Bouffioulx

section de Châtelet, Wallonie (Belgique)

Bouffioulx (en wallon Boufiou) est une section de la ville belge de Châtelet située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La localité est réputée pour ses poteries en grès verni dont le surnom de « Cité de la Poterie ». C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Bouffioulx
Bouffioulx
L'ancien hôtel communal.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Châtelet
Code postal 6200
Code INS 52012C
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Bouffalonien(ne) ou Buffalonien(ne)
Population 4 962 hab. (1/1/2025)
Densité 611 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 23′ 23″ nord, 4° 30′ 53″ est
Superficie 812 ha = 8,12 km2
Localisation
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Bouffioulx
Liens
Site officiel http://www.bouffioulx.be

Toponymie

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Bouffioulx vient du latin vulgaire buffare « gonfler » dont est issu le terme buffa qui signifie une « grosse butte » représentative du relief de Bouffioulx[1].

Géographie

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Bouffioulx est traversé par la rivière Hanzinne, affluent de la Sambre qui longe l’ancienne ligne de chemin de fer 138 (Châtelet-Florennes). Son altitude varie de 95 m à 233 m.

Des falaises et des carrières calcaires marquent de leur présence le paysage vallonné de la Hanzinne à Bouffioulx. Ces calcaires datent de la période Carbonifère de l'ère Paléozoïque et du Frasnien premier étage géologique du Dévonien supérieur du Paléozoïque. Ils présentent une grande densité de phénomènes karstiques. Les plus spectaculaires sont ceux qui affectent les barres rocheuses le long de la vallée du ruisseau d’Hanzinne, au sud du village de Bouffioulx. Les massifs calcaires sont percés d’un chapelet de grottes : Montrou, Trou Quinet, Trou du Château, Trou Marique, etc. et de conduits karstiques. Un important réseau de galeries et de salles part de ces orifices[2]. L'argile grésante à forte teneur en silice, intercalée avec du sable, est présente dans les dépressions karstiques.

Quartiers

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Les principaux quartiers

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  • La Blanche Borne dont la première pierre de la cité fut posée le [3][4].
  • Saint-Blaise.
  • Chamborgneau : hameau de Bouffioulx.
  • Bouffioulx-Centre.
  • La Sibérie.
  • Le Domaine De Meyere.
  • La Villette, situé au sommet de l'avenue Émile Vandervelde[5].
L'église Saint-Ferdinand de Chamborgneau.

Autres lieux-dits

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  • Les Tiennes dont la cité est située entre le terril d'Ormont, la rue de Presles et la rue des Égyptiennes, cette citée est parcourue de rues ayant comme noms en souvenir du jumelage avec Campagnolles commune du département du Calvados en Normandie[6]. En 1970, de nouvelles constructions voient le jour notamment : 58 appartements et 96 maisons. L'immeuble « Le Normandie » comporte 7 étages qui regroupe 56 appartements. Dans les années 1980, la cité bénéficiera d'une extension[6].
  • Les Potiats, nom donné aux maisons de la rue Paul Pastur[7].
  • Montchevreuil.
  • Moncheret.
  • Les Vaucelles.
  • Les Coutures.
  • Champ de Pêchenne.
  • Carrière Moreau.
  • Grotte de Montrou.
  • La Goulette.
  • Mèlèrî.
  • Bois des Malagnes.
  • Bois des Minières.
  • Bois Godeau.

Hydrographie

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L’hydrographie de Bouffioulx s’organise autour d’un réseau dominé par la Hanzinne, cours d’eau non navigable du bassin wallon. Cette rivière traverse le village en suivant un tracé encaissé, typique des vallées calcaires du Hainaut. Son lit mineur, défini par le Code de l’Eau, correspond à une emprise étroite délimitée entre deux ruptures de pente, parfois élargie dans les zones anthropisées où les données proviennent de l’Institut géographique national[8].

Évolution démographique

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  • Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

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Préhistoire et Antiquité

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Avec un sol riche en silex, de nombreux cours d'eau et des étendues boisées, la région qui entoure Bouffioulx était propice à l'installation de tribus du Néolithique. Des traces remontant à 8 000 ans ont notamment été retrouvées dans la grotte de Montrou à Bouffioulx. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, un groupe mégalithique composé d'un dolmen et de plusieurs menhirs maintenant disparus surplombait la vallée de la Hanzinne[9] sur le plateau rocailleux de Sainte-Blaise. Dans le bassin de Bouffioulx, aux abords de la Biesme, la présence d'un ensemble mégalithique indique également une présence ancienne de l'Homme. Malheureusement, l'ensemble et son dolmen furent détruits vers le milieu du XIXe siècle[10].

Moyen Âge

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« Seigneur de Montrou et gouverneur de Montchevreuil ». Médaillon en grès de Bouffioulx, qui a été réalisé au XVIe siècle[11].

Le plus vieil écrit concernant ce lieu remonte à 1341 quand Gilles de Loverval vend au Chapitre Saint-Lambert de Liège, sa terre et seigneurie de Bouffioulx qui est rattachée à celle de Châtelet. La fabrication de poteries en grès vernissé au sel à Bouffioulx date du Moyen Âge et remonte au XIIIe siècle[12]. L'on connaît l'existence à Bouffioulx d'une cour de justice dès le XIIIe siècle, et de deux cours foncières dès le XIVe siècle. La topographie de Bouffioulx, au Moyen Âge était très différente d'aujourd'hui car l'exploitation calcaire a transformé le paysage au XIXe siècle[13]. Le village se trouvait de part et d'autre de la Biesme, coincé entre deux « montagnes » de roche : Montrou et Montchevreuil. Deux châteaux s'y sont construits dès le Xe siècle, surplombant l'accès au village.

Le château de Montrou se trouvait sur le flanc rocheux où culmine l'actuel quartier Saint-Blaise ou Montrou. En contrebas se trouve la grotte de Montrou dont les galeries souterraines (désormais obstruées) menaient jusqu'à l'abbaye de Salzinnes[10]. Un médaillon du XVIe siècle témoigne de festivités qui s'y déroulaient le lundi de Pâques, cette tradition disparaitra au XIXe siècle avec les dernières ruines. Les ruines du château de Montchevreuil ont également disparu sous les lignes de chemin de fer, aux abords de l'actuelle rue de Montchevreuil. On donna l'ordre de le démolir en 1862, ce qui fait que nous pouvons encore retrouver le dessin des murailles du vieux-château sur un plan cadastral de 1830-1834. Toutefois, l'esprit de la Seigneurie de Montrou n'a pas disparu, une compagnie de reconstitution médiévale - la Mesnie di Matra - préserve les légendes qui entourent ces lieux.

Renaissance et Temps modernes

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L'église Saint-Géry de Bouffioulx.

L'organisation municipale proprement dite ne date que du XVIe siècle[14]. En 1610, on érige la paroisse et l'église de Bouffioulx (désormais église Saint-Géry) dont subsiste le chœur semi-hexagonal.

Bouffioulx bénéficie à cette époque d'une grande prospérité économique, notamment grâce aux grès de Bouffioulx. La poterie faisait vivre de nombreux spécialistes dans différents métiers : bûcherons, extracteurs de terre, tourneurs, émailleurs, peintres, cuiseurs et spécialistes de la pose d’étain[15]. En 1748 le relevé (fiscal) des cheminées pour la communauté de Bouffioulx recense 99 habitations[16] correspondant à une population de 445 (± 10 %) personnes[17]. À partir du XVIIIe siècle, le grès de Bouffioulx subit la concurrence de la faïence et tombe progressivement en désuétude.

Époque contemporaine

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Avec l'avènement de la révolution industrielle, la population passe de 1 027 à 3 457 personnes de 1830 à 1880 du fait du développement de l'industrie minière (carrières de marbre et de pierres à bâtir) et sidérurgique (hauts-fourneaux, laminage, chaudronnerie)[18]. En 1907, le peintre Willem Delsaux établit un atelier de poterie à Bouffioulx et remet en honneur l'art du feu dans la production de poteries en grès[19]. Il y applique les techniques et méthodes décoratives traditionnelles de la région à ses propres créations. À Bouffioulx, il côtoie, les artistes et céramistes Edgard Aubry, Roger Guérin, Arthur Craco, Omer Coppens ou Willy Finch. En 1911, il fonde la Poterie de l'Escarboucle[20], une école wallonne de fabrication d'émail et de faïence émaillée, destinée, entre autres à l'architecture (cheminées, façades complètes, terrasses ou vases). Le déclenchement de la Première Guerre mondiale contrarie le fonctionnement de son entreprise.

En , Bouffioulx est l'un des théâtres de la bataille de Charleroi entre la IIIe armée allemande du général Von Bülow venant de la vallée de la Sambre et la Ve armée française du général Lanzerac. De 5 h à 14 h le , de violents combats opposent le 78e régiment d'infanterie allemand aux 36e régiment d'infanterie et 119e régiment d'infanterie français. Les Français sont contraints à la retraite et Bouffioulx tombe aux mains des Allemands. En représailles de la résistance rencontrée à Bouffioulx, l'armée allemande exécute 10 civils et détruit 32 bâtiments[21]. Le , des civils réquisitionnés sont contraints d'inhumer 294 combattants français dans trois fosses communes[22].

Monument aux victimes des bombardements et aux fusillés en 1944. Situé dans le hameau de la Sibérie.

Dans l'entre-deux-guerres, le talentueux élève de Willem Delsaux, Roger Guérin, établit son atelier de potier à Bouffioulx et produit des céramiques de style Art déco. Les céramiques et poteries de Bouffioulx acquièrent grâce à lui une grande notoriété en Belgique et à l'étranger. L'on peut à présent les admirer dans des musées belges, hollandais, italiens et américains. Au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, une grande partie des habitants de Bouffioulx partent vers la France le . Les troupes allemandes entrent sans combats dans la commune le pour s'en retirer début juin et rester à Châtelet. Dans le courant de juin-juillet les habitants rentrent dans leurs habitations. De à , la commune de Bouffioulx est intégrée au Grand Charleroi sous occupation allemande[23], Bouffioulx faisait alors partie du District II aussi nommé District de Châtelet. À partir de , l'aviation alliée débute le bombardement des réseaux ferroviaires belge et français en prévision du débarquement en Normandie. Le des bombardiers moyens B26 Marauder américains attaquent la gare de formation de Couillet. La dispersion des bombes cause la mort de 10 civils[23]. Le bombardement en tapis du provoque la destruction totale de 39 maisons et de graves dégâts dans 145 habitations du quartier de la Blanche Borne[24]. En 1977, la commune de Bouffioulx est intégrée à la commune de Châtelet.

Liste des bourgmestres de 1816 à 1977

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  • Adrien Baudelet (maire-mayeur), de 1816 à 1821.
  • Jacques-Alphonse Gibon (mayeur), de 1822 à 1830 (unioniste-tendance libéral).
  • Jean-Baptiste Baudelet, de 1831 à 1833 (unioniste-tendance catholique).
  • Jacques-Alphonse Gibon, de 1833 à 1837 (unioniste-tendance libéral).
  • Jean François Camberlin, 1837 à 1848 (Parti libéral).
  • Guillaume Hermant, de 1848 à 1868 (Parti libéral).
  • Pierre-François Grégoire, 1868 à 1878 (Parti libéral).
  • Jacques-Alphonse Gibon, de 1878 à 1892 (Parti libéral).
  • Émile Hermant, de 1892 à 1895 (Parti libéral).
  • Gustave Guyaux, de 1895 à 1903 (Parti catholique).
  • Émile Hermant, de 1903 à 1921 (Parti libéral).
  • Léon Dufays, de 1921 à 1926 (POB).
  • Germain Baudoux, de 1926 à 1933 (Parti libéral).
  • Alfred Nassaux, de 1933 à 1938 (POB).
  • Alphonse Mahy, de 1938 à 1940 (POB).
  • Victor Marsipont, de 1940 à 1941 (POB).
  • Charles Sandron, de 1941 à 1942 (POB).
  • Léon Dufays, de 1942 à 1953 (PSB).
  • Eugène Vandeloise, de 1953 à 1969 (Parti d'Unité Wallonne)[25].
  • Marcel Biron, de 1969 à 1977 (PSB)[26],[Note 1].

Patrimoine, musées et folklore

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La maison de la Poterie (ancienne poterie Jules Guérin).

Patrimoine architectural, monuments et musées

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  • L'église Saint-Géry, construite au XVIe siècle et en 1774[27].
  • L'église Saint-Ferdinand construite en 1913 par la famille Pirmez dans le quartier de Chamborgneau de style néo-roman[28].
  • Le vieux centre de Bouffioulx avec ses rues étroites, sa Maison de la poterie et ses maisons en pierres.
  • Monument au morts 1914-1918.
    Le musée de la Grange aux Potiers, de l’atelier du Potier en activité et de la salle des fours (Poterie Dubois).
  • Le monument de la guerre 1914-1918, œuvre de Désiré Weygers sur la place.
  • L'ancienne maison communale. En 1843, la maison communale est devenue vétuste. En 1886, jugée trop exiguë, un projet d’agrandissement est lancé. En 1945, un nouvel agrandissement est prévu, incluant deux salles d’école. Vers la fin des années 1960, l’architecte Albert Guyaux de Charleroi est chargé d’étudier la transformation du bâtiment, et le , la maison communale est inaugurée[29].

Folklore

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  • Fête de la Poterie : fête dédiée à l'artisanat organisée en juin-juillet.
  • Marche Saint-Ferdinand et Notre-Dame de Lourdes se déroule le deuxième dimanche de juillet au hameau de Chamborgneau[30], cette marche a été créée en 1946.
  • Marche Saint-Étienne et Saint-Blaise, se déroula le 1er week-end de mai, cette marche a été reformer en 2026[31],[32].
  • Marche Saint-Géry, le , marche qui n'existe plus depuis les années 1990[32].

Enseignement

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Bouffioulx possède deux écoles l'une communale et une libre : Groupe scolaire Hayettes-Solvay : implantation Solvay, rue Ernest Solvay et l'école Saint-Géry, rue des Potias.

Économie

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L'industrie

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L'industrie du grès et la poterie d'art

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Fabrique de tuyaux en grès verni (Poterie J. Warren & Cie).

L’industrie du grès de Bouffioulx a été pendant de nombreux siècles florissante grâce à la bonne qualité de sa matière première, l'argile grésante à forte teneur en silice extraite dans les dépressions karstiques. La propriété de ce type d'argile est de résister à des hautes températures de plus ou moins 1 300 °C permettant l'apport de sel marin nécessaire à la vitrification des poteries. Le combustible était au départ fourni par le bois fourni par les forêts environnantes et, à partir du XVIIIe siècle, par le charbon. Au niveau corporatif, le franc-Métier réunissait les maîtres ou patrons, les apprentis ou candidats maîtres et les serviteurs ou ouvriers[33].

Fin du XVIIIe siècle, la production de faïence supplante celle du grès à caractère artistique qui connaît un déclin durable avant que quelques artistes-céramistes passionnés par le grès d'art ne reprennent la tradition peu avant la Première Guerre mondiale.

Céramique de Bouffioulx (Roger Guérin).

Quelques ateliers de poterie de grès salé sont en activité et sont mis à l'honneur lors de la fête annuelle de la poterie qui se tient à Bouffioulx en juin-juillet :

  • poterie Biron ;
  • poterie Dubois ;
  • poterie Lardinois.

De même, l'ASBL « La Grange aux Potiers » de Bouffioulx a pour objectif visant à sauvegarder et transmettre le savoir-faire ancestral des potiers de Bouffioulx. Cette association a reçu le prix Sambria 2023 décerné par l'association Prométhéa lui permettant de développer un parc à fours, unique en Belgique. Ce parc à fours comprend : un four à bois, un four à fosse, un espace pour des cuissons éphémères, un espace pour les cuissons raku, le vieux four de la Poterie Dubois pour la cuisson au charbon et un nouveau four électrique. Ces différents fours donnent la possibilité aux artistes et apprenants de pouvoir toucher à de nombreux types de cuisson[34].

Le Palais de Justice de Charleroi abrite dans le hall d'entrée des céramiques en grès de Bouffioulx de Marie-Henriette Bataille, Claire Lambert et Paul Timper[35].

Autres poteries de l'époque à Bouffioulx
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Plaque Roger Guérin sur la maison de la poterie.

Parmi les poteries qui étaient en activité, on note notamment :

  • poterie J. Baudenne‑Josse. L’atelier fondé par Joseph Baudenne‑Josse au début du XXe siècle constitue l’un des établissements céramiques actifs dans le secteur de la poterie industrielle en région carolorégienne. En 1904, l’artisan obtient l’autorisation d’implanter une fabrique à l’angle des rues Champ des Péchenne et Solvay, dans un quartier alors en développement vers la Blanche‑Borne[36]. L’entreprise se structure progressivement : en , Baudenne‑Josse sollicite l’agrandissement de son atelier situé rue de Couillet ancienne dénomination de la rue Solvay ainsi que l’installation d’un second four circulaire, projet auquel le collège échevinal donne son accord en [36]. Au fil des décennies, la poterie s’inscrit dans le paysage économique local par la production de céramiques utilitaires, de tuyaux, d’éléments en grès vernissé et de divers articles destinés aux usages domestiques ou techniques[36]. En 1955, l’activité demeure encore attestée, mais l’entreprise cesse ses opérations la même année. Les installations sont ensuite démolies, mettant fin à l’existence de cette fabrique qui avait accompagné l’essor artisanal et industriel du quartier[36];
  • poterie Guérin. L’entreprise fondée par Roger Guérin s’inscrit dans l’histoire des grès de Bouffioulx, un centre céramique réputé du Hainaut. En 1919, Guérin met sur pied une société coopérative portant son nom, avant d’obtenir en l’autorisation provinciale d’exploiter une poterie d’art à Bouffioulx[37]. Cette structure évolue en 1929 en Société Anonyme des Grès de Bouffioulx, dissoute en 1935. Guérin relance toutefois l’activité en 1938 en créant une nouvelle société anonyme au même emplacement, qui disparaît à son tour treize ans plus tard. En 1951, il fonde une troisième société anonyme reprenant la même appellation, marquant une nouvelle tentative de stabilisation industrielle[37]. Après la mort de Roger Guérin en 1954, son fils Jules Guérin poursuit la tradition potière et établit en 1959 la fabrique de céramique Guérin à Morialmé. Malgré ces efforts, les activités industrielles cessent en 1970 avec la faillite de la dernière société anonyme. L’histoire se prolonge brièvement : en 1971, les ouvriers créent la Société Nouvelle des Grès de Bouffioulx, qui ne survit que trois ans avant une nouvelle faillite[37]. En 1975, une reprise s’opère sous le nom de Société Anonyme Manufacture d’Art, dernière incarnation de l’entreprise. En 1988, Jules Guérin met définitivement fin à la production en éteignant les fours, clôturant près de sept décennies d’initiatives artisanales et industrielles autour des grès Bouffalonien[37];
  • poterie Mousset‑Thibaut. L’origine de cette poterie remonte à la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque Auguste Mousset obtient, le , l’autorisation d’exploiter un atelier céramique à Bouffioulx. L’entreprise se développe rapidement : en 1884, l’administration communale l’autorise à ériger un nouveau four, et trois ans plus tard, deux installations supplémentaires sont mises en service, témoignant d’une activité en pleine expansion dans le secteur des grès utilitaires[38]. La production se concentre alors sur les couvre‑murs, les tuyaux et leurs accessoires, tandis que les carreaux de pavement en grès deviennent la spécialité de l’atelier. À la fin de l’année 1955, la poterie compte douze employés, ce qui illustre son rôle dans l’économie artisanale locale[38]. Les années 1970 marquent un tournant dramatique : l’effondrement d’un four en activité provoque un incendie qui détruit une grande partie des installations, mettant un terme à une tradition potière vieille de près d’un siècle. La poterie met finalement fin à ses activités en 1985[39], à la suite du décès d’Albert Mousset[38];
  • poterie J. Warren & Cie. Installée rue Cyprien‑Prévot, cette poterie se spécialise dans la fabrication de grès industriels, une production typique des ateliers Bouffalonien du tournant du XXe siècle. Après la Première Guerre mondiale, en 1919, la famille Warren cède l’établissement à la Société Céramiques de Haine‑Saint‑Pierre, héritière de la Société Monseu & Cie, fondée en 1847[40]. Sous cette nouvelle direction, le site poursuit la fabrication de pots, de tuyaux, de grès fin et de diverses poteries utilitaires, intégrant Bouffioulx dans un réseau industriel plus large[40]. En 1965, la société de Haine‑Saint‑Pierre se retire du site et en transfère la propriété au maître potier Jean Grégoire, qui modernise partiellement les installations et maintient la production de tuyaux jusqu’en 1969[40]. Par la suite, l’ensemble est acquis par la SPRL Sambre et Dyle, entreprise spécialisée dans les produits réfractaires destinés à la sidérurgie, marquant la reconversion du lieu vers une activité industrielle différente de la tradition potière originelle[40];
  • Faïenceries de Bouffioulx. La Société Anonyme des Faïenceries de Bouffioulx, créée le par acte notarié établi par Ernest Brasseur, s’inscrit dans l’histoire industrielle de la faïence belge. Son premier directeur, Auguste Goret, originaire de Châtelet, supervise la mise en place de cette fabrique de céramique qui, dès 1924, sollicite auprès des autorités communales l’autorisation d’ouvrir officiellement une faïencerie[41]. La nouvelle société prend la relève de la Compagnie Générale Belge de Céramique, Produits Chimiques et Pharmaceutiques, laquelle lui transmet son usine implantée sur un terrain de 2 hectares et 25 ares, l’ensemble du matériel, les stocks et approvisionnements, ainsi qu’une indemnité de 140 000 francs destinée à compenser les dommages subis durant la Première Guerre mondiale. L’établissement se fait connaître pour la production de carreaux de revêtement en faïence, qui constituent sa spécialité[41]. À côté de cette fabrication industrielle, quelques pièces décoratives notamment des vases sont réalisées par des artisans comme Eugène Hoogstoel[41]. La faïencerie demeure active jusqu’aux années 1970, période à laquelle la société anonyme est liquidée. La fermeture entraîne le licenciement de 107 ouvriers et 11 employés, marquant la fin d’une présence industrielle majeure à Bouffioulx[41]. Le site est ensuite reconverti : en 1971, un supermarché Delhaize est construit à l’emplacement de l’ancienne usine, effaçant les traces matérielles de cette activité céramique qui avait structuré le paysage économique local pendant près d’un demi‑siècle[42];
  • poterie Crame-Delpire. Tout commence en 1870, lorsque Pierre François Crame et sa femme Sylvie Delpire achètent un terrain à l’angle de l’avenue Vandervelde et de la rue de la Biesme pour y installer une poterie. L’autorisation d’exploitation est délivrée le [43]. L’entreprise fondée par Pierre Crame s’inscrit dans le développement des ateliers céramiques de Bouffioulx à la fin du XIXe siècle. Dès 1885, Crame présente les produits de sa jeune fabrique à l’exposition d’Anvers, signe d’une activité déjà structurée[44]. L’année suivante, les bâtiments industriels sont équipés d’une machine à vapeur de 20 CV, d’un broyeur, d’un malaxeur et d’une presse destinés à la fabrication de tuyaux, témoignant d’une modernisation rapide de l’atelier. Au printemps 1899, la veuve Crame, alors responsable de l’exploitation, sollicite l’autorisation d’installer deux fours circulaires supplémentaires, demande à laquelle le collège communal donne un avis favorable[45]. La direction passe ensuite à Léon Crame, qui maintient la production industrielle tout en réalisant des pièces de grès artistique signées « Crame‑Delpire ». Durant la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise délaisse en partie la fabrication de tuyaux en grès pour répondre à la forte demande de pots à conserves.Sans héritier direct, Léon Crame s’associe avec deux de ses neveux, Christian Crame et Jean Bourlet, qui poursuivent l’exploitation jusqu’en 1958[46]. Cette année‑là, la poterie ferme définitivement ses portes, mettant fin à une activité familiale qui avait traversé près de trois générations[46];
  • SA Établissements Piret Frères et Compagnies-Poterie Nouvelles. Fondée le , cette société s’inscrit dans le paysage industriel Bouffalonien du début du XXe siècle. Elle devient, en 1928, l’un des membres fondateurs de la SA du Chemin de fer industriel d’Ormont, structure destinée à soutenir le transport et l’acheminement des productions locales, notamment celles liées aux activités céramiques[47]. L’entreprise poursuit ses opérations jusqu’au début des années 1970, période durant laquelle la poterie cesse définitivement son activité. Dès 1973, le site est décrit comme un espace industriel désaffecté, marquant la fin de son rôle dans la fabrication de grès utilitaires et de produits céramiques[47]. En 1998, les bâtiments sont rachetés par la société Lidl, qui procède à leur démolition afin d’y établir un supermarché, transformant un ancien lieu de production en infrastructure commerciale moderne et effaçant les traces matérielles de cette entreprise fondée au cœur de l’entre‑deux‑guerres[47];
  • poterie Decamps‑Grégoire. Connue localement sous l’appellation du « Moulin », cette poterie occupe une place singulière dans l’histoire des ateliers céramiques de Bouffioulx. Elle est d’abord exploitée par la Société en Nom Collectif Enfants Grégoire‑Delalou, qui y développe une production de grès utilitaires dans la continuité des traditions artisanales du village. L’activité cesse en 1947, lorsque l’atelier ferme ses portes[48]. Les bâtiments industriels demeurent ensuite inoccupés durant de nombreuses années, devenant l’un des nombreux sites désaffectés issus du déclin progressif des poteries Bouffaloniennes au milieu du XXe siècle[48]. À la fin des années 1990, le lieu connaît une reconversion commerciale : en 1998, il accueille le restaurant Buffalo Expresse, marquant la transformation d’un ancien espace de production en établissement de restauration[48];
  • poterie Blanche‑Dargent. Fondée le jour de Pâques en 1878, cette poterie familiale s’inscrit dans la continuité des ateliers de grès utilitaires qui ont façonné l’identité artisanale de Bouffioulx[49]. L’entreprise traverse plusieurs générations avant de passer, en 1936, sous la direction d’Auguste Blanche‑Dargent, l’un des petits‑fils du fondateur, assurant la pérennité d’un savoir‑faire transmis au sein de la famille[49]. L’activité se maintient jusqu’à la fin des années 1970, période marquée par un événement déterminant : le , un affaissement de terrain survenu le long de la voirie compromet gravement la stabilité des bâtiments industriels. Face au danger, l’entreprise est contrainte de cesser ses opérations, mettant un terme à près d’un siècle d’exploitation céramique[49].

Industries métallurgiques

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La société anonyme des Forges d'Acoz
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La Société anonyme des Forges d’Acoz trouve son origine dans une forge fondée en 1761, connue sous le nom de forge de Saint‑Éloi. Au début du XIXe siècle, l’établissement connaît une série de transformations décisives : en 1809, Gauthier Puissant en fait une platinerie, puis en 1812 il remplace le marteau traditionnel par un laminoir équipé de cylindres en fonte et de deux fours destinés au recuit du fer. L’atelier emploie alors une vingtaine d’ouvriers et atteint une production annuelle d’environ 100 tonnes de tôles fines, nécessitant près de 700 tonnes de charbon. En 1818, l’usine est acquise par Pierre Joseph Houyoux, qui poursuit la modernisation des installations. Vers 1825, le laminoir est perfectionné tout en demeurant implanté sur le territoire d’Acoz, et Houyoux en assure la direction avec l’assistance de son futur gendre, François Eugène de Dorlodot[50]. Au cours du XIXe siècle, la famille de Dorlodot s’impose, avec d’autres industriels, comme l’un des acteurs marquants du développement métallurgique régional. Sous l’impulsion d’Eugène de Dorlodot, un vaste complexe sidérurgique connu sous le nom de Forges d’Acoz est progressivement édifié entre 1832 et 1858. Dès 1831, l’établissement emploie plus d’une centaine d’ouvriers, et l’année suivante, deux hauts fourneaux alimentés au coke sont mis en service grâce au savoir‑faire du technicien britannique Thomas Bonehill. L’essor du site s’inscrit dans une stratégie d’intégration industrielle déjà amorcée : en 1829, de Dorlodot avait acquis les usines de Bouffioulx auprès de Charles de Cartier d’Yves, afin de les rattacher aux installations d’Acoz. Ces ateliers provenaient vraisemblablement d’une platinerie attestée dès 1764 à la limite de Bouffioulx et d’Acoz, que le baron d’Yves avait ensuite convertie en hauts fourneaux[51].

Sous l’impulsion d’Eugène François de Dorlodot, les installations métallurgiques d’Acoz connaissent une série d’investissements qui renforcent leur position dans l’industrie sidérurgique belge. En 1837, l’établissement adopte une affinerie conçue selon les procédés britanniques, marquant une étape importante dans la modernisation de la production[51]. En 1851, un troisième haut fourneau est érigé à Bouffioulx, conformément à un arrêté royal daté du et publié quelques jours plus tard dans le Moniteur belge. Ce même acte autorise également la construction de dix-huit fours à coke destinés à soutenir l’activité croissante. Les trois hauts fourneaux de Bouffioulx sont complétés par un quatrième situé à Acoz, formant un ensemble industriel cohérent[51]. Avec l’appui de son frère Léon, Eugène Charles de Dorlodot parvient à hisser rapidement ces forges au rang des grandes entreprises métallurgiques du pays. La société adopte alors la raison sociale « de Dorlodot frères, Maîtres de Forges », témoignant de l’ambition familiale et de son rôle central dans la gestion de l’établissement[51].

Après la fondation des Laminoirs de Châtelineau en 1861, la famille de Dorlodot se prépare à transformer son entreprise métallurgique en une société anonyme, ce qui conduit à la cession progressive des activités familiales[52]. Cette transition aboutit le à la vente des forges d’Acoz pour une somme de 4 300 000 francs. Le même jour, la nouvelle entité juridique, la Société Anonyme des Forges d’Acoz, est officiellement constituée[52]. L’acte fondateur est rédigé par le notaire Piret, établi à Châtelet. À cette occasion, Eugène et Léon de Dorlodot, accompagnés du baron Tony del Marmol, apportent leurs installations et capitaux à la société nouvellement créée, assurant ainsi la continuité industrielle du complexe métallurgique tout en l’inscrivant dans un cadre juridique moderne[52]:

  • les trois établissements situés sur le territoire des communes d'Acoz et de Bouffioulx ;
  • une usine située à Châtelineau, des mines de fer, des contrats en cours et, en échange, ils obtiennent 9 400 actions de la nouvelle société.

Les de Dorlodot sont les actionnaires majoritaires de l’entreprise sidérurgique, détenant un capital de 1000 actions[52].

Au fil du temps, Eugène Charles de Dorlodot se détache progressivement de la Société Anonyme des Forges d’Acoz, dont il revend ses parts avant de se désintéresser de l’avenir du groupe. Aux alentours de 1880, il entreprend une nouvelle initiative industrielle dans le Pas‑de‑Calais, en fondant à Isbergues un complexe sidérurgique baptisé Forges et Aciéries d’Isbergues[53]. Le choix de ce site répond à des considérations logistiques : la proximité du canal d’Aire à La Bassée facilite l’acheminement des matières premières, tandis qu’un raccordement ferroviaire relie directement l’usine au réseau national par la gare de Berguettes[53]. La construction des installations et leur mise en service sont confiées à des ouvriers et techniciens belges, principalement issus des bassins industriels de Liège et Charleroi, témoignant de la continuité des savoir‑faire entre les deux régions[53].

Après le retrait de la famille de Dorlodot, la direction des Forges d’Acoz passe entre les mains de plusieurs administrateurs particulièrement actifs, qui contribuent à maintenir l’entreprise dans le paysage industriel belge. Parmi ces figures se distinguent Jules Vander Stichelen, successivement ministre puis gouverneur de la Banque Nationale, Auguste Beernaert, futur chef du gouvernement, et Gustave Boël, qui finit par prendre en main les orientations de la société. Sous leur impulsion, l’établissement continue de participer aux grandes manifestations industrielles du siècle[54]. En 1878, il est présent à l’Exposition universelle de Paris, où il expose divers produits métallurgiques : poutrelles à âme de 25 cm, rails en fer, tôles, larges plats, ainsi que des fers fendus destinés spécifiquement aux marchés chinois et japonais. La décennie suivante est marquée par des tensions sociales croissantes[54]. En , dans un contexte de conflit aigu entre ouvriers et employeurs, des groupes d’émeutiers s’en prennent aux installations des Forges d’Acoz, touchant les sites d’Acoz, de Bouffioulx et de Châtelineau. La Garde Civique est mobilisée pour protéger les infrastructures et rétablir l’ordre. Malgré plusieurs blessés parmi les grévistes, le mouvement finit par s’essouffler, mettant un terme à cet épisode insurrectionnel[54].

La société anonyme des Usines de Moncheret
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À la fin des années 1880, les Forges d’Acoz connaissent une période financière difficile. Après plusieurs diminutions de capital destinées à absorber les pertes, celui‑ci n’atteint plus en 1889 que 1 700 000 francs, répartis entre mille actions privilégiées et deux mille quatre cents actions ordinaires de 500 francs. La situation conduit finalement à la mise en liquidation de la société le [55]. Les installations de Bouffioulx et d’Acoz semblent ensuite avoir été apportées en nature à une nouvelle entité, la Société Anonyme des Usines de Moncheret, fondée le . Les laminoirs de Châtelineau sont alors démantelés, à l’exception des fours à coke conservés provisoirement[55]. En , la Société de la Caisse des Propriétaires, nouvel acquéreur des terrains, décide de lotir l’ensemble du site et fait procéder à la destruction totale des anciens laminoirs de Dorlodot. La société Moncheret est dirigée par un conseil d’administration composé de trois membres : Albert Gilbert, président, Léopold Dumonceau, et Henri Dupuis, administrateur‑gérant. En 1911, elle participe à l’Exposition de Charleroi, où elle présente un échantillon représentatif de ses productions[55]. À cette époque, le complexe sidérurgique s’étend sur trente‑quatre hectares, avec un haut fourneau en activité à Bouffioulx et des laminoirs situés à Acoz. L’entreprise emploie environ 450 ouvriers et atteint une production annuelle de 30 000 tonnes d’acier. Durant la Première Guerre mondiale, une part importante de cette production est réquisitionnée par les autorités d’occupation[55].

Avant 1932, les installations de Moncheret sont intégrées à la Société Anonyme d’Ougrée‑Marihaye, qui entreprend peu après une réorganisation de ses activités. En 1935, cette dernière amorce une politique de décentralisation et fonde l’année suivante la Société Anonyme des Aciéries et Minières de la Sambre (AMS). En , l’AMS élargit son patrimoine industriel en acquérant les Forges, Fonderies et Laminoirs de Nimy ainsi que les usines de Moncheret. C’est dans ce contexte que le dernier haut fourneau de Bouffioulx est mis à l’arrêt, puis démantelé[56]. Durant la Seconde Guerre mondiale, les installations de Moncheret sont réquisitionnées pour servir de dépôt de marchandises de classe 1 au profit de l’armée américaine. Le dépôt, identifié sous le code Q 183 H, semble opérationnel dès et offre une capacité de stockage de 34 256 tonnes[56]. Son fonctionnement repose sur un personnel important, comprenant environ 800 civils, capable d’assurer quotidiennement la rotation de quelque 500 tonnes de matériel entre chargement et déchargement. À partir du , les AMS reprennent les investissements techniques sur le site, amorçant une nouvelle phase de modernisation[56]. En 1966, les AMS et donc la division de Moncheret sont absorbées par la Société Anonyme des Fourneaux, Forges et Aciéries de Thy‑le‑Château et Marcinelle, fondée en 1890. Cette fusion donne naissance à la Société Anonyme des Forges de Thy‑Marcinelle‑Monceau, qui devient l’héritière directe des activités industrielles de Moncheret[56].

Au début des années 1970, les usines de Moncheret demeurent un site sidérurgique particulièrement actif : en 1972, elles comptent encore 617 employés et traitent quotidiennement près de 560 tonnes d’acier. Malgré cette activité soutenue, la tendance à la centralisation industrielle se poursuit et, dès , des projets de fermeture touchant certains équipements jugés pourtant rentables par une partie du personnel commencent à circuler. L’exploitation finit par cesser durant l’été 1975. Le , une nouvelle entité, la société anonyme Moncheret Aciers, reprend les installations[57]. Quelques mois plus tard, le , cette société participe à la création d’une seconde structure, Devis et Moncheret Aciers (DEMAM SA), dont l’objet social est similaire[57]. L’expérience est de courte durée : en , après avoir acquis l’ensemble des actions, la Société Anonyme Grosjean et Compagnie décide de dissoudre DEMAM[57]. L’ancien site des Forges d’Acoz, situé à Acoz, reste exploité par le groupe Grosjean et Compagnie, devenu depuis Aciers Grosjean. À Bouffioulx, au 400 rue Paul Pastur, la même société change de dénomination le , à la suite d’une assemblée générale des actionnaires, pour adopter le nom Disteel. Le , Disteel fusionne avec la Société Anonyme Metaalhandel Vermeersch, dont le siège est établi à Gand, intégrant ainsi ses activités dans une structure industrielle plus large[57].

Autres industries

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Fonderie Radelet et fils
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La fonderie Radelet trouve son origine dans l’initiative de Victor Crame, qui sollicite le l’autorisation d’installer, au 230 avenue Vandervelde à Bouffioulx, un atelier de construction équipé d’une machine à vapeur et de divers dispositifs mécaniques. En 1880, l’établissement change de mains : la société Radelet, Demoulin et Cie reprend l’atelier ainsi que la fonderie de fer et de cuivre[58]. Au fil des années, le site s’étend progressivement et diversifie sa production[58]. En 1895, il emploie près d’une centaine de personnes et propose une gamme étendue de pièces métalliques. Les ateliers bénéficient alors d’un raccordement au réseau ferroviaire belge grâce à une liaison directe avec la gare privée d’Ormont[58]. À l’approche de la Première Guerre mondiale, l’entreprise adopte la dénomination N. Radelet et Fils, puis devient Radelet Frères à la veille du second conflit mondial. À cette époque, l’activité s’est fortement réduite et ne mobilise plus qu’une dizaine d’ouvriers[58]. Le , l’établissement obtient un renouvellement de son permis d’exploitation pour une durée de trente ans, mais ferme peu après. En 1970, les bâtiments de l’ancienne fonderie sont rachetés et trouvent une nouvelle affectation, notamment au sein de la société Plasticel, spécialisée dans la fabrication d’isolants thermiques[58].

Marbrerie Guyaux Frères
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La rivière Hanzinne au parc de la Brockmanne, sur le site de l'ancienne marbrerie Guyaux.

La marbrerie Guyaux Frères trouve son origine dans l’initiative d’Isidore Baudoux, qui fonde l’établissement durant l’été 1837. Sur l’une de ses propriétés situées au lieu‑dit Commune de Châtelet, il installe un four à chaux permanent destiné à soutenir l’activité de taille et de transformation de la pierre. À la mort de Baudoux, en février 1863, l’entreprise est reprise par les frères Guyaux[59], qui la développent sous la dénomination Usines Hydrauliques de Bouffioulx Guyaux Frères. À cette époque, l’énergie nécessaire au fonctionnement des scies est fournie par une roue à aubes installée sur le ruisseau de la Biesme, laquelle actionne, par un système de poulies et de courroies, l’ensemble des mécanismes de l’atelier[60]. Au fil des décennies, la marbrerie Guyaux Frères prend de l’ampleur, portée par une augmentation régulière des commandes[61]. Pour répondre à cette croissance, les dirigeants décident, entre la fin de 1899 et le début de 1900, d’équiper l’établissement d’une machine à vapeur destinée à actionner l’ensemble des outils, notamment les scies et les tours polisseurs[61]. Dès 1870, alors que l’entreprise exploite déjà une scierie et une carrière de castine, ses responsables cherchent à obtenir un raccordement au réseau du Grand Central Belge afin de faciliter l’acheminement des blocs de marbre provenant de fournisseurs extérieurs et d’améliorer la distribution des produits finis[61]. Il faudra toutefois près de deux ans avant que les rails ne traversent la chaussée reliant Bouffioulx à Acoz[61].

Les blocs de marbre travaillés proviennent principalement des carrières de Merlemont‑Romedenne ainsi que des carrières Sainte‑Anne situées à Gerpinnes et Gougnies. Un document daté de 1900 indique que les frères Guyaux exploitent alors une carrière portant leur nom[61]. Cependant, entre 1903 et 1905], l’entreprise traverse une période de difficultés économiques marquée par une baisse sensible des commandes, ce qui entraîne l’arrêt prolongé de la machine à vapeur durant plusieurs mois chaque année[61]. La marbrerie parvient à se maintenir durant la Première Guerre mondiale, son permis d’exploitation étant renouvelé le 26 septembre 1916. Elle subsiste également pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que l’activité semble avoir été largement interrompue[61]. Le dernier exploitant, Josephus Guyaux, obtient le l’autorisation de poursuivre l’exploitation de la scierie pour une durée supplémentaire de trente ans, mais l’établissement ferme peu après[61]. Les installations restent ensuite abandonnées pendant de longues années avant d’être acquises par la Ville de Châtelet, qui entreprend leur rénovation afin de transformer le site en espace de détente et de promenade[61].

Ateliers de construction de la Biesme
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Part sociale des Ateliers de la Biesme.

Situé le long du cours de la Biesme, cet établissement industriel plus tard occupé par les ateliers De Cock remonte au moins aux années 1850, voire à une période antérieure. Selon certains historiens, l’un des premiers exploitants pourrait avoir été la Société des Forges et Ateliers de Construction de la Platinerie à Bouffioulx, Fernand Cailleux et Cie, considérée comme l’un des pionniers du site[62]. À l’origine modeste, doté de quelques forges et d’outils mus par la force hydraulique de la Biesme, l’établissement connaît un essor notable vers 1856, stimulé par la mise en service de la ligne ferroviaire reliant Châtelineau à Morialmé. En 1869, il obtient son propre raccordement à cette ligne, ce qui renforce son intégration dans le réseau industriel régional[62]. À partir de cette période, les installations se diversifient : des ateliers de construction mécanique viennent s’ajouter aux forges initiales, suivis par l’implantation d’une fonderie et d’une chaudronnerie, transformant progressivement le site en un ensemble industriel plus complet et structuré[62].

Après avoir été exploitée par Achille Malengreau sous l’appellation Platinerie de Bouffioulx, Malengreau et Cie, l’installation passe en 1867 entre les mains de son fils, Clémentin Deneubourg, qui lui donne une nouvelle raison sociale : Société des Forges et Ateliers de Construction de la Platinerie à Bouffioulx, près de Châtelineau, Clémentin Deneubourg. À la mort de ce dernier, en , l’entreprise est réorganisée sous la forme d’une société anonyme, la Société Anonyme des Ateliers de Construction de Bouffioulx, créée pour exploiter les ateliers récemment développés[63]. Cette structure ne subsiste que quelques années : en 1883, elle est dissoute et immédiatement remplacée par la Société Anonyme des Forges & Ateliers de Construction de la Biesme, établie à proximité de Châtelineau[63]. Le , une nouvelle société anonyme, Aciéries, Forges et Ateliers de la Biesme, voit le jour. En 1894, elle participe à l’exposition internationale d’Anvers, où elle présente une plaque tournante hydraulique brevetée, conçue pour supporter un wagon‑réservoir destiné au transport de produits pétroliers[63]. L’année suivante, le , une autre société anonyme est constituée devant le notaire bruxellois Charles Van Halteren : la Société Anonyme Chantiers Navals, Ateliers et Fonderies de Nicolaieff (Russie). Malgré une appellation évoquant la ville ukrainienne de Nicolaïev, son siège social est bel et bien établi à Bouffioulx, témoignant de l’essor et de l’ambition des activités industrielles locales[63]. En 1911, le siège social de la société est transféré à Paris, où elle adopte la dénomination SA des Ateliers et Chantiers Navals de Nicolaieff, devenant ainsi une entreprise de droit français. Elle envisage de poursuivre la fabrication de locomotives, mais cette activité cesse dès 1913, ne laissant subsister que la production d’une dizaine de chaudières[64]. Le , en pleine Première Guerre mondiale, l’établissement est placé sous séquestre par les autorités d’occupation, qui l’emploient exclusivement à leur profit. À la fin du conflit, en , les troupes allemandes quittent les lieux en emportant la caisse et la comptabilité de l’entreprise, et laissent les installations dans un état particulièrement dégradé[64].

Après la guerre, une recapitalisation s’impose pour remettre l’entreprise en état de fonctionner. Le , une émission de 16 000 actions de 125 francs est lancée afin de financer la remise en état de la fonderie de fer, la rénovation de la chaudronnerie et la construction d’un vaste atelier destiné aux opérations de tournage et de montage. En 1920, la fonderie de fonte, agrandie et modernisée, reprend effectivement ses activités[64]. Cette reprise reste toutefois brève : dès 1921, la conjoncture se détériore et la crise frappe durement les ateliers de construction mécanique. Un carnet de commandes insuffisant, combiné à des prix de vente trop faibles, entraîne une chute de la rentabilité, puis l’apparition de pertes qui compromettent rapidement la stabilité de l’entreprise[65]. Après plusieurs exercices déficitaires, les ateliers de la Biesme sont intégrés en 1926 à la Société Anonyme des Nouvelles Usines Bollinckx, établie à Buysinghen, dont ils deviennent une division. Spécialisée dans la fabrication de machines à vapeur, de moteurs à gaz, d’appareils à air comprimé et de systèmes de transmission, la société Bollinckx ne connaît qu’une existence brève. Confrontée à de graves difficultés financières liées à la crise économique, elle cesse de pouvoir régler ses fournisseurs en . L’activité s’arrête et les ouvriers sont licenciés[65]. L’entreprise est alors mise en liquidation et rachetée en par les ateliers Genard‑Denisty de Châtelineau. Après plus de deux années de négociations financières et de procédures judiciaires, Genard‑Denisty parvient à remettre en marche une partie des machines de la Biesme le [65]. Durant l’été, de nouveaux équipements sont installés et du personnel engagé. À la fin de l’année 1936, une nouvelle société anonyme est constituée sous le nom de SA Mécanique et Chaudronnerie de Bouffioulx, marquant une nouvelle étape dans la relance industrielle du site[65].

En , à la suite de l’invasion allemande, l’usine cesse ses activités pendant plusieurs mois. L’interruption des voies de communication, conjuguée à l’absence d’une partie du personnel, rend toute production impossible. En 1941, les ateliers redémarrent et l’acheminement des marchandises se fait exclusivement par le rail, grâce au raccordement privé appartenant à la SA du chemin de fer industriel d’Ormont[66]. À ce moment, quarante‑six ouvriers retrouvent un emploi. En 1945, une partie des locaux des ateliers de la Biesme à Bouffioulx est réquisitionnée par l’armée américaine pour y entreposer du butin de guerre allemand[66]. Durant l’été, le Ministère des Finances belge, par l’intermédiaire de l’inspecteur de l’enregistrement et des domaines, organise la vente de ce matériel, constitué en grande partie de machines‑outils dérobées par les troupes allemandes dans diverses entreprises belges. À la fin de l’année 1945 et au début de 1946, l’atelier de construction reprend progressivement ses activités, amorçant une nouvelle phase de fonctionnement après les perturbations du conflit[66]. Entre 1949 et 1951, l’entreprise change de nom mais garde le même numéro de registre de commerce à Charleroi, devenant ainsi « SA Macsima, Société de Construction de Machines Industrielles et de Matériel de Travaux Publics »[67]. Ce nouveau nom découle probablement de l’entrée au capital de la société « La Biesme », appartenant au groupe français Richier. En 1951, les ateliers sont équipés d’une installation de peinture pneumatique. En 1956, l’entreprise compte 250 ouvriers et employés. En 1967, lors d’une restructuration du groupe, l’usine Macsima de Bouffioulx ferme ses portes, laissant près de 350 ouvriers au chômage[67]. En 1971, le site est racheté par Roger De Cock[67], qui y installe en le siège de la « SA Négoce des Aciéries de Charleroi », fondée le [66]. Le site est ensuite utilisé par diverses autres sociétés. Les bâtiments des ateliers et l'aciérie sont démolis en 1975. Depuis le début des années 2000, le site est considéré comme devant être réhabilité par la SPAQuE[68].

Charbonnages

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Charbonnages d'Ormont
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Le puits Saint-Xavier des charbonnage d'Ormont, le collège communal de Bouffioulx donne son accord pour l’installation d’un nouveau siège. À cette occasion, la société sollicite l’autorisation d’y installer deux machines d’extraction, deux ventilateurs et divers équipements de force motrice. Un traînage par chaîne reliait autrefois le puits au triage-lavoir de Bouffioulx[69]. En 1926, l'exploitation est arrêtée définitivement[70]. Un triage-lavoir fut mis en service sur le territoire de Bouffioulx[71], dans la rue Vandervelde. À la fin de 1893, une fabrique d'agglomérés vint compléter le triage-lavoir, accompagnée d’un raccordement, puis plus tard d’une gare privée reliée d’abord au réseau du Grand Central Belge, assurant le transport des produits charbonniers vers l’industrie. En 1910, la fabrique d’agglomérés employait 50 ouvriers[72].

Charbonnages de Boubier
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Le puits no 3 des charbonnages de Boubier, dont le chantier de forage débute durant l’été 1925, est achevé en mais ne devient opérationnel qu’après 1930. En plus de l’extraction du charbon, il sert aussi à acheminer le matériel technique et les bois de mine destinés à étayer les galeries. Dans les années 1950, il est équipé d’une station de captage de grisou[73] visant à fournir aux industries locales du gaz énergétique[74][75]. Le puits arrête toute activité lors de la fermeture de la société en 1966[75].

Carrières

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Plusieurs carrières ont fourni dans la vallée de l'Hanzinne du calcaire ou du marbre qui ont notamment été exploités dans l'industrie carolorégienne et dans la construction. L'exploitation des carrières Moreau, Lebrun, Quinet, Sébastopol et Marbrerie des Guyaux situées au sud de Bouffioulx dans la vallée du ruisseau d’Hanzinne est désormais abandonnée[2]. Le site réhabilité de la carrière Sébastopol (réserve Natagora) est devenu un haut lieu de tourisme vert dans la région de Charleroi.

Société anonyme des Carrières & Fours à Chaux d'Aisemont

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La Société Anonyme des Carrières et Fours à Chaux d’Aisemont est fondée en 1907. Après avoir exploité une carrière à Aisemont, ses dirigeants s’intéressent rapidement à plusieurs sarts communaux riches en calcaire appartenant à la Ville de Châtelet mais situés à Bouffioulx, au lieu‑dit Sébastopol[76]. Ce site de 16 à 17 hectares, exploité depuis 1855, doit son nom à sa ressemblance supposée avec la forteresse de Sébastopol, édifiée par les Russes sur un promontoire rocheux en 1854‑1855, durant la guerre de Crimée[76]. En , la Ville de Châtelet met aux enchères l’exploitation du calcaire dans ces sarts communaux, couvrant 26 hectares et 78 ares. Le , Oscar Bourguignon, industriel et agent d’assurance, remporte le marché pour une période initiale de quinze ans[76]. À la fin de 1912 et au début de 1913, la société d’Aisemont devient ainsi le « locataire » de ces terrains et des carrières de calcaire. Elle sollicite l’autorisation de construire cinq fours à chaux et de relier ses installations à la ligne 138 qui relie Châtelineau à Florennes. En 1914, le raccordement est opérationnel sous l’appellation Gare Privée du Crassier de Moncheret et des Carrières d’Aisemont[76].

En 1930, l’exploitant emploie environ soixante ouvriers sur le site de Bouffioulx. Les carrières produisent alors une large gamme de matériaux : chaux grasse destinée aux aciéries, industries chimiques, papeteries, sucreries, amidonneries, usines à gaz et raffineries ; chaux pour la maçonnerie, le plafonnage et l’agriculture ; moellons pour la construction ; calcaire pour les sucreries ; ballast pour les infrastructures[76]. Une partie de cette production est exportée vers le Luxembourg, l’Allemagne et les Pays‑Bas. Avec le temps, l’activité connaît des fluctuations et, dans les années 1950, l’extraction à Sébastopol décline[76]. L’entreprise met alors en place une navette de camions reliant les carrières d’Aisemont aux fours de Bouffioulx. En 1957, la direction choisit de concentrer ses opérations sur Aisemont, ce qui entraîne la fermeture définitive du site de Sébastopol[76][77].

Promenades et tourisme vert

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Rochers de Bouffioulx et grotte de Montrou.
  • Carrière Sébastopol : réserve Natagora de 47,17 ha[78] accessible au public sous la forme de visites guidées. Sur ce site, s'est ouverte en 1855 une carrière de production de chaux. Cinq fours à chaux, parmi les plus grands et les mieux conservés d'Europe y sont construits pour exploiter la pierre calcaire. En 1957, l'activité cesse et la nature retrouve sa place. Le hibou grand-duc d’Europe s'y établit. Une riche flore adaptée aux sols calcaires se développe au pied de la falaise : orchidées indigènes, vipérine, hellébore fétide ou encore orobanche pourprée. Une ancienne fosse d’extraction se transforme avec le temps en un large étang où avoisinent crapauds calamites, alytes accoucheurs, tritons et salamandres. Également présente dans la réserve Sébastopol, une zone agricole, cultivée dans le souci de environnement et un verger haute tige comportant d’anciennes variétés de la région. Les moutons de l'Entre-Sambre-et-Meuse, une race indigène quasi disparue, y entretiennent les pâtures sous le couvert des arbres fruitiers[79]. Le Trou ou Grotte Quinet est inclus dans le périmètre de la carrière Sébastopol. Il constitue un gîte d'hibernation pour plusieurs espèces de chauves-souris et, depuis , bénéficie du statut de cavité souterraine d'intérêt scientifique[80].
  • GRP 1666 : « Grande Dérive », sentier de Grande Randonnée d'une longueur de 54 km faisant le tour de Charleroi qui traverse le centre de Bouffioulx.
  • RAVeL 138 (sur le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer 138) - piste cyclable en site propre de Châtelet à Gerpinnes.
  • Rochers de Bouffioulx et grotte de Montrou : petit site d'escalade géré par le Groupe Spéléologique de Charleroi comportant sept voies d'escalade équipées.
  • Trou Quinet et Trou Marique : spéléologie.

Sports et vie associative

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Le sport à Bouffioulx se caractérise par un ancrage local fort, mêlant traditions populaires, pratiques de plein air et dynamisme associatif. La commune, intégrée à Châtelet, accueille chaque année plusieurs événements sportifs majeurs qui rythment la vie du village. Parmi eux, le Jogging des Bouffiols occupe une place centrale : cette course emblématique, organisée depuis plusieurs décennies, attire près de 300 participants et propose des parcours vallonnés de 12,5 km et 4,8 km, ainsi que des distances adaptées aux enfants. L’événement, inscrit dans les fêtes de la poterie, est réputé pour son ambiance intergénérationnelle et son tracé alternant ville et campagne, ce qui en fait un rendez-vous incontournable de la région[81].

Bouffioulx se distingue également par la présence du Football Club Bouffioulx, structure sportive locale engagée dans les compétitions provinciales hennuyères. Le club, identifié sous le matricule 9591, évolue en 2e Provinciale C et dispute ses rencontres face à d’autres équipes de la région carolorégienne. Son calendrier dense témoigne d’une activité soutenue et d’un rôle important dans la vie sportive du village, tant pour les joueurs que pour les supporters[82].

La pratique sportive à Bouffioulx s’étend aussi aux activités de plein air. La région accueille des randonnées pédestres appréciées pour la diversité de leurs paysages, notamment un itinéraire de près de 16 km reliant RAVeL, bois, sentiers et quartiers résidentiels. Ce parcours met en valeur le patrimoine naturel local, comme le moulin de la Goulette, la grotte de Montrou ou la réserve Sébastopol, et illustre l’importance de la marche et du tourisme actif dans la commune[83].

Enfin, Bouffioulx accueille des événements cyclistes tels que la Randonnée des Jonquilles, sortie sportive printanière proposant plusieurs distances allant de 35 à 107 km. Cette manifestation attire un public varié, des cyclistes confirmés aux amateurs, et met en avant les reliefs et paysages environnants. L’organisation prévoit ravitaillements, accueil convivial et une atmosphère festive à l’arrivée, renforçant la place du cyclisme dans la culture sportive locale[84].

On note aussi d'autres clubs notamment, le CTT Châtelet[85], Palette Châtelettaine[86] et Palette Paria Castelinoise[87].

Vie associative

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La vie associative à Bouffioulx se caractérise par une densité et une diversité remarquables, structurées autour d’un tissu d’organisations culturelles, artisanales et citoyennes qui prolongent l’identité historique de la localité. Au cœur de cette dynamique, le Syndicat d’Initiative de Bouffioulx, fondé en 1966, occupe une place centrale en assurant la promotion du patrimoine culturel, naturel et artisanal du village, notamment celui lié à la tradition potière. Il joue un rôle moteur dans l’organisation d’événements locaux, la valorisation touristique et la cohésion sociale[88].

Autour de ce pôle gravitent des associations spécialisées qui perpétuent des savoir-faire ancestraux. L’asbl La Grange aux Potiers, créée en 2011, illustre cette volonté de sauvegarde du patrimoine immatériel : elle œuvre à la transmission du métier de maître-potier, organise des stages, des démonstrations publiques, des visites guidées et anime un musée consacré au grès local. Elle collabore avec divers partenaires culturels et humanitaires, renforçant ainsi l’ouverture associative du village[89].

La vie associative se manifeste également par une activité événementielle soutenue, visible à travers les initiatives du Syndicat d’Initiative, qui relaie et coordonne des manifestations populaires telles que la Cavalcade, la Fête de la Poterie ou des actions citoyennes comme le Grand Nettoyage wallon. Ces activités mobilisent des groupes locaux, notamment des pelotons folkloriques, des équipes de bénévoles et des collectifs culturels, témoignant d’un engagement communautaire vivace[90].

Jumelage

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Personnalités liées à la localité

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  • Willem Delsaux (1862-1945) : peintre et céramiste belge ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx.
  • Edgard Aubry (1880-1943) : céramiste belge ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx, né à Châtelet et décédé à Bouffioulx.
  • Roger Guérin (1896-1954) : céramiste de la période Art déco ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx et qui y est décédé. Une plaque à son nom est apposée sur la maison de la poterie.
  • Hubert De Meyere (1943-), ingénieur et espérantiste belge.

Notes et références

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Références

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  1. Albert Carnoy, « Le vocabulaire orographique de la basse latinité », sur Persée, (consulté le )
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Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Claude Coisman, Daniel Grimmaux, Marcel Nihoul et André Vandenbroeck, Physionomie du passé au pays de Châtelet, Société d'Histoire Le Vieux Châtelet, , 216 p.
  • Claude Coisman, Marcel Nihoul et André Vandenbroeck, Châtelet, t. 2 : Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 978-90-76684-79-6)
  • André Lépine, « Les charbonnages du Pays noir en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 503,
  • Catherine Matthys, La production présumée de Jacques Bertrand Visnon, potier de Bouffioulx vers 1600 : recherches récentes en Wallonie, Namur, Ministère de la Région wallonne, coll. « Études et documents / Archéologie » (no 8), , 236 p. (ISBN 2-87401-133-9).
  • André Vandenbroeck, L'évolution des quartiers à Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau au fil... ...du temps, Société Royale Le Vieux Châtelet ASBL, , 210 p.

Liens externes

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