Gohyssart
Gohyssart (ou en wallon standardisé « Goyîssåt », voire « Goyîssau » en ouest-wallon) est un quartier de Jumet, une des quinze sections de la ville de Charleroi, située en Belgique.
| Jumet Gohyssart | |
Église de l'Immaculée Conception. | |
| Administration | |
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| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Arrondissement | Charleroi |
| Ville | Charleroi |
| Démographie | |
| Population | 7 067 hab. (2001) |
| Densité | 3 365 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 50° 26′ 04″ nord, 4° 24′ 50″ est |
| Superficie | 210 ha = 2,1 km2 |
| Transport | |
| Bus | |
| Localisation | |
Carte des 55 quartiers de Charleroi. Gohyssart porte le numéro 16. | |
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Toponymie
modifierGohyssart est une combinaison de deux mots que sont « Gohy » et « Sart » :
Description
modifierHistoire
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Le noyau ancien de Gohissart ne se situait pas autour de l’actuelle place du Ballon, mais bien à la place Delvaux, autrefois appelée place du Vieux Gohissart[3]. Jusqu’au XIXe siècle, ce hameau ne regroupait qu’un petit nombre de fermes, de maisons de mineurs et de cayas dispersés le long de chemins de terre[3]. Selon Robert Arcq, la future place du Ballon alors nommée place Ferrer n’était qu’une pâture entourée de quelques masures et d’une chapelle dédiée à saint Antoine, ce qui souligne le caractère rural et peu structuré du quartier avant son urbanisation progressive[3]. L’essor de Gohissart débute au XIIe siècle, dans un contexte de croissance démographique et d’ouverture de nouvelles terres à la culture[3]. Le véritable changement d’échelle intervient toutefois au XIXe siècle, lorsque la construction de l’église du quartier, entre 1863 et 1871, déplace progressivement le centre de vie vers l’actuelle place du Ballon. L’édifice, érigé sur un terrain cédé par le charbonnage d’Amercoeur et conçu par l’architecte Bruyenne, devient le cœur de la nouvelle paroisse reconnue en 1866[4]. Son clocher, point culminant du secteur, sert de repère géodésique officiel, marquant symboliquement l’affirmation du nouveau pôle urbain. Selon Robert Arcq, cette implantation religieuse joue un rôle déterminant dans la structuration moderne du quartier, en fixant durablement son centre autour de la place du Ballon[5].
Gohissart apparaît brièvement dans l’histoire nationale le , lorsque le convoi du ballon d’observation dirigé par Coutelle y fait halte avant la bataille de Fleurus[5]. Depuis ce point dominant la vallée de la Sambre, les aérostiers purent surveiller les mouvements des troupes autour de Charleroi, utilisant l’altitude du site pour obtenir une vue stratégique sur la zone d’opérations[6]. Selon Robert Arcq, cet épisode, bien que bref, illustre l’importance topographique du hameau, dont la position élevée offrait un avantage militaire notable à la veille de l’affrontement[7]. L’exploitation du charbon dans le secteur boisé de Jumet situé entre Marchienne‑au‑Pont et Gohyssart apparaît dans les sources à la fin du XVIIe siècle[8]. Selon Pierre Arcq, cette activité se structure véritablement au milieu du XVIIIe siècle, notamment grâce à un contrat daté du par lequel Vincent Stordeau, prieur de Heigne et représentant de l’abbé de Lobbes, concède la location de plusieurs veines houillères situées entre le ruisseau du Piéton et la limite de Lodelinsart[8]. Les bénéficiaires sont alors François‑Louis Puissant, maître de forges influent, son fils François‑Joseph Puissant, ainsi que Simon Bivort et Pierre Renson, liés par alliance. Arcq souligne que les familles Bivort et Puissant joueront ensuite un rôle majeur dans l’organisation et l’expansion de cette entreprise minière, contribuant à l’émergence d’un noyau charbonnier structuré dans cette partie du territoire jumétois[8].
La Société anonyme des charbonnages d'Amercœur, constituée en société anonyme le par plusieurs petites concessions, Notre Dame du Bois, Petite veine, Broce et Naye-à-Bois s'étendant sur 398 ha. En 1929, la société emploie 1 673 ouvriers et produit annuellement plus de 300 000 tonnes de charbon maigre et demi-gras ; en 1955, elle n'en emploie plus que 743 et un an plus tard 167 :
- Puits Belle-Vue à Jumet-Gohyssart, rue de Bayemont, abandonné en 1961 ;
- Puits Naye-à-Bois (sur Roux dès 1819, fermé en 1959), site de la centrale électrique d'Amercœur ;
- Puits de Chaumonceau en bordure de la rue Puissant, abandonné en 1960.
Centre de Jumet
modifierQuoique ce quartier soit situé dans la partie occidentale de la localité de Jumet[9], celui-ci est considéré comme le centre historique du 6040[10]. C'est aussi dans ce quartier que la Famille Bivort, qui possédaient des verreries et la même qui a donné le nom à un parc jumétois, y avaient un intérêt économique et industriel[11]. En effet, c'est cette famille qui est derrière la construction de l'Église de l'Immaculée-Conception, au XIXe siècle[11]. En outre, sachant que Jumet Gohyssart fût habité exclusivement par des ouvriers à cette époque, les Bivorts y exerçaient une influence[11].
Place du Ballon
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La Place du Ballon constitue le centre du quartier. Celle-ci fût modernisée milieu des années 1990 ; les particularités de cette modernisation étant l'absence de trottoir et la présence de boules noires (voir photo de l'Église) afin de séparer la route des zones piétonnières et des aires de stationnements[13].
L'église de l'Immaculée Conception se trouve au cœur de cette place. On y retrouve également des magasins et des écoles aux alentours.
Le nom de la place vient de la bataille de Fleurus, où un ballon d'observation avait été utilisé par la France afin de permettre aux généraux de voir ce qu'il se passait à Fleurus, lieu où la bataille se déroulait qui était situé à 7 km de cette place[14].
Autres quartiers et lieux-dits
modifierGohyssart possède quelques quartiers et lieux-dits notamment :
- la Quairelle, selon Robert Arcq, il vient du nom wallon kwérèle que les mineurs nommaient le grès houiller[15];
- le quartier de la Coupe, situé entre les secteurs de la Station et de Gohyssart, tire son nom wallon à l’Coupe de l’ancien français coupet, « sommet », à l’origine du terme wallon coupète. Comme le souligne Robert Arcq, cette étymologie reflète la topographie du lieu, établi au sommet d’une butte autrefois recouverte de forêts. Ces bois furent progressivement défrichés, et un moulin à vent y fut construit au XIXe siècle, aujourd’hui disparu. Des tuiles romaines furent découvertes dans le quartier au XIXe siècle, témoignant d’une occupation ancienne. Dès le XVIIIe siècle, une verrerie connue sous le nom d’èl four del Coupe y était en activité. Elle fut acquise par la famille Houtart avant de passer, en 1845, entre les mains de Bennert et Bivort, illustrant l’implantation précoce d’activités industrielles dans ce secteur de Jumet[16];
- le Chaumonceau, situé entre Gohyssart et Lodelinsart. Selon Robert Arcq, le nom viendrait du latin calvus mons, le mont chauve. C'était une colline dénudée au dessus du bois Saint-Charles disparut depuis. Un charbonnage fut ouvert au XVIIIe siècle et fermé en 1957[17][17].
Patrimoine et folklore
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Patrimoine architectural et sites
modifier- Le temple protestant, rue Dewiest. Inauguré le [18].
- L'église de l'Immaculée-Conception. Construite à l'accroissement de la population de Gohyssart, et à l'éloignement de ce quartier de l'église du Chef-Lieu, les autorités ecclésiastiques décidèrent de construire cet édifice en 1863 et qui est achevé en 1866[19].
- La chapelle Notre-Dame au Bois, érigée au XVIIIe siècle et déplacée et reconstruite en 1843, une importante ducasse organisée le jour de l'Ascension « èl ducace du Bos », qui a été immortalisé par le chansonnier Jacques Bertrand[20].
- La potale dédiée à Saint-Hubert. Datant du XVIIIe siècle, elle se situait avant encastrée dans le mur qui longe l'ancienne propriété du charbonnage d'Amercœur sur l'ancien chemin de Gohyssart à La Docherie, qui était située en face du cimetière de Goyssart, elle a été déplacée à côté de la chapelle Notre-Dame du Bois[21]’[20].
Folklore
modifierTour de la Madeleine
modifierLe Tour de la Madeleine est une procession d'Entre-Sambre-et-Meuse qui se déroule lors de la semaine du (jour pendant lequel on célèbre Marie-Madeleine). La Place du Ballon est un passage important de ce quartier[22].
Carnaval du Ballon
modifierLe carnaval du Ballon, fondé en 2019, ce carnaval se déroule dans le quartier dont il est animé par des gilles et des costumés[23].
- Le temple protestant.
- La potale Saint-Hubert près de la chapelle au Bois.
- La nef de l'église.
Enseignement
modifierLe quartier possède plusieurs écoles notamment : École de Gohyssart, rue Dewiest ; École Robert Arcq, rue Vandeweyer ; Centre scolaire Catholique Saint-Joseph-Notre-Dame, sections primaire et secondaire, rue du Chaumonceau ; Institut Saint-Joseph, rue Émile Strimelle.
Notes et références
modifier- 1 2 Jespers 2011, p. 307.
- ↑ « charleroi-decouverte.be | L'Eglise de l'Immaculée Conception (Jumet-Gohyssart) », sur www.charleroi-decouverte.be (consulté le )
- 1 2 3 4 Arcq 1988, p. 103.
- ↑ Arcq 1988, p. 104-105.
- 1 2 Arcq 1988, p. 105.
- ↑ Arcq 1988, p. 105-106.
- ↑ Arcq 1988, p. 106.
- 1 2 3 Arcq 2006, p. 56.
- ↑ Veuillez consulter la carte administrative de Charleroi qui se trouve au bas de l'infobox.
- ↑ telesambre, « 06/12/13 : JUMET GOHYSSART », sur Télésambre (consulté le )
- 1 2 3 « charleroi-decouverte.be | Les Bivort, organisateurs des vies industrielle et sociale de Jumet-Gohyssart », sur www.charleroi-decouverte.be (consulté le )
- ↑ « NOUVEAU VISAGE POUR LA PLACE DE GOHYSSART UN BIEN JOLI BALLON A JUMET », sur Le Soir (consulté le )
- ↑ « LE QUARTIER DE GOHYSSART A JUMET VA BIENTÔT RETROUVER SA PLACE DU BALLON L'HISTOIRE A LA CROISEE DES CINQ CHEMINS », sur Le Soir (consulté le )
- ↑ « La bataille de Fleurus vue en ballon – sur la route des aérostiers »
- ↑ Arcq 1988, p. 190.
- ↑ Arcq 1988, p. 68.
- 1 2 Arcq 1988, p. 57.
- ↑ Arcq 2002, p. 31.
- ↑ Arcq 2002, p. 32-33.
- 1 2 Arcq 2002, p. 40.
- ↑ Arcq 1973, p. 126.
- ↑ « Itinéraire et horaire – Tour de la Madeleine (Jumet) » (consulté le )
- ↑ « 1er Carnaval du Ballon à Jumet | Télésambre », sur www.telesambre.be, (consulté le )
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Pierre Arcq, Mémoire en images : Jumet, t. 1, Stroud, Tempus, , 1re éd., 128 p. (ISBN 2-84253-373-9), p. 29-42.
- Robert Arcq, Jumet en flânant…, éditions Spites, , 232 p., p. 103-109.
- Christian Draguet et al., Gohyssart en 1900, Christian Draguet, , 46 p.
- Christian Draguet, Les cloches de Gohyssart : cloches d'hier… cloches d'aujourd'hui…, , 50 p.
- Christian Draguet, Le ballon de Fleurus : Itinéraire des aérostiers en juin 1794, Montigny-le-Tilleul, Éditions Scaillet, , 176 p.
- Christian Draguet, La Place du Ballon en vieilles photos et cartes postales anciennes : de la Belle Époque aux années folles, Cercle d'Art et d'Histoire de Gohyssart, , 78 p.
- Christian Draguet, Luc Lysy et Xavier Deflorenne, L'église de Jumet-Gohyssart : Lumières de l'art roman au XIXe siècle, Montigny-le-Tilleul, Éditions Scaillet, , 176 p. (ISBN 2-930336-15-3).
- Christian Draguet et al., Notre-Dame-au-Bois de Jumet : Une société houillère, un pèlerinage, une ducasse, Jumet, Cercle d'art et d'histoire de Jumet-Gohyssart / Incipit, , 112 p.
- Jean-Jacques Jespers, Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Éditions Racine, , 752 p. (ISBN 978-2873867331).
- Michel Poulain (dir.), Ville de Charleroi : Atlas géostatistique des quartiers, Charleroi, , 70 p.