Châtelineau

section de Châtelet, Wallonie (Belgique)

Châtelineau (en wallon Tcheslinea) est une section de la ville belge de Châtelet située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Ses habitants sont appelés les Castellinois.

Châtelineau
Châtelineau
Vestiges du puits no 10 du charbonnage du Gouffre.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Châtelet
Code postal 6200
Code INS 52012B
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Castellinois(e)
Population 16 910 hab. (1/1/2025)
Densité 2 210 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 24′ 55,19″ nord, 4° 31′ 11,5″ est
Superficie 765 ha = 7,65 km2
Localisation
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Châtelineau
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Châtelineau
Panorama de la ville de Châtelet, Châtelineau se trouve à l'arrière plan derrière l'église Saints-Pierre-et-Paul.

Au XIXe siècle, la localité s’est transformée en cité industrielle avec l’ouverture de nombreux puits de charbon et la création d’ateliers métallurgiques. Aujourd'hui, Châtelineau est devenue une localité résidentielle et commerciale qui accueille deux centres commerciaux : Shopping Cora et Frunpark. Sur le plan industriel, Châtelineau accueille la société sidérurgique Aperam Stainless Belgium.

Toponymie

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Le diminutif de castellum est Castellinum qui signifie château en latin. En 1079 est déjà question du château de Chestelineal, jugé petit en comparaison avec celui de Chastelin qui signifie Châtelet qui est situé sur l'autre rive de la Sambre[1]. Le terme de Chestelineal est trouvé en 1247, qui devient Kaisteliniel en 1265, Castellinal en 1292, Chastelinial en 1219, Chasteliniels en 1343. En 1380 et 1417, l'ancienne forme Chestelineal réaparaît et une lettre qui change donne Chestelinial en 1436 et 1466. Le nom Chastelineau apparaît en 1444 et se retrouve en 1468, 1481, 1545, 1556, 1559, 1580, 1591, 1618, 1626, 1629, 1632, 1679, 1680, 1682, 1698[1].

La forme la plus employée, dont sera remplacé par un accent circonflexe pour donner Châtelineau en 1713, 1737, 1768, 1780, 1781 et plus tard. En 1733 et 1755 on trouve Chattelineau et Chatelineau (sans accent) en 1757, mais ces formes sont incorrectes[1]. On connaîtra entretemps ce nom : Chastelinia, en 1470 : Chastelinea, en 1481, 1500, 1514, 1527, formes proches du nom wallon Tcheslinia que porte actuellement la localité. On a aussi en 1685 Castellineaux[1].

Géographie

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Situation

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Châtelineau se trouve à l'est de la province de Hainaut dans l'arrondissement de Charleroi, Châtelineau se situe dans le pays de Charleroi et faisant partie de la ville de Châtelet depuis 1977.

Limites

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Châtelineau est entourée par Fleurus, Farciennes, Pironchamps, la Sambre qui sépare de Pont-de-Loup et de Châtelet, Montignies-sur-Sambre et Gilly[2].

Enclave
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Une enclave de Châtelet située sur la rive gauche de la Sambre où s'élevait les Laminoirs de Châtelet, rappelle l'ancien tracé de la rivière, qui a été rectifiée pour facilité la navigation et pour empêcher les inondations[2].

Géographie physique

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La géographie physique de Châtelineau, section de la ville de Châtelet en province de Hainaut, se caractérise par une implantation dans la vallée de la Sambre, au cœur du sillon industriel wallon. Le relief y est dominé par une plaine alluviale relativement basse, modelée par les dépôts fluviaux de la Sambre, rivière qui constitue l’axe hydrographique majeur du territoire. Cette plaine s’élève progressivement vers des plateaux plus hauts au nord et au sud, formant un paysage légèrement ondulé typique de la Basse-Sambre. Les données topographiques disponibles via les plateformes géographiques fédérales et wallonnes indiquent une alternance de zones planes proches du cours d’eau et de versants plus marqués en périphérie, où affleurent des terrains issus du sous-sol houiller du bassin de Charleroi[3],[4].

Géologie

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La couche arable a une profondeur moyenne de 50 centimètres environ. Le sol est généralement argileux. Par endroits, il est sablonneux ou schisteux. On voit de ces affleurements schisteux[5]. Le sous-sol est généralement houiller. Les veines de houille sont intercalées entre des couches de grès et de schistes. Ces roches des bords de la Sambre, ainsi que celles des rives de la Meuse, datent de l'ère primaire[5].

Quartiers

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Principaux quartiers

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Châtelineau possède plusieurs quartiers :

  • Taillis-Pré se situe entre Fleurus et Gilly ;
  • La Vallée, dont une rue porte le nom. Cette rue a été aménage dans la vallée du ruisseau de Soleilmont[6];
  • Châtelineau-centre ;
  • Corbeau se situe aux confins de Gilly et de Montignies-sur-Sambre. Il apparait dans les archives de Châtelineau pour la première fois en 1711[7].

Lieux-dits et autres quartiers

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  • Au Calvaire, situé au centre de la localité, nom donné au calvaire qui se situe près du cimetière de Châtelineau-Centre.
  • Au no 8, situé à la limite avec Pironchamps, le nom vient d'un ancien puits de charbonnage de la concession du Gouffre.
  • Campagne des Marchands, il se situe au sud de la rue de Gilly et la rue de Montigny.
  • Chant des Oiseaux, sur les hauteurs de la localité.
  • Dessus l'Etang, situé entre le quartier du Corbeau et le quartier des Haies, à proximité du R3.
  • Grand Trieu, situé et à la limite avec Pironchamps, au nord de la route de la Basse-Sambre.
  • La Chambre, situé au sud, à l'entrée de Châtelet après le ring sur l'ancien lit de la Sambre. Le mot « chambre » signifie d'ailleurs brasserie[8]. Ce quartier formait autrefois une île entre le lit naturel de la Sambre et le canal de dérivation[9] et à la suite des travaux de normalisation de la Sambre en 1965 ont modifié la topographie des lieux[10].
  • La Floche, quartier situé au sud de la route de la Basse-Sambre (nationale 90), dont un cimetière porte le nom.
  • Les Hayettes se trouvent près de la place Wilson. C’est le diminutif du mot haies[11].
  • Les Six-Bras, nom donné au carrefour des rues Maréchal Foch, chaussée de Gilly, rue du Chemin de fer et rue du Général Leman, situé entre la gare et la place d'Arenberg.
  • Les Haies, à l’ouest de l’axe de la rue Culot Reine[12], est un quartier situé entre celui de la Floche et près de la cité Edmond Leburton.
  • Les Mottards, lieu-dit situé dans le quartier du Corbeau dont une rue porte le nom.
  • Le Faleau, quartier situé entre la rue Wilmart et la Sambre. Un brasserie qui a été fondée en 1860 et fermée en 1961[13] porta son nom.
  • Les Pays-Bas[14],[15], quartier situé au sud de la rue de Montigny, dont le nom fut donné au puits no 8 des charbonnages du Trieu-Kaisin.
  • Les Masuirs, lieu-dit situé entre la rue du même nom et la rue de Brabant. Un bois existait à cet endroit nommé bois des Masuirs[2] et à l'époque bois de Flichée maintenant défriché[16].
  • Les Masuages, lieu-dit situé entre la chaussée de Fleurus et la rue du Sart-Allet.
  • Les Campagnes, lieu-dit situé au nord de la national 90 et à proximité du quartier du Grand Trieux.
  • Sart du Fayt, situé à la limite de Gilly, entre le cimetière de la Floche et le R3, est le nom donné à un bois qui a été défriché[17].

Cités et résidences

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Vue vers la cité Leburton.

Châtelineau possède plusieurs cités et résidences d'habitations : cité des Frères Réunis, cité Louis Van Laere, cité Louis Dumont, Cité « Les Crocus », Cité Edmond Leburton, Cité des Corvées, Résidence Bel Air, Quartier du Grand Trieu et Résidence Les Mimosas.

Terrils

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  • Terril no 7[Note 1].
  • Terril no 8, dit des Pays-Bas[Note 2].
  • Terril Sébastopol, accolé au terril des Pays-Bas[Note 3].

Hydrographie

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La Sambre sur la rive gauche à Châtelineau.

L’hydrographie locale est dominée par la Sambre, dont le lit canalisé traverse Châtelineau d’ouest en est. Cette présence fluviale a façonné non seulement le relief mais aussi la structure du sol, composé de dépôts alluviaux récents dans la vallée et de formations plus anciennes sur les hauteurs. Les cartes géologiques et cadastrales accessibles via les portails géographiques belges montrent que le territoire repose en grande partie sur des terrains carbonifères, ce qui explique l’implantation historique de nombreux charbonnages et terrils, éléments encore visibles dans le paysage et témoignant de l’exploitation du sous-sol[18],[19].

Ruisseau de Soleilmont, il prend sa source au Wainage, à Farciennes. Il a trois affluents[20]:

  • le Taillis-Pré prend naissance à la ferme de Fontenelle, au Wainage, à 179 m d'altitude. Avant son confluent, ce ruisselet marque la limite sur 1 200 m entre Fleurus et Farciennes ;
  • le Bois-du-Roi commence entre la ferme d'Appaumée, à Heppignies, et la gare de Vieux-Campinaire, à 175 m d'altitude. Il sépare Fleurus d'Heppignies sur 1 600 m, de Ransart sur 825 m et de Gilly sur 700 m ;
  • le Sart-Culpart prend sa source près de la gare du Sart-Allet.

Le ruisseau de Soleilmont atteint parfois une profondeur de 50 centimètres et une largeur moyenne de 1,50 m. Il sépare Châtelineau de Fleurus sur 1 300 m jusqu'à l'abbaye de Soleilmont[20]. Autrefois, il alimentait l'étang et le moulin à eau de l'abbaye. Ensuite, il traverse Gilly, entre à Châtelineau près de l'ancienne oseraie à 110 m d'altitude, et alimentait un étang d'un hectare comblé en 1924 et se jette dans la Sambre après un trajet total de 6 800 m[20]. On y trouve également le ruisseau de Gomainrou.

Géographie paroissiale

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Saint-Barthélemy, paroisse de Châtelineau, paroisse Saint-Antoine (Taillis-Pré), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy en 1876 et érigée en paroisse en 1899, paroisse Sainte-Marie (Corbeau), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy et devenue paroisse vers 1911 (désacralisée), Chapellerie Notre-Dame de Grâce (Pays-Bas), dépendante de la paroisse Saint-Barthélemy en 1955, Chapellerie de l'Enfant Jésus de Prague (La Floche), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy en 1945 (désacralisée)[21].

Évolution démographique

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  • Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

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Antiquité

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À l'arrivée de Jules César, le territoire des Aduatiques englobait les cantons actuels de Châtelet, Charleroi, Gosselies et une grande partie du canton de Seneffe[22]. Les Nerviens se trouvaient à l'ouest d'une ligne passant par Nivelles, le Piéton, la Sambre, le ruisseau de la Hantes, ainsi que le sud de Philippeville et de Dinant[22].

Moyen-âge

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L'origine de Châtelineau, comme celle de la plupart des communes, reste inconnue. Aux premières traces que l'on peut retrouver, ce n'était qu'un simple hameau dont la seule particularité notable était son « Castellum in aquis », ou château dans l'eau, d'où il tirerait son nom selon l'opinion générale[23]. Le château, démoli entre 1794 et 1796 sur ordre de la duchesse d'Arenberg, se trouvait dans un quadrilatère délimité par les rues Maréchal Foch, la Place d'Arenberg, la rue de l'Yser et une partie des voies de réception et de sortie de la gare SNCB[24]. À l'origine, la majorité des habitations étaient principalement situées à proximité de l'église, probablement construite par les premiers habitants pour être accessible au plus grand nombre[23]. Un autre facteur qui a poussé les colons à installer leurs cabanes à cet endroit était la protection offerte par le château fort, qui dominait la vallée de la Sambre jusqu'à la Révolution française. À cette époque d'incertitude, où la force brute était quasiment la seule autorité reconnue, les manants se réfugiaient rapidement derrière les murs protecteurs du château, emportant avec eux leurs biens les plus précieux[25]. Depuis longtemps, Châtelineau et seize autres seigneuries des environs étaient revendiqués par le prince-évêque de Liège et par le comte de Namur. Celui-ci prétendait posséder les seigneuries de la rive gauche de la Sambre[26]. En 1375, le Pape trancha le différend et accorda Châtelineau au comte de Namur[27], mais Farciennes, Montigny-sur-Sambre, la ville basse de Charleroi et Jumet, sauf Heigne, furent attribués au prince-évêque[26]. La décision du Pape fut ratifiée le par Guillaume 1er, comte de Namur, et par Jean d'Arkel, prince évêque de Liège. Les limites ainsi fixées subsistèrent jusqu'en 1793[26]. Parmi les familles seigneuriales figurent : Chestelinaeal (XIIIe siècle), Glimes (XIVe siècle), Du Bois (XVe siècle), Mérode (XVIe – XVIIe siècles), De Gand dit le Vilain (XVIIe – XVIIIe siècles), et Arenberg (XVIIIe siècle). Le seigneur de Châtelineau possédait un château, des terres, des prés, des sources, des brasseries, des moulins, des rentes, une cour de justice ainsi que tous les droits seigneuriaux, tels que la taille, les corvées, les cens et divers autres droits et redevances[28]. Le comté de Namur comptait neuf bailliages. Celui de Fleurus regroupait Fleurus, Baulet (sans Wanfercée), Boignée, Brye, Chassart, Lambusart, Saint-Amand, l’abbaye de Soleilmont, Wagnelée, Wangenies et Châtelineau[29].

Vue sur l'ancienne abbaye de Soleilmont, avant l'incendie de 1963[30].

Selon la tradition, bien qu’aucun document ne l’atteste, la fondation de l’abbaye de Soleilmont remonterait au XIe siècle[31]. La première mention de l’abbaye remonte à , lorsqu’elle est intégrée à l’ordre de Cîteaux[32] et placée sous le contrôle spirituel de l’abbaye d’Aulne. Deux ans plus tard, le pape Grégoire IX la place sous sa protection, un privilège précieux à une époque où l’arbitraire des grands seigneurs dominait[31]. Cependant, la discipline des moniales de Soleilmont se relâcha, et au XVe siècle, Marie de Senzeilles, de l’abbaye de Marche-les-Dames, vint y rétablir l’ordre. Soleilmont retrouva l’ancienne règle de Saint-Benoît et devint ensuite un centre de réforme pour d’autres couvents des environs[31]. Les XVe et XVIe siècles, marqués par de rares instants de paix, furent une époque où les Pays-Bas espagnols furent le théâtre de conflits incessants entre catholiques et protestants, ainsi qu'entre Français, Allemands, Hollandais et Espagnols[31]. La région de Charleroi et l’abbaye de Soleilmont ont traversé de nombreux assauts. Pillé et incendié à plusieurs reprises, le couvent commence le XVIIIe siècle dans une grande précarité. Depuis la première donation en 1237, son domaine n’a cessé de croître, mais il est aujourd’hui en ruines[33]. Pour soutenir les sœurs, le pouvoir central choisit de les exempter d’impôts et de contributions. Grâce à la gestion judicieuse des abbesses, le patrimoine fut peu à peu reconstitué, atteignant une superficie maximale de 500 à 600 hectares[33].

Au début du XVIIe siècle, l'historien Grammaye écrivit l'Histoire du Comté de Namur. Il y mentionna qu'en 1079, le Pape Grégoire V, lors de la quatrième année de son pontificat, autorisa la construction d'un hôpital à Châtelineau, avec quatre lits pour les voyageurs, montrant ainsi que l'endroit était un passage très fréquenté. Cependant, Grammaye fit deux erreurs : en 1073, un nouveau Pape avait été élu, ce qui date l'hôpital de 1077[22]. Ce Pape n'était pas Grégoire V mais Grégoire VII, Pape de 1073 à 1085, connu pour ses conflits avec l'Empereur d'Allemagne Henri IV, qui dut se rendre à Canossa. À l'époque, la création d'hôpitaux nécessitait une autorisation papale, et la protection de Rome était essentielle en ces temps troublés. L'hôpital se situait où furent construits, au XIXe siècle, les laminoirs de Dorlodot, rue Grégoire Soupart[22]. Le directeur, d'abord religieux puis laïc, était nommé par le seigneur de Châtelineau, signe d'un ancien droit de propriété selon le droit féodal. Parmi les revenus de l'institution, il y avait le Pré de l'Hôpital, où fut édifié le château Pirmez à la Franche-Chambre, près de du pont de la Sambre[34]. Ce pré comprenait plus de 6 bonniers : 2 bonniers et demi de prairies, 4 bonniers et 1 mesure de terres arables. En contrepartie, les voyageurs recevaient le gîte, le chauffage, l'éclairage et de la soupe aux pois pendant le carême. L'hôpital subsista jusqu'en 1721. En compensation de la perte de son emploi, le dernier directeur, Leroi, reçut un pré[35]. La création à Châtelineau d’un hôpital pour les voyageurs montre clairement que cette commune était un lieu de passage important, particulièrement pour les voyageurs pauvres, très nombreux à l’époque, d’autant plus que les longs pèlerinages étaient alors très populaires[36].

Temps modernes

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En 1503, une Grande Charte a été accordée aux habitants de Châtelineau[28],[37]. De 1506 à 1515, Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint, fut régente des provinces. En 1513, des troupes traversèrent Châtelineau mais, semble-t-il, sans causer de dégâts. Dès 1521, la guerre éclata entre Charles-Quint et le roi de France François 1er, et dura plusieurs années[38]. Le , Charles Quint passa par Fleurus. Début , après avoir menacé Anvers, rançonné Louvain ainsi que les abbayes de Gembloux et d’Aubenton, 16 000 Gueldrois menés par le maréchal Van Rossem, connu pour son inhumanité, pillèrent Châtelineau et Châtelet, passèrent la nuit à Florennes et assiégèrent Yvoir[39]. Cette même année, le roi de France Henri II tenta en vain de prendre Châtelet[39]. En 1544, il y passa la nuit, puis se rendit le lendemain à Châtelineau, épargnée, avant de faire incendier Gilly et Jumet. Le , Charles Quint, fatigué du pouvoir, abdiqua en faveur de son fils Philippe II[39]. En 1572, les troupes du prince d’Orange traversèrent Châtelineau, accompagnées du chef des insurgés belges et hollandais, puis du comte de Mansfeld, et enfin du redoutable duc d’Albe espagnol[40]. En 1577, ce furent les Écossais, puis les Français, qui occupèrent une garnison en Wallonie dans l’espoir de voir le duc d’Anjou reconnu comme prince. En 1578, le gouverneur des Pays-Bas fit venir 5 000 cavaliers germaniques et anglais, qui incendièrent, pillèrent et commirent des exactions[40]. Le , les Hollandais prirent possession du château de Châtelineau et s’y installèrent aux frais de la communauté. Ils montaient la garde depuis le clocher, le tambour résonnant à chaque relève pour signaler l’approche d’une troupe suspecte[40]. En 1583, les Français tentèrent en vain de prendre Namur, où se trouvait l’épouse du gouverneur espagnol Alexandre Farnèse, prince de Parme. Le duc d’Alençon s’empara d’Alost et de Lierre, mais dut se replier en France, où il mourut à 28 ans[41]. Les Espagnols revinrent à Châtelineau, réquisitionnèrent tous les chevaux et les installèrent dans les écuries de l’auberge « La Coupe d’Or », ce qui coûta 137 florins à la commune[41]. En 1599, des Espagnols et des Italiens, privés de leur solde, se mutinèrent et ravagèrent Châtelineau et les alentours. Lambusart accueillit des Espagnols. En 1605, Châtelineau échappa aux flammes en versant 200 florins aux Hollandais, somme prêtée par Dinant[42]. L’Espagne conclut ensuite la paix avec la Hollande. Hormis le passage de troupes en 1616, nécessitant une escorte de voitures jusqu’à Valenciennes et Namur, Châtelineau connut une période de tranquillité jusqu’en 1621[43].

En 1627 eut lieu le procès d’Adrienne Le Rousseau, surnommée Madrouillette, qui compara devant la cour le . Elle fut accusée d’avoir donné une pomme à la fille d’Antoine Pocet, provoquant un gonflement du gosier, de la tête et du visage pendant quatre ou cinq jours[44]. L’enfant resta malade durant trois semaines. Une autre fois, raconte-t-on, Madrouillette tenta de lui offrir une pomme, mais l’enfant refusa[45]. Le , la sorcière fut déclarée coupable de sortilège et condamnée à être pendue, puis réduite en cendres. L’exécution se déroula à l’endroit indiqué par le seigneur, sur le pont de Sambre, près de la porte de Châtelet[46]. Le nom de Madrouillette est resté dans l’histoire comme celui d’une victime de la superstition populaire[47]. En 1638, les troupes espagnoles du général Piccolomini pillèrent Châtelineau[48], causant des dégâts estimés à 300 florins. L’année suivante, elles s’emparèrent de Châtelet et imposèrent aux communes voisines une taxe de 2 379 florins au total. Châtelineau fournit également de la houille. En 1640, des hommes de Charles de Lorraine, au service de l’Espagne, passèrent la nuit à la ferme de la Basse-Cour, située à l’angle de la rue de la Vallée et de la rue Général Leman[49],[50]. En 1647, les campagnes de Châtelineau furent ravagées pendant cinq semaines par les 120 chevaux d’artilleurs lorrains, puis par les cavaliers du baron de Lomboy[51],[52]. En 1651, Châtelineau accueillit le prince de Chimay, gouverneur de Namur, avec les honneurs. On lui offrit un bateau de foin d'une valeur de 44 florins, un bœuf estimé à 22 florins et demi, ainsi que 10 florins pour le transport de l'animal jusqu'à Namur. Le de la même année, le prince de Condé fit également une visite, durant laquelle ses officiers reçurent du vin[51],[53].

En 1652, le fils de l’ancien bailli Desmartins, devenu capitaine, recruta des soldats à Châtelineau et les laissa commettre les habituels méfaits[54]. Les troupes passèrent en 1653 et 1654, puis, en 1655, Châtelineau hébergea le comte de Neuville et des Espagnols[55]. En 1656, le prince de Condé fit son retour à Pont-de-Loup. Des militaires occupèrent encore les lieux en 1657 et 1658[56], jusqu’à ce que, après onze années de guerre, soit signé le traité des Pyrénées, le , entre l’Espagne et la France[51]. Le , la guerre reprit entre la France et la Hollande. Le , à Charleroi, Louis XIV, accompagné de Condé, Turenne, Luxembourg et d’autres nobles, passa en revue ses 110 000 hommes et logea au château de Monceau[57]. Le , l’Espagne s’allia à la Hollande, et leurs troupes attaquèrent ensemble Charleroi, campant à Châtelineau jusqu’au , date à laquelle le siège fut levé[57]. En 1675, du au , 60 Français séjournèrent au château de Châtelineau, recevant des présents d’une valeur de 60 florins. De plus, 2 000 fascines coupées dans le bois de Forêt, appartenant au seigneur et destinées à Charleroi, furent payées par la communauté[57]. En 1690, le gouverneur espagnol de Charleroi se rendit, accompagné de sa suite, au château de Châtelineau[58]. Le , le maréchal de Luxembourg triompha des Espagnols et des Allemands dirigés par le prince de Waldeck lors de la célèbre bataille de Fleurus, où 6 000 soldats alliés furent mis hors de combat[59]. Châtelineau subit l'incendie de 35 maisons, fut rempli de blessés et dut verser une taille de 1125 livres au maréchal de Luxembourg, établi à Farciennes[51]. En 1691, les soldats du Prince-Évêque de Liège, sous le commandement de T'Serclaes de Tilly, passèrent par Châtelineau[60].

En 1696, les dragons français installés à Châtelineau mirent la localité au pillage pendant que les habitants assistaient à la messe. Les dégâts furent estimés à 6 000 florins[61]. Cette même année, Louis XIV passa la nuit à Pont-de-Loup, endroit que l’on appelle encore aujourd’hui le Quartier du Roi[62]. Le traité de Rijswijk restitua Charleroi et ses environs à l’Espagne le [63]. En , Conti commandait les Français qui investirent Charleroi. Il fit construire un pont à Châtelineau et un autre à Pont-de-Loup. Il entra dans Charleroi le [62]. Le , Louis XV signa la paix d’Aix-la-Chapelle, abandonnant ses conquêtes territoriales et reconnaissant Marie-Thérèse comme souveraine. Avant d’évacuer Charleroi, les Français démolirent toutefois partiellement la forteresse. Châtelineau retrouva alors les bienfaits de la paix[62]. Le , une société a été fondée pour exploiter la veine « Le Gouffre ». Parmi ses principaux actionnaires figuraient le seigneur de Châtelineau, le duc Louis-Engelbert d’Arenberg et le vicomte de Sandrouins, tous deux grands industriels et membres éminents de la noblesse locale. Pendant la période agitée allant de la fin de l’Ancien Régime à la Révolution de 1830, l’entreprise a changé plusieurs fois de nom et de propriétaires[64]. Le , des troupes autrichiennes s'installèrent à Châtelineau. François Allard fut chargé de leur construire un campement près du pont de la Sambre. Les Autrichiens tentèrent sans succès de recruter des volontaires wallons[65]. Entre 1794 et 1796, le château a été démoli sur ordre de la duchesse d'Arenberg. De nombreuses pierres ont été réutilisées pour réparer les chemins communaux[66].

Époque contemporaine

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Carte postale illustrant la rue de la vallée dans les années 1900 au fond, l'ancienne église Saint-Barthélemy qui avait été érigée en 1855.

En 1815, après une défaite dans un bataillon carré dans la commune, les Français deviennent totalement maîtres de la campagne de Châtelineau. La cavalerie Pajol repousse les Prussiens au-delà du bois de Soleilmont et s’y installe pour la nuit[67]. Plusieurs habitants de Châtelineau et de Pironchamps, s’aventurant sur les lieux du combat après la fin des hostilités, reçoivent l’ordre de transporter les blessés à la houillère Sainte-Pauline, le seul bâtiment proche servant d’hôpital improvisé[68]. Cependant, les blessés dispersés dans la campagne des Grands-Trieux sont trop nombreux pour être accueillis dans ce bâtiment ; beaucoup sont alors transportés dans les maisons de Châtelineau et de Pironchamps[68].

Au milieu du XIXe siècle, Châtelineau s'est transformée en une cité industrielle avec l'installation de nombreux puits de charbonnage et ateliers de métallurgie. En 1827, la Sambre a été canalisée pour faciliter la navigation, soutenant ainsi la grande industrie qui allait émerger[69]. En 1829, les fondations de quatre hauts fourneaux au coke furent posées : trois par Cockerill et Wilmart, et un par Dupont. Cet événement a radicalement changé Châtelineau[69]. Cette localité, autrefois une commune agricole, est devenue soudainement une commune industrielle. Sa population, jusque-là immuable et paisible, a connu un essor soudain et s'est, en quelque sorte, renouvelée[69]. En 1835, deux accidents se produisirent aux charbonnages du Trieux-Kaisin, causés par un coup de grisou, entraînant la mort de 24 mineurs, dont 17 périrent[70]. En 1837, la société du Gouffre a construit un chemin de fer pour transporter du charbon vers la Sambre[71]. En 1839, l'industrie connaît une croissance rapide : la société anonyme de Châtelineau installe 9 nouvelles machines à vapeur pour alimenter ses hauts fourneaux et ses charbonnages[71].

Le charbonnage no 10 du Gouffre en activité.

En 1854, le chemin de fer reliant Morialmé à Châtelineau entre en service. Initialement conçu pour transporter aux usines de Châtelineau les minerais de fer extraits près de Morialmé et les castines provenant de Bouffioulx, il deviendra par la suite la ligne 138 de Châtelineau à Givet[72],[Note 4]. La gare de Châtelineau était un important nœud ferroviaire où se croisaient la ligne internationale Paris-Cologne et celle reliant Givet à Bruxelles et Anvers[73]. En 1866, la fusion avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet, appartenant à la Société Générale, fut accomplie. La banque bruxelloise prit ainsi le contrôle des charbonnages de Gendebien[74]. Après la scission des activités métallurgiques et charbonnières de la Société Générale, les charbonnages de Châtelineau furent réunis le au sein de la Société Anonyme des Charbonnages du Gouffre, qui est toujours active aujourd'hui[74]. La concession, qui s'étend sur 729 hectares, englobe Châtelineau, Gilly et Pironchamps. Les puits no 8 (situé près de la place Jules-Destrée), no 9 (près de l'église du Taillis-Pré) et no 10 (au Sart-Allet) ont été creusés respectivement en 1867, 1903 et 1916[74].

Le charbonnage du Nord de Gilly a été créé en 1874, par la fusion de deux petites sociétés houillères locales : celle du Bois de Soleilmont et celle des XVIII Bonniers de Soleilmont[74]. Quatorze ans plus tard, la société anonyme des Charbonnages du Nord de Gilly à Fleurus fut officiellement fondée. La propriété fut partagée entre plusieurs familles industrielles de Charleroi et d'ailleurs, comme les Fontaine-Gilbert, les Gilleaux, les Cornil et les Quinet[74]. La concession couvre plus de 155 hectares répartis entre Gilly, Fleurus, Farciennes et Châtelineau au quartier du Taillis-Pré. L’exploitation s’effectuait via deux puits creusés en 1875 au centre de la concession, dans le bois de Soleilmont[74]. C’est ainsi qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, avec l’ouverture des puits au Taillis-Pré, le quartier a connu la révolution industrielle et une spectaculaire expansion démographique[74]. Le , une grève éclate aux charbonnages du Gouffre. Les émeutiers, dans la partie basse de la commune, causent des dégâts à la fonderie de M. Jacquemin, aux usines de la Société Anonyme, au plan incliné, au laminoir de M. Gallez, au moulin à vapeur, au laminoir de M. De Dorlodot et enfin aux bureaux du Trieux-Kaisin. Ils se dirigent ensuite vers Montignies-sur-Sambre, où ils rencontrent la troupe près de la fosse de l’Épine, entraînant la mort de 4 habitants de Châtelineau et blessant 7 autres[75]. Le , une catastrophe vient frapper la population ouvrière, à l'ancienne fosse Sainte-Pauline ayant rencontrés par une galerie du puits no 7 du Gouffre, un violent coup d'eau se produit dans cette galerie et occasionne la mort de 29 personnes[76].

En 1919, la commune a accueilli des militaires australiens[77]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il y a eu des bombardements sur le Moulin de « La Royale » et sur la gare de formation le [78]. Après la guerre, la croissance démographique ne ralentit pas. Cela est dû à une politique planifiée de construction de logements sociaux, qui a conduit à de nombreuses extensions[79].

La Marche Impériale de la Grande Terre est une tradition folklorique propre au quartier de la Grande Terre, à Châtelineau, où elle s’est développée dans l’immédiat après‑guerre. Elle prend forme à la suite de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les habitants du quartier décident d’organiser une fête destinée à soutenir les anciens prisonniers de guerre. Un comité local, supervise alors les premières initiatives festives du mois de juin[80]. La première apparition publique de la Marche a lieu en 1946. Les participants défilent dans les rues de Châtelineau vêtus d’uniformes inspirés du Second Empire et portent un drapeau belge[80]. Cette première édition rassemble soixante‑quatre marcheurs issus de plusieurs générations. Deux ans plus tard, en 1948, la Marche entreprend son premier pèlerinage vers l’ancienne abbaye de Soleilmont, un déplacement qui deviendra l’un de ses repères symboliques[80].. En 1960, la Marche s’affilie à l’ARMFESM et reçoit le matricule no 6. Elle se distingue au fil du temps par sa participation régulière aux activités du mouvement et obtient en 2012 le Trophée des Marches. L’année 1965 marque une autre étape importante avec la création de la Jeune Garde, destinée à intégrer les enfants de quatre à quatorze ans et à assurer la transmission intergénérationnelle de la tradition[80].

En , les charbonnages du Gouffre ferment et leur mise en liquidation apparaît dans le Moniteur belge en [81]. À Trieu-Kaisin, ce sont le puits des Viviers qui cessent leur activité en , puis en , c’est au tour du puits des Pays-Bas, dernier siège encore en exploitation[82],[14]. La commune de Châtelineau a été fusionnée avec la ville de Châtelet et Bouffioulx en 1977.

Liste des bourgmestres de 1825 à 1977

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  • Pierre Huart, de 1825 à 1837 (unioniste).
  • Léon Wilmart, de 1837 à 1840 (unioniste).
  • Pierre Huart, de 1840 à 1846 (unioniste).
  • Charles Binard, de 1846 à 1851 (tendance catholique).
  • Léonard Pirmez, de 1851 à 1855 (tendance catholique).
  • Louis De Vries, de 1855 à 1858 (tendance catholique).
  • Joseph Lhoest, de 1858 à 1861 (tendance catholique).
  • Léopold Wautiez, de 1861 à 1884 (Parti catholique).
  • Auguste Binard, de 1884 à 1887 (Parti catholique).
  • Grégoire Soupart, de 1888 à 1906 (Parti catholique).
  • Léon Delbove, de 1909 à 1908 (Parti catholique).
  • Auguste Binard, de 1908 à 1921 (Parti catholique).
  • Anna Ponsart[Note 5], en fonction de 1921 à 1925 (POB).
  • Désiré Rondeau, de 1925 à 1929 (POB).
  • Victor Thomas, 1929[Note 6] (POB)[83].
  • François Prévot, de 1929 à 1942 (POB).
  • Louis Dumont, de 1942 à 1964 (PSB).
  • Frans Blampain, en fonction de 1964 à 1965 (PSB)[Note 7],[84].
  • Théophile Toussaint, de 1965 à 1976[85],[Note 8],[Note 9] (PSB).

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural

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Religieux

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Églises
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  • L'église Saint-Barthélemy. La première église fut construite sur un embranchement situé à droite de la place de la Madeleine, connue en 1850 sous le nom de place de la Vallée[86]. La construction de la deuxième église a commencé avec la pose de la première pierre en . Les plans ont été conçus par l'architecte Carlier de Nivelles, et le coût total s'est élevé à 45 000 francs. Une fois la nouvelle église achevée, le monument dédié à la famille de Mérode y a été transféré[86]. Suite à l'augmentation de la population, une nouvelle église plus spacieuse a été construite en 1911 dans le style néo-roman, grâce à la générosité de Rosalie Pirmez, selon les plans de Jules et Henri Dal de Châtelineau[87].
  • L'église Saint-Antoine. Elle est située dans le quartier du Taillis-Pré et fut construite vers 1876[88],[89] par Sylvain Pirmez. Elle resta la propriété de la famille jusqu'en 1897, avant de devenir un bien paroissial[90]. L'église et de style néo-gothique[91].
  • L'église Sainte-Marie. Entre 1906 et 1907[7], une église a été construite dans le quartier du « Corbeau ». Dédiée à sainte Marie, elle a été réalisée d'après les plans de l'architecte Valentin Vaerwyck de Gand[89]. Son architecture est de style néo-roman[92]. L'église a été désaffectée. En 2015, elle est incendiée lors d'un vol de cuivre de câbles[93],[94],[95].
Chapelles
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La chapelle Notre-Dame de Grâce et de Beauraing[96], dite des Pays-Bas construite en 1955 de style moderniste par l'architecte Pol Genard[89], elle se situe dans le quartier du même nom.

D'autres chapelles sont situées sur le territoire : la chapelle Notre-Dame de Hal[96], chapelle[96] située rue du Taillis-Pré, la chapelle Notre-Dame des Affligés[96], La chapelle de l'Enfant Jésus[96] (quartier de la Floche), la chapelle[96] située rue Des Essarts, la chapelle Notre-Dame de Lourdes[96], la chapelle Notre-Dame de Rome[96] située place Louis De Brouckère, accolée au cimetière et une chapelle[96] située rue du Moulin.

Bornes-Potales
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D'autres édifices religieux sont situées sur le territoire : le reposoir Sainte-Anne[96], le reposoir Sainte-Barbe[96], la potale Sainte-Thérèse[96], la potale du Sacré-Cœur[96], la potale Notre-Dame de Lourdes[96] et la statue du Sacré-Cœur[96].

Abbaye de Soleilmont
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Cloître de l'ancienne abbaye de Soleilmont.

L'abbaye de Soleilmont se trouvait sur le territoire de Châtelineau[97] à la frontière entre les communes de Gilly et Fleurus[Note 10]. Elle a été fondée par le comte de Namur au XIe siècle , qui y a installé des religieuses de l'ordre de Saint Benoît. En 1237, le monastère fut intégré à l'ordre de Citeaux et placé sous la direction de l'abbé d'Aulne. Pendant la nuit du 25 au , un incendie d'une rare intensité détruisit complètement le monastère cistercien. Le , les religieuses cisterciennes emménagèrent dans leur tout nouveau monastère construit dans le bois de Soleilmont, sur le territoire de Fleurus, au lieu-dit « terre à l'Ermitage »[92].

La maison Allard sur la place Wilson, classée le [98].
  • La maison Allard. Située place Wilson cette maison de style Art nouveau, caractérisée par une façade animée par un jeu harmonieux et coloré des matériaux[99].
  • Une maison de style art déco, située rue Général Leman, œuvre des architectes Crickx et Marit de Bruxelles[100].
  • À la rue Clémenceau, se trouve une maison de style art déco réalisée par l'architecte A. Gilson en 1925[91].
  • La maison communale rue Gendebien. La première maison communale, située à côté de l'église sur la place de la Madeleine, avait été construite en 1843. Au début du XXe siècle, le bâtiment présentait déjà des signes de vétusté[101]. La deuxième maison communale était située sur la place Wilson, aujourd'hui remplacée par la salle omnisports. Le projet de construction d'une nouvelle maison communale a été abandonné[102]. C'est en 1971 que l'administration communale a acquis le bâtiment de la société du Gouffre, avant la fusion des communes en 1977[102].
  • Les bâtiments et entrepôt de l'ancienne firme commerciale de « L'Élan », rue Grégoire Soupart. Le bâtiment a été rénové et abrite l'académie des beaux-arts de Châtelet qui a déménagé en [103].
  • Les anciens bâtiments du puits no 10 de la société du charbonnage du Gouffre[104].
  • La gare. La première gare de Châtelineau, construite vers 1860, se situait entre l'écluse et la brasserie du Faleau[105]. Le bâtiment actuel, de style éclectique, date de 1911[106].
Monuments
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  • Le monument aux morts des deux guerres. Après la Première Guerre mondiale, la commune de Châtelineau a fait construire, aux Six Bras en 1922, un monument en hommage aux victimes des deux guerres, ce monument a été transféré sur la place d'Arenberg en 1966[107].
  • Le monument aux marcheurs, monument dédié aux marcheurs de la Marche de la Grande Terre Notre-Dame de Rome, il se situe à l'angle des rues Ferrer et de la Loi.
  • Le monument à Louis Dumont, il est situé dans la cité Louis Dumont.
  • L'ancien tram qui était exposé sur le rond-point près du centre commercial Cora, démonté en 2016.
    Sur le rond-point près du Cora, il y avait un tram placé dans les années 1990 qui était surnommée « Pimpon » qui a été démoli en [108],[109]. Aujourd'hui une stèle dédiée « Au Emigrés Castelterminesis » est érigé sur le rond-point en hommage des mineurs expatriés et pour les dix ans du jumelage de Châtelet avec la ville de Casteltermini en 2019[110],[111]. Une autre stèle similaire a été installée dans la ville de Casteltermini[110].
  • Le Vieux Mineur, buste qui se trouve sur un rond-point près du cimetière de Châtelineau-centre.
  • Le monument de Louis Van Laere, il est situé dans la cité portant le même nom et a pris en charge la gestion du Foyer Moderne à partir de 1922[112].
  • Le monument commémoratif de la Première Guerre mondiale (1914-1918) réalisé par Gustave Massart, situé au cimetière central de Châtelineau.
  • Le monument « Aux enfants du Taillis-Pré morts pour la Patrie lors des guerres 1914-1918 et 1940-1945 ». Offert par Solvay SA, ce monument est situé à droite, au pied de l'église du Taillis-Pré.
  • Une plaque commémorative dédiée aux soldats français morts pour la Belgique se trouve dans le cimetière de Châtelineau-centre. Un seul soldat, Roger Romuald, repose au pied de cette plaque.

Culture

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Marche folklorique

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Notre-Dame de Rome (Marche Impériale de la Grande Terre) célébré le dernier dimanche du mois d’août[113]. Fondée en 1946, elle honore la mémoire du régiment formé en 1808 par le duc d'Arenberg ainsi que celle des troupes napoléoniennes qui ont traversé la commune le [114].

Lieux publics

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Parc de la Grande Terre, rue des Hayettes.

Cimetières

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Châtelineau possède trois cimetières : cimetière de Châtelineau (centre), qui possède des sépultures de guerre belges, rue de la Croix, cimetière de la Floche qui possède des tombes de combattants de 1940-1945, rue des Haies et cimetière du Taillis-Pré, rue des Masuirs.

Enseignement

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Le collège Pie X.

Enseignement communal

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Châtelineau possède des écoles communale régis par la ville de Châtelet qui en fait partie : groupe scolaire Hayettes-Solvay[115], rue Sainte-Anne et groupe scolaire Destrée[116], rue du Sart-Allet.

Implantations

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Groupe scolaire Destrée ; implantation Charbonnages (maternelle), groupe scolaire Boubier ; implantations Gendebien (maternelle) et Sart-Allet (maternelle et primaire), groupe scolaire Solvay-Hayette ; implantation Mérode (maternelle) et groupe scolaire du Grand Chêne[117] ; implantation Taillis-Pré (maternelle et primaire).

Enseignement libre

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Primaire

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Châtelineau possède des écoles libre : école primaire et gardienne Sainte-Marie[118], rue Llyod George et école Saint-Barthélemy[119], rue Adolphe Chif.

Secondaire

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Institut Sainte-Marie[120], place d'Arenberg et Collège Episcopal Saint-Pie 10[121], rue Llyod George.

Académie et conservatoire

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Châtelineau possède dans le domaine des arts le conservatoire de musique et des arts parlés Meurice Guillaume (place Wilson) et dans le domaine des beaux-arts, l'académie des Beaux-Arts de Châtelet dénommée « Académie de dessin et des arts décoratifs Gustave Camus »[103], située allée de la Sambre.

Économie

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L’économie actuelle de Châtelineau se caractérise par une transition marquée entre un passé commercial dense, une recomposition du tissu de la grande distribution et une forte dépendance aux dynamiques régionales du Hainaut. L’un des événements économiques majeurs récents est la fermeture définitive de l’hypermarché Cora, longtemps pôle d’attraction commercial local. Cette fermeture a entraîné une perte d’emplois et un vide commercial important, mais a aussi ouvert la voie à une reconversion progressive du site. En , un supermarché Delhaize de 2 200 m² y a ouvert ses portes, employant 26 personnes dont plusieurs anciens travailleurs de Cora, et annonçant encore des recrutements supplémentaires selon les besoins des rayons spécialisés. Cette implantation est présentée par les autorités locales comme la première étape d’une revitalisation plus large de la galerie commerciale, où l’ouverture prochaine de nouvelles enseignes (Dreambaby, Jysk, magasins de chaussures et de vêtements) est déjà planifiée[122].

Parallèlement, Châtelineau s’inscrit dans les tendances économiques du Hainaut, où le secteur de la construction demeure un bassin d’emploi majeur malgré une conjoncture difficile. Le Hainaut compte environ 2 500 entreprises de construction et près de 15 000 ouvriers, mais souffre d’une pénurie persistante de main-d’œuvre qualifiée. À Châtelineau même, des initiatives immersives organisées par le Forem et Constructiv ont récemment rassemblé une soixantaine de demandeurs d’emploi pour répondre à ces besoins, illustrant l’importance de ce secteur dans l’économie locale et régionale. Les métiers techniques chauffagistes, monteurs, couvreurs sont particulièrement recherchés, et des formations accélérées visent à combler rapidement les postes vacants[123].

L’économie de Châtelineau reste également influencée par les tendances macroéconomiques belges, notamment la progression modérée du PIB national, la hausse des faillites et la légère détérioration du dynamisme entrepreneurial observées en 2025. Ces éléments, bien qu’issus d’analyses nationales, se répercutent sur les communes du bassin carolorégien, où les services demeurent le principal moteur de croissance tandis que l’industrie manufacturière continue de reculer. Le marché du travail belge montre toutefois une amélioration du taux d’emploi des 20–64 ans, ce qui peut soutenir la consommation locale et faciliter les reconversions professionnelles dans des zones en transition comme Châtelineau[124].

Industries actuelles

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Laminoir sidérurgique Aperam stainless Belgium (ex-Carlam)

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En 1976, la société Hainaut-Sambre crée la Société Carolorégienne de Laminage, appelée « Carlam » et un laminoir à chaud est construit sur les bords de Sambre à Châtelet. En 1981, Hainaut-Sambre fusionne avec Cockerill et la société devient une filiale de Cockerill-Sambre. En 2001, le nouveau groupe Arcelor absorbe Cockerill-Sambre et décide d'investir massivement dans le bassin carolorégien en y installant sur le site de Carlam une aciérie électrique inox. Celle-ci est inaugurée en 2005[125]. Arcelor devient par la suite Arcelor-Mittal qui, en 2011, crée une spin-off, le groupe sidérurgique Aperam, notamment implanté à Châtelet. Châtelet reste ainsi un pôle important de la sidérurgie belge et européenne.

Le laminoir à chaud du groupe international Aperam à Châtelet est l'un de plus grands d'Europe et produit une tonne d’acier inoxydable sur quatre en Europe. Cet outil a une capacité de production de 2,8 millions de tonnes d'acier par an. En 2022, 750 personnes travaillent sur le site de Châtelet, chiffre auquel il faut ajouter 200 personnes en sous-traitance[126]. En 2017, 15 millions d'euros ont déjà été investis sur le site d'Aperam à Châtelet. Deux moteurs au cœur des dégrossisseurs qui aplatissent les plaques d'acier chacun une puissance de 12 Mégawatts ont ainsi été installés[127]. Le laminoir de Châtelet, gros consommateur d'énergie fossile, s'est engagé dans un processus de réduction de son empreinte énergétique et environnementale. Dans le processus de fabrication, la gamme d'acier Aperam infinite est fabriquée avec jusqu’à 98 % de matériaux recyclés, permettant de réduire jusqu’à 85 % les émissions de CO2 par rapport aux normes de l’industrie, avec de l’énergie renouvelable, des minerais d’origine durable et de la biomasse de charbon de bois[128].

En 2024, deux projets d'investissement sont envisagés dans le cadre de la stratégie de décarbonation d'Aperam : la construction d'une centrale Organic Rankine Cycle (ORC) pour valoriser la chaleur des fumées et l'installation sur le site d'un traitement thermique pour réduire directement la consommation énergétique. Les deux projets permettraient d'importantes économies d'énergie et réduiraient les émissions de CO2. Ils pourraient se concrétiser avec le concours des pouvoirs publics[129].

Port autonome de Charleroi

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Port de Praye-nord : concession d'exploitation à Aperam stainless Belgium.

Industries de l'époque

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Industries métallurgiques

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La société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau
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Groupe de massiers de Châtelineau en 1882.

La Société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau apparaît en 1829 comme l’une des premières grandes entreprises métallurgiques du bassin carolorégien. Fondée en juillet de cette année par les frères Willmar, par John Cockerill et par la société civile L. Willmar et Cie, elle s’inscrit dans le mouvement d’industrialisation rapide qui transforme alors la région[130]. L’établissement met en chantier deux hauts‑fourneaux, lesquels entrent en activité au deuxième trimestre de 1832[130]. À ce moment, l’effectif atteint 278 ouvriers, témoignant de l’ampleur déjà notable de l’exploitation. La production progresse rapidement : en 1834, la société atteint environ 9 360 tonnes de fonte, ce qui la place au deuxième rang du bassin de Charleroi, derrière l’entreprise Fontaine‑Spitaels implantée à Marcinelle et Couillet[130]. Cette position illustre le rôle croissant de Châtelineau dans l’économie sidérurgique régionale. Sous l’impulsion de la Société Générale, les associés décident en de transformer la structure juridique de l’entreprise[130]. La société civile L. Willmar et Cie adopte alors la forme d’une société anonyme, conservant le nom de Société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau. Cette nouvelle organisation reçoit l’approbation officielle par un arrêté royal daté du , consacrant son statut dans le paysage industriel belge[130].

Carte postale représentant les usines.

La société poursuit son développement au milieu du XIXe siècle en diversifiant ses activités. Entre 1852 et 1853, elle met en place un atelier de construction mécanique entièrement intégré à l’entreprise[131]. Bien que la propriété de l’atelier soit exclusive, les bénéfices sont partagés avec Clémentin Deneubourg, qui en assure la direction. Cette initiative marque une étape importante dans l’élargissement des compétences industrielles du groupe[131]. Le , une restructuration majeure intervient : par l’intermédiaire de la société en nom collectif Gustave Dumont et Cie, Châtelineau fusionne avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet[131]. À cette date, l’ensemble industriel réuni emploie 1 134 ouvriers dans les mines et 984 dans les ateliers métallurgiques, pour une production annuelle avoisinant 18 300 tonnes de fer. Cette fusion renforce la position du groupe dans le bassin sidérurgique carolorégien. Au début des années 1880, une nouvelle évolution structurelle se produit[131].

Le , le charbonnage du Gouffre est détaché de la société anonyme de Couillet et transféré à une entité nouvellement constituée, la Société des Charbonnages du Gouffre, qui reçoit les installations et la concession correspondantes. Cette séparation illustre la tendance à spécialiser les activités minières et métallurgiques dans des structures distinctes[131]. Un tournant décisif survient ensuite au début du XXe siècle. Le , l’industriel Hippolyte Renson, établi à Ham-sur-Heure, acquiert les installations de Châtelineau[131]. Le , il fonde une nouvelle société anonyme, les Usines de Châtelineau, à laquelle il apporte ses biens industriels en nature. En contrepartie, il reçoit 2 000 actions de 500 francs, constituant la moitié d’un capital social fixé à 4 millions de francs[131]. Cet apport financier et matériel permet la construction d’une aciérie Thomas moderne ainsi que la remise en service d’un second haut‑fourneau. À la fin de l’année 1911, l’entreprise connaît une expansion remarquable : la production atteint environ 95 000 tonnes de fonte et 40 000 tonnes d’acier brut, témoignant d’une modernisation réussie et d’une capacité industrielle en forte croissance[131].

De 1914 à 1918, pendant l’occupation, les laminoirs et autres installations fonctionnent sous réquisition de l’ennemi, au service de la machine de guerre de l’envahisseur. L’usine porte alors le nom de Militär Walzwerke Châtelineau, dépendant de l’Abteilung J III du Gouvernement général en Belgique[132]. La SA Usines de Châtelineau absorbe la SA des Hauts Fourneaux du Sud de Châtelineau, laquelle disparaît à son tour en étant intégrée à la SA Société Métallurgique de Sambre et Moselle en 1924[132]. Après la fusion avec cette dernière en 1955, elle prend le nom de SA Société Métallurgique de Hainaut Sambre, avant d’être intégrée en 1981 au groupe Cockerill Sambre[133],[134].

Les laminoirs Schumacker
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Les laminoirs de Châtelineau prennent forme en 1860, lorsque les frères Félix et Léon Schumacker établissent un atelier de laminage à proximité du moulin à eau local, sous la raison sociale Schumacker Frères. L’installation comprend alors huit fours à puddler et deux fours à réchauffer, mobilisant environ quatre‑vingts ouvriers métallurgistes[135]. La production annuelle atteint près de 2 100 tonnes de fil, principalement destiné aux infrastructures télégraphiques, un marché en pleine expansion au milieu du XIXe siècle. Le , l’entreprise adopte la forme d’une société anonyme sous le nom de SA du Laminoir de la Concorde[135]. À la suite du décès de Félix Schumacker en , les installations sont acquises pour 60 000 francs par l’industriel Clémentin Deneubourg[135]. Celui‑ci intègre le laminoir dans une nouvelle structure qu’il fonde le , la SA des Tréfileries et Laminoirs de Châtelineau, marquant une tentative de relance et de consolidation des activités métallurgiques locales. Après la disparition de Deneubourg en , la direction est confiée à Louis Lambert en qualité d’administrateur délégué[135]. Toutefois, la conjoncture économique défavorable et les pertes accumulées compromettent la viabilité de l’entreprise. Le laminoir cesse définitivement ses activités, et la société est dissoute le , mettant fin à une expérience industrielle qui avait pourtant contribué à l’essor métallurgique de Châtelineau[135].

La société anonyme des Usines du Phénix
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À la fin de 1861 et au début de 1862, la société Gustave Dumont et Cie entreprend l’édification d’un laminoir au lieu‑dit le Palis, à Châtelineau. L’établissement, spécialisé dans le laminage de tôles en acier, devient rapidement un élément notable du paysage industriel local. En 1866, il emploie près d’une centaine d’ouvriers et atteint une production annuelle d’environ 6 150 tonnes de tôles, témoignant d’une activité soutenue dans un secteur en pleine expansion[136]. L’évolution de la structure intervient en 1870, lorsque Émile Dumont, frère de Gustave, fonde à Louvroil, en France, une nouvelle société portant également le nom Gustave Dumont et Cie. Pour distinguer les deux entités, l’usine de Châtelineau adopte alors la dénomination Émile Dumont et Cie, marquant une réorganisation interne tout en conservant son orientation métallurgique[136]. Le décès d’Émile Dumont, survenu le , intervient dans un contexte économique difficile. Malgré ces circonstances, le laminoir ne disparaît pas : il se maintient et connaît même une phase de prospérité inattendue. Le , une nouvelle société anonyme, la Société Anonyme du Phénix, est constituée à Châtelet[136]. La direction de cette entité, ainsi que celle de l’usine de Louvroil, est confiée à Victor Dumont, qui assure la continuité des opérations. Par la suite, Armand Gilles puis Eugène Bisenius lui succèdent à la tête de la société, garantissant la pérennité de l’activité métallurgique dans une période marquée par de fréquentes restructurations industrielles[136].

À partir de 1884, l’établissement doit faire face à une conjoncture défavorable : la pression concurrentielle sur les marchés de l’acier entraîne une diminution notable des commandes de fer, provoquant une période prolongée de chômage industriel. Les activités ne parviennent pas à redémarrer et l’entreprise est finalement liquidée, marquant la fin d’un cycle de production qui avait pourtant contribué au développement métallurgique de Châtelineau[137]. En 1888, une nouvelle étape s’ouvre lorsque les frères Dumont reprennent le laminoir du Phénix. Le de la même année, ils s’associent à plusieurs industriels pour constituer une nouvelle société anonyme, amorçant ainsi une tentative de relance et de restructuration de l’activité sidérurgique locale[137]. Mais sous l’impulsion de M. E. Renson, l’usine connaît d’importants chantiers d’entretien et de transformation. Le laminoir, entièrement rénové, rouvre en 1891 et produit désormais des tôles fines, striées ou lisses, ainsi que de larges plats pour ponts, navires et chaudières. Dès lors, la société du Phénix ne conserve plus que des liens formels avec la famille Dumont. En 1908, elle est absorbée par la « SA de Sambre et Moselle ». Le laminoir restera en activité jusqu’en 1950[138]. Après sa fermeture, le site sera désaffecté et nettoyé[137].

Laminoirs, Fonderies, Forges et Ateliers de Construction F. Dupont
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Illustration dans La Belgique industrielle.

L’histoire du site métallurgique de Châtelineau s’amorce en 1829, lorsque des ouvriers dirigés successivement par François Isidore Dupont puis par son fils Émile Dupont édifient deux hauts‑fourneaux et une centaine de fours à coke[139]. L’ensemble fonctionne sous la raison sociale Laminoirs, Fonderies, Forges et Ateliers de Construction, illustrant la diversité des activités métallurgiques menées sur le site dès ses débuts[139]. En , les installations sont reprises par la Société Anonyme du Bassin Houiller du Bassin de Charleroi, dont l’actionnaire principal est Simon Philippart. Celui‑ci transfère ensuite l’ensemble, comme apport en nature, à la Société Anonyme Métallurgique et Charbonnière Belge, fondée le et approuvée par arrêté royal le de la même année[139]. Un troisième haut‑fourneau est mis en service en 1874, mais les difficultés économiques conduisent rapidement à la liquidation de la société, mettant un terme à cette première phase d’expansion[139].

Les installations trouvent un nouveau propriétaire en 1889 avec la création, le , de la Société Anonyme des Hauts‑Fourneaux Sud de Châtelineau. Le site, étendu sur huit hectares, bénéficie d’une situation stratégique grâce à ses connexions directes avec la gare de Châtelineau et la Sambre canalisée[139]. En 1911, la production atteint environ 35 000 tonnes de fonte et 30 000 tonnes d’acier brut, tandis que l’effectif compte 120 ouvriers, témoignant d’une activité soutenue malgré les fluctuations du marché sidérurgique[139]. En 1924, la Société Anonyme des Usines de Châtelineau absorbe les Hauts‑Fourneaux du Sud de Châtelineau, intégrant ainsi l’ensemble dans une structure industrielle plus vaste[139]. Par la suite, cette société rejoint le groupe sidérurgique Sambre et Moselle, lui‑même ultérieurement intégré au groupe Hainaut‑Sambre, marquant l’insertion progressive du site dans les grandes concentrations métallurgiques du XXe siècle[139].

Autres anciennes industries implantées à Châtelineau

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La principale industrie de Châtelineau au XVIe siècle était la fabrication de clous[140]. Un moulin à vapeur fut installé près de la Sambre sous le nom « Les Moulins à Vapeur Koeler-Pitteurs et Cie », un établissement qui prit successivement, en 1884, le nom de « Moulin à Vapeur de Châtelineau » et, en 1890, celui de « La Royale », société anonyme des moulins à vapeur de Châtelineau[141]. En 1936, les ateliers Crame-Crame de Bouffioulx, installés à Châtelineau dans le quartier de la gare, étaient réputés pour la fabrication de tuyaux et d’accessoires en grès vernissé[142].

Les ateliers de constructions mécaniques G. Genard-Denisty
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Les ateliers fondés en 1879 occupaient l’angle formé par les rues de Gilly et du Faleau, constituant l’un des pôles artisanaux et industriels de Châtelineau. Leur production était principalement destinée aux charbonnages, qui représentaient alors leur clientèle essentielle[143]. En 1911, ils prennent part à l’exposition de Charleroi, où ils présentent divers équipements conçus pour l’exploitation minière, témoignant de leur spécialisation et de leur intégration dans l’économie régionale. L’évolution du secteur énergétique au XXe siècle bouleverse toutefois leur activité[143]. Avec l’arrivée de nouvelles sources d’énergie et la fermeture progressive des puits à partir de 1960, les commandes adressées aux ateliers de construction diminuent nettement, entraînant un déclin durable de l’entreprise[143]. Le , l’atelier, jusque‑là exploité en indivision, est apporté en nature à la création de la Société Anonyme Atelier Genard‑Denisty. Malgré cette restructuration, l’établissement cesse définitivement ses activités le [143]. Après une période d’inoccupation, les bâtiments sont acquis par la firme Decamps. En 1980, ils connaissent une reconversion commerciale avec l’ouverture d’un magasin combinant une boissellerie‑quincaillerie et un espace dédié aux matériaux de construction, offrant une nouvelle fonction à un site longtemps associé à l’industrie locale[143].

La société anonyme des agglomérés de houille de Châtelineau
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La société projette, le , l’implantation d’une usine d’agglomérés de houille et d’un établissement destiné à la distillation des goudrons au lieu‑dit Pré des Masuirs[73]. Les autorités communales de Châtelineau et de Châtelet émettent un avis favorable, permettant à l’entreprise de lancer ses activités. Dès le début de la production, l’approvisionnement en charbon matière première essentielle est assuré par les charbonnages d’Aiseau‑Presles, qui deviennent rapidement un partenaire incontournable[144]. En 1893, sous l’impulsion de François Henin, les dirigeants des charbonnages d’Aiseau‑Presles cherchent à résoudre la difficulté persistante liée à l’écoulement des poussiers et des charbons de petite granulométrie[144]. Ils décident alors de racheter une usine d’agglomérés et acquièrent les actions de la société de Châtelineau. L’opération se concrétise en 1897 par une absorption complète, permettant au siège de Roselies de faire traiter ses charbons dans les installations de Châtelineau[144]. À cette époque, l’usine compte environ 125 ouvriers, ce qui témoigne de son importance dans l’économie locale. La fusion, réalisée au début de 1897, entraîne la disparition de la SA des Agglomérés de Houille de Châtelineau, remplacée par la Fabrique d’Agglomérés de Houille de Châtelineau[144]. En 1928, Carlo Henin, administrateur délégué du charbonnage d’Aiseau‑Presles, propose la construction de nouvelles installations plus performantes à Tergnée. Le conseil d’administration approuve le projet, mais la crise économique retarde sa réalisation. Les agglomérés de Tergnée, financés par les fonds propres de la société, ne deviennent opérationnels qu’en . À partir de cette date, la fabrique de Châtelineau cesse ses activités et ses installations sont progressivement démontées[144].

La société des Agglomérés Réunis du Bassin de Charleroi
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La Société des Agglomérés Réunis du Bassin de Charleroi exploite une fabrique de briquettes située à Marcinelle, héritée de l’ancienne entreprise Félixe De Haynin et Cie. La division de Châtelineau élargit progressivement ses activités en se spécialisant dans la distillation du goudron[145]. Elle produit alors une gamme étendue de dérivés : couleurs d’aniline, benzine brute utilisée pour le dégraissage et le traitement du caoutchouc, naphtaline, phénate de soude à usage désinfectant, eau ammoniacale, sulfate d’ammoniaque, huiles distillées, essence de houille brute à 25 %, créosote, acide phénique ou encore noir de fumée. Cette diversification témoigne de l’importance croissante des produits chimiques issus du charbon dans l’industrie régionale[145].

En 1913, l’usine de Châtelineau emploie environ 240 ouvriers. Elle dispose de machines à vapeur offrant une surface de chauffe de 800 m2, complétées par des moteurs électriques d’une puissance totale de 12 CV, ce qui illustre un niveau d’équipement relativement avancé pour l’époque[145]. En , la société participe, à hauteur de 10 000 francs, à la constitution du capital de la Société d’Habitation à Bon Marché de Châtelineau, suivant l’exemple d’une autre usine d’agglomérés locale[145]. Cette contribution reflète l’implication des entreprises industrielles dans les initiatives sociales et urbanistiques du début du XXe siècle. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la société met fin à ses activités sur le site de Châtelineau[145]. La fermeture marque la disparition d’un acteur important de la chimie du charbon dans le bassin carolorégien, dans un contexte où les transformations énergétiques et industrielles redéfinissent profondément les équilibres économiques de la région[145].

Charbonnages

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La société anonyme du charbonnage du Gouffre
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Puits no 7 de la société du Gouffre.

La formation du charbonnage du Gouffre remonte au , date à laquelle une société est constituée pour exploiter la veine portant ce nom. La base financière de l’entreprise repose sur Louis Engelbert d’Arenberg, seigneur de Charleroi, Gilly et Châtelineau, ainsi que sur le marquis Stanislas de Sandrouins. Le , le duc d’Arenberg accorde à la jeune société un droit exclusif d’exploitation sur l’ensemble des veines de charbon situées dans sa juridiction. Peu après, Sandrouins se retire, jugeant l’entreprise insuffisamment rentable, et est remplacé par le financier Gendebien, qui reprend la gestion. Au XIXe siècle, l’exploitation du Gouffre passe sous le contrôle de la Société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau, fondée le . Le , cette société fusionne avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet, intégrant ainsi le charbonnage dans une structure industrielle élargie. Le , cette dernière autorise le charbonnage du Gouffre à se détacher pour devenir une entité autonome sous le nom de Société Anonyme des Charbonnages du Gouffre, marquant une nouvelle étape dans l’histoire de l’exploitation minière locale[146].

Le puits no 9 de la société du Gouffre.

En 1874, la société du Gouffre acquiert la fosse Maton, qui comprenait déjà la fosse Thomas située au Taillis-Pré[147] (en activité de 1855 à 1873). Précédemment, en 1855, les propriétaires de la fosse Thomas avaient acheté la fosse du Grand Chêne, aussi appelée de Soleilmont, qui avait été intensément exploitée entre 1806 et 1847[146]. Le charbonnage a fermé ses portes le , et sa mise en liquidation a été publiée au Moniteur Belge le [148],[81]. Les bureaux ont été acquis par l'administration communale, qui y a installé ses services et accueille la plupart des services communaux de l'entité[149]. Parmi les puits de la concession, il y avait : puits no 3, d'une profondeur de 381 mètres et en exploitation de 1834 à 1907[150]; rue Gendebien, puits no 5 ; emplacement sur l'actuelle Intermarché, près de l'église Saint-Barthélemy, ce puits a été creusé en 1845 et son exploitation arrêté en 1902[151], avait une profondeur de 593 mètres[152] ; puits no 6, puits no 7 avait la profondeur de 853 mètres en 1848[81], rue des Charbonnages ; puits no 8 qui datait de 1848[151] avait la profondeur de 800 mètres en 1870[147] ; puits no 9, rue Pirmez et puits no 10, rue du Fayt ; arrête son extraction, le , par la suite il devient une sorte de zoo pendant quelque temps[104].

La société anonyme du charbonnage du Trieu-Kaisin
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L’un des plus anciens témoignages relatifs à l’exploitation houillère du Trieu‑Kaisin remonte au . À cette date, Marguerite de Mérode, comtesse d’Isenghien et seigneure de Châtelineau, concède aux exploitants parchonniers Nicolas Collart, Rémy Jennart et François Jennart le droit d’extraire la houille entre le moulin et le bois de Belle Haye, moyennant une redevance annuelle de vingt florins[153]. Ce bois, situé à proximité du Trieu‑Kaisin, apparaît encore en 1675 dans une liste de tailles établie à Châtelineau, et le site est mentionné en 1699 dans un document de la cour féodale sous la forme orthographique Try Caisin, attestant la continuité de l’exploitation et de la toponymie. Au début du XIXe siècle, l’exploitation prend une dimension plus structurée. En 1808, le Trieu‑Kaisin fusionne avec une exploitation voisine, Grand Forêt, formant une concession de 454 ha, 96 a et 53 ca[153]. Le , deux petites sociétés charbonnières, Les Combles et Petit Forêt, sont intégrées à l’ensemble. La nouvelle entité adopte alors le nom de Société Charbonnière du Trieux‑Kaisin Deux Forêts et Combles Réunis, portant la superficie totale de la concession à 557 ha et 92 a. Une étape décisive survient le , lorsque la société civile devient une société anonyme sous la dénomination Société Anonyme des Charbonnages du Trieu‑Kaisin à Châtelineau[153]. Le , la concession des Viviers Réunis, située à Gilly, est rattachée à celle du Trieu‑Kaisin. L’aspect légal de cette fusion est confirmé le suivant. La concession ainsi élargie couvre désormais 732 hectares et s’étend sous les communes de Gilly, Châtelineau et Montigny‑sur‑Sambre, illustrant l’importance croissante de ce charbonnage dans le bassin carolorégien[153].

En 1929, l’extraction totale atteint 366 185 tonnes et 22 258 personnes travaillent pour la société. En 1959, les deux seuls puits encore en activité produisent 18 833 tonnes pour les Viviers et 95 665 tonnes pour les Pays-Bas. Ce dernier extrait encore 107 821 tonnes en 1960 et 88 470 tonnes en 1963[154]. Les bâtiments qui abritaient les bureaux et ateliers du Trieu-Kaisin ont été construits en 1865, près de l'ancienne forge du charbonnage de Forest[155]. En 1978, le site a été entièrement assaini pour accueillir le centre commercial Shopping Cora Châtelineau. Au fil des années, les puits d'extraction ont fermé progressivement. Le puits no 1 des « Viviers » a cessé toute activité le , et le , ce fut au tour du no 8 « Pays-Bas », dernier site en activité du charbonnage du Trieu-Kaisin[154],[14]. Parmi les puits de la concession il y avait : Les puits no 1 et 2, dits des Viviers, commune de Gilly, desservis par la gare de Gilly-Sart-Culpart ; le puits no 4 dit de Sébastopol sur Châtelineau, qui avait une profondeur de 672 mètres[156]; le puits no 6, dit de la Duchère ; sur Montignies-sur-Sambre et le puits no 8, dits des Pays-Bas, sur Châtelineau, desservi par la gare de Montignies-Formation[153] qui avait la profondeur de 843 mètres en 1868[157].

Commerces

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Commerces actuels

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Le centre commercial Shopping Cora Châtelineau, ouvert le sous le nom de Cora-City[155] outre l'hypermarché du même nom qui a été fermée définitivement d'autres enseignes vont s'installer notamment DreamLand, Dreambaby, Jysk et Kiabi[158], Tournesols, magasin de jardinage et de décoration[159], Brico Planit, magasin de bricolage, Décathlon, magasin d'articles de sport. Il y a aussi dans le centre de Châtelineau des commerces de proximités. Un nouveau complexe commercial dénommé « Frunpark » ouvert au début de 2024 et construit sur le site des Mottards près du Cora[160],[161].

Commerces disparus

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Des entreprises commerciales avaient leur siège social et des commerces qui avait leur succursale à Châtelineau :

  • Brasserie du « Faleau », créée par la famille Binard vers 1860 et cessa ses activités en 1961[13],[162];
  • Manufacture Générale de Tabacs, Cigares, Cigarettes & Rolles, fondé au début du XIXe siècle, par les frères C. et L. Patron[163];
  • L'Élan, fondée en 1914 et disparue en 1972 remplacement le magasin Bolle-Dinsart, cette firme fournissait à ces succursales et clients, épiceries, merceries, vins et liqueurs[164]. Le siège social se trouvait à la rue Grégoire Soupart. Le nom de l'entreprise se trouve encore sur le mur au-dessus du portail ;
  • Carlo & Fils, déclaré en faillite le [165];
  • Cultura, magasin de produits culturels dont l'ouverture a eu lieu en 2021 et sa fermeture définitive a eu lieu en 2023[166].
  • L'hypermarché Cora dont la fermeture définitive a eu lieu le [167].

Marché

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Marché hebdomadaire chaque samedi sur la place Wilson. C’est devenu un lieu de marché très important, attirant de nombreux marchands et chalands. Depuis la fin de l’année 2000 et le début de 2001, ils profitent d’un marché couvert[168].

Maisons de repos

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Maison de repos « Le Sart-Allet »[169], inaugurée le [170], rue du Sart-Allet, Le Centenaire, rue Gendebien et Résidence « Les Peupliers », rue Wimart.

Transports

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Châtelineau est sillonnée par les lignes 14, 17, 25, 28, 29, 35, 62, 154, 155, 156, 158, 172 et 710 exploités par les TEC Charleroi.

La station Corbeau en construction en .

Châtelineau sera desservie par la ligne M5 du métro de Charleroi en 2026, il dessévera le nouvel hôpital des Viviers et la station Corbeau[171],[172].

La gare de Châtelet.

Aujourd’hui, le transport ferroviaire à Châtelineau repose principalement sur la desserte de la ligne 130, assurée par des trains InterCity, Suburbains (S61) et de pointe, permettant une connexion régulière vers Namur, Charleroi et les grands axes nationaux. Bien que le rôle de bifurcation ait disparu avec la fermeture des lignes secondaires, la gare demeure un point de passage important pour les navetteurs de la région et un témoin architectural et historique de l’évolution du rail en Wallonie.

La ligne 130 de Namur à Charleroi, dite ligne de la Basse-Sambre passe dans les communes de Farciennes, Tamines, Auvelais (Sambreville), Jemeppe-sur-Sambre, Floreffe et Namur.

Ligne 138 Châtelet-Florennes, aujourd'hui disparue. Elle traversait les communes de Bouffioulx, Acoz, Gerpinnes, Hanzinne, Hanzinelle, Morialmé et Florennes.

Châtelineau est traversée par les routes N90 Mons-Liège, N569 Châtelet-Fontaine-l'Evêque en interrompue à Jumet, N571, Farciennes-Châtelineau et par la N29 Charleroi-Beringen. Châtelineau est aussi traversée par le grand ring de Charleroi (R3).

Sports et vie associative

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  • Le Royal Châtelineau Sport, fondé en 1925, les joueurs étaient surnommés les « Tigres »[173],[174]. Ce club a cessé d’exister en 2009.
  • Le FC Châtelineau, fondé en 1925, les joueurs étaient surnommés les « Radis »[175],[174]. Ce club a disparu en 1937.
  • L'AS Châtelineau fondé en 1976 s'appelait avant l'AS Panama Roselies[176].
  • Union Athlétique Châtelineau[177].
  • Equitation : Double Ranch[178].

Diverses clubs sont présents au sein du complexe de la place Wilson.

  • Futsal : Italia Calcio Châtelineau[179], FC Sicilia Montignies-sur-Sambre[179], Charleroi Airport[179].
  • Gymnastique : Dynamic Club - Châtelineau[180].

Infrastructures

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Le complexe sportif
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Complexe sportif, construit en 1976[181], place Wilson. Le complexe sportif de Châtelineau, situé place Wilson, constitue l’un des principaux équipements publics dédiés à la pratique sportive dans l’entité de Châtelet. Il s’organise autour d’une grande salle polyvalente accueillant des disciplines variées sports collectifs, activités scolaires, entraînements de clubs locaux et fonctionne comme un pôle de proximité pour les habitants du quartier et des communes voisines. L’infrastructure, construite selon les standards des centres omnisports wallons de la fin du XXe siècle, se caractérise par une architecture fonctionnelle privilégiant de vastes volumes intérieurs, un accès aisé et une implantation centrale dans le tissu urbain[182]. Depuis 2022, le complexe fait l’objet d’un vaste programme de rénovation inscrit dans le Plan de Relance wallon et soutenu par des financements européens. Les travaux visent principalement à améliorer la performance énergétique du bâtiment, avec l’isolation des façades et de la toiture, le remplacement des châssis et des menuiseries extérieures, la modernisation complète de l’éclairage par des systèmes LED, l’installation de panneaux photovoltaïques et la rénovation de la ventilation. Le montant du subside octroyé s’élève à 2 025 890,90 €, couvrant environ 70 % du coût total de l’investissement. Le chantier, débuté en , doit s’achever en , permettant au complexe de répondre aux normes environnementales européennes visant une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030[183],[184].

Le stade de Taillis-Pré
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Le stade du Taillis‑Pré, situé rue de l’Église à Châtelineau, constitue une installation sportive de plein air intégrée dans le tissu urbain du nord de la commune, à proximité immédiate de l’église Saint‑Antoine et en lisière du massif boisé de Soleilmont. Il s’inscrit dans un environnement marqué par la juxtaposition d’espaces résidentiels, d’anciens sites industriels reconvertis et de zones naturelles issues des terrils voisins, ce qui lui confère une position intermédiaire entre centre urbain et frange forestière. L’équipement occupe une parcelle ouverte dont l’organisation répond aux besoins de l’athlétisme et des activités sportives polyvalentes, avec une piste en anneau de quatre à six couloirs, un parcours de cross adjacent et des aménagements fonctionnels tels que vestiaires, douches et club‑house, attestés par les informations pratiques de l’Union Athlétique de Châtelineau[185].

Vie associative

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La vie associative de Châtelineau se caractérise par une densité et une diversité remarquables, structurées autour d’un tissu social où se côtoient initiatives caritatives, mouvements de jeunesse, clubs sportifs, associations culturelles et maisons de quartier. Elle s’inscrit dans la dynamique plus large de la ville de Châtelet, dont Châtelineau constitue l’un des pôles les plus actifs[186].

Au cœur de cette vie associative, les Petits Cœurs de Châtelineau occupent une place singulière. Cette association caritative, active depuis plus d’une décennie, organise des actions de solidarité allant de l’aide matérielle aux familles en difficulté à la mise en place d’événements populaires tels que brocantes, marchés de Noël ou fêtes communales. Leur initiative de « week-end des associations » a permis de mettre en lumière la richesse du tissu associatif local, en rassemblant des groupes aussi variés que des mouvements de jeunesse, des associations folkloriques ou des confréries historiques[187].

Les mouvements de jeunesse constituent un autre pilier essentiel. Scouts, patro et unités intercommunales accueillent enfants et adolescents dans des activités éducatives et citoyennes. Leur présence témoigne d’une implantation durable et d’un rôle structurant dans la socialisation des jeunes du quartier.

La dimension sportive est particulièrement développée, avec une concentration notable de clubs couvrant un large éventail de disciplines. On y retrouve des clubs de futsal, de football, de judo, de karaté, de tennis de table, d’équitation ou encore d’athlétisme, dont l’Union Athlétique Châtelineau, active dans la formation et l’entraînement de sportifs locaux. Le Complexe sportif de Châtelineau, très fréquenté, constitue un point de convergence pour de nombreuses pratiques sportives et événements locaux[179],[182].

La vie associative inclut également des structures à vocation sociale et interculturelle, telles que El Maujone, maison de quartier implantée à Châtelineau. Cette association joue un rôle central dans l’intégration des personnes issues de l’immigration, l’alphabétisation, l’aide aux devoirs et la création de liens sociaux entre habitants. Elle accueille aussi bien des familles récemment arrivées que des personnes isolées, et propose un ensemble d’activités favorisant l’autonomie, la cohésion et la participation citoyenne[188].

Enfin, la dimension culturelle est représentée par des associations communautaires et artistiques, comme l’Associazione Sarda Quattro Mori, qui contribue à la préservation et à la diffusion de traditions culturelles spécifiques tout en s’intégrant pleinement dans la vie locale[189].

Parmi les mouvements de jeunesse on trouve notamment : TE018 : Scouts de Châtelineau[190] et Patro St-Rémy[190].

Personnalités liées à Châtelineau

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  • Léonard Pirmez, (1768-1866), astronome[37] et bourgmestre.
  • Eudore Pirmez (1830-1890), docteur en Droit de formation, il fut député et ministre de l'intérieur.
  • Grégoire Soupart (1841-1906), docteur en médecine et bourgmestre de Châtelineau 1888 à 1906.
  • Fernand Allard (1878-1947), missionnaire jésuite, y est né.
  • Théophile Toussaint (1927-2005), sénateur, bourgmestre socialiste de Châtelineau, de 1965 à 1977 et de Châtelet, de 1980 à 1994.
  • Claude Barzotti, (1953-2023), chanteur de variétés italo-belge[191].
  • Jean-Michel Zecca (1968-), animateur de télévision.
  • Alpaslan Beklevic, bourgmestre de Châtelet, en et réside à Châtelineau[192],[193].

Notes et références

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  1. (50° 25′ 20,7″ N, 4° 31′ 15,8″ E )
  2. (50° 24′ 32,4″ N, 4° 30′ 01,4″ E )
  3. (50° 24′ 41,3″ N, 4° 29′ 57,6″ E )
  4. Cette ligne a été supprimée en 1954 et en 1960, seule une ligne industrielle est restée opérationnelle entre Châtelineau et Acoz. Aujourd’hui, ce chemin de fer a été déferré et transformé en RAVeL.
  5. Il s'agit de l'une des premières femmes bourgmestres de Wallonie. Le centre opérationnel de gestion des élections locales wallonnes de 2019 a été nommé en son honneur.
  6. Décédé sept mois après avoir succéder à Désiré Rondeau.
  7. Premier échevin ayant assuré la fonction de bourgmestre en 1964, jusqu’à la nomination de Théophile Toussaint en 1965, à la suite du décès de Louis Dumont.
  8. Devenu bourgmestre de la nouvelle entité de Châtelet de 1980 à 1994.
  9. Fusion des communes en Belgique.
  10. Les bâtiments (moulin, vivier, ferme et champs) étaient disséminés sur le territoire de Gilly, Châtelineau et de Fleurus. À la demande de ses responsables, elle fut placée sous la juridiction des autorités gilliciennes selon Robert Colard dans Gilly : Ses chemins et lieux-dits paru en 2004.

Références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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Lien externe

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