Heigne

quartier de Jumet dans la ville belge de Charleroi

Heigne est un quartier de Jumet dans la ville belge de Charleroi dans la province de Hainaut.

Heigne
Heigne
La chapelle Notre-Dame.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Ville Charleroi
Démographie
Population 3 381 hab. (2001)
Densité 1 989 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 26′ 37″ nord, 4° 24′ 40″ est
Superficie 170 ha = 1,7 km2
Transport
Bus Logo TEC CharleroiTEC : Lignes 50 et 86
Localisation
Localisation de Heigne
Carte des 55 quartiers de Charleroi.
Heigne porte le numéro 5.
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Heigne
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Heigne

Toponymie

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Le toponyme Hunia Castellum apparaît pour la première fois dans les sources écrites en 866. L’expression combine deux éléments d’origine distincte. Le premier, hunia, provient d’un très ancien fonds linguistique celte et figure parmi les rares termes préromains à avoir traversé les siècles[1]. Selon l’analyse proposée par Robert Arcq, ce mot, transmis par les populations germaniques installées dans la région avant l’arrivée des légions romaines, renvoie à l’idée d’un relief marqué, d’un lieu élevé ou d’une éminence naturelle[1]. Plusieurs noms géographiques de Wallonie témoignent de la même racine, notamment le village de Hogne près de Dinant, Hougnée dans l’entité de Hamoir ou encore la rivière Hoëgne, dont la désignation conserve la trace de cette origine ancienne[1].

Le second élément, castellum, appartient au vocabulaire latin et ne doit pas être interprété comme la mention d’un château au sens médiéval du terme[1]. Dans le contexte de l’époque carolingienne, il désigne plutôt un petit ouvrage défensif, un poste fortifié ou un point de surveillance[1]. Comme le rappelle Robert Arcq, l’expression Hunia Castellum peut donc être comprise comme la description d’un « fortin établi sur un escarpement », ce qui correspond à une implantation stratégique typique des premiers dispositifs militaires destinés à contrôler un territoire ou une voie de passage[1].

Histoire

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En octobre 1231, le prince-évêque Jean d’Eppes attribua la chapelle de Heigne à l’abbaye de Lobbes, décision qui permit l’installation durable d’une communauté cistercienne chargée d’assurer le service religieux. Selon l’historien Robert Arcq, cette concession marque un tournant dans l’histoire locale, car elle favorisa l’essor d’un centre spirituel déjà réputé pour le culte de Notre-Dame[2]. L’église, dont l’importance architecturale était déjà notable, fut vraisemblablement agrandie et embellie à cette époque afin de répondre aux besoins liturgiques croissants. La présence des moines de Lobbes à Heigne se prolongea pendant plus de cinq siècles, jusqu’aux bouleversements de la Révolution française. Leur établissement prit la forme d’un prieuré, fondé pour accueillir les nombreux pèlerins attirés par la renommée du sanctuaire marial[2]. Comme dans d’autres lieux de pèlerinage médiévaux, le prieuré assurait l’hébergement et la subsistance des voyageurs, jouant un rôle essentiel dans l’organisation religieuse et sociale de la région[2]. L’actuel emplacement de la Maison des Éclaireurs correspond à celui de l’ancien château Dogniaux, où les cisterciens s’installèrent au XIIIe siècle. L’abbaye possédait déjà depuis plusieurs générations les terres de Heigne et des environs, tandis que la chapelle relevait auparavant de l’autorité du Prince-Évêque de Liège[2]. Après 1796, lorsque les religieux furent contraints de céder leurs biens à la commune de Jumet, l’ancien prieuré fut transformé en hospice, puis en pensionnat. Plus tard, le maître verrier Antoine Houtart en fit l’acquisition, et la chapelle désaffectée servit alors de dépôt pour le verre, témoignant de la reconversion progressive des bâtiments religieux après la disparition des institutions monastiques[3].

La famille Houtart, établie à Heigne à la fin du XVIIe siècle, occupe une place déterminante dans l’évolution des techniques verrières de la région. Dès le siècle suivant, plusieurs de ses membres fondent des ateliers qui contribuent à transformer profondément l’industrie locale[4]. Selon Robert Arcq, leur rôle est essentiel dans la diffusion du soufflage en canons, une méthode jusque‑là réservée aux verriers allemands et considérée comme un savoir-faire difficile d’accès. En ouvrant cette technique à un apprentissage plus large, les Houtart permettent d’éviter une pénurie de main‑d’œuvre qualifiée et favorisent l’essor d’une production verrière en pleine expansion[4]. La famille se distingue également par son implication dans la vie publique : plusieurs de ses représentants exercent des charges locales, tandis que la lignée compte de nombreux maîtres verriers dont l’activité marque durablement l’économie de Heigne et de ses environs. Cette combinaison d’innovation technique, d’engagement civique et de continuité artisanale contribue à faire des Houtart une dynastie influente dans l’histoire industrielle régionale[4].

Au XIXe siècle, l’activité charbonnière de Jumet connaît une expansion notable avec la création de plusieurs fosses par la Société des Charbonnages du Centre de Jumet. Selon l’historien Pierre Arcq, l’un des premiers ouvrages majeurs de cette entreprise est le puits baptisé Saint‑Quentin, ouvert en 1838. Son nom fait référence à la ville française de Saint‑Quentin, lieu d’origine d’une partie des actionnaires impliqués dans le développement de la société minière[5]. Ce siège d’extraction, représentatif de l’essor industriel de la région, reste en activité durant plus d’un siècle avant d’être définitivement abandonné en 1967. Toujours d’après Pierre Arcq, la même société entreprend en 1891 le creusement d’un second puits, nommé Saint‑Louis. Cette fosse reçoit son appellation en hommage à Louis Misonne, premier directeur de l’entreprise, dont le rôle fut déterminant dans l’organisation et la modernisation des exploitations jumetoises[5]. Le puits Saint‑Louis, installé dans la rue du Vigneron, fonctionne jusqu’à la fin des années 1960, période marquée par le déclin général de l’industrie charbonnière en Wallonie. Il ferme définitivement en 1967, comme de nombreuses autres installations minières de la région. Ces deux fosses, fréquemment évoquées dans les travaux de Pierre Arcq, constituent aujourd’hui des éléments importants de la mémoire industrielle de Jumet, témoignant de l’évolution des techniques d’extraction et de l’impact économique du charbon sur la commune[5].

À la fin du XIXe siècle, Jumet voit apparaître ses premières infrastructures hospitalières modernes, marquant une étape importante dans l’histoire sanitaire de la commune. L’un des pionniers de cette évolution est le docteur Louis Dogniaux, qui ouvre en 1892 une clinique privée dans le hameau de Heigne. Cet établissement, considéré comme l’un des plus avancés de son époque dans la région, connaît une expansion rapide : en 1902, un bâtiment supplémentaire est ajouté, portant la capacité totale à environ 130 lits[6]. Le site, profondément transformé au fil du temps, accueille aujourd’hui l’IPPJ de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, témoignant de la reconversion progressive des infrastructures médicales locales. En 1909, le docteur Dogniaux fonde un second établissement, un hôtel‑dieu destiné à accueillir les malades indigents[7][8]. Situé à l’angle des rues du Masy et du Docteur Picard, ce lieu illustre la volonté d’offrir un accès aux soins aux populations les plus démunies. L’initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de philanthropie médicale qui marque cette période. Après quelques années, Dogniaux se spécialise dans l’ophtalmologie, tandis que l’hôtel‑dieu change de vocation : en 1920, il est cédé à l’État belge, qui le transforme successivement en hôpital militaire puis en caserne de gendarmerie. Cette dernière fonction perdure jusqu’en 1980, année où une nouvelle caserne vient remplacer l’ancienne structure[7][8]. L’ensemble de ces transformations illustre l’évolution des besoins sanitaires, sociaux et institutionnels de Jumet, où les initiatives privées du début du XXe siècle ont progressivement laissé place à des usages publics et militaires. Ces établissements, aujourd’hui disparus ou reconvertis, demeurent des éléments significatifs de l’histoire locale et de la modernisation des services de santé dans la région[7][8].

Au printemps 1944, alors que les forces alliées préparent le futur débarquement en Europe occidentale, l’aviation américaine intensifie ses attaques contre les infrastructures ferroviaires jugées stratégiques. Le 11 avril, un bombardement destiné à neutraliser la gare de formation de Monceau dévie de son objectif et frappe plusieurs quartiers de Jumet[9]. Les rues des Aiselies, Anseele, Masure et de la Madeleine se retrouvent au cœur de l’impact, transformant une opération militaire en catastrophe urbaine. La rue Masure subit les destructions les plus sévères : près d’une centaine de maisons sont anéanties, provoquant la mort de 52 habitants et laissant plus de 60 blessés graves[9]. Cet épisode, l’un des plus meurtriers pour la commune durant la Seconde Guerre mondiale, marque durablement la mémoire locale. Afin d’honorer les victimes, un monument commémoratif est ultérieurement installé devant l’école de la rue Anseele, rappelant la violence des bombardements et l’ampleur des pertes civiles[10].

Patrimoine et folklore

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Patrimoine architectural

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  • La chapelle de Heigne, édifiée au XIIe siècle, elle a été transformée au fil des siècles[11].
  • La chapelle Saint-Roch, rue Anseele. Construite en 1714, elle a été détruite en lors des bombardements, puis reconstruite en 1956[12].
  • la brasserie de l'Union, fondée en 1864, a produit jusqu'à 350.000 hl, en 1978[13],[14]. Cette brasserie fut fondée par Jean-Baptiste Biernaux et Léopold Deposson sous le nom de Brasserie de Jumet mais surnommée par les Jumétois « Brasserie Biernaux » puis plus tard sous le nom de l'Union, elle devient une des entreprises brassicoles de la région de Charleroi[15][16][17]. Elle est fermée en 2006.
  • En face de la chapelle, un grand bâtiment blanc était le château du Docteur Dorgnaux[18]. Aujourd'hui, c'est devenu un internat (« Les Eclaireurs »).

Bâtiments disparus

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  • Le prieuré d'Heigne, fondé en 1231, il fut aussi appelé l'hôpital d'Heigne à la suite de l'influence des pèlerins qui étai nécessaire de prodiguer des soins[18].
  • Le château Francq, érigé en 1906 par Jules Francq et démoli en 1957[19]. Il se situait rue de la Madeleine.

Folklore

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Le tour de la Madeleine est un moment les plus marquants du quartier. Sur la place Francq, il y a une fête foraine jusqu'à la place du prieuré où se trouve la chapelle.

Enseignement

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Le quartier possède plusieurs écoles notamment : école de Heigne, rue Édouard Anseele et école fondamentale libre Saint-Joseph Heigne, rue Derbèque.

Parmi les clubs qui sont situés à Heigne, on note notamment : rugby : Black-Star Charleroi[20] ; tir à l'arc : Silver Star Charleroi ; hockey : Wolves Charleroi[21].

Infrastructure sportive

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Les centre sportive « Arc-en-ciel », place du Prieuré derrière la chapelle.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Arcq 1988, p. 125.
  2. 1 2 3 4 Arcq 1973, p. 83.
  3. Arcq 1973, p. 84.
  4. 1 2 3 Arcq 1973, p. 64.
  5. 1 2 3 Arcq 2002, p. 71.
  6. Arcq 2006, p. 8.
  7. 1 2 3 Arcq 2002, p. 70.
  8. 1 2 3 Arcq 2006, p. 105.
  9. 1 2 Arcq 2002, p. 50.
  10. Arcq 2002, p. 51.
  11. Arcq 2002, p. 62.
  12. Arcq 1973, p. 113.
  13. « ALKEN-MAES: SECONDE JEUNESSE DE LA BRASSERIE DE JUMET », sur Le Soir (consulté le ).
  14. Sépul, René., Brasseurs d'ici : Histoire de la bière en Wallonie et à Bruxelles, Renaissance du livre, (ISBN 2-87415-536-5 et 978-2-87415-536-9, OCLC 68207720, lire en ligne), p. 27-29.
  15. Arcq 2002, p. 43.
  16. Arcq 1988, p. 84.
  17. Arcq 2006, p. 66.
  18. 1 2 Arcq 2002, p. 67.
  19. Arcq 2002, p. 56-57.
  20. Charleroi accueil : Se divertir (lire en ligne).
  21. « dates des prochains matchs », sur Wolves Charleroi (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Robert Arcq, Jumet : Pages d'histoire, Jumet, , 192 p.
  • Robert Arcq, Jumet en flânant, Spites, , 125 p.
  • Pierre Arcq, Mémoire en images : Jumet, t. 1, Stroud, Tempus, , 1re éd., 128 p. (ISBN 2-84253-373-9)
  • Pierre Arcq, Mémoire en images : Jumet, t. 2, Stroud, Tempus, , 1re éd., 128 p. (ISBN 90-76684-60-X)
  • Michel Poulain (dir.), Ville de Charleroi : Atlas géostatistique des quartiers, Charleroi, , 70 p.