Ben Swift Chambers

pasteur méthodiste britannique à l’origine du St Domingo's FC, futur Everton FC

Ben Swift Chambers, parfois désigné sous le nom de Benjamin Swift Chambers, né le à Stocksmoor, près de Huddersfield, et mort le à Leeds, est un pasteur méthodiste britannique.

Ben Swift Chambers
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
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Nationalité
Activité

Ministre de la chapelle méthodiste St Domingo dans le quartier d'Everton à Liverpool, il encourage en 1878 les jeunes de sa congrégation à constituer une équipe de football afin de poursuivre leur activité sportive pendant l'hiver. Le St Domingo's Football Club ainsi créé prend l'année suivante le nom d'Everton Football Club. Pour cette raison, Chambers est considéré comme l'une des personnalités à l'origine d'Everton et, indirectement, de l'histoire du Liverpool Football Club, fondé en 1892 à la suite de la scission d'Everton.

Longtemps largement oublié dans les récits historiques des deux clubs, son rôle est remis en lumière au début du XXIe siècle par les recherches de l'historien Peter Lupson. Sa tombe à Shepley est restaurée conjointement par Everton et Liverpool et fait l'objet d'une cérémonie de réinauguration en 2008. Il est ensuite admis à titre posthume au Hall of Fame d'Everton et figure parmi les six personnalités représentées dans la série de portraits Founding Fathers of Merseyside Football.

Biographie

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Jeunesse et vocation religieuse

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Ben Swift Chambers naît le à Stocksmoor, un hameau situé au sud-est de Huddersfield, dans le Yorkshire de l'Ouest[1]. Son père, Joah Chambers, travaille initialement dans l'industrie textile avant de devenir instituteur à Shepley ; sa mère Maria y exerce également comme institutrice[1].

La famille s'installe à Shepley pendant l'enfance de Ben. Celui-ci fréquente la chapelle locale de la Methodist New Connexion, branche du méthodisme britannique à laquelle il demeure attaché pendant toute sa vie. Dans sa jeunesse, il enseigne à l'école du dimanche[2].

Il devient ensuite apprenti graveur à Huddersfield. Vers l'âge de vingt-deux ans, il abandonne cependant cette carrière afin d'entrer dans le ministère méthodiste[2]. Il suit sa formation religieuse à la fin des années 1860 puis exerce successivement dans plusieurs circuits de la Methodist New Connexion du nord de l'Angleterre, notamment à Ashton-under-Lyne, Stockport, Halifax, Barrow-in-Furness et Gateshead[2],[1].

Le , alors qu'il exerce dans la région de Halifax, Chambers épouse Elizabeth Holden, elle aussi originaire de Shepley[1].

Ministère à St Domingo

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En juillet 1877, Chambers, âgé de 31 ans, est nommé surintendant du circuit méthodiste et ministre de la chapelle méthodiste St Domingo, située dans le quartier d'Everton à Liverpool[2].

La chapelle appartient à la Methodist New Connexion et constitue alors un centre important de la vie religieuse et communautaire locale. Chambers s'intéresse particulièrement aux activités destinées aux jeunes hommes de sa congrégation.

Il est notamment proche du mouvement de tempérance Band of Hope, qui cherche à détourner les jeunes de la consommation d'alcool. Sa conception de l'action pastorale s'inscrit dans un courant plus général du protestantisme victorien associant activité physique, formation morale et discipline collective, généralement désigné sous le nom de christianisme musculaire[3].

L'historien David Kennedy replace ainsi la naissance d'Everton dans le mouvement missionnaire du christianisme musculaire, au sein duquel l'activité sportive constitue un instrument de l'action pastorale auprès des populations urbaines[3].

Rôle dans la fondation d'Everton

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Du cricket au football

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Peu après son arrivée à St Domingo, Chambers favorise la constitution d'un club de cricket destiné aux jeunes membres de la paroisse[2]. Le cricket étant essentiellement pratiqué pendant l'été, l'idée apparaît de trouver une activité permettant aux membres du groupe de continuer à se réunir et à maintenir leur condition physique pendant les mois d'hiver.

À l'automne 1878, les membres du groupe constituent ainsi le St Domingo's Football Club. Les premières parties sont disputées sur une portion de Stanley Park[2].

Le club est étroitement lié à la classe biblique des jeunes hommes de St Domingo. Dans ce contexte, le football n'est pas seulement envisagé comme un divertissement mais également comme un moyen de favoriser l'esprit d'équipe, la discipline personnelle et un mode de vie considéré comme sain par les promoteurs du mouvement de tempérance[3].

Cette origine religieuse n'est pas exceptionnelle dans le football anglais de la période victorienne. Plusieurs futurs clubs professionnels naissent à la même époque autour d'églises, de chapelles, de classes bibliques ou d'organisations paroissiales[4].

Transformation en Everton Football Club

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Le développement de l'équipe attire rapidement des joueurs qui n'appartiennent pas directement à la congrégation de St Domingo. Afin de donner au club une identité moins strictement paroissiale, ses membres décident en 1879 de remplacer le nom St Domingo's FC par celui du quartier : Everton Football Club[5].

Le rôle institutionnel précis de Chambers dans la gestion du nouveau club pendant ses premières années reste mal documenté. Les sources disponibles permettent surtout de l'identifier comme l'initiateur de l'activité sportive paroissiale dont est directement issu le club, plutôt que comme l'un de ses dirigeants au sens où le deviennent par la suite John Houlding, George Mahon, James Clement Baxter ou Will Cuff[2].

Chambers quitte une première fois le quartier d'Everton en 1882, après cinq années de ministère à St Domingo, pour devenir surintendant du circuit méthodiste de Southport[2].

Il revient à St Domingo en 1890 et y exerce de nouveau pendant quatre années[2]. Everton est alors devenu un club professionnel et fait partie des membres fondateurs de la Football League, créée en 1888. Lors de ce second ministère, Chambers côtoie notamment George Mahon, organiste de St Domingo, et Will Cuff, qui appartient également à la congrégation et devient par la suite l'une des principales figures dirigeantes d'Everton[2].

Rapport avec Liverpool FC

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Le rôle de Chambers dans la naissance du Liverpool Football Club est indirect.

En 1892, un conflit opposant John Houlding à une partie des dirigeants d'Everton conduit le club à quitter Anfield pour s'installer à Goodison Park. Houlding et ses partisans fondent alors une nouvelle organisation qui devient le Liverpool Football Club.

Liverpool descend donc historiquement du club constitué autour de St Domingo, mais Chambers ne participe pas lui-même à sa création en 1892. The Independent distingue ainsi Everton, directement né de la classe biblique de St Domingo en 1878, de Liverpool, dont l'origine religieuse est indirecte et résulte de la scission ultérieure d'Everton[4].

Cette filiation commune explique cependant que Chambers soit ensuite présenté comme l'un des « pères fondateurs » du football du Merseyside et qu'Everton et Liverpool participent conjointement aux commémorations organisées en son honneur.

Dernières années et mort

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Chambers quitte définitivement St Domingo en 1894. Au cours de sa carrière, il exerce également son ministère dans les circuits de Southport, Hanley et Leeds[1].

Il souffre pendant les dernières années de sa vie d'une maladie de longue durée[2].

Ben Swift Chambers meurt à Leeds le , à l'âge de 56 ans[2],[6].

Il est inhumé dans le cimetière de la Methodist New Connexion à Shepley, village dans lequel il avait grandi[1]. À son décès, son patrimoine transmis à sa veuve Elizabeth est évalué à 799 livres sterling[1].

Redécouverte et postérité

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Recherches de Peter Lupson

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Après sa mort, le rôle de Chambers dans les origines d'Everton tombe progressivement dans l'oubli. Les histoires du club consacrent longtemps davantage d'attention aux dirigeants qui accompagnent son développement institutionnel ultérieur qu'au ministre ayant favorisé la constitution de l'équipe paroissiale[2].

Au début du XXIe siècle, le professeur et historien du football Peter Lupson entreprend des recherches sur les origines religieuses de plusieurs clubs anglais. Ses travaux aboutissent notamment à la publication en 2006 de Thank God for Football, consacré aux clubs issus d'organisations religieuses.

Lupson identifie Chambers comme une figure centrale des origines d'Everton et retrouve sa tombe, alors dégradée, à Shepley[4]. En octobre 2007, The Independent consacre une enquête aux travaux de Lupson et cite Chambers parmi les fondateurs religieux du football anglais alors redécouverts[4].

Restauration de sa tombe

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À la suite de ces recherches, Everton et Liverpool décident de participer conjointement à la restauration de la tombe de Chambers.

En juillet 2008, une cérémonie de commémoration est organisée à Shepley. Des représentants des deux clubs y participent, dont le président honoraire d'Everton Philip Carter et le directeur général de Liverpool Rick Parry[5].

Les chapelains d'Everton et de Liverpool participent à la nouvelle consécration de la tombe. Celle-ci porte désormais une inscription rappelant que Chambers a « mis le ballon en mouvement » ayant conduit à la naissance d'Everton et de Liverpool[7].

La cérémonie constitue également une reconnaissance symbolique des origines communes des deux principaux clubs de Liverpool.

Hall of Fame d'Everton

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En mars 2009, Chambers est admis à titre posthume au Gwladys Street's Hall of Fame, généralement appelé Hall of Fame d'Everton[8].

Lors d'une cérémonie organisée quelques mois plus tard à Goodison Park, Philip Carter remet le trophée correspondant à une parente de Chambers[8].

Founding Fathers of Merseyside Football

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La redécouverte de Chambers intervient parallèlement à un projet destiné à mettre en valeur plusieurs personnalités des origines d'Everton et de Liverpool.

L'historien et collectionneur David France fait réaliser par l'artiste Wasan Suttikasem une série de six portraits à l'huile intitulée Founding Fathers of Merseyside Football.

Les personnalités représentées sont Ben Swift Chambers, John Houlding, James Clement Baxter, George Mahon, John McKenna et Will Cuff.

La recherche d'une image permettant de réaliser le portrait de Chambers se révèle particulièrement difficile, aucun portrait facilement accessible n'étant alors connu. Les recherches menées auprès de descendants d'anciens responsables de St Domingo permettent finalement de retrouver un album photographique de la Methodist New Connexion comportant un portrait de ses anciens ministres.

Les six peintures sont dévoilées ensemble à Goodison Park le devant environ 130 invités représentant notamment Everton, Liverpool et les autorités locales[8].

La présence de Chambers au sein de cet ensemble traduit sa nouvelle place dans le récit historique des deux clubs : non comme dirigeant du football professionnel, mais comme initiateur de l'organisation communautaire dont Everton est issu.

Place dans l'histoire du football

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L'importance historique de Chambers repose principalement sur la relation entre son ministère religieux et la naissance d'Everton.

Dans son étude publiée en 2011 dans Soccer & Society, David Kennedy rattache explicitement les origines d'Everton à l'action missionnaire du christianisme musculaire dans les quartiers urbains de la seconde moitié du XIXe siècle[3]. La création du club s'inscrit ainsi dans un phénomène plus vaste dans lequel des communautés religieuses utilisent les activités sportives comme outil d'encadrement social et d'éducation morale.

Le cas d'Everton présente toutefois une importance particulière en raison du développement ultérieur du club et de la naissance du Liverpool FC à partir de sa scission de 1892. Une initiative paroissiale destinée à quelques jeunes hommes de St Domingo se trouve ainsi, indirectement, à l'origine de deux des principales institutions sportives de Liverpool.

La reconnaissance tardive de Chambers à partir des années 2000 illustre également le renouvellement des recherches sur les origines sociales et religieuses du football professionnel britannique.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en) Ian Stevenson, « Ben Swift Chambers 1845–1901 », Journal of the Huddersfield & District Family History Society, vol. 34, no 4, , p. 9 (lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (en) Alastair Mooney, « Chambers, Reverend Ben Swift », sur Everton Encyclopedia (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) David Kennedy, « In the beginning God created Everton… », Soccer & Society, vol. 12, no 4, , p. 481-490 (DOI 10.1080/14660970.2011.593787)
  4. 1 2 3 4 (en) Mike Rowbottom, « Forgotten fathers: Long journey from altar to Eastlands », The Independent, (lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 (en) David Prentice, « The man who began a proud football heritage: the Reverend Ben Chambers », sur Everton FC Heritage Society, (consulté le )
  6. (en) Henry Corbett, « Ben Swift Chambers – The minister who started it all », sur Everton FC Heritage Society (consulté le )
  7. (en) Henry Corbett, « The Reverends who kicked off football's greatest clubs », sur Everton FC Heritage Society, (consulté le )
  8. 1 2 3 (en) Peter Lupson, « Unveiling of the Portrait of the Revd Ben Swift Chambers », Blue Blood: A Historical Everton Fanzine, vol. 9, no 74, 2009-2010, p. 13

Bibliographie

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  • (en) Peter Lupson, Thank God for Football! : The Illustrated Companion, Azure, (ISBN 978-1-902694-30-6)
  • (en) Peter Lupson, Everton FC & Liverpool FC: Across the Park, Trinity Mirror Sport Media,
  • (en) David Kennedy, « In the beginning God created Everton… », Soccer & Society, vol. 12, no 4, , p. 481-490 (DOI 10.1080/14660970.2011.593787)
  • (en) Ian Stevenson, « Ben Swift Chambers 1845–1901 », Journal of the Huddersfield & District Family History Society, vol. 34, no 4, , p. 9 (lire en ligne)

Voir aussi

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Liens externes

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