Sumbawa (cheval)

race de chevaux
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Le Sumbawa (en indonésien kuda-Sumbawa, soit « cheval de Sumbawa ») est une race de poney originaire de l'île de Sumbawa, en Indonésie. Élevé pour un export florissant pendant toute son histoire, la destruction des forêts locales pour ses pâtures entraîne des effets néfastes sur la faune endémique de l'île. Ce poney est exporté sur l'île de Java et dans le sud de Célèbes au XVIe siècle. La compagnie néerlandaise des Indes orientales l'introduit en Afrique du Sud au XVIIe siècle.

Sumbawa
Sumbawa de Bima bai traversant une rivière, mené en bride sans mors par un enfant.
Sumbawa de Bima bai traversant une rivière, mené en bride sans mors par un enfant.
Région d’origine
Région Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,20 m en moyenne
Robe Fréquente expression du gène Dun
Tête Grande, profil rectiligne
Pieds Très solides
Caractère Calme, docile et obéissant
Statut FAO (conservation) Non menacéeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autre
Utilisation Travail, courses, lait

Très proche du poney de Sumba, ou Sandalwood, le Sumbawa est souvent confondu avec ce dernier. Il mesure environ 1,20 m. Sa robe est souvent baie avec des caractères primitifs dus au gène Dun. Deux variétés existent, l'une historiquement élevée près de Tambora, l'autre près de Bima. Ces poneys servent à tous les travaux de la vie quotidienne, notamment au transport attelé et pour l'agriculture. Ils sont montés en course par de jeunes enfants, une tradition locale très populaire sur l'île de Sumbawa. Les juments sont traites pour leur lait, réputé pour son activité antimicrobienne et son potentiel prébiotique, mais aussi frauduleusement vendu pour soigner le cancer. Bien qu'essentiellement locaux, les poneys de Sumbawa restent très nombreux, s'agissant d'une des rares races d'équidés domestiques dont les effectifs augmentent depuis les années 1990. L'Indonésie compte plus de 75 000 de ces animaux en 2010.

Dénomination et source

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« Sumbawa », ou en indonésien « kuda-Sumbawa », est le nom international de la race d'après la FAO[1],[2]. Ce cheval est également connu sous le nom néerlandais de Soembawa[1]. Il a été surnommé l'« Arabe de l'Archipel »[S 1]. Dans l'Est de l'île de Sumbawa, il est nommé jara, comme en javanais[S 2].

Il est souvent confondu, à tort selon les chercheuses Cynthia Dewi Gaina et Nancy D. F. K. Foe, avec la race voisine du Sumba, ou Sandalwood[S 3]. L'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards traite ainsi du Sumba et du Sumbawa dans une unique entrée encyclopédique, sous l'intitulé de « Sandalwood »[3] ; l'encyclopédie Delachaux et Niestlé commet la même confusion, dans une entrée intitulée « Sumba et Sumbawa »[4].

L'histoire de ces chevaux a été étudiée par la chercheuse néerlandaise Bernice de Jong Boers, qui montre la relation entre leur élevage et l'environnement de l'île de Sumbawa[S 4].

Histoire

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Les chevaux d'Asie du Sud-Est sont méconnus[S 5]. Ils font l'objet de peu d'études[S 5]. Le prisme européen, avec sa recherche d'exotisme, a influencé la vision de l'histoire chevaline[S 5]. Il faut attendre les recherches de Peter Boomgaard, publiées en 2004, pour obtenir de premières analyses précises[S 6]. Le commerce de chevaux depuis Sumbawa a toujours été florissant, malgré une rude concurrence avec les éleveurs de Sumba, qui exportent le poney Sandalwood[S 7]. Il y a aussi une concurrence des éleveurs du Timor et de Savu[S 7]. L'île de Sumbawa est historiquement très connue pour ses chevaux[S 8], qui font partie de ses principales exportations[5]. Les sultans de Bima et du Sumbawa occidental sont réputés posséder de nombreux chevaux[S 9].

Origine

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Proches des poneys des îles de Sumba, ceux de Sumbawa sont présumés descendre principalement de chevaux mongols[6],[7],[8],[2] ou arabes importés avant 1512[9]. Leur élevage perdure pendant de nombreuses générations dans l'Ouest des Petites îles de la Sonde[1]. Bien que l'origine arabe soit souvent invoquée dans les documents anciens (notamment néerlandais), rien ne prouve une telle ascendance des chevaux indonésiens[S 10]. L'ascendance chinoise est également évoquée[6],[2],[P 1]. La sélection naturelle a dû jouer un rôle important dans la caractérisation de la race ; seuls les animaux capables de résister à la sécheresse survivent et donnent une descendance[5].

Il est difficile de savoir quand a débuté l'élevage de chevaux sur l'île de Sumbawa. Les premières sources écrites connues sont les chroniques des explorateurs et colons européens, qui mentionnent déjà la présence de ces animaux[S 11]. Le cheval n'étant pas autochtone sur l'île, il est possible que son introduction soit due aux Javanais de l'empire Majapahit, pendant leurs conquêtes du XIVe siècle[10],[S 12].

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle

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Au début du XVIe siècle, la présence de chevaux sur Sumbawa est certaine[S 13]. Ils sont la principale exportation avec le bois[5]. Les îles de Bali, Lombok et Sumbawa fournissent Java en chevaux[S 14], le sud de Célèbes est également demandeur[5]. Une littérature prolifique documente ces exportations depuis Sumbawa[S 15]. Il semble que des chevaux voyagent beaucoup entre les différentes îles, plus fréquemment du Nord-Ouest de l'Indonésie vers le Sud-Est, pour finalement arriver dans le Timor oriental[S 13], d'où la grande ressemblance entre toutes les « races » indonésiennes. L'élevage du cheval a des conséquences écologiques majeures sur l'île de Sumbawa, qui accueille une faune endémique riche[S 4]. Au moins depuis le XVIe siècle, l'extension des zones de pâturage s'effectue au détriment de la forêt locale[S 16]. De plus, l'économie est basée sur l'agriculture, la culture du maïs et du tabac complétant l'élevage équin[S 17]. En 1674, Sumbawa entame des relations commerciales avec la compagnie néerlandaise des Indes orientales, mais il semble que des échanges de chevaux existent déjà entre les deux parties avant cette date, quatre poneys présumés Sumbawa ayant été exportés vers Le Cap en 1653[S 18]. Des relations régulières sont établies afin de fournir Le Cap[S 18]. Les animaux, décrits comme des « poneys d'Asie du Sud-Est », sont critiqués par certains importateurs Néerlandais car « trop petits et trop légers »[S 18].

Du XIXe siècle au XXIe siècle

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Le Sumbawa jouit d'une excellente réputation, étant cité comme le plus remarquable cheval d'Indonésie, avec sa morphologie proche du cheval arabe[H 1]. The Singapore Chronicle (1825) distingue deux races sur cette île : le cheval de Tambora et celui de Bima. La variété de Tambora est anéantie avec les habitants locaux à cause de l'éruption de 1815[S 19], qui a des conséquences dramatiques pour toute l'île. Le commerce de chevaux ne redémarre que vers 1830[5]. En 1847, le naturaliste suisse Heinrich Zollinger passe trois mois sur Sumbawa et signale le cheval local comme étant « le principal animal domestique de cette île » et la meilleure race domestique de tout l'archipel. Le cheval est surtout présent à Bima, et dans le Sumbawa occidental[S 20]. Cette description est reprise par Charles Darwin dans le premier volume de De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication[H 2]. En 1888, Edmond Cotteau écrit lui aussi que « les poneys de Sumbawa passent pour les meilleurs de l'archipel », ajoutant qu'on « les exporte en grand nombre à Java »[H 3].

Dans les années 1930, la densité de poneys sur l'île atteint les six animaux par km²[S 21]. À la même époque, les îles de la Sonde sont touchées par une épidémie de morve. En juin et , les vétérinaires néerlandais procèdent à des tests et les autorités font abattre 223 animaux sur les 6 721 testés dans le kabupaten de Bima, pour éviter une propagation de l'épidémie[S 22]. La motorisation commence à remplacer les poneys dès le début du XXe siècle, ralentissant peu à peu les exportations, faute de demandes[5]. Dans les années 1980, le poney reste toutefois l'un des principaux moyens de transport à Sumbawa[S 23].

Description

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Photo en noir et blanc montrant au premier plan un cheval noir harnaché et au second plan des travaux sur une montagne
Poneys Sumbawa sur un chantier de construction de marches sur Java en 2007.

Il est classé parmi les races de chevaux indonésiennes[S 24]. Le climat équatorial de l'île est présumé avoir fait diminuer la taille de ces chevaux, qui se révèlent similaires aux autres poneys d'Asie du Sud-Est[S 25]. Les Sumbawa appartiennent au groupe des poneys d'Indonésie[11].

Il est un peu plus petit que le Sumba[2]. En 1863, la taille est généralement inférieure à 1,22 m[H 1] ; elle est de nos jours de 1,20 m en moyenne selon un article de Tempo[P 2], de 1,22 à 1,23 selon l'auteur italien Maurizio Bongianni (en 1987)[6], 1,20 à 1,25 selon Gianni Ravazzi[8], 1,25 m selon l'auteur américain Nicola Jane Swinney[12]. L'encyclopédie de CAB International cite une taille plus réduite, soit 1,12 m en moyenne[9].

La variété de Bima toise 1,14 à 1,18 m[9].

Morphologie

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Le modèle est médioligne[6]. La morphologie du Sumba est proche de celle du Sumbawa[13],[12],[7],[9].

De type primitif, ils présentent une tête plutôt grande et lourde au profil rectiligne[6],[7],[8], et des yeux en forme d'amande, selon Bongianni et Hendricks[6],[7]. Edwards décrit au contraire une tête légère[3].

L'encolure est courte et large, surmontée d'une crinière hirsute[6],[7] et bien fournie[8] ; Edwards la décrit comme proportionnée au corps[3]. Le garrot est assez plat[6],[7],[8],[14] et le thorax profond[6]. Le dos est long[6],[7], équilibré, plat[1],[3], et puissant[12]. Le corps est mince et l'animal agile[7],[9]. L'épaule est plutôt droite selon Bongianni et Hendricks[6],[7], inclinée selon Edwards[3]. La croupe est inclinée, et le passage de sangle assez profond[6],[7].

Il dispose de jambes courtes et fines mais très solides, de même que pour les pieds[6],[7],[8].

Des recherches ont visé à déterminer comment l'âge influence la structure microscopique des testicules chez le cheval de Sumbawa, afin de mieux comprendre son développement reproducteur et de fournir des données utiles pour les programmes d'élevage[S 26].

Équitation sur un Sumbawa gris.

Les robes sont très variées[6],[3], mais ils sont habituellement Dun, présentant des marques primitives[6],[15],[9]. Les robes classiques sont le bai et le bai dun avec raie de mulet et extrémités noires[7],[2],[9], la variété Bima étant plus souvent baie[2]. On trouve aussi du gris, occasionnellement de l'alezan, mais jamais de pie[H 1].

Tempérament et entretien

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Comme le Sumba, il est calme, docile et obéissant[16],[12],[2] ; Bongianni l'estime plus docile que ce dernier grâce à sa capacité à être mené en bride sans mors même par des enfants[6]. Le Sumbawa est extrêmement robuste et fort[7], malgré sa taille réduite[2]. Il lui arrive de porter ds adultes, alors qu'une telle charge est totalement disproportionnée au regard de son format[12]. Dans les publications à son sujet, il est souvent loué pour son endurance, sa résistance et sa vigueur[S 25].

Variation locale et génétique

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La base de données DAD-IS de la FAO compte le Bima comme une race séparée, avec ses propres effectifs distincts, signalant toutefois qu'il s'agit d'une variété du Sumbawa[17]. Le dictionnaire de CAB International (ed. 2002) et l'encyclopédie Delachaux estiment aussi que le Bima, ou Bimanese, est une variété du Sumbawa[18],[2].

Les résultats de l'analyse génétique de 24 individus de l'île ont été publiés en 2022, concluant que la race a des particularités uniques (notamment un nombre très bas d'allèles par locus) qui justifient sa préservation[S 27] et qui la distinguent des races européennes, africaines et asiatiques[S 28]. 49 allèles ont été détectés[S 29]. L'un d'eux est spécifique à la population chevaline de Lalar liang (id)[S 30].

Une étude sur petit échantillon (52 prélèvements dont 8 positifs) conclut que les chevaux de Sumbawa constituent un réservoir de souches d'E. coli possédant des facteurs de virulence. La proximité phylogénétique avec des souches pathogènes suggère que ces bactéries pourraient partager une origine évolutive commune ou avoir acquis des gènes de virulence similaires. Les souches d'E. coli portant le gène chuA isolées chez ces chevaux sont phylogénétiquement proches de plusieurs souches pathogènes déjà décrites, ce qui renforce l'hypothèse que ces animaux peuvent constituer un réservoir de bactéries potentiellement pathogènes[S 31].

Les chevaux de travail de Sumbawa présentent une expression mesurable de la protéine Hsp70 en réponse au stress thermique (sous climat tropical) et à l'effort ; la salive constitue un indicateur plus sensible que le sérum pour l'évaluation du stress aigu chez ces animaux[S 32].

Utilisations

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Photo en noir et blanc montrant un homme sur un cheval blanc, à sa suite des hommes marchant avec des sacs et des lances
Procession de chasse sur l'île de Sumbawa entre 1900 et 1940.

Il est monté, bâté et attelé à des charges légère[6],[8],[9]. La FAO ne signale pas quelle est l'utilisation principale du Sumbawa, mais la variété de Bima est principalement une monture pour les cavaliers agricoles[17]. Lorsqu'ils montent, les cavaliers utilisent une bride sans mors[12],[9]. Ces animaux restent des moyens de transport courants (2011)[S 23],[19], en particulier attelés devant les petits véhicules hippomobiles locaux, nommés cidomo[P 1]. Ils servent également aux travaux des champs[P 3].

Occasionnellement, leur viande est consommée par les éleveurs locaux[19].

Courses

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La tradition des courses de chevaux existait sur Sumbawa avant l'indépendance de l'Indonésie, et se transmet de génération en génération ; elle est organisée à l'occasion de la fête des récoltes et de l'anniversaire du village de Boal. Elle mobilise des jockeys enfants, ce qui la rend souvent spectaculaire et controversée[S 33]. Une analyse en sciences sociales identifie plusieurs valeurs associées à cette tradition : l'entraide et la coopération (gotong royong) ; l'amitié ; la solidarité ; l'esprit sportif ; des retombées économiques pour la communauté[S 33].

Des courses de poneys montés par des enfants, avec paris (Main Jaran[S 24], Pacuan Kuda ou Maren Jaran), sont régulièrement organisées sur l'île[P 4],[P 3],[P 2],[P 5]. La taille des poneys ne leur permet pas d'être montés par des adultes, le poids du cavalier entrant pour beaucoup en compte dans le résultat[P 2]. Les enfants de Sumbawa apprennent à monter en course dès l'âge de 5 ans ; leur carrière peut durer jusqu'à l'âge de 12 ans[P 6],[P 5]. Les courses d'enfants sur poney sont une tradition qui génère un fort profit via les paris[P 7]. La carrière d'un enfant jockey se révèle courte et très dangereuse, les décès par chute n'étant pas rares[P 5].

De nombreux travaux de recherche portent sur la qualité et la composition du lait des juments Sumbawa[S 24]. 30 juments laitières permettent de remplir 60 à 80 bouteilles par jour[P 1]. Ce lait est ensuite commercialisé et consommé sur la base de bénéfices allégués pour la santé[S 24].

Les premières études consacrées au lait de jument en Indonésie ont été menées sur des juments de race Sumba et Sumbawa en 2004[S 34],[S 35]. Portant sur la composition du lait, elles concluent à une forte activité antimicrobienne (la plus forte parmi les neuf races équines et bovines testées), qui semble propre au poney de Sumbawa, puisqu'on ne la retrouve pas chez les juments métisses issues d'un père Pur-sang[S 35]. Cette composition antimicrobienne est cependant proche de celle du lait des juments de Sumba[S 36]. Une autre analyse, publiée en 2013, porte sur la conservation de ce lait à température ambiante sous sa forme non-pasteurisée après la traite, révélant qu'il peut être consommé jusqu'à cinq jours après la collecte[S 37]. Cependant, il est fortement conseillé de le consommer au plus tard après deux jours s'il est conservé à température ambiante, car sa qualité diminue fortement après le deuxième jour[S 38]. En 2012, des analyses ont porté sur l'isolement des exopolysaccharides (EPS) issus des lactobacilles, à partir de lait de jument Sumbawa, afin de déterminer son potentiel comme prébiotiques pour moduler la croissance du bifidobacterium[S 39]. Les propriétés microbiologiques du lait de jument de Sumbawa ont été étudiées, afin d'évaluer sa qualité sanitaire et son intérêt comme aliment fermenté traditionnel. Ce lait contient naturellement une importante population de bactéries lactiques, responsables de la fermentation, tandis que les micro-organismes pathogènes sont absents ou présents à des niveaux conformes aux normes microbiologiques étudiées[S 40].

L'étude menée en 2004 sert de justification à la vente du lait de juments Sumbawa, qualifiées de juments sauvages, comme prétendu remède contre le cancer de l'estomac, à des prix élevés[P 1]. À cause du risque de fraudes et de vente de lait de juments domestiques ou d'une autre race, le kabupaten de Dompu a désigné les villages de Saneo (district de Woja) et Taropo (district de Kilo) comme uniques producteurs du lait de juments sauvages[P 1]. D'après une autre étude indonésienne publiée en 2014, ce lait de juments sauvages de Sumbawa (Susu Kuda Sumbawa, en indonésien) serait très efficace pour le soin antibactérien de certaines maladies de la peau, telles que l'acné[S 41]. Une étude réalisée en 2021 sur du lait de jument fermenté a identifié plusieurs espèces de bactéries lactiques, notamment Lactobacillus plantarum, Lactobacillus fermentum, Lactobacillus brevis, Pediococcus pentosaceus et Enterococcus faecium. Plusieurs des souches isolées présentent des propriétés antimicrobiennes et un potentiel probiotique dans des essais de laboratoire[S 42]. Ce lait a un potentiel de commercialisation comme prébiotique[S 43], comme complément alimentaire pour les personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI)[S 44], et de transformation en kéfir[S 45].

Croisements

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Les Sumbawa ont influencé le cheptel équin de l'Afrique du Sud, notamment après l'établissement des Hollandais dans la ville du Cap en 1652[S 46].

Ils entrent dans la sélection pour donner le Kuda Pacu indonésien, un cheval de course adapté au climat tropical[3].

Diffusion de l'élevage

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Sumbawa harnaché.

C'est l'une des races de chevaux indonésiennes dont les effectifs sont les plus importants[S 24], aussi elle n'est pas menacée d'extinction[2]. À l'inverse de nombreuses autres races indonésiennes, sa population connaît une lente augmentation depuis les années 1990[9]. Son élevage constitue une importante ressource pour les populations humaines sur son île d'origine[8]

Il se trouve en premier lieu sur l'île de Sumbawa, située dans l'Ouest des petites îles de la Sonde[19],[12],[20],[2]. Depuis les années 1980, les éleveurs recourent à un système de rotation de pâturage en envoyant les équidés et le bétail d'Empang et de Tarano (en) sur la petite île voisine de Pulau Rakit[19]. L'accroissement constant du nombre d'animaux risque de poser des problèmes de surpâturage à terme[19].

Ces poneys existent dans d'autres îles de l'Indonésie, notamment Sumba, Java, Sumatra[1] et le Timor oriental[17]. Le gouvernement local autorise les habitants à laisser pâturer librement les chevaux dans une vaste zone située sur les versants du Tambora[P 8]. La FAO répertorie 75 000 de ces poneys selon un comptage assez précis réalisé en 1997[1]. Un autre, réalisé en 2010, en dénombre 77 837, avec une tendance à l'augmentation[1],[9]. Le comptage de la variété Bima sur la base de données DAD-IS fait état de 140 000 poneys en 1997, avec une tendance à la stabilité[17],[9].

Le Sumbawa est répertorié dans l'étude de l'université d'Uppsala (2010) comme une race locale asiatique, qui n'est pas menacée d'extinction[21]. D'après l'évaluation de la FAO réalisée en 2007, la race « kuda-Sumbawa » est « non menacée »[22].

Dans la culture

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Le Sumbawa a un rôle socioculturel important sur son île d'origine[S 27]. Les courses de chevaux déterminent le statut social d'un individu[S 47],[S 24].

Le gouvernement indonésien a édité une série de timbres figurant (entre autres) la race Sumbawa, à l'occasion de l'année chinoise du cheval en 2014[23].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 DAD-IS.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Rousseau 2014, p. 384.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Edwards 2016, p. 248.
  4. ↑ Rousseau 2014, p. 384-385.
  5. 1 2 3 4 5 6 (en) Bernice de Jong-Boers, « Environmental History of the Island of Sumbawa (Indonesia) » Accès libre [html], sur iias.asia, International Institute for Asian Studies (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Bongianni 1987, p. 241.
  7. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Hendricks 2007, p. 407.
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 Ravazzi et Simeon 2010, p. 107.
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Porter et al. 2016, p. 516.
  10. ↑ (en) Excerpta Indonesica, Centre for Documentation on Modern Indonesia of the Royal Institute of Linguistics and Anthropology, (lire en ligne).
  11. ↑ Porter 2002, p. 203.
  12. 1 2 3 4 5 6 7 Swinney 2006, p. 116.
  13. ↑ Caroline Silver (trad. de l'anglais), Tous les chevaux du monde en couleur : Un multiguide nature, Éditions Bordas, (ISBN 2-04-012574-4, OCLC 1136121878, BNF 34845648), p. 72.Voir et modifier les données sur Wikidata.
  14. ↑ Rousseau 2014, p. 385.
  15. ↑ Hendricks 2007, p. 406.
  16. ↑ Hendricks 2007, p. 406-407.
  17. 1 2 3 4 DAD-IS.
  18. ↑ Porter 2002, p. 169.
  19. 1 2 3 4 5 (en) Dahlanuddin, Yusuf Ahyar Sutaryono, Sofyan D. Hasan et Mastur Mastur, Livestock production systems in Lombok and Sumbawa, Dampak perubahan iklim terhadap mata penghidupan masyarakat di Provinsi Nusa Tenggara Barat, Indonesia, (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  20. ↑ Ravazzi et Siméon 2010, p. 107.
  21. ↑ (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 58 ; 67.
  22. ↑ (en) « Breeds Currently Recorded In The Global Databank For Animal Genetic Resources » [PDF], Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , p. 63.
  23. ↑ (en) « Stamps Issue Series : Year of The Horse 2014 », sur indonesiastamps.com, (consulté le ).

Références académiques

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  3. ↑ (id) Cynthia Dewi Gaina et Nancy D. F. K. Foeh, « Studi performa umum tubuh dans status fisiologis kuda sumba » [« Étude des performances corporelles générales et de l'état physiologique des chevaux sumbanais »], Jurnal Kajian Veteriner, vol. 6, no 2,‎ , p. 38-44 (ISSN 2356-4113 et 2528-6021, DOI 10.35508/JKV.V6I2.376, lire en ligne).Voir et modifier les données sur Wikidata.
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  10. ↑ Clarence-Smith 2015, p. 39.
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Références de presse

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Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Encyclopédies

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Références académiques

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    • [de Jong Boers 2007] (en) Bernice de Jong Boers, « The ‘Arab’ of the Indonesian Archipelago: The Famed Horse Breeds of Sumbawa », dans Breeds of Empire: The ‘invention’ of the horse in Southern Africa and Maritime Southeast Asia, 1500–1950, vol. 42 de NIAS studies in Asian topics, Copenhague, NIAS, , 263 p. (ISBN 8776940144 et 9788776940140), p. 51-64
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