la prostitution[9] et au féminisme universaliste[7]. En , elle participe à une manifestation de travailleuses et travailleurs du sexe contre la proposition de loi contre les contenus haineux sur internet de la députée Laetitia Avia, craignant que cette loi aggrave la précarité des travailleuses du sexe. Lors de ce rassemblement, elle se coud la bouche avec du matériel de suture pour dénoncer ces violences[10] : « C'est un geste de protestation contre le fait qu'on soit réduit au silence. C'est douloureux, mais beaucoup moins que le stigmate quotidien. On est considéré comme des sous-citoyens et on ne se sent pas en sécurité dans notre travail[11]. »
En elle publie l'essai Balance ton corps dans lequel elle se revendique « salope », une forme de retournement du stigmate[12], et critique la pénalisation des travailleuses et travailleurs du sexe[13],[14].
En et , elle joue dans Carte noire nommée désir, une pièce de théâtre de Rébecca Chaillon qui dénonce l'exotisation et l'hypersexualisation souvent imposées aux corps féminins[15]. Elle se produit aussi dans diverses performances[16]. Elle fait partie du casting de Captives de Anoushka[17].
Vie privée
modifierJusqu'en , elle se définit comme pansexuelle, lesbienne et queer[4]. Issue d'une famille d'origine sénégalaise, née dans les Yvelines, elle vit par la suite à Bondy[4], puis à Saint-Denis[4].
Lectrice assidue de l'écrivain J. R. R. Tolkien, son nom de scène évoque Melkor, une divinité du Silmarillion, alors que Kadior est une référence à l'histoire du Sénégal[4]. Elle est fan de musique metal[7].
Son ancien nom de scène Bertoulle Beaurebec est une allusion féminisée au personnage de Bertoul Beaurebec dans le cycle de romans de jeunesse Le Grimoire au rubis. Elle crée une marque de lingerie, vêtements et accessoires Maison Beaurebec[7].
Théâtre
modifier- : Carte noire nommée désir de Rébecca Chaillon[15].
- : Une patte retombe toujours sur ces chattes, performance écrite par Rébecca Chaillon[18].
Essais
modifier- Bebe Melkor-Kadior, Balance ton corps : Manifeste pour le droit des femmes à disposer de leur corps, Paris, La Musardine, , 171 p. (ISBN 978-2-36490-537-5 et 978-2-36490-902-1, lire en ligne
). - Binta Rosadore Diallo-Dieng, Les Morts d'une Aspirante, autoédition, , 199 p. (ISBN 979-8396055346).
Notes et références
modifier- ↑ « Bertoulle Beaurebec », sur The Movie Database.
- ↑ « Bertoulle Beaurebec », sur Internet Movie Database.
- ↑ « Bertoulle Beaurebec », sur Internet Adult Film Database.
- 1 2 3 4 5 6 7 Pauline Darvey, « Travailleuse du sexe, afroféministe, artiste… Bertoulle Beaurebec se bat contre la « putophobie » »
, Le Parisien, (consulté le ). - ↑ Clémentine Gallot, « Travailleuses du sexe, autrices et activistes, Klou et Bebe Melkor-Kadior se racontent », Les Inrockuptibles, (consulté le ).
- ↑ Melty, « Prostituée et actrice X, elle revendique le droit à disposer de son corps librement (Profil) » [vidéo], sur YouTube, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Hicham Mension, « Bertoulle Beaurebec. « Il y aura toujours des gens pour regarder du porno mainstream » », sur Manifesto XXI, (consulté le ).
- ↑ Maëlle Le Corre, « “Balance ton corps”, le manifeste d'une Afroféministe queer et travailleuse du sexe », sur Cheek Magazine, (consulté le ).
- ↑ Pauline Paccard, « Bertoulle Beaurebec : "La société fonctionne par strates, l'oppression aussi" », France 24, (consulté le ).
- ↑ Wilson Le Personnic, Aïnhoa Jean-Calmettes et Léa Poiré, « Prolétaires du corps », Mouvement, .
- ↑ AFP, « Haine en ligne : les travailleurs du sexe craignent que la loi les marginalise encore », Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ Louise Hermant, « Entrevue : Bertoulle Beaurebec – Plaidoyer pour une sexualité décomplexée », sur Urbania.ca, .
- ↑ Quentin Girard, « Bebe Melkor-Kadior, choisir son sort »
, Libération, (consulté le ). - ↑ « Sexplorations épisode 4 - Bebe Melkor-Kadior, militante afro-féministe et travailleuse du sexe »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur brutx.link, (consulté le ).
- 1 2 Anaïs Heluin, « Rébecca Chaillon au pays des merveilles noires », sur sceneweb.fr, (consulté le ).
- ↑ « Performances Putes Pride », sur happeningnext.com, (consulté le ).
- ↑ Jean François Frontera, « Film du mois : Avec Captive, Anoushka explore le pouvoir de nos désirs inconscients », Canal+, .
- ↑ « Une patte retombe toujours sur ces chattes », sur mpaa.fr (version du sur archive.org).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la pornographie :