Belette d'Amazonie
La belette tropicale (Neogale africana), également appelée belette d’Amazonie, est une espèce de carnivores de la famille des mustelidés. Elle est native du bassin de l'Amazonie en Amérique du Sud.
Répartition géographique
- Mustela africana A. G. Desmarest, 1818 (Protonyme)[1]
- Putorius africanus A. Pomel, 1856 [1]
- Gymnopus africanus J. E. Gray, 1865 [1]
- Mustela stolzmanni Taczanowski, 1882 [1]
- Putorius (Mustela) brasiliensis paraensis Goeldi, 1897 [1]
- Mustela paraensis J. A. Allen, 1916 [1]
- Mustela nivalis africana S. S. Flower, 1932 [1]
- Mustela africana africana Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela africana stolzmanni Wozencraft, 2005 [1]
- Neogale africana B. D. Patterson, Ramírez-Chaves, J. F. Vilela, Soares & Grewe, 2021 [1]
Taxonomie
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L'espèce est décrite pour la première fois en 1818 par le zoologiste français Anselme Gaëtan Desmarest dans le tome 19 du Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle sous le nom binominal de Mustela africana[2]. Cette dénomination spécifique repose sur une erreur géographique historique : le spécimen type étudié par Desmarest provenait des collections du Muséum d'histoire naturelle de Lisbonne (généralement issu des colonies portugaises du Brésil), mais sa provenance fut confondue avec l'Afrique lors de son transfert en France.
En vertu du principe d'antériorité du Code international de nomenclature zoologique (CINZ), le nom scientifique original africana demeure valide et inchangé, bien que l'animal soit strictement endémique du bassin amazonien en Amérique du Sud[3].
L’espèce changera plusieurs fois de genre : en 1865, le zoologiste John Edward Gray la placera parmi différentes Mustélinés sud-asiatiques dotées de voûtes plantaires nues, sous le genre Gymnopus[4]. Le zoologiste espagnol Ángel Cabrera créera ensuite le genre Grammogale en 1940, dont elle fut l’espèce exclusive[5].
À la suite d'une étude phylogénétique publiée en 2021, l'espèce fut replacée au sein du genre Neogale sous la combinaison Neogale africana, aux côtés du vison d'Amérique et de la belette à longue queue[6].
Phylogénie
modifierPhylogénie du genre Neogale selon Nyakatura et Bininda-Emonds (2012)[7] :
| Mustelinae |
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Description
modifierLa belette tropicale, bien que désignée sous le nom de belette, reste un Mustéliné assez grand : elle mesure entre 43 et 52 cm de longueur totale, incluant une queue de 16 à 21 cm. Elle possède une morphologie typique des Mustélinés, caractérisée par un corps long et svelte, associé à des pattes et des oreilles courtes[3].
Son pelage court varie du rougeâtre au brun foncé sur la partie supérieure du corps, tandis que la zone ventrale affiche une coloration d’un beige-orangé assez pâle. Une bande longitudinale de fourrure, de la même couleur que le dos, descend au milieu de la poitrine et de la gorge. Ses vibrisses sont courtes et la plante de ses pieds est presque glabre, d’où son ancien nom de genre Gymnopus[4]. Les femelles possèdent trois paires de mamelles[3].
Écologie et comportement
modifierLa belette tropicale est extrêmement discrète et ses mœurs demeurent encore très peu connues. Des observations isolées suggèrent une activité principalement diurne. Bien qu'elle vive principalement au sol, elle s'avère être une excellente grimpeuse ainsi qu'une bonne nageuse, ayant déjà été aperçue nageant dans des rivières ou des estuaires, parfois à bonne distance du rivage[8].
Ses habitudes alimentaires se rapprochent probablement de celles des autres espèces de son genre ; son régime se compose principalement de rongeurs et d'autres petits mammifères. Il a également été rapporté qu'elle construit ses terriers à l'intérieur de souches d'arbres creux[9].
Répartition et habitat
modifierCette espèce est endémique du bassin de l'Amazonie. Sa présence est formellement documentée dans le centre-nord du Brésil, le nord de la Bolivie, ainsi que l'est du Pérou et de l'Équateur[10]. Ses limites de répartition exactes restent incertaines, mais il est hautement probable qu'elle habite aussi le sud de la Colombie, le Venezuela et les Guyanes[3].
Son habitat de prédilection est constitué par les forêts tropicales humides, principalement à proximité des cours d'eau, depuis le niveau de la mer jusqu'à 1 400 m d'altitude[10]. Elle affiche un modèle de sélection d'habitat à échelle dépendante, privilégiant des micro-habitats spécifiques au sein de la forêt dense en fonction de la disponibilité des proies et de la densité végétale[11].
Statut de conservation
modifierEn raison du très faible nombre de données scientifiques disponibles, la belette tropicale est considérée par certains spécialistes comme une espèce à "Données insuffisantes"[12]. En date de juillet 2024, l'espèce n'avait été formellement enregistrée et documentée qu'à 24 reprises à travers l'histoire[10]. C'est également en 2024 qu'un spécimen vivant a pu être filmé pour la toute première fois en Bolivie, grâce à une initiative de sciences participatives menée par des producteurs de café locaux[13].
Malgré cette rareté extrême, l'espèce est répertoriée comme de UICN ()[14] (« Préoccupation mineure ») sur la liste rouge de l'UICN. Les experts estiment en effet que l'espèce maintient des populations stables et significatives au cœur des zones denses et reculées de la Forêt amazonienne. On ignore encore sa capacité de résilience face aux perturbations anthropiques, mais la déforestation croissante de l'Amazonie représente sa principale menace future[3].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Amazon weasel » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc, t. 19, Paris, Chez Deterville, (DOI 10.5962/bhl.title.20211, lire en ligne), p. 376
- 1 2 3 4 5 (en) Ramírez-Chaves, H.E., Arango-Guerra, H.L. et Patterson, B.D., « Mustela africana (Carnivora: Mustelidae) », Mammalian Species, vol. 46, no 917, , p. 110–115 (DOI 10.1644/917.1, lire en ligne)
- 1 2 (en) John Edward Gray, « Revision of the Genera and Species of Mustelidae contained in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1865, no 1, , p. 118-119 (ISSN 0370-2774, lire en ligne)
- ↑ (es) Ángel Cabrera, « Notas sobre carnívoros sudamericanos », Notas del Museo de La Plata, vol. 5, no 29, , p. 15 (lire en ligne)
- ↑ (en) Bruce D. Patterson, Héctor E. Ramírez-Chaves, Júlio F. Vilela, André E. R. Soares et Felix Grewe, « On the nomenclature of the American clade of weasels (Carnivora: Mustelidae) », Journal of Animal Diversity, vol. 3, no 2, , p. 1–8 (ISSN 2676-685X, DOI 10.52547/JAD.2021.3.2.1, S2CID 236299740)
- ↑ (en) K. Nyakatura et O. R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, no 12, , p. 12 (PMID 22369503, PMCID 3307490, DOI 10.1186/1741-7007-10-12)
- ↑ (en) Tate, G.H.H., « Random observations on habits of South American mammals », Journal of Mammalogy, vol. 12, no 3, , p. 248–256 (DOI 10.2307/1373874)
- ↑ Emmons, L.H. (1997). Neotropical Rainforest Mammals, 2nd ed. University of Chicago Press (ISBN 0-226-20721-8)
- 1 2 3 (en-US) Natali Anderson, « Extremely Rare Amazon Weasel Captured on Video in Bolivia », sur Sci.News: Breaking Science News, (consulté le )
- ↑ Caviedes-Solis, I., « Distribution patterns of South American mustelids (Carnivora: Mustelidae) », Journal of Mammalogy, vol. 103, no 4, , p. 900-908
- ↑ (en) Ashley Mattice, « Mustela africana (tropical weasel) », sur Animal Diversity Web (consulté le )
- ↑ Nuria Bernal-Hoverud, Daniela Morales-Moreno, Eyner Eugenio Quispe, Jorge Rojas, Omar Torrico, Robert B. Wallace et Jorge Salazar-Bravo, « First record of Neogale africana (Desmarest, 1818), Amazon Weasel (Carnivora, Mustelidae), in Bolivia », Check List, vol. 20, no 3, , p. 828–832 (ISSN 1809-127X, DOI 10.15560/20.3.828)
- ↑ UICN, consulté le .
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Neogale africana (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Mustela africana
- (fr + en) ITIS : Neogale africana Desmarest, 1818
- (en) Animal Diversity Web : Mustela africana
- (en) UICN : espèce Mustela africana Desmarest, 1818 (consulté le )